‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 82 sur 316 · R1T1S SIMPLE ET PLASTIQUE · texte numérisé non relu

R1T1S SIMPLE ET PLASTIQUE

organisé et juxtaposé, état bien différent de ce qu'on observe dans l'irilis parenchymateuse.

Pour ce qui regarde la simple synéchie, ce n'est pas un tissu organisé et pourvu de vaisseaux qui la constitue; elle se compose d'une masse amorphe, entremêlée de rares cellules immigrées et pigmentées, qui agglutine le bord pupillaire, la face postérieure de l'iris et la capsule. Lorsqu'elle se rompt, les débris qu'elle laisse

FiG. 163. — Iritis plastique. Accolemcnt du bord pupillaire à la capsule antérieure et déplacement de la périphérie de l'iris par une exsudation séreuse (Alt).

fixés à la capsule s'atrophient et disparaissent, en général, assez rapidement ; seules, les masses pigmentaires résistent quelquefois davantage.

Si l'exsudat épanché dans le champ pupillaire est très considérable, il peut amener une occlusion totale de la pupille, ou du moins une adhérence complète entre son bord et la capsule (fig. 163), état que l'on désigne sous le nom de synéchie

FiG. 164. — Membrane pupillaire, développée à la suite d'une iritis plastique (Alt).

postérieure totale, et qui peut, du reste, se combiner avec l'oblitération de la pupille (fig. 164).

Quant aux altérations de la couche uvéale, on observe que les molécules pigmentaires sont entraînées dans les tissus nouvellement formés, de manière à simuler un épaississement considérable de cette couche.

Lorsqu'il s'agit de cas chroniques, dans lesquels les rechutes se sont opposées à la résorption de la fibrine des exsudats, on observe, comme sur la figure 162, non

une membrane amorphe, mais un produit constitué par une trame de cellules fusifonnes, dans laquelle peuvent même se prolonger les vaisseaux de l'iris. La rétraction de ce tissu de nouvelle formation peut entraîner, si l'iris ne s'atrophie pas, des troubles graves du côté du tissu trabéculaire péricornéen et du corps ciliaire.

B. Iritis séreuse.

La dénomination d'iritis séreuse est appelée à disparaître de la nosologie ophthalmologique. Le produit inflammatoire, propre à cette forme d'iritis, n'est, en effet, nullement de nature séreuse, mais essentiellement cellulaire; en outre, l'iris ne subit que secondairement cette infiltration cellulaire , qui se communique à toutes les parties avoisinantes, cornée, sclérotique et choroïde. Les points de départ de cette ondée cellulaire étant les espaces lymphatiques de l'œil, l'iritis séreuse représente donc une lymphangite antérieure de l'œil, ayant son siège principal dans les espaces lymphatiques péricornéens.

On peut même se demander si l'on est bien autorisé à séparer une lymphangite antérieure d'une lymphangite généralisée, actuellement désignée sous le nom d'irido-choroïdite séreuse, attendu que, non seulement les espaces lymphatiques d'un même œil communiquent directement les uns avec les autres, mais que, grâce à la gaine piale des nerfs optiques, pareille lymphangite peut même passer à travers le chiasma d'un œil à l'autre.

Un autre point à noter est que la lymphangite résulte de l'action d'une substance infectieuse qu'entraîne le courant circulatoire pour la fixer dans l'œil, car, ici, aussi, l'irritation nerveuse ne doit intervenir en rien.

Laissons pour le moment ces questions de côté, et, en maintenant. le terme d'iritis séreuse, rappelons-nous qu'il s'agit constamment, comme l'ont démontré les travaux deKnies, d'une lymphangite antérieure de l'œil, avec infiltration cellulaire de l'iris, principalement dans ses couches antérieures, dépôts en nombreux foyers sur la membrane deDescemet et infiltration par ces cellulesdes parties périphériques de la cornée et de la sclérotique, près de l'insertion indienne, à l'entour du ligament pectine. L'entassement des cellules dans le tissu trabéculaire péricornéen nous explique la tendance glaucomateuse que peut prendre cette affection, qui se complique aussi parfois de sclérose cornéenne et de scléro-choroïdite antérieure.

Les dépôts de la membrane de Descemet, qui, sous forme de petits points ronds ou de plaques, occupent dans le segment inférieur de la cornée un espace angulaire, à sommet tourné en haut, sont formés de détritus et de molécules pigmentaires. Au-dessous, la couche endothéliale est généralement intacte, mais ce stratum est altéré ou manque sous les dépôts volumineux. Parfois ceux-ci paraissent se rapporter à une prolifération ou segmentation des noyaux des cellules endothéliales, mais ce sont, pour la plupart, des cellules immigrées.

Les mailles du ligament pectine étant encombrées de ces cellules, l'iris gonflé se relire un peu de son insertion ciliaire ; par suite, le canal de Fontana parait élargi et la chambre antérieur plus profonde.

Dans les cas très légers, les dépôts sur la membrane de Descemet et l'infiltration cellulaire dans la trame de l'iris seront peu abondants, cette dernière membrane étant surtout ici le siège d'un œdème, d'une imbibition séreuse; mais dans les formes graves, la transsudation qui accompagne l'infiltration cellulaire, peut, comme dans la forme précédemment décrite, devenir fibrineuse et donner lieu à une agglutination complète du bord de l'iris à la cristalloïde, avec distension, par accumula-

1R1TI S PARENCHYMATEUSE (SUPPURATIVE). 265

tion séreuse, de la membrane irienne (tig. 163), qui tend ainsi à s'accoler à l'espace de Fontana et à faire obstacle à la filtration de l'œil.

Dans certains cas, l'infection et par suite l'infiltration cellulaire dans l'iris sont telles que le tissu iridien participe à l'inflammation, en donnant à l'affection une tournure qui la rapproche de l'iritis parenchymateuse. On peut aussi voir parfois

FiG. 165. — Iritis hémorrhagique (avec un exsudât spongieux). Hémorrhagie occupant l'iris. Dans la chambre antérieure se trouve une masse exsudative gélatineuse et fibrineuse (Alt).

l'iritis séreuse se compliquer de nombreuses extravasations sanguines dans la trame de l'iris, avec dépôt dans la chambre antérieure de la partie liquide du sang, sous forme d'une exsudation fibrineuse ou gélatineuse (fig. 165), celle-ci étant susceptible, dans quelques cas, de prendre l'aspect d'un cristallin luxé.

Page 1