Kystes exsudatifs, hygroma de l'orbite
Ces kystes résultent de la distension progressive d'une des petites bourses muqueuses, que l'on rencontre souvent le long des muscles contenus dans l'orbite. Le plus ordinairement, c'est au-dessus et au-dessous du releveur delà paupière que se présentent ces bourses muqueuses, et elles constituent, là, de petites cavités remplies d'un liquide transparent, légèrement visqueux, et dont les parois sont constituées par le tissu cellulaire épaissi. A la suite d'une irritation inflammatoire plus ou moins intense, il peut s'y faire un épanchement assez considérable de liquide, épanchement qui prend une teinte citrine, lorsqu'il s'opère, aux dépens des vaisseaux circonvoisins, de petites hémorrhagies. L'évolution de ces kystes est plus ou moins rapide, et leur développement, variable, peut être parfois tel qu'ils pénètrent dans la profondeur de l'orbite, s'insinuent au travers des fentes, dans la cavité crânienne, et produisent des exophthalmos quelquefois assez considérables. L'ablation de la poche kystique, endommageant le muscle auquel elle adhère, entraine un trouble de motilité plus ou moins accusé qui persiste après l'opération.
5° Kystes folliculaires (dermoïdes).
Les kystes folliculaires de l'orbite sont, comme le prouvent plus ou moins clairement quelques observations, en rapport avec une des paupières et prennent leur point de départ dans un des follicules du derme. Comme cela a aussi lieu pour un certain nombre de tumeurs semblables qui siègent aux paupières, ils peuvent s'enfoncer à une profondeur variable dans la cavité orbitaire. Il arrive alors, ainsi que cela s'observe dans d'autres régions du corps, qu'ils dissimulent, en se développant notablement, leur origine primitive. En effet, le follicule s'étant oblitéré à son orifice et des masses épithéliales et graisseuses s'étant peu à peu accumulées à l'intérieur, la portion du follicule la plus voisine de la surface du derme s'allonge, se pédiculise et s'amincit de telle sorte, qu'il devient fort difficile d'apercevoir les rapports du kyste avec la peau, mobile au-dessus de la tumeur. Toutefois, dans deux cas, nous avons pu voir un véritable cordon de tissu connectif qui reliait le kyste, une fois à la peau du grand angle, l'autre fois à celle de la commissure externe. La plupart des kystes dermoïdes semblent pourtant congénitaux et dus, d'après les recherches de Verneuil, à un arrêt de développement des arcs branchiaux.
Les kystes dermoïdes, placés le plus souvent en dehors de l'entonnoir des muscles et un peu en arrière du plan orbitaire, occupent (contrairement aux kystes du sourcil) de préférence le côté interne, moins souvent, le côté temporal. Les autres régions où on les a observés sont, dans l'ordre de fréquence, les suivantes : directement en dehors et en haut, et en dehors et en bas. Il est plus rare de les rencontrer directement en bas et, surtout, directement en haut. La forme de ces kystes est arrondie, et ils sont uniloculaires dans la presque totalité des cas. Ce qui les différencie des kystes dermoïdes d'autres régions, c'est l'épaisseur plus notable et la fréquente vascularité de leurs parois, pouvant donner lieu, au moment d'une