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IV. — Tumeurs de la glande lacrymale

Suivant M. Schirmer, il faudrait ranger la plupart des tumeurs de la glande lacrymale (tumeur colloïde, sarcome, myome, fungus medullaris, encéphaloïde, squirrhe) parmi les adénomes. Pour d'autres auteurs, ces tumeurs appartiendraient plus généralement au type désigné sous le nom de cylindrome. En réalité, on doit jusqu'à plus ample information, suivant la judicieuse remarque de M. Berlin, être très prudent dans le diagnostic des tumeurs de la glande lacrymale, car, pour la plupart des cas décrits comme tels, il reste encore à savoir si réellement le tissu glandulaire propre a pris quelque part à l'évolution de la tumeur même et si ce n'est pas, dans un très grand nombre de cas, le tissu connectif ambiant qui en est le point de départ. C'est donc plutôt dans le but de ne rien omettre que nous énumérons les diverses formes de tumeurs qui suivent.

Les fibromes de cette région, d'ailleurs assez rares, n'ont pas été, jusqu'à présent, reconnus comme ayant, d'une manière certaine, pris leur origine dans le tissu cellulaire qui fait partie delà glande lacrymale.

Quant aux tumeurs fibro-plastiques de cette glande, peu communes elles-mêmes, c'est surtout à Mackenzie età Burns que nous devons leur description. Le premier de ces auteurs a décrit une tumeur fibro-plastique de la glande lacrymale, à laquelle il assigne le nom de chloroma, à cause de la coloration verdâtre que cette néoplasie présente. Sur la coupe, cette tumeur se montre uniformément ferme, fibrillaire et pauvre en vaisseaux. Elle offre comme caractère essentiel, de même que les autres sarcomes, d'envahir, en se développant énormément, les cavités voisines de celle où elle est née et de se montrer à la fois dans plusieurs régions, affectant de préférence la dure-mère crânienne.

Un cas de M. 0. Becker, dans lequel le diagnostic de cylindrome fut nettement établi, présente surtout de l'intérêt, par la raison qu'il démontre l'apparition de la tumeur dans le centre même de la glande, tandis que, vers la périphérie, il se rencontrait encore des tubes glandulaires parfaitement conservés. Le point de départ de cette tumeur fut trouvé, aussi bien dans l'épendyme des tubes glandulaires, que dans le tissu ambiant.

Pour ce qui regarde les tumeurs cancéreuses, elles n'envahiraient la glande lacrymale qu'après s'être développées, tout d'abord, dans d'autres parties du contenu de l'orbite; mais, dans tous les cas, elles seraient très rares comme tumeurs primitives de la glande.

On prétend avoir trouvé, dans la glande lacrymale, des kystes de dimensions différentes et de contenu variable, sur l'origine desquels les opinions des auteurs ne s'accordent guère. La dilatation cystique d'un conduit excréteur de la glande, connue sous le nom de dacryops, a été décrite à l'occasion des tumeurs des paupières (p. il). Nous avons dit, au sujet des kystes folliculaires (p. 822), que leur siège le plus ordinaire est l'angle supéro-externe du bord orbitaire, et nous avons ajouté que ces kystes ont beaucoup de tendance à s'introduire dans l'orbite. On comprend, sans peine, que l'on soit tout disposé à regarder ces kystes, comme nés

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