‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 14 sur 43 · LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DES ROIS · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DES ROIS

ÉPITRE

Saint Paui aux Romains, cb« :2tII-, ▼. t.

JVlBS frères, je tous conjure par la miséricorde de Dieu, de lui offrir tos corps comme une hoslie vivante, sainte et agréable à ses jeuz^ pour Uti rendre un culte raisonnable et spirituei. Ke vous conformez point au siècle présent; mais qu'il se fasse en vous une transformation par le renouvellement de votre esprit^ afin que vous connaissiez quelle est U volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est agréable à ses jcux^ et ce qui est parfait. Je vous exhorte donc tous, selon le pouvoir que Dieu m'a fait la grâce de me donner, de ne point TOUS élever au-delà de ce que vous devez, dans les sentimens que vous avez de vous-mêmes, mais de vous tenir dansles bornes de la modération , selon la mesure du don de la foi que Dieu a départi à chacun de vous. Car comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction : ainsi , quoique nous sojon» plusieurs, nous ne sommes tous néanmoins qu'un seul corps en Jésus-Christ , et nous soauones tous réciproquement les membres les uns des autres en Jésus-Gbrist notre Seigneur.

Tout ce que nous avons, nous le tenons de Dieu, et lui appartient. Nous ne pouvons rien lui olTrir qui ne fasse partie de ses dons. Notre corps, notre âme, toutes nos facultés nous viennent de lui. L'Apô(re,en nous conjurant de les présenter à Dieu comme une hostie qu'il veut bien recevoir, ne nous demande pour lui que Thommage d'une chose qu'il nous a donnée , et la miséricorde d« I. 5

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Dieu est telle , qu'il veut bien nous savoir gré et nous faire un moyen de mérite des grâces ménfes qu'il a daigné nous accorder; mais, pour que Poffirande que nous lui faisons lui soit agréable , et que ce soit un culte raisonnable et spirituel , il faut que Tofire soit sainte , et que notre corps et notre âme soient exempts de souillure , c'està-dire que nous vivions chastement et chrétiennement. C'est ce que l'Apôtre nous apprend bien expressément. Car n'y aurait-il pas une effronterie extrême à offrir à Dieu un corps souillé de débauches 9 un cœur corrompu, une âme dominée par des passions honteuses ? Et tel est malheureusement réiat de beaucoup de personnes qui vivent dans l'insouciance de leur salut , plongées dans des plaisirs coupables , et livrées à la corruption du siècle. D'où vient que l'Apôtre nous invite à éviter cette corruption comme un mal contagieux qui ne se communique que trop facilemeot » c'est-à-dire à ne point nous conformer aux maximes dangereuses du monde , mais à opérer en nous ans transformation salutaire par le renouvellement de notre esprit , et un élan sincère de notre âme vers Dieu ?

La volonté de Dieu est surtout ce que nous devona étudier. Quelque secrètes que l'on s'imagine que puissent être ses vues sur nous , il nous est facile de les découvrir, parce que notre devoir étant de les remplir, il est impossible que nous manquions de moyens pour en être instruits. Prêtons-nous à ses inspirations, aux pieux mouvcmens qu'il excite en

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nous; interrogeons-leaT^c humilité et confiance, il nous répondra, et nous fera eonn^ttre ce qu*il désire de nous. Nous envoie-t-il des tribulations , il est manifeste qu^il veut ou nous punir , ou épurer notre vertu ; supportons -les avec patience. Éprouvons -nous une sorte de tiédeur pour les choses du salut , Dieu veut alocs q^oe nous nous excitions à son amcHir , et que nous redoublions de zèle. Tout nous réussit-il, Dieu veut sans doute que nous ne nous laissions point éblouir par la bonne fortune ; quie nous nous rappellions combien las félicités de ce monde sont fragiles , et que nous demeurions convaincus que lui-seul est le principe et la fin de toute vraie félicité.

£n agissant ainsi , nous ferons , i° ce qui est hon; car il est bon d^ avoir toujoui» Dieu en vue , et de n*agir que pour lui; a** ce qui est {igréaéte à ses ysux; car il nous a créés pour le servir , pour lui consacrer toutes nos actions et tous nosseulimens; et il doit lui être agréable que nous remplissions notre destination. Nous ferons enfin ce qui est parfait ; car nous aimerons Dieu comme il veut i'6tre, c'est*à*dire plus que toute autre chose au monde , plus que nous-mêmes; et nous Taimerons ainsi parce qu^îl est infiniment bon et infiniment aimable ; or Tamour de Dieu et la charité est la véritable perfection. Nous ne nous élèverons pas au-dessus de ce que nous devons f parce que nous sentirons tout notre néant. Nous nous tiendrons dans les bornes de la modération- en remplissant selon notre pouvoir les devoirs que notre état nous

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impose , et en servant selon nos moyens Dieu , 1« prince et la patrie.

