‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 11 sur 43 · POUR LE JOUR DE LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DE LA CIRCONCISION

^ÉPITRE

Saint Paul aux Coloss., cli. Il, t. 6.

AXu fièrcs^ continuez à vivre en Jésus-Christ notre Seigneur telon rinstruction que tous en avez reçue , étant attachés à liû comme à votre racine, et édifiés sur lui comme sur votre fondement; vous affermissant dans la foi qui vous a été enseignée, et la faisant croître en vous de plus en plus par de eontinuelies actions de grâces. Prenez garde que personne ne TOUS surprenne par la philosophie et par des raisonocmens rains et trompeurs, qui ne sont fondés que sur les traditions des hommes et sur les principes d'une science mondaine , et non sur Jésus-Christ : car c'est en lui que foule la plénitude de la divinité habite corporelleraeDt ; et c'est en lui, qui est le chef de toutes principautés et de toutes puîssauccs , que VOQB êtes remplis ^j^rdi^f, comme c'est en lui que vous avca

72 IKSTEUCTIOKS SVR LES £phRE5

été circoncis d'une circoncision qui n'est pas f«ite par la main des hommes , mais qui consute dans le dépouillement dn corps des péchés, qui produit la concupiscence charnelle » c'est-à-dire de la circoncision de Jésus^Ghrist.

Lk foi avait été préchée dans la ville de Colosses; elle y avait fructifié 9 et cette église naissante commençait à fleurir. Mais où le bien se fait-il sans trouver des contradicteurs et des esprits faux , méchans ou jaloux, qui tentent de Tempêchcr?

L'homme ennemi vient. Il sème 9 dit Jésus-Christ ^ rivraie par-dessus le bon grain (1), et malgré tous les soins du père de famille 9 Tun et Tautre croissent ensemble 9 et sa nioisson est infectée. Cela était arrivé à Téglise de Colosses. De faux docteurs, que F Apôtre qualifie de philosophes, essayèrent d'y pervertir la vraie doctrine. D'après certaines idées empruntées des systèmes d'anciens sages, étrangers à l'Évangile, et sous prétexte de relever le Christ sous un point de vue qui donnât plus d'éclat à sa majesté , ils lui ôtaîent un de ses principaux attributs , et ils ruinaient un des premiers fondem^ns de notre foi , prétendant que ce n'était pas par Jésus-Christ, trop au-dessus de 2a créature, qu'il fallait s'adresser à Dieu, mais par l'intermédiaire des anges, que l'Écriture appelle ses ministres (2). Saint Paul , alors en prison à Rome , ayant été informé que la foi des Colossiens était menacée de l'introduction de ces nouveautés , crut nécessaire de la raffermir. C'est l'objet de son épStre. Il s'y élève avec force contre cette erreur.

(1) Mallh., XIH. 75. (2) Ps. cm. 4.

ET £ES ÉYAKCIIBS. ^3

Il y établit que Jésus-Christ est limage du Dieu ^invisible ; qu'il est né dTant toutes les créatures ; qu'il est avant toutes choses » et que toutes choses subsistent en lui ; qu'il est le chef de l'Église , et qu'il y entretient la vie; qu'il nous a rachetés , et qu'il a mérité par son sang la rémission de nos péchés 9 d'où découle sa qualité de seul et vrai médiateur , de médiateur entre Dieu et les hommes, de médiateur d'une nouvelle alliance , comme il le dit en d^autres endcpits (i). Il engage les Golossiens à s'attacher à Jésus, à s'enraciner (2) pour ainsi dire à sa doctrine , voulant par cette expression nous faire entendre jusqu'à quel point nous devons tenir aux vérités évangéiiques. £nfin il les précautionne contre les séducteurs , et le^ invite à ne point se laisser surprendre par de faux ratsonnemens fondés sur de vaines traditions ou une science toute mondaine , les vérités de la foi n'ayant pas besoin d'être raisonnées , mais crues avec confiance et simplicité.

Profitons nous-mêmes de ces utiles leçons. Dans aucun temps eUes n'ont été plus nécessaires, et jamais les fidèles n'ont eu plus besoin de se prémunir contre les hommes , les doctrines et les séductions. Parmi nous aussi l'homme ennemi est venu semer l'ivraie par-dessus le bon grain. Que dis-je ? ce n*est plus à corrompre la moisson qu^l se borne , il entreprend de la détruire "entièrement. De faux docteurs ont déclaré une guerre

(1) Prem. ép. h Tlin. , If. S. — Fp. h) Coloss. , II. 7. RadiCeili, etc.

AUX néb, viii, c. IX. l'i. xu. ?fi.

