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TRACTDS UVEAL.

partie moyenne, les fibres ont une direction divergente et rayonnante; enfin, dans l'angle antérieur et interne du muscle, se trouvent des fibres circulaires.

La partie méridionale se compose d'une série de lamelles, formées de faisceaux lisses et dirigées parallèlement. Cet arrangement régulier n'existe que dans une étendue do 2""",5; plus en arrière, les lamelles fasciculaircs forment des anses qui s'entrelacent (fig. 150). De ce réseau, partent de très fins faisceaux musculaires, qui vont se jeter dans la choroïde en formant des prolongements d'étendue variable pour atteindre des épaississements musculaires eu forme d'étoiles (fig. 150). Finalement, les fibres musculaires aboutissent toutes au tissu élastique des fines lamelles sous-jacentes, à la lamina suprachoroïdea, ces lamelles représentant ainsi le tendon postérieur très élargi de la portion méridionale du M. ciliaire.

La portion radiale du muscle ciliaire se compose aussi de lamelles. Mais celles-ci donnent des prolongements en si grand nombre, que toute la lamelle prend l'aspect d'un réseau dont les mailles grossissent à mesure qu'on s'avance vers l'extrémité postérieure de la lamelle. A part cela, les lamelles fournissent encore un nombre considérable de prolongements qui rattachent les diverses lamelles entre elles (fig. 151).

Fig. 152. — Extrémité postérieure du muscle ciliaire.

a, lamina superchoroïdea etfusca; b, partie méridionale du muscle ciliaire; c, sclérotique; d, terminaisons de la partie radiale du muscle ciliaire ; e, étalement en lamelles des fibres par lesquelles se termine la partie méridionale du muscle ciliaire.

Les lamelles radiales qui, à partir de l'angle antérieur et externe, se dirigent en divergeant en arrière et en dedans, deviennent de plus en plus courtes à mesure qu'il s'agit de lamelles plus antérieures. Sur une coupe méridionale (fig. 152) du muscle, toute la partie radiale se présente, par suite de ses nombreuses anastomoses, sous forme d'un réseau.

Les faisceaux circulaires (muscle annulaire de Millier), parallèlement dirigés au bord cornéen, sont en partie situés sous l'attache de l'iris au corps ciliaire, en partie aussi plus bas, le long de toute la surface antérieure des procès ciliaires. Ces faisceaux, enveloppés d'une couche épaisse de tissu cellulaire, forment un muscle annulaire indépendant, mais qui s'anastomose avec les faisceaux radiaires les plus antérieurs, lesquels tendent à prendre aussi une. direction circulaire.

Le muscle ciliaire émane d'un large tendon, situé en dedans du canal de Schlemm, et qui se perd dans la cornée. De ce tendon naissent toutes les lamelles du muscle ciliaire. Les rapports du tendon sont, en dehors, le canal de Schlemm, et, en dedans, la membrane de Descemet et l'espace de Fontana.

Quant au Fonctionnement des diverses parties du muscle ciliaire, il est évident que la

Fig. 153. — Muscle ciliaire d'un myope.

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partie méridionale exerce une traction dirigée en avant, dans le sens de son tendon; aussi Brùeke, qui ne connaissait que celte partie du muscle, l'avait-il désignée sous le nom de tensor clioridex; les fibres circulaires n'étant que la continuation des fibres radiées, une

FlG. 154. — Muscle ciliairc d'un ltypermétrope.

AN ATONIE

contraction simultanée île toutes les lamelles radiales aura pour effet, non seulement île les entasser, mais aussi de les attirer en bloc en avant. Suivant hvanoff, le principal effet de la contraction du muscle ciliaire doit se localiser dans le corps çiliàire même, et on peut se demander si un simple étalement des plis de la lame vitrée du corps ciliaire ne suffirait pas pour relâcher notablement la zonula Zinnii.

