‹ Manuel d'otologie cliniqueChapitre 127 sur 129 · CORYZA · texte numérisé non relu

CORYZA

Traitement. — On a conseillé une foule de remèdes abortifs qui réussissent rarement, ainsi que l’expérience le démontre.

Parmi les plus recommandés je citerai : l’aspiraüon par les narines d’eau de Cologne, d’eau-de-vie camphrée, puis de vapeurs de teinture d’iode, d’ammoniaque, de sels anglais; les badigeonnages avec la teinture de belladone, de cocaïne à 5 : 100; l’emploi de la gaze iodoformée placée à l’entrée des narines; enfin les poudres composées.

Dans un certain nombre de cas, ces petits moyens réussissent; mais, si au bout de 24 à 48 heures le mal n’est pas enrayé, il faut se servir d’autres médications. On obtient de bons effets de l’emploi des vapeurs balsamiques, camphrées, (Voir page 364) ainsi que des aspirations dans le creux de la main des solutions chaudes antiseptiques, acide borique, boricine, coaltar saponiné.

Les pulvérisations avec une solution de cocaïne à 0,50 cent, pour 100 ou avec la vaseline liquide mentholée à 3 pour 100 apportent un grand soulagement.

Il est encore un excellent moyen sédatif, c’est l’infusion de tilleul chaude additionnée pour une tasse, de 8 à 10 gouttes de laudanum, dans laquelle on trempe un tampon de colon hydrophile boriqué qui. faisant l’office d’éponge permet au malade d’aspirer le liquide; on lave et déterge ainsi la muqueuse nasale.

Les grandes injections nasales, seraient nuisibles à cette période.

Les poudres à priser rendent quelques services. 11 existe bien des formules. Je n’en donnerai qu’une qui peut du reste être modifiée au gré du médecin.

Form. n° 41. Sous nitrate de bismuth. 5 gr.

Poudre de camphre. 0 gr. 50 cent.

Acide borique porphyrisê et tamisé . 2 gr.

Cblorbydr. de morphine.. O gr. 03 cent.

Chlorhydr. de cocaïne. 0 gr. 02 cent.

Poudre de benjoin. 1 gr.

On peut remplacer la cocaïne par le menthol, 0,10 centigr. Quelques praticiens conseillent rinsufflalion dans les fosses

RHINOLOGIE.

nasales de un centigramme de chlorhydrate de morphine une fois par jour.

Unna a recommandé le Spray à l’ichthyol :

Form. n°42. Ether sulfurique. 50 gr.

Alcool. 50 gr.

Ichthyol. 0 gr. 05 cent.

Enfin, lorsque le coryza est très aigu et qu’il se complique de fièvre et de céphalalgie, de malaises, il faut donner le bromhydrate de quinine à hautes doses 0s r , 40 à 0® r , 60 à la fois, le soir, pendant trois jours de suite.

Fièvre de foin

Dans la fièvre de foin (catarrhe nasal printannier) on rencontre fréquemment la congestion et le gonflement des cornets inférieurs.

Lorsque la phlegmasie aiguë est un peu atténuée, l’emploi du galvanocautère est souvent utile, pour combattre l’hypertrophie des cornets.

On sait que dans cette forme de catarrhe, les accès d’asthme sont assez fréquents, et disparaissent souvent avec la sortie d’un flux nasal plus ou moins considérable.

J’ai trouvé il y a bien longtemps, dans un recueil anglais une formule dont je me suis, servi fréquemment et qui a soulagé bien des malades. Je la donne telle que je l’ai inscrite dans mes notes, sans pouvoir retrouver le nom de l’auteur.

Form. n° 43. Extrait de jusquiame. 0 gr. 75 cent.

Iodure de potassium. 3 » 65 cent.

Bicarbonate de potasse. 7 » 30 cent.

Extrait de réglisse. 4 » 65 cent.

Eau d’anis. 101 » 50 cent.

Une cuillère à dessert toutes les 4 heures.

IS. — Coryza chronique

Le coryza chronique succède le plus souvent au coryza aigu qui a récidivé, ou qui a été mal soigné au début. On

RHINITE.

l’observe communément à la suite des maladies infectieuses.

Certains sujets sont affectés de coryza chronique dès l’enfance, et présentent plusieurs fois chaque année des poussées aiguës qui empêchent la guérison, et de ce fait entretiennent la chronicité.

Les ouvriers ciseleurs, forgerons, serruriers, tailleurs de pierre sont par leur profession plus aptes à contracter ces affections chroniques.

Traitement. — Le traitement général a ici une efficacité réelle quand il est suivi avec persistance. Les eaux chlorurées sodiques, Salins, Salies, les bains de mer, modifient heureusement le coryza chronique.

Les lavages du nez sont nécessaires pour débarrasser les fosses nasales des produits de sécrétion. On emploie soit les aspirations, soit les irrigations avec le syphon.

Les médicaments les plus en usage sont le chlorure de sodium, le coaltar saponiné, laboricine (tetra-borate de soude) le bicarbonate de soude aux doses indiquées plus haut page 362.

4° — RHINITE

A. — Rhinite aiguë purulente

La rhinite aiguë purulente ou muco-purulente est presque toujours secondaire et se rencontre surtout dans les maladies infectieuses, variole, scarlatine, diphthérie, etc. Elle est fréquente chez les nouveau-nés ou dans la première enfance.

Il peut y avoir un écoulement muco-purulent assez considérable, et aussi parfois une sécrétion sanguinolente et fétide.

