POUR LE DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIMË
Sgint fiant, 1. ép. au» CoHnth. , clk IX , v. 94. X , f^. i.
JMLvs Aères, ne savez-Toas pas que, quand on court dans la cafiière» tous oourettt, mail on seul remporte le prix f Gocires donc de Xtî^ «orfe ^(|« voua «empoTlies Je prix. Or, tous In athlàles gardent en toutes chose» une exacte tempérai^e y %i cependant ce n'est que pour gagner unu couronne corruptible» au lieu que nous en aUendont une incorruptible. Pour moi ^ je cours, et je ne cours pas au basard; je combats, et je ne doMM pas des coups en Pair ; mais je traite rudement nran oorpSf et je le réduis eo servitude, de peur qo^yant prêche aux autres.,! je uc sois répirauvé moi-même. Or» vous o« dev.es pas ignorer ) mes frères, que nos pères OQt tous été sous la nuée , qu'ils ont tous passé la mer Rouge , qu'ils ont tous été ba|)tisés sous la conduite de Moïse dans la nuée et dans la mer ; ^^Is ont tous mangé d'une même viande spirituelle, et tous ba du onême breuvage spô-iluel. Car ils buTaient de l'eau de ta pierre spirituelle qui les suivait, et Jésus-Ghfiat était cette pierre : mais il y en eut. peu 1 d'uu si grand nombre» ^i fussent agréables à Dieu.
Saikt Pavi. , dans cette épître » fait .allusion ai|x
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jeux de coursé de son temps. Le soin du salut , lapéniteuce et la défiance de soi-même, quoiqu'on se croie dans la bonne voie , voîlà ce qu'il récommande sous le voile de Tingénieuse allégbi^ie qu'il emploie.
La carrière où il veut que nous courions est celle de la vie du chrétien. Y courir , c'est étudier les préceptes de là religion , et y conformer sa conduite en rendant à Dieu et aux hommes ce qui leur est dû, en travaillant sur son âme pour la purifier de ses mauvais peuchans, pour la fortifier contre les assauts que lui livrent les passions ; enfin pour la rendre digne de Dieu > don^ elle est l'image , digne du prix que Jésus- Christ y a attaché , en l'estimant assez pour la racheter au prix de son sang.
Entrer dans la carrière du saJut n'est pas tout. Il faut y courir, et y courir avec courage. Si on ne isit que s^jr traîner lâchement, quel fruit en retirera - t - on? La couronne n'est pas pour le» lâches , et le chrétien qui ne remplit ses devoirs qu'avec, tiédeur n'a rien à e^érer. L'Esprit saint a lui-même prononcé lejugement de ces chrétien» sans ferveur : « Parce que vous êtes tièdes , a-t-îl dît, je vous vomirai de nia bouche (*i) , c'est-à-dîre je vous rejrterai, vous n*aurez point part à la yie éternelle. » Qpe. ne fait-on ^loint pour acquérùr des richesses, des emplois ^ de la gloîi'e l Et que fait-on pour gagner la couronne incorruptible que Dieu promet aux vrais chrétiens P Que l'on compare Tempressement et les soins que l'on se donne
(i) Apoc. , BL t6. .''''-'
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pour les affaires de ce monde avec la négligence et l'insouciance que l'on meta celles de l'éternité ^ et que l'on se juge.
On ne court point dans la carrière dusalut sans la pénitence. Saint Paul nous apprend qu'il traitait rudeinent son corps et qu'il le réduisait en servitude ( i ) ; c'est ce qu'il appelait courir , ne point courir au hasard, et ne point donner des coups en l'air. Les athlètes dont il parle observaient aussi un régime rigoureux, afîn de se rendre plus agiles , plus propres à la course, et pour mieux s'en assurer le prix, qui pourtant ne' consistait qu'en une couronne composée du feuillage de quelque arbre ou de quelque plante. Il s'agit ici d'une bien autre couronne , d'une couronne Ae gloire incorruptible, et du bonheur éternel. Voyons si nous en faisons autant ; si nous ne cherchons pas plutôt à satisfaire nos goûts qu'à les contredire ; si nous nous privons pour Dieu de quelques plaisirs; si nous livrons quelques combats à nos mauvaises habitudes ; si nous pratiquons quelques mortifications. Telle cependant doit être la vie du chrétien. Qu'avons-uous donc à attendre , si nous ne nous y conformons pus ? et sur quoi reposerait notre confiance pour notre salut futur?