74 iKSTEvcnoirs sub tis iptr&Es

à moTi à révangile ; ils nous ont inondés de lîirres empomoimés'^e'tonrs pràMtpes .c^fHrrflaiMU. Suitons le conseil de TApôtre, nie noiis'laiS»|as pas séduire' par leurs vains 4isMurs (i) ; n^^j^ns rien de cômiaiun avec eux; a^ons^nbus ^in$re eux du 'bouéUêr de la foi. Pfais ils font '^#fforts pour nous Farraoker-^ plus nous ^devon^^n faire pour nous eàracirur à celte doctrine dé^ie que nous tenons du Sauveur, et échapper 'àf la doctrine de perdition et dieniu>ti|f ïonit 9- éeus rappasd'iwe fausse i*Ài8o»^ 4ls ebereheni àaàiis infecten' * ".'•■::•■"/!-■■.:•:•.:

ÉVANGILE

JuH ce tetups-là, le boitîème jour que renfaot dcTait être circoncis étimt arrivé , i\ fut nommé lésas , qat était le nom <|ue l'ange lui avait' doQoéo^aot. qu'il fût conçu dani^le w^ thsm mère* : • '.

ISk, circoncision étaît'^itn signe glorieux qui -distinguait les enfans d'Abraham de tous les autres peuples. Dieu Pétabiît lorsque, ayant appelé cepatriarche à devenir le cheÎT cl*un peuple choisi, qu'il dévouait particuh^èrenient à son service, et d*où devait sortir le Messie y il daigna cdutocter iiVec lui un traité d'alliâhce. IJne dcscôniàïtîons de ce traité fut que tous les destendans d'Abraliam , e^ lui-môme, seraient ch'concis (2). le patriarche, quoiqu'il fût alors déjà âgé de pi*èé de' cent ans, se soumit à celte loi, et exécuta les ordres de Dieu sur tous ceux de sa maison. Les parensde Jésus,

(0 Ep. aux Ephés. . V. 6 , 7. (v)'Grn. XViL 10.

BT US ivAireiLBs. ^

fidëlea observateurs deiâ Un, y assujettissent le divio enfant, et révatogéliste nc^ti» apprend qu'aux termes qu'elle prescrivait , c'est-à-dire au kuitième jour, il fut circoncis.

S'il était une circonstance où l'on pût se mettre au-dessus de la loi , c'était assurément celle où se trc^uvaient les parons de Jésus. Marie ni même Josepk n'étaient point étrangers au mystère de rincarnation. L'un et Tautre savaient parfaite* pent qui était Jésus. Le Verbe incarsé sous uwa forme , et avec la naAure hiutiaine , devait être traité comme un homme , et il fallait que Jésus accomplit la loi de Moïse avant qu'une autre loi loi succédât. Dieu d'ailleurs nous ménageait daat l'exemple de cette sainte famille un modèle que nouft puissions suivre.

Toute privilégiée qu'elle fût, eHo ne manque

à aucun de se^ devoirs religieux ou dvils, et

Jésus lui-même s'y conforme. Nous venons de

voir Maipie et Joseph soumettre l'enfant a la cir*

coiBcisioD au jour prescrit par la loi de Aioïse.

Cette même loi voulait qu'au quarantième jour,

après avoir nus un enfant au monde , les femmes

se présentassent au temple pour y être puri-

^ea (i). Marie était loin d'avoir contracté aucune

souillure par son accouchen»ent divin. Elle devait

au contraire n'en avoir été que plus parfaitement

sauetifiée; néanmoins elle obéit à la loi , et , comn^e

une femme ordinaire, accomplit la purification

légale au temps fixé. Elle et Joseph obéissent à

(i; Lcvil., XII. G. C.

^ nrsTmucTiovs soi lis iiiiKEs

un édit du prince qui les appeUe à Bethléhem pour s*y faire inscrire ( i ) , et la circonstance d^une g^rossesse extrêmement avancée ne les arrête pas^ Ils ne manquent point de se rendre à Jérusalem aux fêtes de Pâques pour y adorer Dieu dans le tem|de;etdès queFàge permet à Jésus de les y acoompagner^ ils Ty conduisent (a). Retourné avec eux» Jésus est soumis à ses parens, et TÉcriture nous fait entendre qu^ii leur obéit constammeni, (5) jusqu'au temps où commence sa vie publique. On le voit alors soumis à la. loi, et Texécutant ponc* tuellement. Il fait plus encore : souverain du ciel, il se soumet aux ordres des souverains de la terre. On lui demande l'impôt , et il veut qu'o)i le paie (4) • Familles chrétiennes , quel exemple pour vous que cette fidélité, que cette exactitude de la sainte famille à acquitter tous les devoirs! Pères et mères, soyez religieux comme l'étaient Joseph et Marie ! Enfans, Jésus obéissait à sesparens; à son exemple obéissez aux vôtres 1 Honunes de tous les états, de toutes les conditions , imitez les parensde Jésus , imitez Jésus lui-même dans l'acquit de vos devoirs envers Dieu , envers ceux à qui il a donné l'autorité, envers tous les hommes!

