VI. — Fistules de la glande lacrymale
Dans un petit nombre d'observations, on a relaté l'existence d'une ouverture très fine, située vers la partie externe de la paupière supérieure, et donnant issue à un liquide, tantôt parfaitement transparent, tantôt mêlé à des globules de pus. La fistule s'était établie, soit consécutivement à l'ouverture d'un abcès développé au voisinage de la glande lacrymale (carie osseuse), soit après un lupus, un traumatisme de ces parties et, surtout, après une opération pratiquée dans la région orbitaire, au voisinage de la queue des sourcils. L'ouverture fistuleuse se trouve ordinairement située dans une sorte de papille calleuse, ou simplement cachée dans un pli de la peau, rougeàtre et excoriée. Elle devient apparente par la saillie d'une gouttelette d'un liquide alcalin, surtout lorsque le sujet pleure et toutes les fois que, sous l'influence d'un grand vent, d'un air froid, d'une irritation extérieure, ou, enfin, d'une émotion morale vive, les larmes sont sécrétées en plus grande abondance qu'à l'état normal. Un crin, introduit dans le trajet fistuleux, se dirige, sous une douce pression, vers la région de la glande orbitaire.
D'ailleurs, que la fistule provienne d'une altération osseuse, ou qu'elle communique avec le tissu glandulaire, elle offre ceci de constant, qu'elle résiste, d'une manière opiniâtre, aux tentatives faites pour l'oblitérer, qu'on se serve, pour cela, de sondes munies de nitrate d'argent fondu, d'aiguilles chauffées au blanc, ou du fil de platine des appareils galvanocaustiques, ou, enfin, d'injections corrosives, poussées dans le trajet fistuleux, préalablement dilaté au moyen d'une corde à boyau (Ad. Schmidt) ou d'une sonde de laminaria.