‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 271 sur 316 · PHLEGMON [)[ SAC LACRYMAL · texte numérisé non relu

PHLEGMON [)[ SAC LACRYMAL

il débride alors très largement du côlé de la conjonctive, tâche de tarir la sécrétion, par des injections ou irrigations antiseptiques et la compression, et il l'ait ensuite l'extirpation de la glande lacrymale palpébrale.

Toutefois, quelques confrères pratiquant encore l'oblitération du sac, dans les cas où le rétablissement des fonctions lacrymales est impossible, nous devons donner quelques indications concernant ce genre d'opération. Disons, tout de suite, qu'il n'est pas toujours facile de se renseigner sur la quantité de larmes, que le malade sécrète, et par suite de prévoir quelle sera l'intensité du larmoiement qui succède, presque constamment, à l'oblitération du sac. Pour exécuter avec succès cette opération, qui ne doit être tentée que huit ou quinze jours après l'ouvertnre du sac, lorsque la suppuration a notablement diminué, il faut entraver d'une manière absolue l'afflux, dans le sac lacrymal, des larmes et des produits de la sécrétion conjonctivale, puis déterminer dans la muqueuse une inflammation suppurative étendue, quoique bornée, autant que possible, à cette membrane et assez limitée pour ne pas provoquer de complications factieuses (nécrose des os, cicatrices vicieuses, etc.). En se plaçant à ce point de vue, pour comparer entre elles les différentes méthodes d'oblitération connues, on cesse d'être tourmenté par l'embarras du choix. En elfet, ceux des caustiques employés en chirurgie, qui ont le privilège de limiter leur action au point sur lequel ils sont appliqués, sont bien peu nombreux. Au premier rang se place, sans contredit, la chaleur, c'est-à-dire le fer chauffé à blanc (actuellement le tbermocaulère) et le fil de platine des appareils galvauocaustiques.

La méthode d'oblitération par le thermocaulère est certainement une des plus sûres que nous possédions ; mais il faut reconnaître qu'il s'y attache plusieurs inconvénients. Outre la terreur qu'elle inspire aux malades, elle provoque aisément, dans la région du grand angle, une cicatrice des plus disgracieuses. D'un autre côté, si la cautérisation n'a pas été assez énergique, ou n'a pas exactement porté sur l'embouchure des conduits lacrymaux, l'opération échoue aisément. Enfin, l'inflammation du tissu cellulo-graisseux de l'orbite et le phlegmon de l'œil ont, parfois, été mentionnés, lorsque la cautérisation a porté trop profondément et qu'une antisepsie rigoureuse n'a pas été observée, pendant l'élimination de l'eschare.

L'emploi de la galvanocaustique est, sans contredit, préférable, sous bien des rapports, à celui du fer rouge et du thermocautère; en effet, le îhéophore peut être introduit à froid dans la plaie, et les apprêts de l'opération n'ont, en eux-mêmes, rien d'effrayant pour le malade. Comme le fer rouge, la galvanocaustique a essentiellement pour objet l'oblitération des conduits lacrymaux, soit du côté du sac, soit du côlé du bord libre des paupières. Dans le premier cas, après avoir ouvert largement le sac, on maintient cette ouverture béante et l'on recherche l'embouchure interne des conduits, au moyen d'un stylet d'Anel introduit par l'un des points lacrymaux. C'est sur l'orifice, ainsi découvert, qu'il faut porter un cautère, chauffé à blanc, se terminant par un enroulement, en boule, du fil de platine (iig. 54-3, A). — Après avoir, pendant un instant, tenu le cautère sur cet orifice, on le promène

Fie. 543.

légèrement sur le reste de la muqueuse. On peut encore procéder à l'occlusion des conduits en oblitérant leur orifice palpébral. A cet effet, les deux rhéophores se réunissent (fig. 543, A') à angle très aigu, de manière à former une sorte de stylet, qu'on introduit dans les conduits lacrymaux préalablement dilatés. Cela fait, on ferme le courant, en pressant le boulon R, et l'on cautérise les canalicules jusqu'à "2 ou 3 millimètres de leur orifice externe ; puis on agit sur la muqueuse du sac, au moyen du cautère à boule.

L'extirpation du sac lacrymal, dans sa totalité (l'excision partielle a été aussi recommandée, dans les cas d'ectasie excessive du sac), date de Platner (Leipzig, 1 724); comme tout mauvais conseil donné en médecine, elle a été reprise dans ces derniers temps par Berlin. Pour arriver à une excision complète du sac, il faut se frayer un large passage à travers le tégument externe, et la rétraction cicatricielle, qui suit l'opération, ne laisse pas que d'être assez défigurante.

11 faut espérer que l'on abandonnera toutes les méthodes de destruction du sac lacrymal; que, grâce au traitement antiseptique, on arrivera à tarir la sécrétion d'un sac lacrymal, non perméable du côté du nez, en débridant très largement, du côté du sac conjonctival, et en tarissant les larmes par une ablation, absolument inoffensive, de la partie palpébrale de la glande lacrymale (1).

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