‹ Manuel d'otologie cliniqueChapitre 87 sur 129 · TRAUMATISME · texte numérisé non relu

TRAUMATISME

côtés. Il n’y avait aucune lésion visible des oreilles. Le malade mourut le troisième jour.

Les fractures du conduit osseux ne sont presque jamais limitées à ce point ; elles intéressent le plus souvent tout le rocher.

Voici un fait curieux se rapportant à un coup de feu dans l’oreille.

(Observation n° 22, résumée).

« Un jeune homme se tire un coup de revolver dans l’oreille droite. Quelques minutes après, on le trouve sans connaissance ayant vomi du sang, des mucosités, etc. La balle du calibre de 0 millimètres se trouvait au milieu des matières rejetées sur le lit. Je fus appelé le treizième jour, et je constatai un éclatement du conduit auditif dans sa partie profonde. Le projectile entrépar le méat, rencontra le bord antérieur du conduit osseux qui le fit dévier, puis traversa la région sans blesser les gros vaisseaux, pour aller sortir dans le pharynx nasal, en arrière du pavillon de la trompe. Le tympan brisé et déchiqueté, laissait apercevoir quelques lambeaux adhérents au cadre os eux. Tout le conduit présentait une coloration noirâtre due à la poudre. Il y avait paralysie faciale.

« Le diapason était entendu sur le vertex et sur la bosse frontale droite, et la parole (voix haute) à 5 mètres. Il y eut une suppuration abondante, que je soignai pendant plusieurs semaines. Puis la cicatrisation se fit, et le conduit se combla avec du tissu fibro-élaslique qui ferma complètement l’oreille externe. A cette époque, le jeune homme partit aux colonies, où quinze mois après il était enlevé par une affection aiguë du foie. »

L’éclatement du conduit était dû surtout à l’expansion des gaz. Mais il est surprenant qu’un projectile de ce calibre puisse traverser le conduit auditif, les paquets vasculaires qui sont dans la région et sortir dans le pharynx nasal sans produire d’accidents mortels. Il est tout aussi singulier que l’oreille interne n’ait pas été atteinte plus sérieusement, ne fût-ce que par ébranlement.

PATHOLOGIE

Page 1