‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 10 sur 43 · LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOËL · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOËL

ÉPITRE

Saint Paul, aux Galales , cb. IV, v. i.

iVlcs frères 9 tant que le fis» héritier dwpère^ e^l eacore enfaut, il n'est point diffèrent da serviteur, quoiqu'il soit le maître de tout ; mais il est sous la puissance des tuteurs et curateurs jusqu'au temps marqué par son pare. Ainsi, lorsque nous étions encore enfans, nous étions assujettis uwd cèré' monief lU ia loi, comme aux premières et plus grossières instroctions que Dieu a données au monde. Et lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son fils, formé d'une femme et assujetti à la loi* ppur racheter ceuxifui étaient sous la loi> pour nous rendre enfans adoptifs. Et parce que vous êtes enfans , Dieu a répandu dans vos cœurs l'esprit de son fils , qui crie : Mon père i mon père 1 jéueun de vous n'est donc plus serviteur 9 mais enfant. Que s'il est enfant, il est tuai héritier de Dieu par Jésus-Christ.

Pàa Tenfance, dont il est question dans cette

66 IN8TRCCTI0KS SUR lES ÉpÎTBES

épitre» PÂpôtre désigne le temps où le peuple juif vivait sous le joug des observations légales. Ce peuple était l'héritier, puisque la postérité d'Abraham avait été appelée à Phéritage ; héritage néanmoins que les Juifs ont perdu par leur faute en méconnaissant le Christ. Mais tout héritier que fût ce peuple 9 il n^était pourtant que serviteur; c'est-à-dire qu'il vivait sous la servitude de la loi , et qu^il était sous sa puissance comme un eufant mineur est sous la puissance de ses tuteurs et curateurs. Ce que FApôtre dit des Juifs , on peut Tentendre aussi des gentils et des pécheurs , aucune servitude n'étant comparable à celle du péché f et l'appliquer également aux liens dans lesquels le démon retenait les peuples plongés dans les ténèbres de Tidolàtrie.

Il n'en a plus été ainsi quand les temps ont été accomplis et que la loi de grâce fut promulguée , c'est-à-dire , à l'avènement du Messie. Dieu , dit TApôtre , a envoyé son fils formé d'uue femme et assujetti à la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi , et ceux qui vivaient hors de cette loi (i ). Le résultat de cet avènement do^auveur a été que tous nous sommes devenus lea enfans adoptifs de Dieu, que nous pouvons nous adresser à lui non -seulement comme au créateur de l'univers et au souverain seigneur de toutes choses , mais encore comme à notre père 9 et à un père qui ne refuse rien à ses enfans de ce qui peut leur être utile. Il en résulte encore que nous ne sommes

(f) Galat. IV. 4.

plus serviteurs , mais enfans de Dieu j ses héritiers par Jésus-Christ y et les copartageans du royaume céleste. Que ne devons-nous pas à Dieu et au Sau* ▼eur pour un aussi inestimable bienfait !

Ces vérités ne sont pas le seul trésor que renferme Téptlre que nous venons délire; toute courte qu'elle est , que d*instructions n'offre-t-elle point d'ailleurs ! Nous y trouvons exposés clairement les deux principaux mystères de notre salut : celui d'un Dieu en trois personnes , et celui de l'incarnation du FUs. Nous y voyons ces trois personnes appelées par lès noms qui les distinguent. Celui du Père , celui du Fils , celui kIu Saint-Esprit ; l'Apôtre y dit formellement que le Fils a été formé d'une femme et assujetti à la loi pour nous sauver. Que de sujets d'admiration et de reconnaissance I Celui qui lance la foudre renfermé dans le sein d'une femme ! le souverain des cieux nais* sant dans une étable I le n^altre du monde entouré de langes et sous la forme d'un faible enfant cou» ché dans une crèche 1 Et si fe demande aux divines Écritures pourquoi cette merveille d'anéantissement 9 elles me répondent qu^un Diei^ s'y est soumis pour donner à l'homme 9 de la nature duquel il se revêt, le plus grand témoignage d'amour qu'il soit possible de concevoir. Elles m'apprennent qu'un Dieu s'est abaissé pour relever l'homme -de l'ancienne chute , pour l'arracher au péché, et à la mort éternelle qui en était la suite et devait en être la punition. Qui oserait se plaindre des misères de la condition humaine quand un Dieu

68 IKSTBVCTIOVS SUR LES ÉpÎTABS

ne dédaigne pas de 8*y soumettre ? Qui pourrait se lefuser à rignominie des humiliations f aux sujétions de Tobéissanee, quand un Dieulul^n donne l'exemple ^ et s'est rendu obéissant pisqu'à la mort (i) , et la plus ignominieuse des morts ?

Mon divin Sauveur^ je songerai à votre anéan* tissement dans votre incarnation , et je ne me plaindrai point des humiliations que j'aurai à es* suyer; je songerai à vos souffrances, et je supporterai patiemment celles qu'il vous plaira de m'envoyer ; je méditerai sur votre extrême amour pour le genre humain , et j'espère que mon cœur> touché de votre bonté et animé de votre grâce ^ se remplira de votre divin amour.

