C. — Otalgie ; névi'algie de l’oreille
L’otalgie est une affection purement nerveuse caractérisée par une douleur (généralement intermittente) localisée dans l’oreille, en l’absence de tout état inflammatoire de l’organe.
En étudiant l’oreille moyenne, j’ai dit que la caisse était innervée par le trijumeau et le glosso-pharyngien. Si les troncs ou les branches de ces nerfs sont affectés soit directement, soit par action réflexe, les phénomènes douloureux s’expliquent facilement.
Les névralgies du pavillon ainsi que celles du conduit auditif ne présentent rien de particulièrement intéressant à noter.
PATHOLOGIE
; Étiologie.' — Les causes les plus fréquentes de l’olalgie sont : les refroidissements, les coups d’air, la carie dés dents, les ulcérations de l’épiglotte, la carie et la nécrose du rocher, les tumeurs du cerveau. On trouve en outre dans les ouvrages classiques des observations curieuses de faits isolés donnant comme causes l’adénite-cervicale, l’anémie, etc. Il existe une forme d'otalgie intermittente connue depuis longtemps. J’en ai vu plusieurs cas nettement caractérisés.
Symptomatologie. — Les douleurs ressenties au fond de l’oreille sont vives, lancinantes, souvent d’une violence inouïe et s’irradiant dans le côté correspondant de la tête. Elles se présentent par crises irrégulières avec des rémissions. Lorsqu’il s’agit d’accès intermittents ,ces douleurs reviennent à des heures fixes qui ne laissent aucun doute sur le caractère de l’otalgie. On constate aussi des accès fébriles avec chaleur et rougeur de la peau du pavillon, des bourdonnements et de l’hyperesthésie acoustique.
Marche, durée. — L’otalgie aiguë a une marche régulière, une durée limitée et se termine toujours par la guérison, tandis que l’otalgie chronique est indéterminée dans sel marche et sa durée.
Diagnostic. — Lorsque l’examen direct permet de constater qu’il n’existe aucune inflammation de l’oreille, on devra rechercher si l’otalgie est due à une névrose locale ou à une affection du voisinage, névralgie faciale, etc. Le diagnostic est en général assez facile.
Pronostic. — Si l’otalgic est aiguë ou si elle a le caractère intermittent, le pronostic est favorable. L’otalgie chronique est souvent difficile à modifier.
TROUBLES SENSITIFS
Traitement. — Le sulfate de quinine et surtout le bromhydrate ont une action remarquable, à la condition de les prescrire à haute dose : de 75 centigr. à 1 gr. 20 en une fois, pendant trois jours de suite. Dans Yotalgie intermittente, il est nécessaire de faire prendre les sels de quinine trois heures avant l’heure présumée de l’accès.
Si l’otalgie est due à la syphilis, le traitement spécifique est tout indiqué.
Dans la forme chronique, outre la quinine, on peut employer Yiodure de potassium (2 grammes par jour), et Yaconitine, par granules de 1/4 de milligramme à la fois (ne pas dépasser 4 granules par jour).
On a recommandé encore les injections sous-cutanées d'atropine, 1/5 de milligramme.
Enfin les courants continus ont donné quelques succès.