‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 24 sur 43 · POUR LE DIMANCHE DE LA PASSION · texte numérisé non relu

POUR LE DIMANCHE DE LA PASSION

V* BIMANCBE DE GAAÊMB.

ÉPITRE

Saint Pmd ànx H^rewx y c*. IJC, t. ii.

Mb8 frères, Jésui-ChrUt, le pontife des biens futurs, étant Tenu dans le monde , est entré une fois dans le sanctuaire par un tabernacle plus grand et plus excellenf , qui n'a point été fait par la main des fabm«es« c'est-à-dire , qu'il n'a pointétè formé p«r U voie comnuiw et ordioaire; et il y est entré , non avec le sang des bouc» cl des veaux , mais avec son propre sang, notu ayant aoquis une rédemption éternelle. Car, si le sang .des boucs et des taureaux , et Taspersion de l'eau mêlée avec la cendre d'une génisse , sanctifient ceux qui ont éié

1^8 INSTntCTlONS StR LES ÉPÎTBES

pratiques , et u^afFrancbissait pas les hommes 'du péché originel. C'était par conséquent une loi de servitude. Sara, au contraire 9 épouse légitime et libre 9 figurait la loi nouvelle ou la loi de grâce , c'est-à-dire la religion chrétienne, qui est une loi de liberté, parce qu'au moyen du baptême elle nous affranchit du péché, qui est la pire des servitudes.

L'Écriture sainte est pleine de ces allégories ; tout est figuré dans Tancien Testament; et ce n'est pas sans admiration qu'on y découvre , quand on Tétudie avec soin, tout ce qui a rapport à la loi nouvelle j et l'accord parfait qui règne entré les deux alliances.

L'Écriture sainte est donc une source d'instruction dans laquelle nous ne pouvons trop puiser. Tout s'y trouve : l'origine du mon de, l'histoire des premiers temps , un recueil des principes moraux, d'une sagesse bien supérieure à tout ce que nous ont laissé tous les philosophes , la connaissance de notre vraie destination et de nos espérances fu-« turcs. Nul code ne renferme des choses d'un aussi grand intérêt. L'Écriture sainte offre donc un corps de lectures extrêmement utiles; et toutefois ces lectures ne doivent point se faire sans guide. Chea les Juifs il y avait des livres de l'ancien Testament qu'il était défendu de lire avant l'âge de trente ans.

On doit donc mettre du choix dans ses lectures ^ même dans celles de TÉcriture sainte ; à plus forte raison doit-on en mettre dans la lecture des autres livres. 11 s'en faut beaucoup que tous salent

yl.

BT LES EVARGItES. 17g

des sources d'instruction. La presse se prête à tout, et un indigne amour du gain la prostitue souvent à la corruption. Il y a des livres oli la religion est attaquée ou moquée; il en est d'autres ou les mœurs ne sont point respectées ; il en est de propres à allumer les passions. Les poisons les plus actifs , la peste même sont moins à craindre que ces livres ; car les poisons ne tuent que le corps, au lieu qu'un mauvais livre corrompt le cœur et tue l'âme. Il est d'autres livres qui, sans être aussi dangereux , ne contiennent que des futilités peu dignes d'un esprit solide. Le moindre inconvénient qui résulte de leur lecture, est laperte du temps ; et ce temps est assez précieux pour qu'on cherche à en faire un meilleur usage. Lé goût de la lecture est par lui - même recommandable , parce qu'en lisant on s'instruit. Les livres de piété élèvent notre âme vers Dieu. De toutes les lectures , c'est celle qui offre le plus de profit pour l'autre vie , et le plus de consolations pour celle-ci. Les livres de morale nous affermissent dans l'amour de nos devoirs ; les livres d'histoire , en nous laisarnt passer sous les yeux les événemens des siècles antérieurs , nous fournissent souvent d'excellentes leçons; et les livres d'une saine littérature nous forment l'esprit et le goût. Toutes ces lectures sont non-seulement permises , mais on en retire encore de véritables avantages. Je ne proscris pas méo[ie les livres d'amusement, pourvu que l'utile y soit joint avec l'agréable , et qu'à côté des fleurs il se trouve quelques fruits.

l80 INSTIVGTIONS BVft LES EPtlBES

ÉVANGILE

Saint Jean, ch. VI, t. i.

