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INFLAMMATIONS INFECTIEUSES NON SPÉCIFIQUES

1° — INFLAMMATION DU PAVILLON

L’herpès, l’eczéma, etc., peuvent envahir le pavillon tout entier ou seulement en partie. L’inflammation est primitive ou bien consécutive à ces dermatites qui ont commencé à se montrer sur les parties voisines. Ces affections ne présentant rien de particulier au point de vue otologique, je ne fais que les mentionner.

On peut décrire deux sortes d’inflammations aiguës : 1° brûlures et congélation; 2° périchondrile.

1° Brûlures et congélation. — L’inflammation due à ces causes peut atteindre tout l’organe ou se localiser. Les douleurs sont quelquefois très violentes et accompagnées souvent de symptômes généraux.

Les brûlures du pavillon doivent être traitées par les moyens ordinaires.

La congélation, quand elle atteint un certain degré, produit des excoriations se recouvrant de croûtes, et pouvant être suivies de mortification du cartilage.

Le traitement consiste à ramener doucement la circulation dans l’organe. On fait usage ensuite de la pommade à l’acide borique ou à l’oxyde de zinc.

2° Périciioitdrite. — La périchondrite dont on cite quelques cas isolés est fort rare. L’inflammation occupe

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la face antérieure du pavillon qui devient rouge. On constate parfois une tumeur de forme plus ou moins irrégulière, qui est souvent le siège d’une fluctuation très nette. Je n’ai observé qu’un cas de ce genre.

On pourrait confondre cette inflammation avec l’othématôme. Mais ce dernier, au début est formé par une collection sanguine, tandis que le contenu de la tumeur est purulent dans la périchondrite. Cependant, à une période plus avancée de la maladie, il n’est pas rare de voir l’othématôme devenir purulent, ce qui peut rendre le diagnostic différentiel assez difficile. Ces divergences n’ont qu’une importance secondaire, car le traitement ne diffère pas sensiblement dans les deux cas. (Voir Othématôme , page 270.)

Otites externes

L’inflammation du conduit auditif est appelée otite externe. Beaucoup d’otologistes admettent et décrivent plusieurs variétés qui existent assurément, mais ne comportent pas une étude séparée. Voici la division adoptée par la majorité des auteurs : inflammations circonscrites et inflammations diffuses.

A. — Inflammations circonscrites

Furoncle, hydrosadénite Otite externe circonscrite

Il existe dans le conduit auditif des glandes sébacées et des glandes cérumineuses. Pour certains auteurs, l’inflammation débute exclusivement dans les premières, et est regardée comme de nature furonculeuse. Pour

d’autres, la localisation de la phlegmasie dans les glandes cérumineuses donnerait lieu à une hydrosadénite. Suivant Duplay, ces deux variétés peuvent exister ensemble, mais elles sont difficiles à différencier au début.

La nature infectieuse des furoncles a été démontrée par Lœwenberg qui a trouvé dans le pus des microbes (staphylococcus aureus, albus). On comprend dès lors la propagation de la furonculose et la difficulté qu’on éprouve à la combattre, si le chirurgien n’emploie pas un traitement strictement antiseptique.

Étiologie. — Cette maladie fréquente chez les adultes, est rare chez les enfants. Comme causes locales je citerai : les liquides irritants introduits dans le conduit, parmi lesquels on rencontre les substances les plus diverses (éther, chloroforme, élixir dentifrice, chartreuse verte, eau de mélisse, etc.); les refroidissements, les instruments introduits dans l’oreille pour la gratter. L’irritation qui survient entraîne la formation soit d’un furoncle, soit d’un abcès circonscrit.

Parmi les causes générales, la convalescence des fièvres graves, l’arthritisme, la scrofulose, la ménopause et la furonculose prédisposent certainement à l’otite externe.

On rencontre aussi des abcès circonscrits, pendant l’évolution d’une otite moyenne purulente aiguë ou chronique. Urbantschitch mentionne des inflammations sympathiques de l’oreille non encore malade. J’admettrais plus volontiers, dans ces cas, l’auto-infection, qu’il est facile de s’expliquer.

