III. — Dégagement du bord pupillaire (corélysis
Le dégagement chirurgical du bord de la pupille, retenu à la capsule par des synéchies, a été recommandé, sous le nom de corélysis, d'abord par Strealfeild, puis par 31. Weber. Une opération analogue avait autrefois été pratiquée par Wenzel, qui se servait d'une fine aiguille d'or, pour détruire les adhérences qui pouvaient s'opposer à l'extraction du cristallin cataracte; mais, Streatfeild et Weber ont poursuivi les premiers l'idée de détacher les synéchies formées au-devant d'un
Fig. 193.
A, spatule échancrée de Streatfeild; B, le même instrument grossi six fois.
Fig. 194.
Crochet de Weber. A côté est représentée l'extrémité grossie de ce crochet, dont a mesure 3 millimètres ; b, Î2mm,5 ; c, lmm,5, et d, lmm,5.
cristallin parfaitement transparent, et cela principalement dans le but d'améliorer la vue et de prévenir les récidives d'inflammation.
Le premier temps de l'opération consiste à pratiquer dans la cornée une étroite ouverture, à l'aide d'une large aiguille à paracentèse ou d'un petit couteau lancéolaire.
IR1D0D1ALYSIS. 315
L'emplacement de la section pourra varier suivant les cas; mais M. Weber choisit de préférence le milieu du rayon externe de la cornée.
Dans le second temps, on se propose de détacher le bord pupillaire. On peut, à cet effet, se servir de la spatule échancrée de Streatfeild (flg. 193), ou du crochet aplati de M. Weber (fig.194). On introduit ces instruments de manière à leur frayer, par de légers mouvements de latéralité, un passage entre l'iris et le cristallin, afin ■ de détacher les adhérences les moins solides. Une fois l'instrument porté sous l'iris, on lui imprime des mouvements de circumduelion, en exerçant une légère traction. La pupille étant dégagée, on fait une instillation d'atropine et de cocaïne qu'on répète à chaque pansement.
M. Passavent a conseillé, dans le même but, une opération infiniment plus simple. Elle consiste à pratiquer très obliquement, pour éviter le prolapsus de l'iris, une petite incision sur le bord de la cornée, dans le méridien correspondant à la synéchie; puis on saisit l'iris avec de fines pinces et on le lâche dès que la synéchie est dégagée.
Ces opérations ont d'autant plus perdu de terrain dans la pratique courante qu'on s'est convaincu que les rechutes d'inflammation étaient bien moins déterminées par la persistance d'une ou de quelques synéchies, que par l'influence continue d'un état diathésique, d'une infection endogène. D'autre part, lorsqu'il est établi que des troubles circulatoires ou de fillration résultent de la présence d'une adhérence de l'iris, il est évident que la corélysis doit céder le pas à l'irideclomie.