‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 13 sur 43 · POUR LE JOUR DES ROIS · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DES ROIS

ÉPITRE

ijKVBz-vûcs, brillez de lumière, ô Jéruralem, parce qao votre lumière est venue , et que k ^oirc du Seîgbeiir s'est

Icrée tnr vous. Car les téoèbres couvrinont la terre» et une nuit soEobre eDvelop{>era les peuples; mais le Seigneur se lèvera sur TOUS, et sa gloire éclatera dans tous. Les oatioas marcheront à la lueur de votre lumière, et les rois à la spicn* deur de votre clarté naissante. Levez vos jeux , et regardez tout autour de vous. Tous ceux qui sont ici assembles sont veniu vers vous : vos. fils viendront vous trouver de bien toioV et vos filles /Kïcourront à votu de tous côlés. Abrs vous verrez^ et TOUS serez dans l'abondaDce ; votre cœur sera dans Tadmi^ ration et dans Teffuslon de joie , lorsque la vaste étendue de la mer se convertira vers vous, et que la force des nations' Tiendra se donnera vous. Vous serez conjime inondée par une foule de chariots , par les dromadaires de Madian et d'ËpKa : tous viendront de Saba vous offrir l'or et i'cn.ceni en publiant les louanges du Seigneur.

L'ÉciisE a choisi ces [kassages d'Isaïa pour Vé-^ vangile de ce jour 9 parce quUls ont un rapport maaîfeste avec ravéaement du Sauveur , et les hommages qui lui sont rendus par des sages venus de rOrient, et avertis de sa nai^ance d'une manière miraculeuse. Le prophète exhorte Jéru«salem à se réjouir ^ à se revêtir do tous ses ornem^Bis f pase9 que^ dît-il^ votre lumière est venue , c'o6t-à*dwe f parce le désiré des nations y ce sau^ veur promis poiur délivrer son peuple, et atteiadu depuis si long-temps 9 est arrivé. Réîouissex-vous donc, 6 lérusalem ; briUee , et revêtez -vous de tous vos ocnemess pour célébrer son triomphe.

Et cette Jérusalem que le prophète invite à se réjouir et à recevoir avec la dignité convenable , et une reconnaissance proportionnée au bienfait , son sauveur^ son rédempteur^ cette Jérusalem lé

ga mSTAUCTIONS »V% I»E8 épÎTBES

méconnattra. Hérode , qui y règne 5 le chercherai pour le faire mourir. Ce sauveur à peine né sera ùb!fgé de fuir en Egypte pour échapper à la cruauté de ce roi 5 vivra pauvre et ignoré dans un bourg; obscur. Quand il en sortira pour remplir sa mission 9 malgré ses miracles, malgré les prodiges dont il s^entourera, on ne Técoutera point, on rejetera son ministère; la partie la plus éclairée de la nation, les pharisiens et les prêtres le persécuteront; ils le poursuivront et le feront mourir. Des étran* gers , il est vrai, prévenus miraculeusement de sa naissance, accourront d'un pays lointain, reconnaîtront en lui le roi nouveau-né , malgré le peu d'éclat qui environne son berceau, Tadoreront et lui feront des présens. Funeste aveuglement des Juifs, qui, instruits par les prophéties, et préparés à ce grand avènement , se refusent obstinément aux témoignages qui Tannoncent, et perdent ainsi le fruit de la promesse et les grands avantages auxquels ils avaient ét^appelés !

Mais si la Jérusalem des temps anciens méconnaît le Messie, une autre Jérusalem, dont la première n'était que la figure, l'Église de Jésus-Christ, qu'Isaïe n'a pas moins en vue dans la prophétie que l'ancienne cité de David , vérifie dans tous ses points la prédiction dont nous venons de faire la lecture. C'est de l'Église de Jésus-Christ qd'on peut dire véritablement que le Seigneur s*est levé sur elle ; que c'est en elle qu'éclate toute sa gloire , et que brillent tous les trésors de sa miséricorde. Mous, qui avons le bonheur de lui appartenir,

iT LES hrijxcijxs. 95

levons les yeux, et admiroos le miracle de la propagation de rJÉvangile. Voyons tous les peuples du monde se ranger à Tenvi sous la croix du Sauveur, comme sous la bannière du salut. Voyons les pères et les fils , les mères et les filles accourir à elle de tous côtés. Voyons les nations marcher à la lumière de sa splendeur y et les rois à la lueur de sa clarté naissante. Voyons les ténèbres de ridolâtric se dissiper, les observances de la loi judaïque remplacées par une loi plus sainte et plus pure , les sacrifices sanglans abolis , une hostie sans tache leur succéder , le royaume de Jésus- Christ s'étendre partout, et ne plus connaître de bornes que celles du monde. Voyons toutes ces choses, et disons avec l'Apôtre : La bonté et Tamour de notre Sauveur Jésus-Christ se sont manifestés parmi nous (1), et il en a fait luire à nos yeux des preuves éclatantes..

ÉVANGILE

saint Matth., cli. II, v. i.

