‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 17 sur 43 · LE VP DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE · texte numérisé non relu

LE VP DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE

É PITRE

Saint Paul aux Thest., cb. I, v. a.

JVL«a irèrâ , nous rendoos sans cesse grâces à Dîeu pour ?ou8 tous 9' nous souvenant continuellement de vous dans nos prières, et nous représentant daûs l^e&prit devant Dieu, qui est notre père , les œuvres de votre foi, les travaux de votre charité , et la fermeté de l'espérance que vous avez en notre Seigneur Jëiius-Ghrtst ; car nous savons , mcH frères chéris de Dieo, qaelle a été votre élection; la prédication que nous vous avons faite de TÉvangile, n'ayant pas été seulement en paroles , mais ajjrant été accompagnée de miraclea d& ia vertu du Saint-Esprit , et d'une pleine et entière persuasion. Et vous savez au8.st de quelle manière j'ai agi parmi vous pour votre saint. Ainsi vous êtes devenus nos imitateurs , ti les imitateurs du Seigneur , ayant recula parole parmi de grandes afflictions, avez la joie du $aint «Esprit ; de sorte que vous avez servi de modèle à tous ceux qui ont embrassé la foi dans la Macédom et dans TAchaîe ; car non-seulement vous êtes cause que la parole du Seigneur s'est répandue avec éclat dans la Macédoine et dans TAchaîe , mais même la foi que vous avez en Dieu est devenue si célèbre partout, qu'il n'est point néccsaaûre que nous en parlions , pubqu'eux-mômes racontei^ , en parlant de nous, quel a été le succès de .notre arrivée parmi TOUS, et comme, ayant quitté les idoles, vous vous êtes convertis à Dieu pour servir le Dieu vivant et véritable > et pour attendre du ciel son lils Jésus, qu'il a ressuscité d'entre les morts , et qui nous a délivrés de la colère à venir.

L*£logs que TApôtre fait des Thessalohicieos ^ ti les louanges qu'il leur donne sont des i^'«'^««'>

l30 INSTEI^CTIO^ -Ifl^lB^ XiBft ^ptTKES

pour tous les chrétiens. Il avait trouvé dans ce peuple , lorsqu'il alla prêcher la foi dans leur ville» toutes les dispositions qu'il pouvait souhaiter. Ils avaiient reçu l'Évan^le avec sèle , avec affection » avec reconnaissance. Cette nouvelle égalise, pleine de ferveur 9 éclatait entre toutes les autres par sa foi , par ses bonnes œuvres , par les travaux de sa charité , par la fermeté de son espérance. Jamais la prédication des vérités évangéliques n'avail; tiouvé des esprits plus dociles et produit'des fruits plus àbolidans : aussi les fidèles de Thessaloniquc étaient-ils^devenus des modèles que sainf; Paul cir tait et aimait à proposer à ceux qui avaîept embrassé la foi dans les villes et les provinces voisines.

La M pour nous n*est point une chose nouvelle. L*évattgile n'est point une doctrine étrang;ère que nous entendions pour la première fois» et qui viçnne détruire des opinions conçues auparavant. Son ^mbeau a, pour ainsi diçe, éclairé notre nais- MDoe. La croix a ombragé notre berceau ^ à peine «vions-nous les yeux ouverts , que nous avons été régénérés dans les eaux du baptême , oii^ts d^ rhuile sacrée^ et marqvié^ dq seea\i ii^effaçablcqui distingua les serviteurs de Jésus -^ Christ. Ce que BOUS ne pouvi onspremettre par nous-mêmes , on Pa promis pour nous. On a renoncé en notre nom au démon et à ses séductions , au péché qui perd notre âme , à T^doUtrio qyi uou« f<Ut mécoopatt«e Dieu ; car c'est luie idoldUie que d'être plus attaché gu monde et ^ la cFéaluçQ qu'f^u C^iiateuf .

Vio^erc^s-nous les jj^rQQ^^sfie», qui Q(i.t été jCs^te^

en notre nom? Héloa 1 nous ne io» viohws qw tifOp : qui de nous peut se retire àsol-méoie leUtémm-» Hnftge que salnl Paul rendait aux ThessalontciQne? Motre foi esl^elie yive eonflune la kur ? Notre fiii > comme la leur, est-elle animée par les bonnet cou^ vres ? Notre charité est-elle aréente ? Nous ocCq^ pons^notti assez de notre salut et de la vie future^ objets et fin de Tespérance chrétienne i^Ayoas nous enfin renoncé à nos idoles f

Les idoles des uns» aoni les ricbesseè ; npt'ils s^ea*» minent et voient s*ils ny sont pas li^ attachés* Les idoles des autres , sont les homieors, le crédit^ le pouvoir, le rang et les f>laoes : qu'ils se déman» dent à eux-mêmes s^ils ne recberoheut pas tooft cela avec plus d^empressement que la: religion el la raison ne le permettent. Ceux-ci ont pour idoles leurs plaisirs , la satisfaction de leurs bens , leur repos ; et TÉvangile dît qu'il faut fuir les plaisirs , parce qu'ils enivrent ; qu'il £aut mortifier les sens» parce qu'ils nous dominent ; que la' vie du ohrér tien est une vie d'action , et non une vie de repois et de langueur. Il en est qui veulent briller par Tesprit, et qui font leur dieu d'une fumée de réputation qu^ils appellent la gloire > oubliant Jla véritable gloire, qui consiste à bien faire* Que seront toutes ces vanités a» moment de la mort P Quo sont-elles , même pendant la vie ? que des idoles muettes auxquelles on sacrifie, qui font payer cher le culte qu'on leur rend , et n'offrent à leurs ado- . rateurs, au lieu du bonheur qu'ils en attendent^ que vide , peine et imq^iétudç d'esprit

iSa mSTBVOTIORB SVB LBS éplTRBS

Tenoftinofls cette courte instruction par la peinture que fait du monde un de non plus célèbres orateurs ( i ) : c Le monde tout seul y dit-il , est trop triste et trop dégoûtant pour nous plaire et nous séduire ; il faut que nous nous en mêlions nousmêmes» et que nous aidions par nos erreurs l'impuissance de ses attaraits : ainsi ce monde misérable que. nous aimons n'existe nulle part; c'est une chimère qui n'est qu'en nous; c'est une divinité imaginaire qui est l'ouvrage de notre cœur tout seul ; ce sont nos désirs et nos espérances qui sont nos dieux. ■