En ce qui concerne le degré de développement relatif des diverses parties du muscle ciliaire chez l'homme, on rencontre de très sensibles variations suivant les individus. Dans les cas extrêmes, on peut observer, suivant lwanoff, les deux types suivants :

a. Tout le muscle se compose de boucles à direction méridionale et se trouve notablement allongé. Le muscle annulaire manque complètement ; les lamelles radiaires se rencontrent en quantité plus ou moins considérable, seulement dans la partie antérieure et inférieure du muscle, La forme primitive de la coupe méridionale a changé : l'angle droit,

FlG. 155. — Groupe ganglionnaire, provenant des réseaux nerveux d'un nouveau-né (ganglion de la partie vaso-motrice des nerfs de la choroïde).

a, petite artère; b, fibres nerveuses pâles; c, d, cellules ganglionnaires.

qui est formé par les côtés antérieur et externe, est remplacé par un angle aigu, attendu que la partie antérieure du muscle, occupée par les fibres circulaires, fait défaut. Pareille musculature se remontre dans les yeux allongés et fortement myopes (fig. 153).

b. Les fibres circulaires occupent un tiers du muscle ; celui-ci est très court et ses libres méridionales sont réduites à quelques lamelles. La masse du muscle est ainsi presque exclusivement composée de faisceaux circulaires et de lamelles radiées. L'angle droit a subi la transformation en angle obtus. Cet état s'observe surtout sur des yeux courts, très hypermétropes (fig. 154).

Relativement à ses vaisseaux, le tractus uvéal reçoit du sang par deux voies principales, en sorte que sa nutrition le partage en deux régions différentes. La partie postérieure, c'est-à-dire la choroïde, est nourrie par les artères ciliaires courtes postérieures, tandis que la région antérieure, le corps ciliaire et l'iris, reçoit du sang des artères ciliaires longues postérieures et des artères ciliaires antérieures. Toutefois, les parties les plus antérieures de la choroïde sont encore alimentées par un certain nombre de branches

TRACTUS UVEAL.

récurrentes, qui proviennent du corps ciliaire. Les artères ciliaircs courtes postérieures pénètrent, autour du nerf optique, dans la sclérotique, se divisent dichotomiquement et viennent s'épanouir dans la membrane cliorio-capillaire. Tout le sang veineux du tractus uvéal, sauf une faible portion du sang du muscle

1 il. 156. — Groupe ganglionnaire du réseau nerveux de la choroïde d'un adulte.

FiG. 157. — Ganglion des parties vaso-motrices des nerfs de la choroïde.

a, petite artère; b, cellules ganglionnaires ; c, fibre nerveuse pâle.

ciliaire qui s'écoule par les veines ciliaircs antérieures, se réunit dans quatre à six troncs veineux, les vota vorticosa, qui perforent la sclérotique vers l'équalcur du globe oculaire.

Les neufs de la choroïde (nervi ciliares) proviennent de la troisième et de la cinquième

paire, ainsi que du nerf sympathique. Les plus longs (nervi ciliares longi) naissent au nombre de deux, moins souvent de trois, de la pars nasociliaris trigemini; les autres, les courts (nerei ciliares brèves), au nombre de huit à quatorze, partent du ganglion ciliaire. Les uns comme les autres traversent non loin du nerf optique la sclérotique et courent à l'intérieur de l'œil, à la surface externe de la choroïde. Ils forment deux réseaux, un superficiel et un musculaire.

Le premier siège dans la L. suprachoro'ulea et envoie de nombreux filets nerveux fins

Fig. 158. — Muscles de l'iris.

a, sphincter; b, dilatateur; c, terminaison ciliaire du dilatateur.

qui traversent toute la substance choroïdienne. Il est aisé de poursuivre ces fibres le long des vaisseaux de calibre moyen, après quoi elles disparaissent dans la couche de la chorio-capillaire. Ce qui caractérise ce réseau superficiel de la choroïde, c'est son extrême richesse en cellules ganglionnaires (fig. 155 et 156). Le long des fibres nerveuses, situées plus profondément et qui accompagnent les vaisseaux, se rencontrent aussi des cellules ganglionnaires rangées à la suite les unes des autres dans la membrane adventice des vaisseaux (fig. 157). Il s'agit donc là d'un réseau vaso-moteur (Jeropheeff).

