‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 16 sur 43 · L£ V* DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE · texte numérisé non relu

L£ V* DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE

ÉPITRE

^iné Puul aux CoUsf. > ok. III , v. 1 9.

S/Lmè frères, rer€tez-vou8 comme les élus de Dieu , saints et bièn-Aiitiés , de tendresiBe et d'èDtnilles' de nrîséricorde , d(i lioiitë , dliaii&îlité, de modestie^ de palicncej ▼ous sopportant les uni les autres 9 chaciui remettaot à son frère tous les sujets de plainte qu'il pourrait avoir contre lui , et vous entre-pardonnant comme le Seigneur vous a pardonné ; mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Faite» l'entier dans votcoeorvla paix de Jëstts<!hrist, k laquelle vQiia ave^ été appelés pouir ne fi>vm&r tavs qu'un corps, et •oyez leconnaissaus tU sôêgrdeêi. Que la parole de Jésos-Ghrist habite en vous avec plénitude» et vous comble de sagesse. Instruisez-TOus et ez1iortez*vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant de cœur avec édiâcation lés louanges du Seigneur. Quoi que vous fas-

1^ Ltti iS^JL^CÏt^. f!l5

néi, oil éÛ*fMhàMj âa éh d^ii^âànt, faites foùf au nom ^u telgMar Jésui^-Chrise» re«dâB«gfffée par lu! & Dieu U tété.

dt sont lès vrais chrétiens qui sont les élus de Dieu 7 lès favoris du ciel ^auxquels il dispense ses grâces , et quMl marque du sceau d^une adoption éternelle. Mais , pour être chrétien véritable > que faut-il faire? Suffit-il dédire qu*on croit à TÉvan-' gile, qu^on veut vivre et mourir dans le sein de l^Église et dans la confession de la foi du Clu-i^t? âufiit-il même de montrer quelque bienfaisanoe envers ceux qui souffrent; de s'être distingué par qudques bonnes œuvres extérieures; d'avoir paru dans les églises d'une ihanière édifiante; d'avoir, visité ou aidé les pauvres y les malades, les prisonniers, et de leur avoir pqrté ou procuré des conso-* lations et du soulagement ? Toutes ces œuvres sans doute sont des œuvres chrétiennes, au moins e» apparence. £lles sont bonnes; elles sont louables et imitables ; mais, pour être méritoires aux yeux de Dieu , il faut que le cœur y soit, qu'elles aieilt Dieu pour principe et pour fin , et la charité pour mobile, on peut être bienfaisant, paroe qu'on y est porté par son penchant, par une sorte de sensibilité naturelle. Rendons ^âce^.à Dieu ^'ii nous a doués d'un pareil caractère ; ipais son* geôns qu'en y cédant nous ne faisons qu'obéir à une pente qui nous entraîne. SanctiGons, en la rapportant à Dieu , une action dont lui-même est l'auteur, puisque c^est de lui que nous tenons cette inclination.

ia4 IHnAVCTIOHS SVB LES ÉpinBs

D'aatres font du bien pour être yus^ pour attirer sur eux lea yeux des hommes , pour en recueil* lir une sorte de tribut d'estime. Vues intéressées , qui ôtent à la bonne action tout son prix, puisqu'alors ce n'est qu'un calcul , un trafic oii Ton ne dépense que pour obtenir un avantage auquel on attache plus de pHx, et sans l'espoir duquel on ne donnerait point. Je ne détourne personne de faire du bien ; quelque motif qu'on ait , cela est toujours bon en soi, et la société en recueille du fruit; mais J'avertis ceux qui ne font le bien que par vaine gloire ou par habitude , ou , ce qui serait pire encore , par hypocrisie 9 qu'il ne tiendrait qu'à eux d'en retirer de bien plus grands avantages. Qu^ils fassent pour Dieu ce qu'ils font pour leur propre satisfaction ou pour lé monde; cela est -il donc si difficile ? qu'ils le 'fassent pour Dieu , oserai-je répéter, et Dieu leur en tiendra compte. N'est-tl pas écrit que celui qui donnerait seulement un verre d*eau froide à un de ses semblables ( 1 ) au nom de Dieu en recevrait la récompense du Père éternel ; et au contraire , que celui qui parlerait le langage dés anges, et n'aurait pas la charité (2) , n'est qu'un airain qui rend un vain son , et une cymbale retentissante.

