CHAPITRE III
HÉMORRHAGIE
Pavillon
L’hémorrhagie du pavillon est appelée otliématôme. C’est une tumeur sanguine, et, à ce titre, elle m’a paru devoir être classée parmi les tumeurs du pavillon. (Voir ôihématôme, p. 270.)
Conduit auditif externe et tympan
Les hémorrhagies du conduit auditif externe et du tympan sont dues, dans la grande majorité des cas, soit aux blessures, soit aux inflammations de ces parties de l’organe auditif. Je renvoie donc le lecteur aux Otites externes et aux Traumatismes.
Beaucoup d’auteurs, font une description particulière de Y otite hémorrhagique qui ne se voit (rarement du reste) qu’au début de. l’otite moyenne purulente aiguë. Cette inflammation superficielle de la peau du conduit se traduit par une extravasation de sang sous l’épiderme, formant des vésicules de grandeurs variées.
Les petites taches ou vésicules sanguines constatées sur la surface externe du tympan ou entre ses lamelles se voient ordinairement dans le cours des inflammations de la membrane ou de la caisse. Elles ne méritent pas une étude à part.
Les épanchements intralamellaires peuvent se résorber
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complètement. Lorsqu’ils ont été un peu intenses, il reste assez fréquemment une pigmentation noirâtre ou grisâtre que j’ai observée plusieurs fois.
Quant aux migrations de ces poches sanguines du tympan, qui ont lieu dans les sens les plus divers, dans l’épaisseur de la membrane, on n’en a donné aucune explication satisfaisante.
Caisse du tympan
Les hémorrhagies de la caisse, consécutives aux traumatismes ainsi qu’aux otites moyennes purulentes aiguës ou chroniques, seront étudiées aux chapitres réservés à ces maladies.
En dehors de ces causes, on voit les hémorrhagies se produire, à la suite : des forts éternuements, des accès de toux violents (coqueluche), des angines infectieuses et spécifiques; on peut citer encore, les polypes, les tumeurs malignes et l’albuminurie (Buck).
On a observé des cas où il s’est fait par l’oreille une hémorrhagie supplémentaire, remplaçant un flux menstruel retardé, particulièrement à l’époque de la ménopause. Il existait toujours une affection chronique de la caisse et une perforation du tympan.
Quelle que soit la cause de l’épanchement, il peut survenir avec ou sans perforation tympanique :
1° Tympan intact. — L’exsudation sanguine de couleur rouge sombre ou noirâtre s’aperçoit assez souvent par transparence. Il n’y a généralement pas de réaction inflammatoire, mais quelques bruits subjectifs et un peu de surdité. Il est utile d’ouvrir largement le tympan, d’enlever l’exsudât et de fermer l’oreille avec un pansement antiseptique.
PATHOLOGIE
2° Tympan perforé. — Lorsque l’épanchement se fait jour à travers la membrane, l’inflammation de l’oreille moyenne est à craindre, si la maladie est abandonnée sl elle-même.
Oreille interne
En dehors des traumatismes, les hémorrhagies du labyrinthe se rencontrent dans différentes maladies de l’organe auditif, et donnent lieu soit à de simples ecchymoses ou extravasations légères, soit à des épanchements sanguins considérables.
Les ecchymoses ont été vues dans la variole, dans la tuberculose (Schwartze), dans le typhus (Politzer), dans les oreillons (Toynbee'), dans la maladie de Bright (llaberman).
Les collections sanguines plus marquées s’observent dans la méningite tuberculeuse (Steinbrügge), dans la pachyméningite (Moos), dans le diabète et l’anémie pernicieuse, dans la maladie de Ménière, ainsi que dans les hyperhémies de l’oreille interne, dues à la propagation des phlegmasies infectieuses de la caisse du tympan (scarlatine, rougeole, etc.).
Les hémorrhagies du labyrinthe se produisent par transsudation, ou par rupture des vaisseaux sanguins. Les parois de ces vaisseaux sont souvent le siège d’altérations dans la leucémie, la syphilis, les maladies du cœur. Il ne suffit pas, du reste, qu’il ëxiste un état dyscrasique pour que l’hémorrhagie se produise ; il faut encore certaines conditions morbides prédisposantes.
symptômes. — Ils varient avec l’importance de l’hémorrhagie. Si elle est légère, les symptômes se confondent avec ceux de l’inflammation de l’oreille interne, et
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dépendent du siège. Si, au contraire, l’épanchément sanguin est considérable, la sensibilité fonctionnelle est atteinte à différents degrés. On observe fréquemment, en outre, des bruits subjectifs, du vertige, des nausées, des vomissements, et une surdité plus ou moins complète. La surdité survient rapidement, et cette rapidité, sans être constante, s’observe assez fréquemment que la surdité doive diminuer, disparaître ou persister.
9iar«he. — L’épanchement sanguin, suivant les conditions où il s’est produit, peut se résorber, ou donner lieu à une inflammation suivie de suppuration.
Diagnostic. — Les bourdonnements, les vertiges, les nausées et les vomissements sont observés comme phénomènes réflexes, en dehors de toute hémorrhagie labyrinthique. D’autre part, Moos, Lucae et Politzer citent des autopsies de malades atteints d’hémorrhagie de toute l’oreille interne, n’ayant présenté durant toute leur vie aucun de ces symptômes.
Il semble admis maintenant que ce n’est pas l’hémorrhagie elle-même qui est la cause du syndrome de Ménièr. 1 , mais bien son action réflexe sur les nerfs ampullaires.
Pronostic. — Dans les formes légères, la résorption peut se faire; mais l’audition est souvent diminuée. Lorsque l’hémorrhagie est intense, si le malade n’est pas emporté par une de ces complications qu’on observe fréquemment, la surdité devient irrémédiable.
J’ai vu plusieurs malades frappés de méningite, entre douze et seize ans, guérir de l’affection cérébrale, mais rester complètement sourds des deux oreilles.
Traitement. — Il diffère suivant les causes. Les révul-
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sifs énergiques sont indiqués, ainsi que l’emploi de la glace sur la tête. Du reste, dans les cas graves, les accidents cérébraux prédominent et l’état de l’oreille est relégué au second plan. La thérapeutique spéciale n’a qu’une importance relative.