En poursuivant la lecture de cet évangile, nous y trouvons,toutcourt qu'il est, une nouvelle preuve des deux natures en Jéstis-Christ, laquelle n'a point échappé à saint Bernard (5). L'enfant , dit l'évau-

(0 Luc, II . 4, 5. (4) Mallb. XVIL oî , rf.

(») Luc , IL 4i , 43. ■ (5) Premn^r sermon »nr U Çir-

(3) Lnc, n. 5i. concision.

*alaî,ya«gt,}etl«eiitledi.

iste non» apprend qa'aw

, c e«t.à-dife au huitième

^ où Ton pât se melfr.

«worémeut celJe oà se lius. fflaric ni môme 9«w au mjrsière de «avaient parfaite^ incarné sous une ^'ne , devait éfrt ^^ait que Jësui «'une aulre Joî lénageait dans ^ modèle que

ne manque

oîWls, et

enons de

^ lacir*

Moïse.

luri- Une lit it

So nisTiucTioiis sua us Mtees

gratuité 3 si incompréhensible 5 que nous aVQns besoin du don surnaturel de la foi pour y croire t C*est son fils que Dieu donne et dèfoue ; c*est son fils unique ^ et c*est par amour pour nous qu'il le donne. Il veut qu'il nous rachète > qu'il meure pour nous ; qu'il meure non-seulement pour ceux quîi^aiment, mais encore pour ceux quiroffensent* Celui qui donne tant, qui donne tout, n*a-t-il done pas le droit de tout demander ? Et cependant qu*esteeque Dieu exige de nous ? Deux choses seulement, que nous l'aimions, et que nous nous aimions les uns les autres, c'est-à-dire que nous raimions^ dans notre prochain et dans nos frères , et que , ne pou- Tant rien faire pour lui qui n'a besoin de rien , le» témoignages de l'amour que nous lui devons retom* bent sur nos semblables. Voulons-nous donc savoir si nous aimons Dieu , examinons si nous aimons notre prochain; car celui-là aime véritablement Dieu,- qui est bon, bienfaisant, «pii, prend pitié de ceux qui souffrant, qui le^-soulage dams leurs besoins et dans leurs peines , et qui fait tout cela &k vue de Dieu et par amour pour lui. 4

ÉVAIïGlLE.

Saint MfaftMeu, ch. It. r. ti.

jLtM ce temp»-Ià , uù ange du Seigaeur apparut à loacpli pen* daok qu'il dormait, et lui dit : LeYea.-vous, prenea Teofast «t fa mère , fujez en Egypte , et n'en, partez ^înt {uaqu'à ce que je vous le diae : car Hérode cherchera l'enfant pour le faire mouiir. Joaeph, s'étant levé, prit l'enfant et sa mère pendant la snit^ et le retira en Egypte, ou il demeura jus*

qu'à la mort d'Hérode , afin que cette parole que le Sei* gpeur avai^^ dite pu le prophète /ût accomplie : J/«i rappelé D^n fils if i*Ëgjpte.

■ Les persécutîoii^ jEiux^uaH^ ^ Miesstet devait être en buttecQfQjinetitceiiitipreçqiie aye.c sa vje. A peine e$t-il néy,que,4eTeiiurobjet 4^ la jalousie d^Hérode, à qui les mages- ayaieni- dit. gu*iis venaieàt Ppur adorer tin roi des Juib^ti^ayeUeme^t né, il e^t ob^ié d^.fuir, et d'aller eheçeher dans un pays é|:ranger iinë s^e^viquUl «a ti^UTe point pfirmi le» fiiBli Bifîarpiljj^ux qu'il venait sauver. ,

f^^f, dtp^i|-0n , eet enfant, ce Jésus, n'était-il piî'K^^^M^^v^^ qui avait daigné s-inçarner?

n^Illî^^lL^^Bieuf^ £t qu'était -ii besoin qu'U fo^ jMi^ éviter 4a' cpiëie, et leç attentais d*un hjraibîèkqiiâ^ tout roi qu'il fût î n'était néanmoins à|j?^g;^^ d« Dieu pa^ plus qu'un faible insecte, qllM^-Vfàoi^.djviiie pouvait faire rentrer :dans Je néant? ^