Voilà donc à quoi l'on sacrifie ses intérêts les plus ehers , à de vaines espérances ^ à des choses qui n'existent pas I -

ÉVANGILE

SiiiMt Mattiu, cb» XIII , v. 3i.

JCiH oe temps «là, Jëâas dit au peuple cette parabole : Le royaunic du éîel est semblable à un grain de senefë qu'on bomne prend et sème en son champ; ce grain est la plu» petite de toutes les semences; mais, loraqu'U a cru, il eat plus graud que tous les atUret légumes, et il devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent se reposer sur ses branches. Il leuf dit encore une autre parabole : Le royaume db -eiël «st semblable au levain qu'bife femme prend et qu'elle Bftèle dans tBois mesufes de farine» jusqu'à ce que la p4te soit toute levée. Jdsus dit toutes ces choses au peuple en pasaboles ^ et il ne leur parlait point sans paraboles, afin que cette parole du prophète fût accomplie : J'ouvrirai ma bouche ffour parier en pat^boles; je pul)1ierai des choses quV ont été- cachées de^ pnis'la création du monde.

(i) Blaisilloa , pmëgyriqdé <2e saint Beaott '

Mof>s. avons déià vu que le plus souvent le Sau* veur couvrait ses instructions. dous le voile ingé--^ uiç(ux de la parabole. L*évaiigîle d*au|ourd*liui en contient deux 9 dont nous allons donner rexplica-* tion. Dans. la première 9 le royaume des cieux est comparé à un grain de sénevé 9 qui est la plus petite de toutes les grafoes , et qui pourtant produit (^tns.la Patesfîne) une plante assez haute pour être comparée à un arbre sur lequel les oiseaux du ciel viennent se reposer. £n y faisant un peil> d^atlention 9 qui u^apercevra pas dans cette parabole rimage de ce qui s'est passé dans la propagation de TËvangile? Cette propagation peut être, avec beaucoup de justesse, appelée ie roj^umê des cieux , puisque c*est l'Évangile qui a véritablement ouvert les cieux au genre humain, qui en était exdu par le péché , et qui ne pouvait parvenir à la béatitude éternelle que par Tavénemientdu Rédempteur. Qu'était TÉvangile dans son principe ? une doctrine admirable sans doute , mais dont la prédication était confiée à quelques hom-* mes sans lettres, tirés des dernjèrej classes du peuple, ne jouissant d'aucun pouvoir, d'aucunO' considération, d'aucun crédit, faibles , simples,* aisés à décourager , comme ils le prouvèrent au . moment de la passion de leur mailre. Ces moyens impuissans , et la première Église confinée dans un coin de la Judée, ne peuvent-ils pas être com-> * parés à la plus petite.de toutes les graines ? £t de quelle entreprise s'agit-il? de la plus grande et de. la plus importante des entreprises: d'établir une

t34 iHsnvenovs «m Kts ApItii»

doetrioe neuve! te à laquelle toutes les iMitlons doiveni «e flOusuettte^ suivant ce mot du Sauveur ( t ) : « Ailes y ense^nez les nattons en les baptisant au nom du Père et du Fils»; ... ëii un mot , d'exécuter un projet qui ne tend à rien moins qu'à ehanger la face de Tunivers. Qui, en voyant les moyen» d^un côté , et de Tautre la grandeur, la difitculté de Tcntrf prise , n'aurait pas imagiiré qu'elle échouerait? Et néanmoins elle réussit, les apôtres sont écoutés, les nations se réunissent sous la bannière de la croix* et trois siècles sont à peine écoulés que toute la terre est devenue chrétienne. La petite semence a cru et s'est changée en U9 grand arbre sur lequel se reposent le& oiseaux du ciel , c'est-à-<diro les (idèles destinés à habiter ua jour les célestes demeures. Il n'y a qu'un extrême aveuglement qui puisse se refuser à reconnatire dans un aussi merveilleux ouvrage , dans un avènement aussi extraordinaire la main divine , dont la toute-puissance y est empreinte d'une manière si manifeste.

Dansla deuxième parabole leroj^aume des cieux est comparé an levain qu*une femme mêle à la farine] qu'elle pétrit , lequel la fait lever , la rend plus légère , et en forme une nourriture salubre. loi , par le royaume du ciel il faut entendre la parole de Dieu. £n effet, cette parole, annoncée dans les instructions des pasteurs , est commie le levain salutaire qui , au moyen de la grâce de Dieu , agit sur les dispositions qu'il a bien voulu

(0 Maub. XXVItr. 19, 90.

faire natfrf: d^ns nos coE^uvg» le$ fait pour ainsi dire lever » et, de ebaru^ls qqe nous étiooBt nous rend spirituels. Admirons la bopté du SauYQur qui f pour nous faire comprendre len vérités du salut , se sert d'exemples proportionnés à la iai* blesse de notre entendement , et prions4e de faire agir en nous c^ levain salutaire qui , dégageant notre âme de Téciune impure du pécbé, nouaren** dra agréables à ses yeu^c.

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