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KÉRATOSCOPIE PAR LES IMAGES RÉFLÉCHIES

rectangle, mais à condition, toutefois, que les côtés du carré de l'instrument soient inclinés suivant les méridiens principaux; autrement on aurait une figure losangique. Il sera donc nécessaire, chez un astigmate, de tourner la figure carrée jusqu'à ce que les angles deviennent parfaitement droits. On aura à ce moment, sur le cercle divisé, la position des méridiens principaux. L'instrument étant maintenu dans cette situation, on obtiendra la mesure de l'astigmatisme, en déplaçant, à l'aide de la vis, les deux côtés du carré qui fournissent, dans l'image cornéenne, les petits côtés du rectangle; ceux-ci seront rapprochés de manière à obtenir un carré parfait. Ce résultat acquis, ce sont les bandelettes du kératoscope qui forment une figure rectangulaire, et l'astigmatisme se chiffre par le nombre de dioptries et de fractions de dioptrie que marque l'échelle.

Le degré de l'astigmatisme et les méridiens principaux ainsi déterminés en un instant, il suffit de placer dans la monture d'essai un cylindre égal, convexe, à axe perpendiculaire au grand côté du rectangle, dans le cas d'hypermétropie; concave, à axe parallèle à ce même côté, dans le cas de myopie, et il ne reste plus qu'à déterminer la réfraction avec un verre sphérique, s'il y a lieu. Un dernier essai avec un ou deux cylindres plus forts ou plus faibles, dont on fera varier quelque peu l'inclinaison, permettra d'obtenir toute l'exactitude désirable.

Cette méthode objective, pour la correction de l'astigmatisme, rend de précieux services, particulièrement chez les opérés de cataracte, où elle nous paraît à peu près indispensable, et chez les enfants, trop jeunes pour donner des réponses exactes. Dans les formes d'astigmatisme irrégulier, consécutives à d'anciennes affections cornéennes, on conçoit que l'ellipse, que fournit un disque, deviendra plus ou moins irrégulière et que la figure carrée de notre astigmomètre donnera une image très variable, les côtés cessant d'être rectilignes et prenant une forme sinueuse ou brisée par places. Dans de nombreux cas, en dépit de l'irrégularité de l'astigmatisme, il arrivera qu'en faisant tourner le kératoscope carré, on trouvera une position où l'image présentera deux côtés parallèles, et, à défaut du rectangle de l'astigmatisme régulier, on obtiendra du moins une image trapézoïde, dont on pourra égaliser à peu près les côtés, sinon les angles, à l'aide de la vis qui rapproche les deux bandelettes mobiles. L'emploi du cylindre, indiqué par l'échelle, donnera parfois une acuité visuelle inespérée.

Lorsque, dans un cas de leucome central, on se trouve dans l'obligation d'ouvrir, par une sphincterectomie, un chemin excentrique aux rayons, il est important de pouvoir se renseigner sur les parties de la cornée qui, à transparence égale, ont le moins souffert dans leur courbure, afin d'y établir la nouvelle pupille. Pour l'exploration périphérique de la cornée, on utilise les points excentriques, de couleur différente, que porte notre insirument (lîg. 574). Le malade, fixant l'un de ces points, on fait exécuter au carré un mouvemeut de rotation, pendant lequel l'image réfléchie passe successivement par tous les méridiens de la cornée, en dévoilant les altérations de courbure de cette membrane. Plus le point fixé sera éloigné du centre, plus aussi l'exploration portera sur des parties périphériques de la cornée. Il sera ainsi facile, suivant les cas, de faire un choix judicieux de l'emplacement à donner à la pupille artificielle.

Comme application de la kératoscopie, signalons encore l'emploi que nous faisons d'un arc, muni de mires mobiles, pour la mensuration du strabisme (p. 759). Le même arc kératoscopique nous a aussi servi à évaluer la déformation de la cornée dans le kératocone et à mesurer le diamètre de la pupille.

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