Jcsn étant né du» Belhléhem , viiU lU la tri^ de Juda , da tempe du roi Hérodc, des mages viareDt d'Orient à Jérusalem, et ils demandèrent : Où Cdt le roi des Juifs, qui est nouvellement né f Car nous avons tu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. Gc que. le roi Qérode ayant entendu, il en fut troublé , et toute la ville de Jérusalem avec lui. Et ayant assemblé tous les princes des prêtres et. lea docteurs du peuple, il s'enquit d'eux où devait naître le Ghrist. Ils lui dirent que c'était dans Bethltibcm, de la tnihi de Juda, selon ce qui a été prédit par le prophète : Et vous , Belbléhem, terre de Juda, vousn'ôtcs pas la dernière d'entre

(i)Ep. àTite,ln. <5.

g4 nvsTRucnbiis »im lbs bpîibes

les priocipalcs vîll«i de Juda ; car de vous sortira le cbef qvî conduira mon peuple d'Israël I Alors Hérodc , ayant appelé les mages en secret, s'eoquît d'eux avec grand soin du temps que rétoîle leur était apparue; et, les envoyant à Bcthléhem, il leur dit : Allez , informez-vous exactement de cet enfant ; et lorsque vous TaurcE trouvé , fahes-Ie moi savoir , afin que l'aille aussi l'adorer. Ayant ouï ces paroles du roi, ils partirent; et en même temps l'étoile qu'ils avaient vue en Orient rûparvt ; et elle allait devant eux, jusqu'à ce qu'étant arrivée sur le lieu où était l'enfant, elle s'y arrêta. Lorsqu'ils virent l'étoile, ils furent transportés de joie ; et entrant dans la manon , ils trou- ▼èrent l'enfant avec Marie, sa mère; et, se pposteroant ca terre, ils radorèrent. Puis, ouvrant leurs trésors-. Us lui offrîjent pour présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et ayant reçu en songe un avertissement du ciel de n'aller point trouver Hérode, ils s'en retournèrent en leur pays par on autre chemin.

C'est un contraste bien frappant qoe^la conduite d^Hérode et celle des mag;es. Quoique Hérode ne fût point Juif d'origine, il professait la loi ju-^ daïque. Il était instruit des promesses faites aux patriarches , et comme eux il croyait à la venue du Sauveur.

Les mages , au contraire, absolument étrangers \ la loi judaïque et aux saintes Écritures, idolâtres même, si Ton en juge parle pays qu'ils habitalent , mais cherchant de bonne foi la vérité , apprennent par un phénomène extraordinaire , par une étoile nouvelle , qu'il c?st né im enfant d'o« rigîne céleste , sur leq«el reposent de grandes espérances; et soit qu'une inspiration particulière les eût éclairéa, soit qu'ils eussent trouvé dans leuvs livres quelques vestiges de cette tradition antique

d'an ftlftuvoujr» passée pajri^4 fib dé ïfoé à leun deseendûnS) ib ne balancent pMit; iU ne sont arrêtés ni par les fatigue» ni parleddang^ers d*un long voyage; ils prennent la ré^jatalkm d'aller à. la rechercbe de ce nottvçau-né, e4 Us exécuH^nt leur projet. Ils n'ignoraleul pas que ^et enfani dovail ètarroi des'Joife. C'est donc vers- Jérusalem» capitale de Judée , qu'Us s'acJie«|ineint) espérant que là f mieux qu'ailleurs , ils pourront recevoir des instructions sur le lieu de la naissance d'un enfant dent les dei^inées ' étaient d'opérer de ai grandes choses. Us s^adressent ppur cela i Hérode;

Cette nouvelle porte lotrouUe dans le cœur de ce prince. Déjà, il croit voir un rival de sa puissance ; il craint qu'un suocessenr ne vienne Ini ravûr un sceptte qu'il. n> pu oeuaisr«vcii qu'en ré^ pandant des flots de sang* U n*Cf»l pas moins empressé que lesvmagts à découvrir le lieu où réside ce nouveau nû. Mats combien s^s intentions sout diflér€ntest)v^ u'est pas pour rendre au Christ ks iMMumageil^ui liii sont diis.i c'&sjt pour ft'Qn défaire, et parce moyen se délivrer des. inquiétudes qui l'agitent. 11 fait assemblep les pvètreis ; il les consttbe. Ceux* ci ont recours aux saintes ËcrîtoveB, leurs oradeâs. Ils y trouvent que. c'est à Belhléhem > teive. de iuda , que doit naître le Sau-veur, comme le font entendre bien expressément CCS paroles : « £t vous , Bethléhem ^ terre de Juda , vous n'êtes point la moindre parmi les filles de Juda; car de vous sortira le chef qui doit conduire

g6 JHSTfiVCTlOKS êVh LBS épt'lBES

mon peuple d*Is^aél (i)* » C'est a(orft qu'Hérode^ înelruit de ce qu^il désirait savoir, joint Phypo* crisie à la dissimulation ; il rend aux mages la réponse des prêtres : Allez , dit*il, à Bethléhem, et quand vous Tàurez trouvé, faites-le moi savoir^ afin que J'aille aussi l'adorer.

Mais Dieu se joue dos vains projets des hommes. Et il n'y a , dit le sage , ni prudence ni habileté qui puisse empêcher l'effet des décrets éternels.

Lés mages se rendent donc à Bethléhem. L'étoile les guide et les conduit à la demeure de l'enfant. Us lé voient et le reconnaissent; ih lui rendent leurs hommages, ils l'adorent, et par des présens mystérieux ils reconnaissent les trois grandes qualités qui le distinguent. Us lui offrent de l'or parce qu'il est roi : aux rois en effet appartiennent la richesse et la puissanée. Ils lui présentent de l'encens parce qu'il est Dieu , l'encens étant réservé à la Divinité et au service des temfries. A ces deux présens ils joignent de la myrrhe employée dans les enibaumemens , et reconnaissent ^si qu'il est homme et mortel, en honorant d'avsMIe sa sépulture à venir.

Touchés de ce grand exemple , en détestant la cru2(uté d'Hérode , imitons la pieuse conduite des mages , offrons à Dieu l'or de la charité , Tencens de la prière , la myrrhe de la mortification.

(0 Micb., U. 5.

ET LES éVAKGILES.

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