ÉVANGILE

Saint Luc , ch. II , v. 4o,

Jbiir ce temps-là, renfant croissait et se fortifiait , étant rempli de sagesse, et la -grâce de Dieu était en lai. Son père et sa mère allaient tous les ans à Jérusalem à la fête de Pâques. Et lorsqu'il fut âgé de douze ans» ils y allèrent, selon qu'il* avaient accoutumé , au temps de la fête. Après que les jours que durait la fête furent passés , lorsqu'ils s'en retournèrent , l'enfant Jisos demeura dans Jérusalem sans que son père et sa mère s'en aperçussent ; et pensant qu'il pourrait être avec quelqu'un de ceux de leur compagnie^ ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parens et ceux de leur connaissance ; mais .ne l'ayant point trouvé , ils retournèrent à Jérusalem pour l'y chercher. Trois jours après , ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l'écoufaient étaient ravis en admiration de sa sagesse et de ses réponses. Lors donc qu'ils le virent, ils furent remplis d'étonnement., et sa mère lui dit : Mon fils, pourquoi avez- vous agi ainsi avec nous ? Voilà votre père et moi qui vous cherchions étant tout a£B[igés. Il leur répondit : Pourquoi est-ce que vous me cherchiez ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois œeupè à ce qui regarde le service de mon père f Mais ils ne comprirent point ce qu'il leur disait. Il s'en alla ensuite avec eux , et il Tint à Nazareth , et il leur était soumis. Or , sa mère conservait dans son cœur toutes ces choses, et Jiscs croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommies.

Appr^enons de Joseph et de Marie à remplir fidèlement nos devoirs religieux, et à les faire remplir par ceux qui dépendent de nous. Ils habitaient Nazareth, assez loin de Jérusalem; cela ne les

empêche pas de venir à la fête de Pâques adorer Dieu dans son temple, et lorsque Tàge de Jésus permet qu'il fasse le voyage, de l'amener avec eux. Chrétiens, qui que vous soyez , voilà votre modèle pour ce qui vous concerne. Pères et mères, voyez dans la conduite de Joseph et de Marie la règle de celle que vous devez tenir à l'égard de vos enfans; donnez -leur l'exemple des devoirs religieux, et faites-le leur suivre ; car c'est la loi et la volonté de Dieu.

Cet évangile nous offre une autre particularité digne de notre attention. Jusque-là l'enfant Jésus était resté au sein de sa famille ; il croissait , dit l'évangéliste , et se fortifiait, était rempli de sagesse , et la grâce de Dieu était en lui ; mais tout cela s'était passé dans l'obscurité, et sans que personne en prît connaissance. C'est à l'âge de douze ans qu'il fait la première action d'éclat. Il se dérobe pour quelques momens à l'attention de ses parens. Par une disposition secrète [de la volonté divine sans doute , ils partent de Jérusalem sans s'apercevoir de son absence. A la fin de la première journée de leur voyage , ils voient avec une vive inquiétude que l'enfant n'est point avec eux; ils retournent à Jérusalem , et le trouvent disputant dans le temple avec les docteurs de la loi , et le» interrogeant avec tant de sagesse, que tous ceux qui l'entendent sont remplis d'admiration. Moment bien doux sans doute pour le cœur d'une mère !

Biais pourquoi, au reproche obligeant qu'elle

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lui ùÀï, réponcKil arec «ne sorte de séo^eresse aé* ▼ère : Pourquoi me ebèrchesE - vous ? Les i^ainù pèies nous l'apprennent. Si Jésus sort ait de U dé-« pendancedesa mène^ o*étaH poarvenlrer dan» unie dépendance i^ùs indispensaUc, celle de soiipère^ lie savez-^bus. pais , dft-il , qfu'fl famt que je, soià occupé de ce qui regarde le^ervtce de mon pèse 9 et presque sur^lo-^hamp , ce que sa première ré'^ pense paraissiiit avoir det^igcrureux SG'U'0û¥4^Vé<^ paré par sa conduite envers ses parens; car y dit l'évan^liste j il s'en alta avec eux, vint à Naza-* reth , et leur était soumis; Qiiéi exenkpie pour les enfans que cette conduite de Jésus» Vous . qui n*ètes point encore sortis de cet âg^e, le plus heureux des âges ,- puisque e^est oeiul ék Tinnoeence, étudiez Tenfant Jésus pour en faire votse modèle:. Il croissait ea sagesse et en grâce devant KHeii et devant les hommes. A mesuré que vràs àlratieez en âge^ croissez aussi. en grâce,- en vertu'.et en sa-* gesse. Ce n'est pas assez qiie yolre corps :se développe, que votre esprits cultive, il Êiut aussi^ue votre âme s*orne dé vertus , et que oea verlws né soient point des vertus purement humaines, naais des vertus chrétiennes , parce qu'appuyées sur la religion et l*amour 4e Dieu , celles-là. seulement sont solides.- 11 'faut que votre CQsur.' se forme an bien, qutil devienne bon, indulgeat ,. .compatissant ; c'est la seule manière de croître véritablement en sagesse. 11 i'aut encore qu'à l'exemple de Jésus vous soyez soumis en tout aux volontés de vos parens« Si^ tout iXieu qu'il était, et ne leur

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devant rien , Jésus a pourtant daigné leur obéir, à combien plus forte raison le doivent ceux qui tiennent tout de leurs parens, ceux qui en ont éprouvé les plus tendres soins , ceux qui sont Tob- |et de toute leur sollicitude I Enfans , adorez dono Jésus pendant le sacrifice de la messe, et dc'^ mandez^lui la grâce de vous animer de son esprit , afin de limiter dans sa soumission , et de croître aussi en véritable sagesse et en grâce devant Dieu.

POUB

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