Que nous sommes loin des sentimens de l'Apôtre! Malgré tous ses travaux, malgré la vie péni-^ tente qu'il menait, malgré le mérite de ses prédications , il n'était pas sûr de son salut ; il craignait, après avoir prêché aux autres , d'être réprouvé lui-
(0 I. GorinUiu IX. 97.
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Vfiùme, GbTétien9 insoucians et iièdes, que «set çxei»ple ve«8 fasse trembler! qu'il vous imf^me au moins une crainte salutaire, et qu*à Tapprocbe du teiii|9Ni de pénitenee, il fasse naitre en v#us un saint et heureux repentir !
ÉVAIiGILE.
Saint Maltiu, cb. XX, v. i.
£is oe tompS'là } Jésus dU œtte parabole A fffs discale» : Le royaume du ciel est semblable i un père de famille qui sortit dès le grand matin afin de louer des ouvriers pour ira-vaiiier à sa vigne ; et ëtant demeuré d'accord avec les ourriers qu'ils auraient un denier pour leur, journée « îl les QnvDfBÀ sa vigne, il sortit sur la troisième iieure dujcmr, et «ID ajtnt vu d'autres qui se Aeaaieat dans la place sao^ rien faire , il leur dit : >All«z-vous-en au:»si vous autres à ma vigne » et je vous donnerai ce qui sera raisonnable ; ils s'y en allèreot. Il sortit encore sur la sixième et sur la neuvième heure du Jour, et il fit la même chose. Enfin , étant sorti sur la onzième heure» tl eo trouva d'autres. qui élaient li ains rico faîie» auxquels il dit : Pourquoi dcmeurea-vons là tout le long du jour 89ns travailler? c'est, lui dirent*ils, que personne ne nous a loués ; et il leur dit : Allez-vous-en aussi en ma vigne. Le soir étant venu , le matlre de la vigne dit à celui qui avaît le soin de ses affaires : Appelés les ouvriers) et payez* les, en commençaat depuis les derniers jusqu'aux premiers. Gens doAc qui n'^vaimUiravaiiU qv* depuis la onzième heure t s'4t{io^ approchés, reçurent charun un denier. Geu* qui avaient, été loués les premiers, venant à leur tour, s'attendaient qu'on leur en donnerait davantage ^ mais ils ne reçurent néanmoins qne chacun un denier ; et, en le recevant, ils murmiivaient eontrc le père de famiUe , en disant jl Ces derniers n'en! Iravaiilé quVoe heure, et vous les traitez comme noua ^ ^wi avons porté le poids du jour et de la chaleur* Mais il tépondit à l'un d'eux : Mon ami, je ne vous fais point de tort; n'ètes-votts pas convenu avec moi à un denier foureolfvjM»*'
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1^? Prenez c^ ^ni igus «p^MirUeia et vouten «Uqx ; fiiQur moi» je veux donner à ce dernier autant qu'à voup. !Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est à moi ? Et votre cmI ett'il mauvais parce que je suis bon F Ainsi h s derniers ■scMOiit les paemîera , et ks premiers seront les derniers , parce ^'il 7 en a |)eavcoup d'i^pel^St mais peu d'élus.