ÉVANGILE

Saint Luc, ch. II, v. 33.

tliK ce temps-là, le père et la mère de Jésus étaient dans l'admiration des choses que l'on disait de lui; et Siméon le bénit, et dit à Marïç, sa mère : Cet enfant que vous voyes est pour la ruine et pour-4a. xésurrection de plusieurs dans Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes; jusque-là que votre âme même sera percée comme par une ëpée, afin que les pensées de plusieurs» qui étaient cachées dans le fond de leur cœur , soient découvertes. Il y avait aussi une propliétesse nommée Anne , fille de Phanuel , de la tribu d'Aser» qui était déjà fort avancée en âge, n*ay«nt vécu que sept ans avec son mari, depuis qu'elle l'avait épousé étant vierge. Elle était alors veuve , âgée de quatre-vingt-quatre ans , et elle demeurait sans cesse dans le temple , servant Dieu jour et nuit dans les jeûnes et dans le prières. Étant donc sar-^

fi) Philip., U, 8.

BT LUS éVÀKGILES. 69

Tenue en ce même instAot^ elle se mît autsi à louer le Seigneur et à parler de lui i tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël.

Les parens de Jésus venaient de le présenter au temple. Marie, quoique sans tache , y avait accompli les cérémonies de la purification, prescrites par la loi , et fait Toffrande des pauvres (i). C'est dans ces circonstances qu'un vieillard nommé Siméon , et une veuve nommée Anne / tous deux inspirés par le Saint-Esprit , rendent hommage au Sauveur, et reconnaissent dans un faible enfant le rédempteur depuis si long- temps promis, le libérateur d'Israël; mais, au milieu des sentlmens d'admiration qu'expriment ces deux personnages, quels présages funestes, quelles tristes prédictions viennent porter toutes les angoisses de la douleur dans le cœur de Marie, dans le cœur d'une mère ? €et enfant, dit Siméon, est pour la ruine et la résurrection de plusieurs en Israël. Marie n'ignorait pas quel était son fils. Le grand mystère de rincamation lui avait été révélé. Elle savait que l'enfant qu'elle avait porté dans son sein, et qui était né d'elle, était le Verbe, fils de Dieu, envoyé pour sauver Israël et pour racheter le genre humain. Comment donc un sauveur pouvait-il être pour plusieurs une occasion de ruine et de désastre ? CoDunent , après qu'elle avait reçu un pareil honneur, Siméon pouvait-îl annoncer à Marie que son âme serait transpercée d'un glaive et abreuvée de

(0 s. lAC. U. 94. CéUit deux tourtcreUei ou deax coloaiJ)«*. Lëvit. III. 6.

yo ursT&vcnoKS sur les bpîtres

douleurs mortelles? Hélas ! Marie > initiée au grand mystère de la rédemptioa du monde , ne Tétait point à la manière dont ce mystère devait s^effectuer^ et le Saint-Esprit la préparait aux épreuves pénibles qui lui étaient réservées. £lle ne savait pas que THomme-Dieu y en s^anéantissant y en se chargeant de toutes nos misères , dans le moment môme qu'il venait pour sauver son peuple, serait 5 de la part de ce même peuple, en but à toutes sortes de contradictions , était destiné aux plus cruelles souffrances. Elle ignorait qu'on lui tendrait des embûches , qu'on chercherait à le surprendre dans ses paroles > qu'on lui ferait des crimes de ses bienfaits , qu'on attribuerait aux œuvres du démon les œuvres de sa puissance; qu'il serait persécuté, trahi, livré à ses ennemis ^ lié comme un criminel ; qu'on ne se rendrait point à l'évidenee de ses miracles ; qu'on accuse» raît la pureté de sa doctrine, qu'on lui préférerait un vil scélérat, qu'on' le condamnerait à mort , qu'on le ferait expirer sur un infdme gibet, et qu'elle, mère désolée, assisterait à cet horrible spectacle. N'est-ce pas avec raison que Siméon lui prédisait que son âme serait transpercée d'un glaive. Quelle mère en effet fut jamais soumise à vne si cruelle épreuve ?

Jésus était donc venu pour le ^lut et pour la ruine de plusieurs. Pour le salut de ceux qui crurent en lui et embrassèrent sa doctrine; pour la résurrection de ceux dont parle saint Jean , eu disant qu*ii leur a été donné le pouvoir de devenir enfans

ET IBS ÉVANGILES. 71

de Dieu ( >)* ' ^onr la ruine ^ au contraire , de ces Juifs opiniâtres et aveugles qui ne voulurent point le reconnaître et qui le mirent à mort. Pour la ruine encore de tous les pécheurs endurcis qui , non moins coupables que les Juifs , après avoir été éclairés des lumières de la foi , se complaisent dans leurs péchés et crucifient Jésus chaque jour non moins cruellement qu^il Ta été sur le Calvaire.

O^ mon Rédempteur, vous êtes venu pour nous sauver tous, et si nous périssons, c^est parce que nous le voulons ! Animez notre foi , pénétrez-nous de votre amour, afin qu'un jour nous puissions être du nombre de vos élus !

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