Faisons le bien pour Dieu ; c*est le seul moyeu de le^toré , non-seulement d'une manière méritoire, mais encore d'une manière assurée. Une vertu qui n'est qu'humaine est assise sur un appui bien frêle I Nos penchans sont sujets au change-

' (t) Mattb. , X. 4s. (3) I. GorÎQtb. , XUI. j.

ET LES ivAl^GlLES. 125

ment ; nous nous lassons de nos habitudes : «i Pamour-propre nous conseille aujourd'hui le bien > demain il nous conseillera le contraire , suivant Tobjet qu'il se propose. Semblable à un corps léger, jouet des vents, notre volonté est le jouet de nos passions , si la religion ne la retient, si elle ne la fixe à Dieu, par qui et pour qui nous avons été créés.

Établissons nos moyens de salut sur des fonde- * mens solides; revétons-noùs d'entrailles de miséricorde ; supportons-nous les uns les autres ; et chacun n'a-t-il pas ses défauts ? Si j'ai à supporter ceux des personnes avec qui je vis , ne faut-il pas -qu'elles supportent les miens? et si la religion exige que je pardonne, n'y trouvé-je pas mon intérêt , puisque j^ai besoin à mon tour d'être par- -donnéP Telle est la charité; elle lie les homnies jCffitre eux ; elle ne fait de tous qu'un corps , qu^une grande famille , qu'un peuple d'amis et de fvères.

ÉVANGILK.

Saint MatlA., ch. XIII, v. a4.

Ci 11 ce tempf-Ià , J^iu» dit skve peuple cette panbole : lie royaume du ciel est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dalSs son champ ; mais pendant que les hommes dor* maient, son ennemi vint, et sema de nVraie parmi le blé, et s'en alla, l/herbc donc ajant poussé, et étant nâontée en épi , l'ivraie commença ausai à paraître. Alors les serviteurs du père de famjUe vinrent lui dite :. Seigneur,, n'avea-vous pas semé de bon grain dans votre* champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? 11 leur répondit ; C'est mon. ennemi qui Vj a «fenée. 6^ serviteurs lu» dirent : Voulez- vous que nous ail*

ja6 INST&UCTIOVS ft^B V^S iptT&BS

l'arracher f |Toq , leur i-^poodit • îl , de pçur ^i|e » ctieil]^! i^?raie, tous ne déraciniez en même temps le bon graio. Laisses croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson ; et au temps fie Ja moisson, |c dirai aux moissonneurs : Cueillez premièremei^t ri?raie» et liei*^ e9 luettes ponr la bigler; piaîa amMifz le blë dans mop |;reqier.

L*iTRÀiE est ime plante qui De crott que tropfoéquemment parmi les blés, et dont la graine, lotfée au froment, le vicie , et lui communique dea <|ua- Utés funestes ; d'oii vient qu'en y^nnaul le blé qp fait tout son possible pour Ten séparer exaçteiQWt. Dans révaugile d'aujourd'hui le champ du père de famille est le monde ou même rjÉJglise, prise pour te réunion de tous les chrétiens. Le pur firomenl é^ signe les bons , les vrais fidèles ; Içs méohana, les mauvais chrétiens, cewj: qui sont rebeller à leur mère la sainte JÊgli&e^ sont représentés par 1^ vraie. Le grenier du père cé^esi^iç est le sein de Dien, le séjour des bienheureux; et le jogen^ent dernier, ou même le jugement particulier, est marqué .par le temps de la moisson.

