STATISTIQUE. - 36 CAS
Otite moyenne purulente aiguë, sans rupture tympanique'. . . 3 cas.
Otite moyenne purulente aiguë, après perforation spontanée . 11 cas.
Otite moyenne purulente chronique, avec perforation. ... 22 cas.
Sur ces 22 derniers malades, 4 fois il y a eu otite périostique avec inflammation de l’apophyse.
Staphylococcus aureus, albus.36 cas.
Staphylococcus pyogenes.20 cas.
Staphylococcus tétragène. 3 cas.
Pneumocoque de Friedlânder. ......... 3 cas.
Pneumocoque encapsulé de Talamon et de Frankel. 1 cas.
Bacterium coli commune. .. 1 cas.
Divers bacilles.. 8 cas.
Divers champignons.10 cas.
Yoici les résultats donnés par les cultures :
Les associations microbiennes existaient dans la totalité des cas.
Chez 3 malades j’ai pu faire la paracentèse avant la rupture spontanée. Avec le staphylocoque et le streptocoque, on a trouvé le pneumocoque de Friedlânder. Ces 3 enfants ont ôté traités par les injections d’eau coaltarisée et les badigeonnages du mélange suivant : (glycérine, 10; phénosalyl, 4).
Le pneumocoque disparut sans retour, vingt-quatre heures après le premier emploi de ce mélange. Les cul-
PATHOLOGIE
tares des autres microbes recommencées tous les deux jours, indiquaient une diminution dans le nombre des colonies.
Dans les 11 cas d’otile moyenne purulente aiguë, avec; perforation spontanée, une fois j’ai rencontré le pneumocoque encapsulé de Talamon. Le même traitement a été appliqué à ces 11 malades. Le staphylocoque, quelle que soit sa nature, était tué sur place par le phénosalyl. Mais le lendemain il se reproduisait avec une intensité presque égale, sans paraître influencer la marche de la maladie. De ces malades, 8 sont guéris.
L’association microbienne était constante dans les 22 cas d’otite moyenne purulente chronique. Plusieurs des enfants sont encore en traitement. 4 fois il y a eu complication d’otite périostique avec abcès superficiel de la région mastoïdienne et décollement de la peau. Le pus mêlé de sang, contenait toujours le streptocoque en cultures pures à Vexclusion des autres bacilles.
Je m’abstiens de toute conclusion, car je continue ces expériences sur une plus vaste échelle, en employant différents antiseptiques;
C. Thérapeutique générale et prophylaxie 1“ — Thérapeutique générale.
Je ne crois pas devoir insister longuement sur le traitement général destiné à aider la médication locale. Dans les formes aiguës, mais plus encore dans les formes chroniques, son utilité est reconnue. L’étiologie nous montre que les inflammations aiguës ou chroniques se rencontrent plus particulièrement chez les sujets lymphatiques, scrofuleux, arthritiques. Aussi la médication tonique, reconstituante donnerà-t-elle d’excellents \ ffets:
ÉTIOLOGIE.
Je préfère pour les enfants, les préparations iodées (sirop iodé, iodo-tannique, etc.). La médication thermale doit être recommandée pour combattre les affections chroniques du nez et du pharynx nasal (les eaux de Cauterets, de Luchon, du Mont-Dore, etc.).
Je ne donnerai pas d’indications plus détaillées, car cette thérapeutique générale est connue de tous les praticiens. J’y reviendrai du reste en parlant du traitement des diverses otites.
2° — Prophylaxie,
Quelles précautions peuvent être utiles pour éviter les otites? Cette question est tellement banale à certains points de vue, que je ne m’y arrêterai pas. Mais il est des règles d’hygiène qui ne sont pas généralement adoptées, et que je ne saurais trop recommander. Je veux parler des lavages antiseptiques du nez, de la gorge et du pharynx nasal, faits chaque matin. Les adultes et surtout les enfants en retireront de grands avantages.
On trouve tout naturel de se laver (par propreté) le visage, les mains, la bouche, etc., etc., et on ne se lave pas le nez ni la gorge qui, étant donné leur rôle physiologique, leur structure, et leur conformation, arrêtent et retiennent toutes les poussières de l’atmosphère.
Nous savons de plus, que les inflammations de l’oreille sont dues, dans la majorité des cas, à la propagation des affections catarrhales et autres du pharynx nasal; dès lors il est facile de comprendre que les lavages journaliers avec l’eau chaude salée, boriquée, ou coaltarisée entraîneront les détritus muqueux, les produits de sécrétion chargés de microbes, et diminueront ainsi les chances d’infection.
PATHOLOGIE
Ces recommandations paraissent puériles; mais une longue expérience me permet d’assurer que les soins hygiéniques conseillés par moi depuis bien des années, ont donné d’excellents résultats. (Voir, pour la technique, Appendice, page 361.)