‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 30 sur 316 · PARÉSIE SYMPATHIQUE DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

PARÉSIE SYMPATHIQUE DES PAUPIÈRES

La parésie sympathique des paupières (Horner, Nicati) est une affection peu connue. Les symptômes résultent principalement de la prépondérance que le muscle orbiculaire prend comme antagoniste sur les faisceaux de fibres musculaires lisses. Ainsi il existe un léger ptosis de la paupière supérieure, mais qui n'empêche pas le malade de relever spontanémeut la paupière, en appelant néanmoins à son aide un léger déplacement de la peau ambiante, grâce à l'action des MM. frontalis et corrugator super cilii. En outre la fente palpébrale se trouve encore un peu rapetisséc par un faible soulèvement de la paupière inférieure.

(1) Nous devons faire mention ici d'une anomalie du releveur de la paupière qui, joint à un faible ptosis congénital, se manifeste avec les mouvements d'abaissement forcé et de latéralité (du côté opposé) de la mâchoire inférieure. Cette anomalie s'expliquerait parce que le releveur serait à la fois innervé par le noyau de l'oculo-moteur et du trijumeau, qui fournit aussi au ptérygoïdien externe, fait signalé pour la première fois par M. Marius Gunn (Société d'ophthalmologie de Londres, 6 juillet 1883). Depuis il n'a été relaté qu'un nombre très restreint de cas, dont un a été présenté par de Wecker à la Société d'ophlhalmologie de Paris (séance du 8 janvier 1889).

D'autres symptômes émanant du grand sympathique viennent heureusement faciliter !e diagnostic, ce sont :

1° Du côté de l'œil, un myosis accusé, n'abolissant pas la motilité, mais retardant l'action de l'atropine; une légère réduction de la tension oculaire et l'élargissement des veines de la papille ;

2° Du côté de la face, la turgescence et la rougeur, avec accroissement de température, de toute la moitié de la figure (comme l'oreille, chez le lapin, lorsqu'on sectionne le grand sympathique).

Cette maladie a plus spécialement été observée chez des femmes qui avaient subi des pertes (après des couches), et chez des hommes ayant présenté une compression plus ou moins directe du grand sympathique (goitre, tumeurs).

Comme traitement, on recommande l'emploi des courants continus, en plaçant le pôle négatif sur le manubrium sterni, le positif sur l'angle de la mâchoire inférieure. Des injections d'atropine trouveraient ici leur emploi comme la morphine dans l'affection précédemment décrite.

Page 1