Ainsi le sens de la parabole est qu'ici-bas le monde est composé de bons et de méchans ; l'église d'âmes fidèles à Dieu et de pécheurs. Il est dit que le père de famille n'avait semé que iifi bon grain , mais que l'homme enpjçmi e$t «ur^ ,yenu , et qu'il a semé de Vivrais pavmi le. bon blé. ]Ëu effet 5 nous> avons vu que rhomme avait été créé innocent et .vertueux, et qu^il aérait dc*meuré tel, si Tennemi , c'est-à-dire le démon , jaloux de so|i bonheur , n'avait sédi^it nos premiers pitie^Mi e)t

ne ies avait portéi À la diésobéiBsaiice. Alan lamé* chancelé et fous les ttaux qu'elle «ntiatne avee •elle, tantes les mtsèittsdeia'viey ioat entrés ^dans ie moDëe ,«t la terre a été halntéé par des boaMOies bons et ifiur des métobans ; mélaiiffe ipit sufaèialem fuaqu'à la fin des temps. Cest à «e moiHeat qm i*ivFaîe «era séparée du iMm israîn, et qoe «idonNsi aéra remis -dans le ^^eaier dm père de fonûlle, tandis que l'^ÎTraie , selon l'expression de PJàdritune 9 sera mise en botte» et |etée an feu, c'estoà^dwe que les justes seront leéeetnpensés. et îesnront d'nn bonhenr étemel, tandis que ka réprouvés seront oondannésà 4es sv^plîces qui ne finiront point»

Il faut donc depuis le péché qu'il y ait des pé*eheucS) «t qa'ils soient mêlés aux bons; tl faut qu'il j^ ait du bien et dn mal^ de l'ondve et âm dëeorire daan la minne mt dans le système so^ oîai. Telle est la oonposilion nécessaire du monde physique et moral.: inégaiîté dans les saisons, in*» salubrité dans i'airî, sources de maladies; |u8*tee et iaiqoité, viee et vertu, biens et maux, voiià le «peetacle qui nous est réservé sur cette terre d'exil , «u , pour parler plus Juste 5 sur celte terr% d'épreuiie.

Dieu eouflRre les méchans ,' nous devons éone ausn lea souffrir. Vivons avec eux; qu*ils soient le» objets de notre compassion et de notre diarifcé : mais 9 en vivant au milieu d'eux, |;ardons«^aous de les imiter, et tâchons de ne point noustoisser coT" rompre par leur exemple ; faisons, au contraire, par le nôtre tout ce qui nous est possible pour

128 UrSTKlICnOllS BVK LBS éptTBBS

les ramener à une meilleure conduite ; faisons le même par nos instructions y si nous sommes en mesure poar cela, ou par tout autre moyen , conforme à la charité 9 si nous avons du pouvoir sur eux, et qu^is soient dans* notre dépendance. Du reste, attendons qu'il plaise à Dieu d*en faire justice, et ne la prévenons point; savons -nous quels sont ses desseins sur eux ? Peut-être ce sont des instrumens dont IL se sert pour nous punir, ou bien pour nous éprouver et pour nous puriûer ; peut-être les prévtendra-t-il un jour dans sa miséricorde, et leur ouvrira- t-il les yeux. N 'est-il pas le Dieu de bonté infinie aussi-bien que le^Dieu d'infinie justice î^

Mais , si c'est pour nous une. obligation de supporter les mécbans , c'^i est une phis graade encore de supporter ceux de nos frères qui sont dans Terreur sur des articles de notre foi ^ ou qui appartiennent à d'autres communions que nous. Demandons à Dieu de les éclairer; mais ne les méprisons point, ne les persécutons point, ne les damnons point ; et , pour me servir de l'expression d'un grand et indulgent évêque (i), souffrons ce que Dieu soufire; n'arrachons point l'ivraie avant le temps de la moisson ; ce temps viendra , et le père de famille séparera ce qu'il faudra séparer. Puissions-nous être le pur froment que le père céleste jugera digne d'être remis dans les greniers étemels !

(i) fénêion.

K>ÏJB

Page 1