Le second réseau nerveux est formé par la division dichotomique des nerfs ciliaires dans le muscle (fig. même 151, p. 241). 11 se compose de plusieurs couches et renferme un nombre considérable de fibres nerveuses à contour foncé, tandis que les fibres pâles préva-

DE WtCKEK ET MASSELOX. 17

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I,.„l dans le premier réseau. En outre, les cellules ganglionnaires sont petites, plus isolées et pour la plupart seulement bipolaires. Ce réseau peut être désigné comme moteur.

y •> on distingue dans l'iris un bord pupillairc, manjo pupillaris, qui contourne l'ouverture centrale de la pupille, et un bord ciliaire, manjo ciliaris, qui attache cette membrane au corps ciliaire et à la cornée, enfin une surface antérieure et une postérieure

Fig. 159. — Segment de l'iris vu de i'ace. a, sphincter; b, dilatateur.

On voit à la surface antérieure de l'iris une ligue en zigzag qui la divise en deux zones. La zone pupillaire, à peu près de la largeur de 1 millimètre, est garnie de petits plis ramassés et rayonnants; la zone externe (ciliaire) présente cinq à sept plis, disposés concentriquement, faisant surtout saillie lorsque la pupille se dilate. Cette surface antérieure est recouverte d'un épithélium qui continue celui de la membrane de Descemet.

La surface postérieure de l'iris est teintée en noir par suite de la présence d'une épaisse couche pigmentaire (uvée), qui se continue avec celle des procès ciliaires, recouverte en ce point par la portion ciliaire de la rétine. Le protoplasma des cellules de l'uvée est farci de granules pigmentaires qui recouvrent complètement le noyau. La surface libre de l'uvée

Fig. 160. — Arrangement des traînées musculaires de l'iris à leur insertion ciliaire.

possède une série de plis peu saillants et disposés en rayons; ceux-ci, régulièrement ranges en lignes droites, s'étendent au nombre de soixante-dix à quatre-vingts, du bord pupillaire vers le bord ciliaire.

Le tissu de l'iris se compose, comme celui de la choroïde, de vaisseaux, de muscles, de nerfs et d'un stroina.

Les vaisseaux de i.'iris se distinguent par l'extrême épaisseur de leurs parois et surtout de leur membrane adventive. La nutrition de l'iris s'opère de la façon suivante :

Les artères ciliaires longues et quelques branches des artères ciliaires antérieures '•'instituent, dans la partie la plus antérieure du muscle ciliaire, le grand cercle artériel de I iris. De celui-ci émanent de nombreuses artérioles qui cheminent dans l'iris, où elles pénètrent en suivant les attaches des procès ciliaires. Ces artérioles convergent vers le bord

pupillaire, et un certain nombre d'entre elles forment par leurs anastomoses, au voisinage du bord pupillaire et près do la surface externe de l'iris, le petit cercle artériel de l'iris, le. seul qui, à proprement parler, occupe cette membrane même. C'est de ce cercle que part le réseau capillaire, qui arrive jusqu'au bord pupillaire, principalement en avant du sphincter de l'iris.

Les veines qui naissent de ce réseau et aussi dos anses qui terminent les artérioles du bord pupillaire, prennent à leur tour une direction rayonnante, se réunissent aux veines des procès ciliaires et vont aboutir dans les vasa vorticosa.

Les mouvements de l'iris s'accomplissent par deux muscles, le sphincter, qui resserre la pupille, et le dilatateur, dont l'action entraine la dilatation de la pupille.

Le sphincter de là pupille (fig. 158 et 159, «) occupe la zone pupillaire de l'iris, dans une étendue de 1 millimètre environ, et s'épaissit progressivement à partir du bord pupil-

Fig. 161.

laire pour atteindre une épaisseur de 0mm,25. Il est situé plus près de la surface postérieure de l'iris, de manière à n'être séparé de l'uvée que par une mince couche de tissu cellulaire, ainsi que par des trames musculaires extrêmement tendres qui appartiennent au dilatateur.

