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EXAMEN A L'IMAGE RENVERSÉE

l'image renversée) une déformation inverse, nous renseignera immédiatement sur

l'interprétation que nous devons donner à la l'orme sous laquelle nous apparaît l'image droile (Schweigger).

u2" Examen à l'image renversée.

L'examen à l'image renversée nous permet d'embrasser d'un seul regard une certaine étendue du fond de l'œil, mais, en général, l'image se présente alors sous un grossissement sensiblement moins élevé que celui fourni par l'image droite. Pour examiner un œil à l'image renversée, l'observateur doit se tenir à 30 centimètres à peu près de l'observé. L'éclairage des parties profondes de l'œil étant obtenu comme nous l'avons indiqué plus haut (voy. Examen à l'image droite), on interpose, sur le parcours des rayons renvoyés par cet œil, une loupe, habituellement de quinze à seize dioptries, que l'on tient, de la main gauche, à 6 ou 7 centimètres environ de l'œil observé, en prenant, avec le petit doigt, un point d'appui sur le front du patient. La position la plus avantageuse de la loupe est obtenue lorsque son foyer coïncide avec le plan pupillaire, car, dans ce cas, l'image de la pupille disparait, et l'on embrasse le plus grand champ d'observation. La loupe, ainsi interposée, réunit les rayons, réfléchis par l'œil observé, à son foyer, si ces rayons émergent parallèlement, c'est-à-dire si l'œil est emmétrope; au delà de son foyer, lorsque ces rayons sortent en divergeant, c'est-à-dire si l'œil est hypermétrope ; enfin, en deçà de son foyer dans le cas où ces rayons sont convergents, autrement dit lorsque l'œil est myope. Il se forme donc au foyer de la loupe employée, ou dans son voisinage, une image renversée et réelle pour laquelle l'observateur devra s'adapter. Si l'œil est fortement hypermétrope (par exemple, chez un opéré de cataracte, ou dans un cas de décollement de la rétine), les rayons sortant très divergents, il pourra être avantageux de faire usage d'une loupe à court foyer (de vingt dioptries), afin de permettre la formation de l'image à peu près dans le point habituel. Au contraire, dans les hauts degrés de myopie, il y aura profit, pour une raison analogue, à se servir d'une loupe à foyer plus long (douze dioptries).

Notons que si la myopie est forte, une image renversée peut être obtenue sans l'interposition d'une loupe, l'observateur s'adaptant alors pour le punctum remotum de l'observé, situé, dans le cas, par exemple, d'une myopie 20, à 5 centimètres en avant de l'œil examiné. On conçoit qu'il est ainsi possible de mesurer objectivement la myopie, connaissant le punclurn proximum de l'observateur, qui cherche à mettre enjeu toute son accommodation, en se raprochant le plus possible de l'observé. Si l'observateur est apte à relâcher complètement son accommodation, il peut encore, en faisant usage, derrière le trou de son ophthalmoscope, d'un verre d'un foyer déterminé qui l'adapte pour une distance lixe, trouver le punctum remotum et, par suite, la myopie de l'examiné. Mais, dans ce cas, pour être sur que son accommodation n'intervient pas, l'observateur doit s'éloigner autant que la netteté de l'image reçue le lui permet.

On a aussi utilisé la mensuration de la dislance à laquelle se produit l'image, dans l'examen à l'image renversée, comme moyen propre à déterminer la réfraction (Schmidt-PJmpler, ^Yarlonlont et Loiseau) ; mais ce procédé oplomélrique, qui nécessite un ophthalmoscope ad hoc, n'a guère trouvé son emploi dans la pratique courante.

L'image renversée étant réelle, pouvant être reçue sur un écran, elle a une grandeur absolue. Pour un œil emmétrope, et dans les conditions habituelles d'examen,

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en se servant d'une lentille -f- 15 diopt., le grossissement est à peu près quatre fois' et demie. Mais le grossissement sous lequel apparaîtra l'image, pour l'observateur, dépendra de la distance à laquelle elle est observée; il sera donc en rapport avec le punclum proximum de l'observateur. L'emploi d'un verre convexe derrière le Irou du miroir ophthalmoscopique, en permettant de s'adapter pour un point plus rapproché, fournira un grossissement plus élevé. Celui-ci sera encore influencé d'après la force réfringente de la loupe employée : plus son foyer sera long, plus l'image sera agrandie.

Quant à l'action exercée sur le grossissement de l'image par la conformation de l'œil examiné, elle est variable suivant la distance à laquelle la loupe est tenue par rapport à l'œil observé, sauf pour ce qui regarde l'œil emmétrope qui, fournissant des rayons émergents parallèles, donne une image de grandeur constante. Dans les conditions habituelles où se pratique l'examen, la loupe, dans l'intérêt du plus large champ d'observation possible, est placée de telle façon que son foyer est un peu plus long que la distance qui la sépare de l'œil. Dans ce cas, le grossissement est, par rapport à celui fourni par l'œil emmétrope, plus grand chez l'hypermétrope et plus faible chez le myope ; mais, si on éloigne progressivement la loupe, il arrive un moment où c'est l'effet inverse que l'on observe, après avoir passé par une position intermédiaire de la loupe (dont le foyer concorde alors avec le foyer antérieur de l'œil, situé à 13 millimètres en avant de la cornée) pour laquelle l'influence de l'amétropie (axile) est nulle sur le grossissement.

C'est sur cette variation dans le grossissement des images fournies par les yeux amétropes, suivant la distance à laquelle est tenue la loupe, qu'est basé le procédé de Javal pour le diagnostic de l'astigmatisme. On conçoit qu'en observant la papille pendant que la loupe, d'abord placée très près de l'œil, est ensuite graduellement éloignée, on verra, dans un cas d'astigmatisme, une déformation de l'image qui sera inverse aux extrémités du déplacement imprimé à la loupe. Ainsi une papille, en réalité arrondie, apparaîtra, dans la forme commune d'astigmatisme à méridien horizontal moins réfringent, sous la forme d'un ovale à grand axe horizontal lorsque la loupe est tenue à une courte distance de l'œil, tandis qu'en éloignant le plus possible la loupe, l'image, après avoir été un instant circulaire, deviendra de nouveau ovalaire, mais avec un grand axe vertical.

Nous venons d'étudier l'action, sur l'image ophthalmoscopique, des déplacements d'avant en arrière de la loupe ; voyons maintenant ce qui se passe lorsque l'on déplace celle-ci latéralement. Un déplacement latéral de la loupe entraîne dans le même sens l'image, mais d'une quantité variable, suivant la conformation de l'œil observé. Pour apprécier ce déplacement parallactique de l'image, on tracera au centre de la loupe un repère, une petite croix, et l'on verra que ce n'est uniquement que chez l'emmétrope que l'image (celle de la papille) suit exactement les déplacements latéraux imprimés à la loupe. Si l'œil observé est amétrope, le déplacement de la loupe et celui de l'image sont inégaux: l'image marche plus vite que la loupe chez l'hypermétrope, tandis que c'est l'inverse que l'on observe chez le myope.

L'étude du déplacement parallactique de l'image a une grande importance pratique ; non seulement elle nous fournit un moyen de reconnaître l'amétropie et même l'astigmatisme, par le déplacement inégal de l'image, lorsque l'on meut la loupe dans le sens des méridiens principaux (procédé de Bravais); mais encore elle donne des renseignements précis sur l'emplacement, dans le sens de la profondeur, des parties observées et permet de juger des reliefs. Dans une image ophthalmoscopique, toute partie qui, lors d'un déplacement latéral de la loupe, se meut plus

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