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BLESSURES DE LA CORNÉE, BRULURES, CORPS ÉTRANGERS

Les blessures de la cornée, qui se bornent à celte membrane, se guérissent d'autant plus facilement que l'instrument qui les a faites est plus tranchant, plus propre, et qu'il a agi plus rapidement. Les sections et les piqûres très nettes se cicatrisent sans laisser de traces visibles à l'œil nu, comme les opérations pratiquées sur la cornée le prouvent d'ailleurs suffisamment.

Dans ce dernier cas, la cicatrisation se fait, d'après Alt, de la façon suivante : huit à dix heures après la section, il survient une exsudation de masses fibrineuses, mélangée de cellules rondes, dans le canal de la plaie. Les bords de la membrane de Bowman ainsi que la couche épilhéliale se recourbent du côté de la plaie, dans laquelle pullule progressivement l'épithélium (lîg. 146). L'exsudat se transforme en tissu cellulaire qui devient de plus en plus dense. Les extrémités de la membrane de Descemet, d'abord repoussces du côté de la chambre antérieure, se retirent ensuite vers le canal de la plaie à mesure que le tissu cellulaire se rétracte. A cette

DE WECKEK ET MASSELON. 1G

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période, il ne subsiste plus du côté de la membrane de Rowman qu'un prolongement papilliforme de l'épithélium.

Au contraire, les déchirures et les contusions de la cornée sont suivies d'une cicatrisation apparente, et cela à cause d'une coaptation bien moins exacte et de la formation d'un tissu intercalaire pour combler la perte de substance. C'est encore ce qui arrive quand l'instrument, qui a pénétré dans la cornée, y a introduit un corps infectant ou sujet à la décomposition chimique et capable de provoquer la suppuration. Dans tous ces cas, il sera nécessaire de rechercher si l'iris, et surtout la capsule du cristallin, n'ont pas été atteints, ou si encore une subluxalion du cristallin n'a pas été la conséquence de la blessure.

Le pronostic des plaies de la cornée dépend donc essentiellement des complications qu'elles peuvent présenter. Les enclavements de l'iris seront réduits à l'aide de la spatule ou excisés, si les tentatives de réduction échouent ; on s'abstiendrait de l'excision si la plaie était très périphérique et empiétait sur le corps ciliaire. En ce qui concerne le traitement direct, l'œil sera mis au repos sous le bandeau

Fi g. 1 16.

compressif ésériné. On procédera à la cautérisation ignée et on appliquera le pansement à l'iodol, si la blessure fait craindre une suppuration partielle de la cornée.

Lorsque la plaie a ouvert la chambre antérieure dans une large étendue, en sorte que le cristallin fait hernie, on devra pratiquer l'extraction de ce dernier et réunir les lèvres de la plaie cornéenne au besoin, par un ou deux points de suture.

Quand la blessure a compris le cristallin, la lésion peut suivre une marche différente, selon que la capsule a été plus ou moins blessée. Ainsi, on observe des cas où une petite ouverture de la capsule s'oblitère et ne donne lieu qu'à une opacification limitée et même susceptible de diminuer avec le temps. Si l'ouverture est plus étendue, il survient un gonflement considérable des masses corticales, qui, en s'accroissaut de volume, augmentent la déchirure de la capsule. Dans ce dernier cas, pour prévenir l'apparition de phénomènes glaucomatenx, on provoquera la sortie du cristallin ramolli, en pratiquant une simple section, ou en combinant celle-ci à l'iridectomie. La succion, chez des jeunes sujets, .pourrait aussi être appliquée.

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