‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 67 sur 316 · DES MALADIES INFLAMMATOIRES DE LA CORNÉE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MALADIES INFLAMMATOIRES DE LA CORNÉE EN GÉNÉRAL

En ce qui regarde les affections inflammatoires de la cornée, il ne peut plus être question de l'ancienne expression d'exsudation. Actuellement, on tend à laisser au tissu cornéen un rôle absolument passif et on le considère comme étant purement et simplement le siège d'une invasion de cellules, phénomène qui serait sous la dépendance d'une irritation de nature infectieuse. Les éléments cellulaires morbides qu'on rencontre dans une cornée irritée (infectée) proviendraient, non d'une prolifération cellulaire des corpuscules cornéens, mais directement de la diapédèse (Cohnheim) ou indirectement de cette même source, après avoir été déjà déversés dans les produits de la sécrétion conjonctivale (1).

(1) La démonstration de ce fait, la bactériologie nous la fournit de nouveau : « lnoculet-on, dit M. Leber (Compte rendu du Congrès de Heidelberg, p. 351, 1888), la cornée avec des spores d'aspergillcs en six endroits différents, à peu près à égale distance de son centre et de son bord, il se produit à chaque point inoculé une zone d'invasion cellulaire, mais cela exclusivement du côté qui regarde le bord cornéen, et ces différentes zones confluent rapidement pour former un anneau. Le milieu de la cornée reste libre, quoique les corpuscules cornéens auraient dû précisément entrer ici en pullulation active, si la formation de pus dépendait d'eux. En effet, les corpuscules de pus, qui ont envahi la cornée du côté du bord, se sont déjà fixés près de la zone du foyer contenant des champignons et n'avancent pas à travers le tissu nécrosé jusqu'au centre de la cornée. » Autre preuve : « Du mercure métallique introduit dans la chambre antérieure y détermine une exsudation purulente, ainsi qu'une infiltration de pus dans la zone contiguë de la cornée. Si l'on introduit maintenant, chez la grenouille, une gouttelette de mercure dans la chambre antérieure, et qu'on lui injecte dans le sac lymphatique dorsal une grande quantité de cinabre, il apparaît alors tout à fait en bas, dans la cornée, au voisinage de la gouttelette, un anneau dans l'infiltration purulente, qui, déjà à l'œil nu, présente une couleur rougeàtre, parce qu'une grande partie des corpuscules de pus contiennent du cinabre. Cette modification d'une expérience connue fournit une preuve d'autant plus concluante que la cornée n'a, à l'endroit où se produit l'anneau d'infiltration, nullement été blessée. »

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