^-Lm i|â^l»< pères répondent à cette objection que le Verbe divin ^ s'étant incamé pour sauver les hommes, et s'étant revêtu de leurs faiblesses , devait agir comme homme, at ll^issSer sa divinité

cachée jusqu'au inomentde sa vie ^publique, où encore, pour ainsi dire, il ne fait que la suggérer, et ne là manifeste q^e parla pureté de sa doctrine et par ses miraclei. Si le Vcrl^ avait voulu agir comme Dieu, seraitril né dans une étable ? auraitil mené une vie pauvre ? se serait-il laissé persécuter ? aurait-il souffert une tnort ignominieuse ? Toutes ces choses étaient dans les secrets desseins

g^ iKSTiioctnoNs êtK ts8 ApItres

de Dîetl. Elles avaient même été prédites par les prophètes , et il fallait qu^elIes s*accomplîssent. Hérode lui-même, cet Hérode, ennemi de Dieu, de Jésus enfant, et qui le faisait chercher pour le faire mourir , contribuait à Paccomplissement des prophéties* Le prophète Osée , en parlant du Messie , avait dit, au nom du Seigneur : J*ai rappelé mon fils de l'Egypte (i)* Il fallait donc que Joseph emmenât Tenfant et sa mère en Egypte , afîn qu'il en fût rappelé. C'est ainsi que souvent l'homme, croyant agir pour lui-même et travailler à l'exécution de ses propres projets , ou sages ou insensés, ne fait que contribuer à l'accomplissement dei^ desseins éternels de la Providence, à qui il appartient de tout régler. Hérode voulait faire périr l'enfant : croyant Tenvelopper dans une bu;ucherie commune , il ordonne le massacre de tous les enfans mdles du voisinage de Bethléhem , âgés demoins de deux ans ; et cette mesure barbare ne sert encore qu'à l'accomplissement de la prophétie deJéiémie. aUnc voix a été entendue t dans Rama ; Richel y pleure ses fils , et ne veut « point recevoir de consolations, parce qu'ils ont « cessé d'être (a). »

Il est donc vrai, comme le dit le roi prophète , qu'il n'y a que les desseins de Dieu qui soient stables , et que ses pensées auxquelles il soit donné de subsister de génération en génération (3) ; que

j^i) 0??c, cil, XI. I. rée , elait à pou de distance de

(î) Jérémie , XXXI. i5. — Bclhlchcm , où le massacre eut lipii.

Katlb., H. 18. p) Ps. XXXU. n.

liawa, où Bacbcl avait c'ie ^ntcr-

tout ce qm pro^He rbotnme esi fogfittrei: laeer^ tain y tou^eo qu'il médite vaîa el périssable, p^rce qu'il est maîtrisé par des circonstances qui ne dépendent pas de lui, et qu^illui est impossible de prévoir. Il est donc vsai que ^es^ Dieu qui gouverne tout 9 et tient tout dans sa main ; qu'il dissipe à son gré les desseins des nations, renverse quand il le veut* J^rieQoseiis cle^.f^^ces les plu$ pQÎssan» (t) , «t é^im eoiiffia disnpB .etileuv^ pton i jets , ef Bux<rsiémes , eomme ^aym fMiitie Mfèrv eni^ porfée ^ar re verît (>2). Héfode iTétit pétd^e Penfenf.» (Jn ange avertit ioseph , et l'enfant' est soùsfi^aîi' à la mauvaise volonté d'Hérodc, qui bientôt apii;^s^ se voit avec désespoir arracher' le pouvoir dont il était si jaloux, meun ddkis de» an*;^fsMs de ralge , tourmenté , dît l'historien SFoseph» , d*t»fié- Iciim' qu*il ne pouvait apaiser, comme iêî/6i»'n*-A^iVptk* assouvir Pambitîon dont îl'étalt d^vôiëf lesr krle^^' tins rongés d'uîbères, en proie à laf' ycfrraffttè cfW sortait de toutes les parties*^ de sein éôrp^^'^ei ttdcP odeur rf infecte s^crharant de «a^ boucftfc, (^^l'éttô éloignait de luî, 'mênid'srcs serviferfrs* lêf* pliw^ dévoués (3): fin déplorisiWe, mais' digtofed'fmrègnel' souîné de toutes les crutiutés'.* H mttèti akfèï, él' Jbseph , qu'il avait vouîu perdre e»f rattiwié par- TenfaUt averti une seconde' fois mîraeuiéusement;' et tout se dispose en secret par Paccomplîssèihentdes desseins de Dieu sur le genre htrtfiaîn, et' pour le graiïd œuvre de la rédemption.

(i) Ps. XXXII. i«. . (^) AnlUi. jbJ., Uv. XVH.,ch, 3^,

(?) ps.-Lxxxii. 1^: - * • . •

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