AFFECTIONS DE LA CARONCULE ET DU PLI SEMI-LUNAIRE. ENCANTHIS
En dehors des plis accidentels que peut présenter la conjonctive, il s'en trouve un lixe, persistant même pendant l'occlusion des paupières. Ce pli, que rend surtout mani teste l'écartement des paupières avec des crochets mousses, court dans le pourtour de l'œil, mais est surtout apparent au côté médian. Dans l'état hahituel d'écarleinent des paupières, il n'est visible que dans un seul endroit, à l'angle interne, où il constitue le pli semi-lunaire (plica semi-hmaris).
Au côté interne (médian) du pli semi-lunaire se trouve la caruncula lacrymales. Elle se présente comme un monticule aplati sous forme de cône. La portion arrondie et obtuse est placée au milieu du lac lacrymal, et se voit sur l'œil ouvert. L'extrémité pointue se cache sous la paupière supérieure et finit par se perdre dans le pli circulaire. La surface delà caroncule se montre un peu bosselée, ce qui résulte de la présence de treize à quinze poils très ténus, munis de glandes folliculaires relativement volumineuses, qu'on peut encore, à l'œil nu, reconnaître sous la forme de points blancs. L'épaisseur de la caroncule est due à la présence, en ce point, d'un petit coussinet de graisse.
Nous avons eu l'occasion de voir que la caroncule lacrymale, de même que la membrane semi-lunaire, participent plus ou moins aux inflammations de la muqueuse dont elles constituent des parties intégrantes; on ne doit donc pas séparer leurs maladies de celles de la conjonctive en général. Nous avons vu aussi que la caroncule et la membrane semi-lunaire sont les partiesde la conjonctive sur lesquelles on rencontre principalement les végétations décrites sous le nom de polypes de la conjonctive.
Celte portion de la membrane peut être prise d'infarctus de ses glandes et présenter alors une prédisposition à des inflammations réitérées (encanthis calculosa).
Le développement excessif des poils placés sur la caroncule a été quelquefois observé et décrit sous le nom de trichosis caroncnlœ.
Après des inflammations chroniques de la muqueuse, on peut observer un engorgement de la caroncule, décrit sous le nom d'encanthis. Cet engorgement, qui peut être la cause unique d'un larmoiement persistant, cède facilement à des cautérisations légères. Il faut distinguer cette forme d'encanthis bénin d'un encanthis malin, produit par le développement de tumeurs (le plus souvent de mauvaise nature) dans cette partie de la muqueuse.
Signalons encore l'existence d'un encanthis inflammatoire, très rare, dans lequel une injection et un gonflement assez considérables, circonscrits à la caroncule, se terminent par l'apparition d'un petit abcès, que l'on videra par une ponction.
Les lésions traumaliques (brûlures) et les corps étrangers de la conjonctive seront traités en commun avec ceux de la cornée et de la sclérotique, à la fin des chapitres relatifs à ces maladies.
CORNÉE ET SCLÉROTIQUE