IRIT1S SIMPLE OU PLASTIQUE
compter sur l'état normal de l'iris. Ajoutons que l'hypérémie de l'iris se révèle, d'ailleurs, constamment par un certain degré de contraction papillaire.
Étiologie. — L'hypérémie de l'iris se rencontre dans tous le cas où les membranes internes ou externes de l'œil se congestionnent fortement; surtout, pour ce qui regarde la rétine et la choroïde, lorsque la congestion porte sur leur partie antérieure (choroïdite, décollement de la rétine). L'inflammation du tissu sousconjonctival, à la suite des granulations, de l'oplithulmie purulente, de la diphthérite et même de la conjonctivite pustuleuse intense, entraîne aisément l'hypérémie de l'iris. Enfin cet état suit presque constamment les altérations [morbides et les traumatismes de la cornée.
Pour la thérapeutique, nous renvoyons au traitement de l'iritis.
INFLAMMATION DE L'iRIS, IRITIS
Pour que l'hypérémie de l'iris prenne les caractères d'une iritis, il faut qu'il s'y ajoute un symptôme essentiel, la production d'un exsudât, ou une immigration cellulaire, ou encore une prolifération des éléments de la trame de l'iris. D'où, en se basant sur l'anatomie pathologique des produits inflammatoires, trois formes principales d'iritis : Yiritis simple ou plastique, Yiritis séreuse et Yiritis parenchymateuse. Les simples données étiologiques nous mettraient singulièrement dans l'embarras, car, comme toutes les iritis reposent sur une infection endogène (rhumatisme, syphilis, tuberculose) ou une infection ectogène (traumatisme), elles peuvent, suivant le degré d'intensité avec lequel l'infection agit, revêtir non une unique, mais des formes variées d'inflammation.
Comme dans l'hypérémie, les principaux symptômes sont ici l'injection périkératique, le changement de coloration et les troubles fonctionnels. Ces symptômes subissent, par suite de l'aggravation de l'état pathologique, ainsi que par la production d'un exsudât ou d'une infiltration cellulaire, les modifications suivantes : l'injection périkératique s'accuse bien plus nettement, la coloration s'altère davantage et la motilité de l'iris se trouve abolie presque complètement ou d'une manière absolue.
V exsudât, ainsi que les cellules immigrées, peuvent se mêler à l'humeur aqueuse, se déposer à la face antérieure ou postérieure de l'iris, occuper le champ de la pupille, ou surtout le bord pupillaire. La présence des produits de l'inflammation dans l'humeur aqueuse s'accuse par un simple nuage, par la production de flocons fibrineux, ou d'un hypopyon. La membrane de Descemet peut aussi devenir le siège d'un dépôt de ces produits.
De la présence d'un exsudât à la surface de l'iris résulte la perte du brillant de cette membrane, phénomène que ne permet pas toujours d'apprécier le défaut de transparence de l'humeur aqueuse; mais la présence de dépôts exsudatifs au bord de la pupille, surtout si celle-ci se trouve agglutinée à la capsule (synéchie postérieure), sera aisément reconnue. Outre ces soudures marginales, il peut aussi se faire de véritables soudures pariétales, par suite d'un accolement de la face postérieure même de l'iris au cristallin.
A. Iritis simple ou plastique.
Symptômes anatomiqiies. — Le premier symptôme de cette maladie est l'injection périkératique. Celle-ci peut être assez peu prononcée dans les cas d'iritis
légère et chronique ; au contraire, si l'inflammation est aiguë et intense, et surtout si des produits purulents s'accumulent dans la chambre antérieure, le tissu sousconjonctival se gonfle jusqu'à donner quelquefois lieu à un chémosis, qui masque ou modifie la teinte violacée de l'injection primitive.
Un autre symptôme important de l'iritis simple, c'est le trouble qui survient à la surface de l'iris et dans le contenu de la chambre antérieure. Le manque de brillant de l'œil pourrait même parfois en imposer, à un observateur inattentif, pour une opacification occupant la cornée.
L'iritis se caractérise encore par l'immobilité plus ou moins complète de la pupille. Celle-ci peut être rétrécie, mais normalement conformée; tandis que, dans d'autres cas, on observe, dès le début de la maladie, au pourtour du bord pupillaire, une exsudation qui y forme des adhérences ou synéchies.
Après s'être convaincu d'un défaut de contractilité de l'iris, en couvrant et décou-
Fig. 162. — Iritis plastique, avec production de tissu de nouvelle formation à sa surface. Ce tissu montre un arrangement lamellaire. H, épais foyer d'hémorrhagie (AH).
vrant alternativement l'œil avec la paupière, l'œil sain ayant été préalablement fermé, on observera que l'instillation d'une goutte d'un collyre d'atropine n'agit que lentement et donne lieu à une dilatation irrégulière de la pupille. Parfois, une seule instillation suffira cependant pour rompre des synéchies encore faibles, mais on verra persister, le plus souvent, sur la cristalloïde des dépôts recouverts de cellules de l'uvée.
Les changements dans la coloration de l'iris, déjà signalés, seront d'autant plus apparents que l'humeur aqueuse aura conservé une plus grande transparence et que l'exsudat épanché dans la trame et à la surface de l'iris sera moins abondant.
La quantité d'exsudat qui se produit dans l'iritis simple peut varier considérablement. S'il n'existe parfois que de légères synéchies, dans d'autres cas des masses exsudatives assez considérables se rencontrent dans la chambre antérieure, et des épanchements pigmentés envahissent le champ pupillaire, quelquefois au point de l'oblitérer dans sa totalité.
Parfois il s'élève, au-devant de la surface de l'iris, des membranes fibrineuses dans lesquelles l'humeur aqueuse s'amasse de telle façon que l'on peut croire à la présence d'une vésicule ou d'un cristallin luxé et opaque, tombé dans la chambre antérieure.
Lorsque des masses fibrineuses très épaisses, au lieu de se résorber, s'organisent, on peut voir, comme le montre la figure 1G2, un accolement de ces masses à iris atrophié. La production morbide conserve ainsi son caractère d'exsudat