Symptomatologie. — Symptômes objectifs. — Au début le conduit paraît souvent presque complètement oblitéré, et la rougeur 1 s’observe sur une assez grande étendue, pour

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se limiter ensuite sur un point plus circonscrit, à moins qu’il n’existe plusieurs foyers inflammatoires soit juxtaposés, soit sur des parois différentes.

Symptômes objectifs. — La douleur est ordinairement très forte, avec exacerbations nocturnes; elle est plus ou moins marquée suivant la profondeur à laquelle se trouve le point malade. Chez certains sujets, elle est en tout semblable aux violentes douleurs de l’otite moyenne purulente, car elle peut se faire sentir non seulement dans l’oreille, mais de plus dans les régions voisines (articulation de la mâchoire, dents, tête, cou).

Ces symptômes peuvent disparaître rapidement après l’ouverture naturelle ou chirurgicale de la tumeur. Il n’est pas rare qu’il existe des bourdonnements dus à l’hyperhêmie du tympan et de la caisse. La surdité est en rapport avec le degré de tuméfaction du conduit.

marche, durée, terminaison. — L’otite externe cir-

conscrite se termine quelquefois par résolution. Les symptômes s’amendent alors, puis disparaissent. La suppuration est la règle ordinaire, et si la maladie est abandonnée à elle-même, l’ouverture spontanée se fait au point culminant de la petite tumeur.

La durée de ces divers phénomènes n’a rien de fixe, et varie avec la profondeur du point malade. La récidive des abcès ou des furoncles retarde la guérison définitive,. ' :

Ces inflammations circonscrites peuvent cependant entraîner à leur suite des complications de voisinage telles que : l’œdême de la région parotidienne, la tuméfaction et la périostite de la face antéro-externe de l’apophyse. J’ai observé un assez grand nombre de cas de ce genre.

Les furoncles dont la marche est plus rapide que celle

des abcès, peuvent chez quelques malades prédisposés, se perpétuer pendant des mois.

Diagnostic. — L’examen direct devrait permettre de reconnaître l’inflammation circonscrite. Cependant, dans bien des cas, on ne peut se prononcer au début, entre une otite circonscrite et une otite diffuse. Les symptômes, à la première période de la maladie sont sensiblement les mêmes, et la tuméfaction du conduit rend difficile le diagnostic différentiel. Au bout de deux ou trois jours (la marche du furoncle étant plus rapide) il est possible de se prononcer plus nettement. La furoncle est beaucoup plus douloureux au toucher, et sa forme acuminée permet de le distinguer.

Dans certains cas le diagnostic présente quelques difficultés, car les abcès mastoïdiens et parotidiens peuvent faire saillie dans le conduit, les premiers au niveau de la paroi postérieure, et les seconds au niveau de la paroi antérieure. Il est utile de mentionner aussi les abcès siégeant à la paroi supérieure du conduit auditif osseux. Ceux-ci viennent de l’oreille moyenne, en suivant les cellules aériennes de la caisse qui se prolongent dans l’épaisseur de la paroi supérieure (I)uplay).

Enfin, avec un peu d’attention, on ne pourra confondre l’otite circonscrite avec une exostose du conduit.

Pronostic. — Le pronostic est bénin, s’il ne se produit pas de complications du côté de la caisse ou de la région mastoïdienne.

Traitement. — Pour faire avorter les furoncles on peut tenter au début (mais sans grand espoir) les badigeonnages médicamenteux. La teinture d’iode pure appliquée deux ou trois fois par jour, pendant deux jours.

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sur le point malade et les parties voisines a donné quelquefois des résultats.

On doit chercher à calmer les douleurs souvent si violentes qui se montrent dès le premier jour. Deux moyens principaux sont employés : la médication calmante et les émissions sanguines.

Médication calmante . — Les bains d’oreilles chauds (voir page 115) réussissent bien. La solution suivante m’a paru la meilleure.

Form. n° 3. Eau.60 gr.

Laudanum ..4 à 8 gr.

Acide borique. 2 gr. (E. Ménière).

On peut aussi se servir des : instillations ;

Form. n° 4. Eau distillée de lauriers-cerises . 10 gr.