Jliii ce tempt-là, Jésus s'en alla au-delà de la merde Galilée» qui est le lac de Tibérîade ; et comme une grande foule de peuple le suivait, parce qu'ils ▼ojaient les miracles qu'il fai- •ait sur les malades, il monta sur une montagne, où il s'assit avec ses disciples. Or» le jour de Pâques» qui est ia grande fête des Juifs » était proche. Jésus» levant donc les jeux» et ▼ojant qu'une grande foule de peuple Tenait à lui » dit à Philippe : D*où pourrons-nous acheter assec de pains pour donner à manger à tout ce monde f Mais il disait ceci pour le tenter : car il savait bien ce qu'il devait faire. Philippe lui répondit : Quand on aurait pour deux cents deniers de pain » cela ne suffirait pas pour en donner à chacun tant soit peu. TJn de ses disciples , qui était André, frère de Simon Pierre , lui dit : Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens F Jésus leur dit donc : Faites-les asseoir. Il j avait beaucoup d'herbe dans ce Heu-là» et environ cinq mille hommes s'y assirent. Puis Jésus prit les pains, et, ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis» et on leur donna de même des deux poissons autant qu'ils en voulurent. Après qu'ils furent rassasiés , il dit à ses disciples : Bamassez ley morceaux qui sont restés, afin que rien ne se perde; et les ayant ramassés» ils emplirent douie panien des morceaux des cinq pains d'orge qui étaient restés après que tous en eurent mangé. Ces personnes, ayant donc vu le miracle qu'avait fait Jésus, disaient : C'est là vraiment le prophète qui doit venir dans le monde, liais Jésus, sachant qu'ils devaient venir le prendre et l'enlever pour le faire roi» s'enfuit» et se retira encore seul sur la montagne.

Jisus fait des miracles^ et la foule le suit; mais elle est ordinairement plus émenreillée des prodiges qu'il opère que touchée de ses paroles , et em-

ET LES EVANGILES. l8l

pressée de mettre à profit sa doctrine. Elle dit bien : €*est là vraiment le prophète qui doit venir dans le monde ; mais quel fruit enrésulte-t-il pour elle ? Yoit-on qu'elle se convertisse , qu'elle croie au Sauveur y qu'elle règle sa conduite sur ses leçons ?

C'est l'image de notre conduite. Nous croyons au Sauveur, nous croyons aux miracles qu'il a faits. Sa doctrine nous est connue. On nous la rappelle souvent dans des instructions , et nous n'en devenons pas meilleurs.

La foule qui suit Jésus n'en est pas moins l'objet de sa charité et de sa tendre sollicitude. Il s'informe s'il y a de quoi nourrir cette multitude ; et apprenant qu'on a trouvé à peine cinq pains et quelques poissons ^ il y pourvoit par un miracle éclatant. Ces cinq pains suffisent à la nourriture de cinq mille personnes ^ et on ramasse encore douze corbeilles pleines de ce qui reste. Nous sommes aussi les objets continuels de la bonté et de la sollicitude de Dieu ; et , malgré notre oubli , tous les biens de la terre ne s'en reproduisent pas moins pour notre usage , avec une admirable abon-* dance.

Sans doute la multiplication des pains dut paraître bien étonnante à ceux qui en furent les témoins , et elle dut faire sur leur esprit une grande impression. Cependant ne se passe-t-il pas chaque Jour sous nos yeux des choses aussi surprenantes > et auxquelles l'habitude de les voir nous empêche de faire attention ? Nous sommes frappés y dit saint

l80 INSTAVCTI0N8 SUll LES ÉptlBES

ÉVANGILE

Saint Jean, ch. VI, v. i.

