KYSTES DE L'ORBITE
sur la hernie. A mesure que celle-ci a pris de l'extension, la peau se montre plus tendue sur le sac herniaire, elle peut même y prendre adhérence et présenter des dilatations vasculaires, rappelant les télangiectasies. Deux signes sont particulièrement caractéristiques : d'abord, un degré de fluctuation généralement très accusé et, en second lieu, la possibilité de pouvoir, par une compression douce et continue, réduire le volume de la tumeur. Le doute sur la nature de la tumeur sera, bien entendu, dissipé, si, par suite de l'amincissement des parois, elle devient transparente, présente une pulsation apparente et s'agrandit visiblement sous l'influence des mouvements expiratoires. La compression exercée sur le sac herniaire ne provoque pas nécessairement des symptômes cérébraux, comme on l'observe pour les encéphalocèles d'autres régions du crâne. Il faut noter aussi que de petites encéphalocèles orbitaires n'entraînent pas, en général, une mort prématurée.
Le diagnostic sera aidé, dans le cas où on hésiterait sur la nature de la tumeur, par la déclaration des malades ou des parents, qui avertiront le chirurgien que la tumeur est congénitale et n'a guère varié depuis la plus tendre enfance. Il est bien entendu que l'on s'abstiendra de toute intervention.
2° Kystes par occlusion.
La fermeture tardive d'un vide congénital, dans la paroi interne ou supérieure de l'orbite, qui a livré passage à une hernie durale, peut donner lieu à la formation d'un kyste par occlusion. Défait, pareille origine semble prouvée par des observations où l'on a, conjointement avec d'autres encéphalocèles, rencontré à l'endroit ordinaire, où siège la hernie durale, un véritable kyste à parois fibreuses, ne correspondant pas avec la cavité crânienne. En outre, on a observé des cas où la partie la plus superficielle de l'encéphalocèle formait un sac kystique isolé de la partie herniaire qui, elle seule, communiquait avec l'espace subdural.
L'attention sur ce genre de kyste congénital, extrêmement rare, sera attirée, si l'on rencontre un kyste, non dermoïde, situé sur la paroi interne et supérieure de l'orbite, et cela, même lorsque, en procédant à une opération, on n'est pas à même de pouvoir démontrer une partie du kyste qui aurait été en communication avec l'espace subdural. La simple adhérence, très intime, avec les parois mentionnées de l'orbite suffit, et cela, d'autant plus que cette adhérence se rencontre en un point où la paroi orbitaire se trouve très notablement amincie.
3° Kystes par extravasation.
In kyste hématique (sanguineous kyst) peut-il se développer à la suite d'épanchements intra-orbitaires? Le fait ne saurait être nié d'une façon absolue, mais doit être d'une rareté extrême.
Ou'on ne veuille pas oublier que, dans la majorité des cas, où l'on a diagnostiqué des kystes hématiques, une ponction exploratrice avait précédé l'opération, et il paraît probable que le sang pur que renfermait, à l'opération, le sac kystique, ou la coloration rougeâtre ou roux brunâtre de son contenu, provenait de la ponction préalablement exécutée. Il pourrait aussi se présenter que, dans un cas d'angiome caverneux, qu'on n'enlève qu'incomplètement, on prenne pour un espace kystique, une partie à large dilatation vasculaire.
De même que les kystes hématiques, les kystes pigmentaires ou mélaniques nous paraissent destinés, à l'avenir, àêtre rayés des traités. Ce qui laisse croire àpareils
kystes, c'est que certaines tumeurs mélaniques présentent une consistance mollasse des plus accusées, de façon qu'il s'en écoule, à l'incision, un contenu absolument semblable à de l'encre et que le mélanome se vide, en quelque sorte, de son parenchyme pigmenté fluidifié.