Le dilatator pupille (fig. 158 et 159, b) se développe aux dépens des faisceaux du sphincter, en formant ainsi, par des arcades entrelacées, sa continuation non interrompue. 11 représente une plaque musculaire continue, à fibres parallèles, recouvrant toute la surface postérieure de l'iris. A 0mm,5 de son insertion ciliaire, le muscle se divise en faisceaux isolés, qui se placent suivant deux couches superposées (fig. 160, a,a'). Les fibres de ces faisceaux changent, tout près du bord ciliaire, de nouveau leur direction, se retournent en arc (b) et forment, en s'entrelaçant, un mince plexus musculaire (c) qui embrasse, sous forme d'anneaux, le bord ciliaire.

Chaque fibre du dilatateur se rend du sphincter au bord ciliaire de l'iris, où elle prend une direction circulaire, et se compose d'une série de cellules fusiformes (fig. 161, a, b, b'). Ces

cellules fusiformes (c) renferment, pour la plupart, des noyaux semblables à des bâtonnets, mais parfois aussi ovales, et beaucoup contiennent, dans le protoplasma qui entoure le noyau, du pigment (1).

Les neufs de l'iris sont des branches des nerfs ciliaires de la choroïde, qui se divisent dicboiomiquement et se perdent en un réseau, dans lequel se fait un échange de fibres entre les troncs nerveux. De ces points d'cntre-croisement, naissent trois sortes de fibrilles nerveuses : a. des fibres pâles, qui appartenant, suivant toute probabilité, au nerf sympathique, prennent la direction de la surface postérieure de l'iris où elles forment un réseau très fin (par conséquent destiné au dilatateur); b. des fibres à moelle, qui se dirigent vers la surface de l'iris et se perdent ici en un épais réseau de fines fibres, ce sont les fibres sensibles de l'iris; c. enlin un troisième réseau est réparti dans le sphincter, les nerfs très lins qui le composent sont pour la plupart moteurs.

Les vaisseaux et les nerfs de l'iris se trouvent couchés dans un stroma, composé en majeure partie de fibrilles et de cellules de tissu connectif. Dans les yeux foncés, s'observent, surtout vers la couche la plus superficielle de l'iris, de nombreuses cellules pigmentées, étoilées, qui communiquent entre elles par des anastomoses serrées; sur les yeux clairs, ces cellules étoilées sont dépourvues de pigment.

ARTICLE PREMIER

HVPÉRÉMIE DE L'iRIS

Lorsque l'iris, à la suite d'une irritation quelconque, est hypérémié, les parties parcourues par les vaisseaux nourriciers de cette membrane présentent des modifications : ce sont, en particulier, les parties antérieures de la choroïde (dont la congestion échappe même à l'ophthalmoscope) et le tissu épiscléral voisin de la cornée, dans lequel courent les vaisseaux ciliaires antérieurs. Pour ce qui regarde le tissu épiscléral, les phénomènes congestifs dus à l'hypérémie de l'iris se révèlent aussitôt par l'apparition d'une injection périkératique.

Un second symplôme de l'hypérémie de l'iris est la modification dans la couleur de cette membrane. Les diverses couleurs, que peut présenter ce voile membraneux, se modifient par l'addition d'une nuance rouge jaunâtre. Ainsi le bleu devient légèrement verdàtre, le brun prend une teinte rousse, et le gris bleuâtre se transforme en un jaune verdàtre particulier.

Dans les cas d'hypérémie très chronique, on peut voir l'iris se décolorer et prendre une teinte grisâtre, par suite de la dépigmentation des cellules de cette membrane.

Un troisième symplôme caractéristique de l'hypérémie de l'iris, est la paresse avec laquelle il se meut sous l'influence des changements dans l'intensité de la lumière. En outre, il offre une résistance anomale à l'action des mydriatiques et des myotiques. On peut même dire que plus les mydriatiques et les myotiques agissent rapidement et conservent longtemps leur action, et plus aussi on est en droit de

i I) La présence d'un dilatateur a encore récemment été contestée et son action rapportée a la circulation, mais nous maintenons la description d'Iwanoff si compétent en la matière.

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