Le royamiie du ciel , dont il est parlé daos la parabole qui fait 1^ sujet de TévangUe que msu» vevous de lU&y 09! TÉg^se. Le père de famille , c'eit J)4eu lui-mê|^e, qi^i est le ch^f de ice royaume , et qui Ta foadé. La vigne est l'œuvre du salut, et les Qi;ivrier9 sont tous t^ chrétiens ; les différentes heures du jour sont les différens âges de la vie ; le travail est le soin qu*oo prend de son sahit et de celui des autres ; et le denier qui est distribué à la findu jours c'est-à-dire à la fin de la vie 9 et qui est donné aux ouvricars , est la récompense éternelle. ,
Cela suppoaéy le sens de la parabole est clair, l^ maître sort de gran<^ matin pour chercher les ouvriers qui doivent travailler à sa vigne. C'est pieu qui, 4^s Taurore de notre vie, nous prévient de bonnes penséf s et de bons désirs , ou nous ménage de la part de nos pareas et de nos maîtres de bons e:Kemploâ et d'iiitiles instruc^ons» Si dans cet âge tendre ppus répondons à c^s saintes inspirations^ c'est un grand bopbeûr; car les hahitudas qu'on prend dès Tenfance se fornkent plus aisément et se conservent mieux. L'âme se plie au joug , s'y accoutumé » et (iniit par l'aimer. ,
Mais si ce n'est pas au monj^entotl l^ jièmss^
t4o mSTBVGTIOVS SUB LES ÉPÎTEES
commence à éclore qu^on s^attache au service de Dieu 9 que ce soit du moins à la troisième heure du jour, c*est-à-dire quand la raison s*est fortifiée , .quand l'intelligence a fait des progrès pour is 'ouvrir aux vérités de la religion, et avant qu*on ait pu être séduit par les maximes du monde. Heureux ceux qui n^ittendront pas plus tard à travailler à leur salut I Un plus long délai a ses dangers. îOutre ceux qui proviennent de l'incertitude de la vie, on ne diffère alors sa conversion que parce qu'on ne répond pas aux grâces dont Dieu ne manque jamais de prévenir les âmes encore innocentes^ et la punition de cette négligence est d'en moins recevoir, et par conséquent d'avoir moins dé secoui^s j^oiir vaincre les obstacles qui s'opposent au salut.
Alors que ce soit à la sixième heure du jour 5 G^»t-à-d1re dans la maturité de l'âge, que Ton songe à sa conversion. La raison est dan^ toute sa force. Si auparavant on a eu le malheur de se laisser entraîner, le charihe a cessé, et l'enchantement a disparu. Les plaisirs quittent à cette époque de la vie ceux qui ne veulent point les quitter, et le monde qui les avait accueillis les délaissey qu'ils profitent du inoins de cet abandon. Qtie peuventils faire de mieux que recourir à Dieu ? il ne' rejette personne ; ses bras sont toujours ouverts pour recevoir lepécheur,quandc'est de cœur qu'il revient, quand son repentir est sincère. Mais que ceux-là se gardent d'attendre plus long-temps; car l'heure presse. Ils ont encore celle d'aujourd''hui ; mais demain ne leur appartient pas.'
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Telle est cependant la bonté de Dieu, qu*H ne ^ rejette pas même ceux qui ne viennent qu'à la on- ' zième heure, c*est-à~dire au déclin de la vie. Mais combien il est difficile de rentrer dans les sentiers de la vertu après un grand nombre d'années passées dans le péché! La conversion alors est un prodige de la grâce ^ et Dieu ne doit des prodiges à personne. Qu'on ne se fie donc point à une conver- . sion tardive I II s'en fait sans doute , et par conséquent, dit saint Augustin [*)j il ne faut point endésespérer; mais il s'en fait rarement, et ce serait une grande folie que d'y compter/ Tous sont ap- . pelés à recevoir le denier à la fin du travail ; mais tous ne le reçoivent point, parce qu'il n'est p^s dû à ceux qui n'ont point travaillé. De là cette vérité effrayante , qu^U y a heaucoup {Va/ppeiés\ et peu' (VéUis,