Chlorhydrate de morphine .... 0 gr. 05 cent.

Tout récemment Wolfenstein, de New-York, a recommandé les instillations suivantes :

Form. n° 5. Chlorhydrate de cocaïne. 0 gr. 50 cent.

Résorcine. 0 gr. 10 cent.

Eau distillée bouillie.10 gr.

Ces instillations provoquent facilement, paraît-il, chez certains malades, des phénomènes légers d’intoxication, (nausées, faiblesse, syncope). Je ne les ai pas encore employées.

Dans un cas pressé on peut à la rigueur se servir de simples bains d’eau chaude. Les compresses d’eau froide sur l’oreille ont été recommandées. Mais la chaleur m’a toujours paru préférable, qu’on emploie les bains ou les enveloppements (page 115).

Émissions sanguines. — Si l’hyperhémie est considérable, on obtient de bons résultats en plaçant deux sangsues au devant du tragus, suivant la méthode indiqûée (page 109).

Lorsque l’inflammation s’est nettement localisée en un point, il faut inciser largement et profondément. Ce débridement est douloureux et les badigeonnages de cocaïne ne le rendent pas beaucoup moins sensible. Le soulagement est rapide.

Quand il existe une tendance à la récidive, les scarifications de tout le conduit rendent des services. On les fait suivre de bains d’oreille antiseptiques chauds.

Traitement consécutif. — Les Soins Consécutifs Sont nécessaires, même après l’ouverture du foyer. On donnera chaque jour une ou deux grandes injections antiseptiques, qu’on fera suivre de badigeonnages avec l’un des mélanges suivants :

Form. n° 6. Glycérine anglaise.10 gr.

Phénol absolu.5 à 10 gr. (E. Ménière).

Qn peut encore employer

Form. n° 7. Glycérine anglaise .

Phénosalyl.

ou bien

Form. n° 8. Glycérine anglaise. 6 gr.

Eau distillée. 4 gr.

Phénol absolu.2 à 6 gr.

Les pommades sont contre-indiquées. L’alcool boriqué a été très recommandé ; mais il est plus douloureux.

Form. n° 9. Alcool pur.20 gr.

Acide borique.à saturation.

On peut encore employer le sublimé.

Form. n° 10. Glycérine .6 gr.

Eau distillée.4 gr.

Sublimé.0 gr. 05 à 0 gr. 10 cent.

L’oreille malade doit toujours être bouchée avec du coton hydrophile boriqué.

. . 10 gr.

5 à 10 gr. (E. Ménière).

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B. — Inflammations diffuses

Je crois utile pour la clarté de la description de ne pas diviser les otites diffuses en variétés distinctes. Cette classification adoptée par quelques otologistes, rend l’étude de ces affections assez ingrate. Certes il y a diversité d’étiologie, de causes et de siège, mais cette diversité ne doit pas entraîner l’otologiste dans des descriptions trop détaillées et souvent un peu obscures. '

Je décrirai une forme aiguë et une forme chronique.

A. Inflammation aiguë ; Otite externe aiguë

On appelle otite externe aiguë diffuse l’inflammation de la peau du conduit, suivie presque toujours de l’inflammation de la face externe du tympan, qui se montre au début ou plus tardivement. Cette otite est assez fréquente chez l’enfant et le nouveau-né.

Étiologie. — Les causes indiquées déjà à propos des inflammations circonscrites, peuvent produire l’otite diffuse. Je citerai en outre les traumatismes, qu’ils soient produits par un corps étranger blessant la peau du conduit, ou par des tentatives maladroites d’extraction, toujours funestes. Je mentionnerai encore l’eczéma, les exanthèmes fébriles et la diphthérie. L’otite blennorrhagique signalée par quelques auteurs, ne paraît pas démontrée.

Symptomatologie. — Symptômes objectifs. — Les symptômes sont en rapport avec le degré de la phlegmasie. A l’examen, si l’inflammation est peu intense, on trouvera du gonflement et de la rougeur, suivis par-

fois d’une desquamation épithéliale considérable. A un degré plus marqué, le conduit se trouve oblitéré et ne permet pas l’examen des parties profondes. Trois ou quatre jours après le début apparaît un écoulement séreux ou purulent, qui manque ou est très faible dans la forme eczémateuse.

