‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 94 sur 316 · CHANGEMENTS DE LA CHAMBRE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DE LA CHAMBRE ANTÉRIEURE

vasculaire prononcée). Parfois l'épanchement sanguin se reproduit périodiquement et paraît lié au tlux menstruel. Quelques cas curieux ont été signalés où un hyphéma pouvait survenir à volonté sous l'influence de certains efforts, pour disparaître ensuite en quelques minutes.

Le traitement de l'hyphéma doit dépendre essentiellement de la cause qui l'a produit. Ainsi, lorsqu'il est traumalique, le repos, les instillations d'atropine et le bandeau compressif sont les principaux moyens auxquels il faut recourir. On ne procéderait à une paracentèse que dans le cas d'hyphéma persistant, particulièrement sur des yeux atteints d'anciennes irido-choroïdites. Ici l'évacuation du sang, généralement très fluide, rend service aux malades en abrégeant notablement la guéri son.

Nous ne nous arrêterons pas aux corps étrangers de la chambre antérieure, dont il a déjà été question aux chapitres correspondants de la cornée et de l'iris. On a parfois observé une pullulation endothéliale formant capsule enveloppante autour d'un corps étranger (Van Dooremaal). Notons encore que des corps étrangers, non sujets à la décomposition chimique, peuvent séjourner de longues années dans la chambre antérieure sans provoquer d'irritation.

La chambre antérieure offre un milieu très favorable au développement et au séjour du cysticerque, qu'on peut y étudier avec grande facilité. Les cas signalés, concernant cette singulière affection, s'élèvent à une vingtaine qui, pour la plupart, sont relatifs à l'œil gauche. Un fait particulier, c'est qu'aucune observation decysticerque de la chambre antérieure n'a été relatée en France.

Chez presque toutes les personnes atteintes de cette maladie, des phénomènes plus ou moins prononcés d'irritation surviennent (par suite des déjections) du côté de l'iris; on voit, dans la chambre antérieure, une petite vésicule diaphane de couleur jaunâtre, douée de mouvements assez apparents, et d'où sort de temps en temps

ri

FiG. 187.

Fig. 188.

un prolongement filiforme et muni d'une extrémité en forme de massue qui représente le cou et la tête de l'animalcule. Ces parties sont cachées, à de certains moments, dans le corps vésiculaire et ne s'y dessinent que par un pli ou une tache blanchâtre. Les contractions de l'iris, surtout lorsqu'on fait pénétrer une vive lumière

dans l'oeil, excitent les mouvements du cysticerque, tandis que, si la pupille est dilatée par l'atropine, ses mouvements se ralentissent beaucoup et la lumière reste sans action sur lui.

La présence d'un cysticerque, dans la chambre antérieure, ne peut s'expliquer que par le transport d'une larve de cet entozoaire, amenée avec le sang jusque dans les vaisseaux de l'iris, ou peut-être de la choroïde. D'ordinaire l'animalcule est complètement libre dans l'humeur aqueuse ; ce n'est que consécutivement à l'irritation engendrée par lui qu'il peut prendre adhérence avec la cornée, ou avec la surface de l'iris, comme dans le cas relaté par Pridgin Teale.

Chez l'enfant, une petite fille de dix ans, qui fait le sujet de cette observation, le cysticerque était adhérent à la surface de la partie inférieure de l'iris droit, et se présentait sous la forme d'un corps opaque, resserré dans son milieu, d'un volume un peu supérieur à une graine de chanvre. Dans le point occupé par l'animalcule, l'iris avait pris adhérence avec la capsule (fig. 187). L'enfant, d'une santé délicate, avait été tourmentée longtemps par des filaires, mais jamais par le tœnia, ni par des vers d'autre espèce. Le cysticerque fut enlevé, après incision sur le bord de la cornée, avec la partie de l'iris à laquelle il était fixé. L'examen microscopique montra la tête et le cou, avec la couronne de crochets et les quatre suçoirs, faisant saillie au dehors de la vésicule (fig. 188).

Le traitement consiste, après instillations répétées d'ésérine pour s'opposer au prolapsus de l'iris, à pratiquer une section de la cornée à l'aide du couteau de Graefe, qu'on introduit entre cette membrane et la vésicule. Lorsqu'on retire l'instrument, le cysticerque est entraîné le plus souvent hors de l'œil par le courant de l'humeur aqueuse qui s'échappe. L'excision de l'iris est indispensable si l'animalcule adhère à cette membrane.

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR L'iRIS : IIUTOM1E, IRIDECTOMIE, IRIDORRHEXIS, IRIDODIALYSIS, CORELYSIS.

Page 1