BLESSURES DE L'IRIS
l'œil qui a transmis l'inflammation conserve un certain degré de vision, tandis que la fonction de l'œil sympathisé est déjà notablement atteinte.
Quant aux cas où un œil perdu peut être considéré comme inoffensif, nous signalerons les suivants :
A. Lorsque les voies de transmission (espaces lymphatiques) ont été oblitérées, à la suite de la rétraction cicatricielle qui succède à une suppuration intra-oculaire complète (panophthalmie) ;
B. Lorsque, par suite d'un processus glaucomateux (staphylomateux) prolongé, les voies lymphatiques ont subi une compression oblitérante.
Si, en dépit d'une intervention chirurgicale rationnelle, une ophthalmie sympathique s'est développée, on la traitera suivant les moyens médicaux indiqués plus haut ; mais on devra renoncer à toute tentative d'iridectomie qui, à cette période, échouerait constamment. Une pareille intervention ne peut être justifiée que lorsque la phase régressive, avec atrophie des fausses membranes, a laissé un œil encore suffisamment muni d'une tension convenable et présentant une bonne perception lumineuse.
D'ailleurs, il ne faut même pas ici se flatter de pouvoir ouvrir une pupille artificielle d'emblée et sans enlever préalablement le cristallin. L'accolement complet de la surface postérieure de l'iris, fortement atrophié à cette époque, rend toute tentative de ce genre infructueuse. Donc, après extraction du cristallin, que l'on fera échapper à travers une section à lambeau intéressant à la fois la cornée et l'iris, la capsule ayant été ouverte par une kystitomie équatoriale, on excisera, au moyen des pinces-ciseaux, un lambeau triangulaire aussi large que possible et comprenant l'iris, les membranes exsudatives et lacristalloïde. Eu cas d'oblitération, on répéterait cette irito-ectomie.
On s'abstiendra de toute intervention, si un malade compte encore, avec un œil qui a passé par une ophthalmie sympathique, les doigts à une certaine distance, et l'on attendra le plus longtemps possible, sur un œil qui ne présente qu'une simple perception lumineuse, afin qu'un maximum d'accalmie se soit établi avant toute tentative opératoire.
blessures.de l'iris, corps étrangers
Les blessures de l'iris peuvent être faites par un instrument piquant ou tranchant, par la pénétration d'un corps étranger, ou être la conséquence d'une contusion de l'œil. Toutes ces blessures se compliquent facilement d'un épanchement de sang dans la chambre antérieure, d'un hyphèma. Les sections ou piqûres de l'iris n'entraînent, en l'absence d'infection, aucune réaction. Quelques instillations d'atropine et le bandeau compressa0 amènent vite la guérison. Mais, si la plaie s'est étendue au cristallin et a été infectée, celui-ci, en se gonflant et en servant de lieu de culture aux germes, peut provoquer et entretenir dans l'iris une inflammation prolongée, et l'on est souvent obligé de donner issue au cristallin cataracte.
On a observé, à la suite de contusions violentes de l'œil ou des parties voisines, des déchirures de l'iris, et surtout une rupture de son bord adhérent. Une iridodialyse en est la conséquence. Cet accident se produira d'autant plus aisément que la pupille se trouvera, au moment du traumatisme, fortement contractée ou fixée à
DE WECKEK ET MASSELOX. 19
la capsule par des synéchies. Si l'irido-dialyse 'est 'peu étendue, il pourra être nécessaire, pour fixer le diagnostic, de recourir à l'emploi du miroir ophthalmoscopiquequi dévoiler aussitôt, grâce au reflet renvoyé par le fond de l'œil, la présence d'une petite fente périphérique de l'iris donnant passage aux rayons lumineux. Dans le cas d'irido-dialyse très étendue, on peut voir à la longue la bandelette, transversale, formée par l'iris détaché, s'atrophier par places et laisser en partie passer les rayons projetés dans l'œil par l'ophlhalmoscope. Mais nous n'avons pas pu constater une absorption complète de l'iris donnant lieu à une iridérémie, ainsi que l'ont rapporté quelques auteurs.
Les déchirures du bord pupillaire ne se présentent que très exceptionnellement. Dans les cas que nous avons observés, nous n'avons pas rencontré une mydriase persistante, comme White Cooper l'a signalé, mais un allongement de. la pupille en forme de poire, avec adhérence à la cristal loïde du bord du sphincter déchiré. Bien plus rares encore sont les déchirures de l'iris dans sa continuité, ainsi que la figure 178, empruntée à une observation rapportée par M. Lawson, en montre un
Fig. 178.
Fie. 179.
cas, consécutif au choc sur l'œil d'une balle, par ricochet. On constatait la présence de deux pupilles superposées, la supérieure, produite par la déchirure, ne concordant pas avec le bord marginal de l'iris, dont elle se trouvait séparée par un pont de tissu iridien.
Le renversement de l'iris, décrit en premier lieu par de Ainmon, est encore un accident que l'on a assez rarement occasion d'observer. L'iris est enfoncé, vers la chambre postérieure, sur une étendue variable qui échappe alors complètement à l'œil de l'observateur. En pareil cas, il est impossible de découvrir à l'ophlhalmoscope les procès ciliaires correspondant à la partie de l'iris refoulée, tandis que l'examen de ces replis membraneux est toujours possible, lorsque le bord ciliaire de l'iris a été détaché par un traumatisme quelconque. On a observé ce genre de lésion presque exclusivement sur des yeux dans lesquels le cristallin s'était déplacé ou s'était notablement réduit dans ses diamètres, de façon que l'iris n'y trouvât plus son point d'appui normal.
En général, le renversement partiel de l'iris comprend toute la largeur de cette membrane jusqu'à son bord adhérent, mais on a aussi rencontré des cas où le renversement n'était représenté que par un repli du bord pupillaire, figurant dans la partie renversée une dilatation de la pupille. Le renversement de l'iris a pu parfois être suivi de visu pendant certaines opérations de pupilles artificielles, faites à tort dans les cas de luxations du cristallin, où l'iritomie doit toujours remplacer l'excision de l'iris. Si, en pareil cas, on ne saisit pas prestement l'iris avant que le corps vitré ait pu passer au-devant, celui-ci renverse l'iris en arrière et il devient impossihle de saisir cette membraue.