MÉTHODES D’EXPLORATION 1“ — EXPLORATION DE L’OREILLE EXTERNE
Deux espèces d’otoscopes servent à l’examen de l’oreille : le spéculum cylindro-conique et l’otoscope de Brunlon.
Fig. 52. — Spéculum cylindro-conique.
Je ne parlerai pas des spéculums bivalves assez généralement abandonnés.
1° Le spéculum cylindro-conique, qu’on emploie presque exclusivement en France et à l’Étranger, est en métal ou en caoutchouc durci. Presque tous les otolo-
présentent rien de bien particulier. On en construit de trois grandeurs différentes (fig. 32).
Comme source d’éclairage, la lumière du jour est regardée comme insuffisante. La lumière solaire, la meilleure, est d’un emploi restreint pour des raisons faciles à comprendre. On se sert le plus ordinairement d’une forte lampe à l’huile, au pétrole, ou mieux d’une lampe à gaz, à double couronne, entourée d’un manchon métallique avec réflecteur et lentille biconvexe, augmentant la puissance de l’éclairage (fig. 33). Un miroir concave à main ou un miroir fronlal à genouillère envoie les rayons lumineux dans le spéculum, par réflexion (fig. 34). Il y a quelques années, Hellot avait imaginé un
Fia. 34. — Miroir frontal.
photophore électrique assez ingénieux adapté à un bandeau frontal.
Dans ces conditions, les parties examinées sont vues dans leur grandeur normale. L’interposition d’une lentille biconvexe tenue à la main permet d’obtenir un grossissement qui m’a toujours paru indispensable.
2° L’otoscope de Brunton est de beaucoup préférable à tous les autres, suivant moi. Je l’emploie uniquement depuis 25 ans. Les tubes spéculums fenêtrés permettent l’introduction de tous les instruments qui doivent nécessairement être un peu coudés (fig. 55). Une seule main, la droite ou la gauche, suivant le côté, suffit pour opérer dans tous les cas, sauf, bien entendu, lorsqu’il s'agit d’enlever une exostose avec la gouge et le maillet.
Cet otoscope, dont l’oculaire donne un notable grossis-
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Fig* 35. — Otoscope de Brunton. A. Pavillon. B. Oculaire. C. Miroir à 45°.
sement est, à mon sens, le plus simple et le plus commode. Je ne doute pas qu’un jour il ne se trouve dans toutes les mains. Actuellement, quoiqu’il soit déjà ancien, il est peu ou mal connu. Je n’en veux pour preuve que ce que disent MM. Hartmann, Gellé et Hermet dans leurs ouvrages :
« Dans le spéculum de Brunton, que fai vu encore employé en France et en Italie...-, ce spéculum ne permet que de voir, mais ne permet pas d'introduire simultanément un instrument. On ne peut donc avec lui ni pratiquer d’examen approfondi , ni appliquer un traitement rationnel. » (Hartmann, Mal. des Oreilles, 1890, p. 10.)
Quant à Gellé, il n’en donne aucune description. Au bas de la figure qui le représente, il ajoute en note :
« Instrument très beau pour le public, instrument encombrant et à rejeter. » (Gellé, Mal. des Or., 1885, p. 353.)
Hermet conseille bien l’emploi du Brunton, mais seu-
Fig. 37. — Otoscope du D r Menièi’e construit par Goubeaux et Collin.
lement pour l’examen. 11 ajoute: « Toute opération chirurgicale nécessite le miroir et le spéculum ordinaire. » (Leçons cliniques, 1892.)
Je suis surpris de ces appréciations qui tendraient à prouver que le Bruriton est assez peu connu, car de-
Fig. 58. — Examen de l’oreille avec le spéculum de Brunton.
paraît-il, par Gentili, médecin italien, antérieurement à cette date.
Guépratt a construit un otoscope de Brunton d’une dimension plus grande.
Enfin, en 1893, Collin et l’opticien Goubeaux ont, sur mes indications repris le modèle agrandi, et ajouté un objectif ainsi cfu’un oculaire fixé à un tube en spirale montant et descendant qui peut s’adapter à toutes les vues (fîg. 37).
puis 25 ans, j ai examiné et opéré tous mes malades en me servant des tubes spéculums fenêtrés adaptés à l’otoscope de Brunton. (Voir fig. 35.) En 1869, époque à laquelle j’ai fait exécuter par Collin cette fente longitudinale si précieuse, ni Collin, ni moi n’avions connaissance de celte importante modification déjà imaginée,
Le grossissement donné par cet appareil est de 1 diamètre, ce qui permet de voir très nettement les parties profondes. J’ajoute une importance extrême à ce grossissement. La source lumineuse à employer avec le Brunton est la lampe à gaz ou à pétrole placée derrière la tête du malade. Mais on peut faire mieux encore. En fixant au pavillon de ce nouvel otoscope un réflecteur concave muni d’une lampe électrique de 3 volts, alimentée par un accumulateur portatif, on obtient un éclairage fixe considérable qui permet de pratiquer une opération délicate à un malade couché dans son lit 1 .
Je conseille donc aux élèves et aux médecins d’employer cet otoscope (Brunton simple ou agrandi), avec lequel ils se familiariseront bien vite. (Voir fîg. 38.) Il peut en outre servir à l’examen des fosses nasales. J’ai fait construire à cet effet des tubes spéculums plus grands (fig.39).
Fig. 39. — Tubes spéculums fenêtrés pour l'examen du nez.
Avant l’introduction d’un 'spéculum quelconque, il faut avoir soin de tirer le pavillon de l’oreille en haut, en arrière et un peu en dehors, afin d’effacer le plus possible la courbure du conduit cartilagineux. On devra pénétrer doucement, sans chercher à entrer trop profon-
1. L’otologiste peut avoir à‘sa disposition chez lui, des accumulateurs permettant l’emploi de lampes électriques de 9 à 10 volts.
dément, car le conduit auditif est sensible, et beaucoup de malades redoutent le premier examen, instinctivement, par crainte. Si on aperçoit quelques pellicules épidermiques, ou quelques parcelles de cérumen qui gênent la vue, il est bon de faire une injection d’eàu chaude, bien préférable à tous égards, à l’emploi de la pince (dite auriculaire).