VII. — Opérations pratiquées sur la glande lacrymale
Les opérations, qu'on pratique sur la glande lacrymale, ont pour objet l'extirpation partielle ou complète de cet organe; le conseil, qu'a donné M. Szokalski de lier en masse les conduits excréteurs de cette glande, afin d'en provoquer l'atrophie, paraît ne jamais avoir été appliqué sur le vivant et n'être guère exécutable. Quant à l'extirpation de la glande, elle a été pratiquée à deux points de vue tout à fait différents. Il est tout naturel d'enlever cet organe, devenu le siège d'une hypertrophie, gênante pour le malade, ou d'une néoplasie dangereuse pour les fonctions de l'œil correspondant, en agissant comme si l'on avait affaire à une tumeur quelconque de l'orbite. Aussi , les nombreuses opérations de ce genre qui ont été exécutées n'offrent-elles qu'un intérêt médiocre, puisque l'état des parties nécessitait alors l'ablation d'un organe, dont les fonctions propres avaient subi une altération plus ou moins profonde. Mais les conditions sont tout autres lorsqu'on s'applique à extirper plus ou moins complètement la glande saine, dans le but de faire cesser un larmoiement continuel. Ici, l'organe présente, en général, ses dimensions normales et ses fonctions ne sont pas sensiblement troublées. C'est ainsi que P. Bernard proposa, en 1843, l'extirpation de la glande, comme traitement curatif de la fistule lacrymale. 11 commença par pratiquer l'ablation d'une partie de cet organe ; mais il n'obtint un succès complet que lorsqu'il l'enleva en totalité. Ce chirurgien n'eut tout d'abord qu'un petit nombre d'imitateurs, et ce n'est que dans des temps récents que l'extirpation de la glande lacrymale a été remise en honneur par Z. Laurence, en Angleterre. M. Abadie, en France, s'est efforcé, de son côté, de répandre davantage celte opération.
Les procédés mis en usage, pour l'extirpation de la glande, sont au nombre de trois. Dans le procédé, dit d'Acrel, on incise la paupière supérieure, sur le point le plus saillant de la tumeur que forme la glande altérée, en proportionnant l'incision au volume qu'elle présente. On divise ensuite l'aponévrose tarso-orbitaire, et l'on énuciée la glande, en se servant, autant que possible, des doigts et du manche du scalpel. La tumeur enlevée et l'écoulement du sang arrêté, on réunit au moyen d'une simple suture. Une deuxième manière de procéder consiste à inciser le tégument externe, après avoir attiré fortement la paupière en bas, en portant le couteau dans la peau du sourcil, soigneusement rasée (Halpin). On dégage ensuite la glande autant que possible, et on l'attire à soi, avec une érigne, ou après l'avoir embrassée dans une ligature. Enfin, d'après le conseil de Velpeau, on peut se frayer un passage, pour atteindre la glande, en fendant la commissure externe des paupières jusque vers la tempe, de manière à mettre à découvert les deux tiers externes de la circonférence orbitaire. Dans ces diverses opérations, il est urgent d'affronter, aussi exactement que possible, les lèvres des plaies par lesquelles on a pénétré, à travers le tégument, dans la profondeur de l'orbite. En outre, on mettra toute son attention