Traitement. — Les grands lavages avec des substances désinfectantes sont très nettement indiqués pour combattre cette affection.

La solution de résorcine à 1 pour 100 peut être aussi recommandée.

RHINOLOGIE.

Le coaltar saponiné, qui n’est pas caustique m’a rendu de très grands services.

Les irrigations seront faites soit avec le syphon, soit avec une grande seringue.

Dans l’intervalle des injections, on emploie soit la vaseline boriquée, soit la pommade :

Form.n°44. Vaseline.50 gr.

Résorcine. 0 gr. 85 cent.

Les poudres médicamenteuses sont indiquées lorsque l’écoulement est très faible.

Form. n°45. Acide borique finement pulvérisé. . 50 gr.

Iodol. 0 gr. 50 cent.

(Escat.)

B. — Rhinite chronique fétide

Ozène simple

D’après quelques auteurs, la rhinite atrophiante ne serait que la terminaison de la rhinite chronique hypertrophique. Mais cette opinion n’est point partagée par la plupart des rhinologistes, car il n’existe pas de démonstration nette et précise de ces faits.

L’étiologie de cette affection est loin d’être complètement élucidée. Je m'abstiendrai donc de toute discussion. Ce qui est hors de doute, c’est que les sujets affectés d’ozène simple appartiennent pour la plupart à la catégorie des scrofuleux, des anémiques, etc. Chez ces malades la rhinite purulente commence par un gonflement de la muqueuse suivi de sécrétions.

Les fosses nasales dans l’ozène simple sont d’une largeur exagérée, tout à fait anormale, largeur due à la régression des cornets osseux ainsi que de la muqueuse qui les recouvre. On constate lès troubles de nutrition surtout dans. les cornets inférieurs.

Enfin la muqueuse du pharynx nasal est bien souvent aussi affectée de la même manière, et on peut trouver dans la région des croûtes desséchées et fétides.

RHINITE.

Quant à l’odeur, elle est due à la rapidité de la putréfaction des liquides secrétés par la muqueuse.

Traitement. — La première indication est de pratiquer des irrigations nasales fréquentes et abondantes pour débarrasser les fosses nasales des croûtes et des sécrétions. Les injections seront faites deux fois par jour, et plus souvent encore si cela est possible. Cependant les croûtes ne sont pas toutes enlevées par les lavages même abondants, et il est parfois nécessaire de les détacher avec un stylet garni de coton hydrophile.

Lés substances à employer pour les irrigations sont : le gros sel de cuisine; le permanganate de potasse de 1 : 2000 à 1 : 3000; les solutions faibles de phénol, de thymol à 1 pour 100.

Voici la formule qui m’a donné les meilleurs résultats.

Form. n° 46. Coaltar saponiné.1 cuil. à soupe.

Sel de cuisine.1/2 cuil. à café.

Eau bouillie.1 litre.

Il faut avoir soin de mettre le sel dans un morceau de linge qu’on ferme avec du fil ; cette filtration est nécessaire pour rejeter les impuretés solides mélangées au sel.

Dans certains cas anciens et réfractaires au traitement ordinaire, on a obtenu de bons résultats avec des injections de 2, 3 jusqu’à 5 litres de suite.

Il est utile aussi chez quelques malades de remplir les deux fosses nasales, à leur sommet, de tampons de coton hydrophile boriqué, gros comme le bout du doigt et roulés très serré. On diminue ainsi la largeur des cavités nasales, et on provoque en même temps une irritation légère amenant une secrétion plus fluide.

Parmi les poudres qui rendent des services, on peut citer : l’acide borique porphyrisé et tamisé, l’acéto-tartrate d’alumine insufflé une fois par semaine. L’emploi de ce médicament a été indiqué par Schoeffer.

Le traitement au moyen de badigeonnages avec le naphtol sulforiciné à 10 pour 100 préconisé par Ruault donne d’excellents résultats.

RHINOLOGIE.

Le D r von Stein a obtenu de nombreux succès au moyen de badigeonnages avec des solutions de plus en plus concentrées d 'acide trichloroacétique. On commence par une solution à 1 pour 100 pour monter ensuite jusqu’à 10 pour 100. Au début du traitement on répète ces badigeonnages deux fois par jour. Dès que l’amélioration est constatée, on n’en fait qu’un seul par jour, puis un par semaine.

L’emploi de la teinture d’iode en badigeonnages rend de grands services dans bien des cas.

Je conseillerai aussi les vaporisations de vaseline liquide après les lavages. Galante fabrique un pulvérisateur nasal en verre fort commode.

Form. n° 47. Vaseline liquide.. . 25 gr.

Essence de géranium rose. 1 goutte.

Sauf de rares cas le galvano-cautère ne doit pas être employé.

5°— CATARRHE DU PHARYNX NASAL A. — Catarrhe aigu.

Le catarrhe aigu du pharynx nasal est le plus souvent consécutif à une inflammation aiguë des fosses nasales ou du pharynx buccal. Il existe ordinairement dans toutes les maladies exanthématiques.

Pour les raisons maintes fois indiquées déjà, on voit souvent la phlegmasie se propager à la trompe et à l’oreille moyenne.

Traitement. — Le traitement est le même que pour le coryza aigu. Cependant, si la localisation de l’affection est plus marquée dans le pharynx nasal, les pulvérisations par la voie buccale ont des effets plus sûrs. On les fait avec un tube recourbé.

Les poudres astringentes ou très légèrement caustiques ne seront employées que dans la période de défervescence. Ces diverses poudres ont déjà été indiquées plus haut.

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