Oin ce tempt-là, Jésus s'en alla au-dcli de la merde Galilée * qui est le lac de Tibérîade ; et comme une grande foule de peuple le suivait , parce qu'ils voyaient les miracles qu'il faisait sur les malades, il monta sur une montagne^ où il s'assit avec ses disciples. Or, le jour de Pâques, qui est ia grande fête des Juifs, était proche. Jésus, levant donc les jeux, et ▼oyant qu'une grande foule de peuple venait à lui , dit à Philippe : D'où pourrons-nous acheter assec de pains pour donner à manger à tout ce monde 7 Mais il disait ceci pour le tenter : car il savait bien ce qu'il devait faire. Philippe lui répondit : Quand on aurait pour deux cents deniers de pain » cela ne suffirait pas pour en donner à chacun tant soit peu. Un de ses disciples, qui était André, frère de Simon Pierre, lui dit : Il j a ici un petit garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens F Jésus leur dit donc : Faites-les asseoir. Il y avait beaucoup d'herbe dans ce lien-là, et environ cinq mille hommes s'y assirent • Puis Jésus prit les pains, et, ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis, et on leur donna de même des deux poissons autant qu'ils en voulurent. Après qu'ils furent rassasiés , il dit à ses disciples t Bamassez ley morceaux qui sont restés, afin que rien ne se perde; et les ayant ramassés, iU emplirent douie panieis dea morceaux des cinq pains d'orge qui étaient restés après que tous en eurent mangé. Ces personnes, ayant donc vu le miracle qu'avait fait Jésus, disaient : C'est là vraiment le prophète qui doit venir dans le monde, liais Jésus, sachant qu'ils devaient venir le prendre et l'enlever pour le faire roi, s'enfuit, et se retira encore seul sur la montagne.

Jisvs fait des miracles, et la foule le suit; maïs elle est ordinairement plus émerveillée dea prodiges qu'il opère que touchée de ses paroles , et em-

ET LES évANGlLES. l8l

pressée de mettre à profit sa doctrine. Elle dit bien : C'est là vraiment le prophète qui doit venir dans le monde ; mais quel fruit en résulte-t-il pour elle ? Yoit-on qu'elle se convertisse , qu'elle croie au Sauveur , qu'elle règle sa conduite sur ses leçons ?

C*est l'image de notre conduite. Nous croyons au Sauveur, nous croyons aux miracles qu'il a faits. Sa doctrine nous est connue. On nous la rappelle souvent dans des instructions , et nous n'en devenons pas meilleurs.

La foule qui suit Jésus n'en est pas moins l'objet de sa charité et de sa tendre sollicitude. Il s'informe s'il y a de quoi nounrir cette multitude ; et apprenant qu'on a trouvé à peine cinq pains et quelques poissons ^ il y pourvoit par un miracle éclatant. Ces cinq pains suffisent à la nourriture de cinq mille personnes ^ et on ramasse encore douze corbeilles pleines de ce qui reste. Nous sommes aussi les objets continuels de la bonté et de la sollicitude de Dieu ; et , malgré notre oubli , tous les biens de la terre ne s'en reproduisent pas moins pour notre usage , avec une admirable abondance.

Sans doute la multiplication des pains dut paraître bien étonnante à ceux qui en furent les témoins , et elle dut faire sur leur esprit une grande impression. Cependant ne se passe-t-il pas chaque jour sous nos yeux des choses aussi surprenantes, et auxquelles l'habitude de les voir nous empêche de faire attention ? Nous sommes frappés ^ dit saint

176 IH8TEVCTI0HS 8Uft IBS £plTa£8

à-dire les jugemens peu favorables que 9 sans fon^ dément; nous portons du prochain: mais elle veut encore que nous excusions en lui 9 par la droiture d'intention, les actions qui paraissent mauvaises. I4*arrive-t-il pas souvent que Tintenlion soit bonne, quoiqu*au premier coup-d'œil l'action ne le paraisse pas ? Pour être autorisé à condamner le prochain, il faut qu'il n'y ait aucun moyen de l'excuser ; et quoique l'évidence dépose contre lui , il est encore bon et conforme à la charité de diminuer sa faute en la rejetant sur la fragilité humaine j sur la puissance de l'occasion , sur les mauvais conseils , ou sur tout autre motif propre à l'atténuer. Voilà ce qu'exige de nous l'Évangile et notre propre intérêt ; car il est écrit qu'on se servira envers nous de la même mesure dont nous nous serons servis enve» les autres (1) ; et si nous jugeons sévèrement , nous serons aussi jugés avec jsévérité.

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