L’inflammation peut être de nature dipbthéritique. On trouve alors dans le fond du conduit des fausses membranes difficiles à détacher sans causer de la douleur, et un suintement sanguin. •

Les parasites végétaux ont été observés dans le conduit et sur le tympan. (Otomycosis; myringomycosis de Wreden.) a

Symptômes subjectifs . — Le prurit, la chaleur et les douleurs vives s’observent dès le début. Ces douleurs plus violentes que dans la forme circonscrite, peuvent devenir térébrantes et s’irradier dans le côté correspondant de la tête et les régions voisines. Elles sont dues^ à l’inflammation de la peau du conduit osseux; le revêtement de ce conduit est en effet intimement uni au périoste, dans la partie interne.

La surdité et les bruits subjectifs se montrent dès le début ainsi que la fièvre. On observe parfois du délire.

Marche, durée, terminaison. — La marche de la maladie n’a rien de bien déterminé, et varie avec la cause. L’affection parfois simple et bénigne, prend souvent aussi une allure moins nette, se prolonge et passe alors a l’état chronique.

La terminaison dépend de l’état général des sujets. Chez les arthritiques et les scrofuleux, il n’est pas rare de voir la maladie envahir le tympan, puis la caisse, et être suivie d’ostéo-périostite, mais on rencontre aussi cette ostéo-périostite avec suppuration ,dê la face externe

de l’apophyse, sans qu’il existe ou qu’il ait existé une perforation tym panique.

Diagnostic. — La tuméfaction est assez considérable pour qu’il soit souvent difficile de se prononcer au début. Cependant, sauf de rares cas, le gonflement, dans l’otite circonscrite, n’existe que sur une des parois, tandis que dans la forme diffuse, les diverses parois sont envahies. Après les deux ou trois premiers jours, parfois plus tard, la confusion n’est guère possible. Lorsque la tuméfaction dure un peu longtemps, elle ne permet pas de reconnaître l’extension de la maladie au tympan et à la caisse.

Pronostic. — Toute otite diffuse évoluant dans les conditions ordinaires, se termine par la guérison, qui peut cependant être lente. La propagation de la phlegmasie au tympan et à l’oreille moyenne, ainsi que les complications toujours possibles, modifient le pronostic plus défavorablement.

Traitement. — A la première période le traitement local est semblable à celui de l’otite circonscrite. Mais on ne doit faire d’incision avec le bistouri, que s’il y a un foyer purulent, ce qui se présente quelquefois. Dès qu’il se produira un écoulement, on devra ordonner les injections antiseptiques faites doucement.

Form. n° 11. Eau bouillie. . ... 500 gr.

Coaltar saponiné.5 à 15 gr.

Form. n° 12. Eau bouillie. . .. 500 gr.

Acide borique. 15 gr.

Puis les injections phéniquées faibles.

Form. n° 13. Glycérine. 10 gr.

Phénol absolu. 5 gr

Eau. 500 gr

Pour les badigeonnages ou les instillations, je donne la préférence aux médicaments suivants :

La solution de nitrate d’argent employée par beaucoup d’otologistes ne m’a pas donné de très brillants résultats.

Form. n° 14. Eau distillée ....10 gr.

Nitrate d’argent . ..40 cent, à 1 gr.

Dans la forme eczémateuse sèche, je me suis bien trouvé de l’usage de l’ichthyol.

Form. n° 15. Vaseline.30 gr.

Ichthyol . ..2 à 6 gr.

Il est utile de faire prendre au malade, chaque jour un cachet de 25 centigrammes d’ichthyol, au déjeuner et au diner. De bons résultats ont été obtenus pour l’eczéma avec l’emploi de la poudre d’iodol, dont on remplit le conduit. (Chatellier).

Dans la forme parasitaire (otomycosis), on emploie l’acide salicylique.

Form. n° 16. Alcool à 90 degrés.25 gr.

Acide salicylique. ...... 50 cent, à 1 gr.

Pour les complications possibles du côté de l’oreille moyenne, (voir page 224).

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