‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 30 sur 43 · POUR LE MARDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

POUR LE MARDI DE PAQUES

ÉPiTRE.

Actes des apétres , cb. XIÏI, v. 23.

x^v ces jours-là , Paul, s'ëtantleTe, dit ces paroles : C'a ëtè de la race de David que Dieu , selon sa promesse^ a suscité Jésus pour être le sauveur d'Israël; lean ayant prêché avant lui à fout le peuple d'Israëf le baptême de la péaitenrc , pour préparer à son avénemeot. Et lorsque Jean achevait «a course, il disait : Qui crojez-vous que je sois ? Je ne -suis point celui que vous pensez ; mais il en vient un autre après moi dont je ne suis pas digne de délier les souliers. C'est à vous, ô mes frères , quiètes enfans de la race d'Abraham , et à ceux d'entre ▼ous qui craignent Dieu, que cette parole de salut a été envoyée. Car les habitant de Jérusalem et leurs princes ne l'ayant point reconnu pour ce qu'il était , et n'ayant point entendu les paroles des prophéties qui se lisent chaque jour du sabbat, ils les ont accomplies en le condamnant. Et quoiqu'ils no trouvassent rien en lui qui Jîût digne de mort, ils demandèrent à Pilate qu'il le fît mourir. Et lorsque tout ce qui avait été écrit. de lui fut accompli , o^ le descendit de la croix, on le mit dans le tombeau. Mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts le troisième jour^ et il a été vu durant plusieurs jours par ceux qui étaient venus avec lui de Galilée à Jérusalem , qui lui rendent encore aujourd'hui témoignage devant le peuple. Ainsi nous vous annonçons l'accomplissement de la promesse qui a été faite à nos pères « Dieu noua en ayant fait voir refTet, à nous qui sommes leurs enfans^ en ressuscitant Jésus, selon qu'il est écrit dans le second psaume : Vous êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd'hui.

Là parole de Dieu , c'est rÉvangile ; c'est là que sout contenus tous les devoirs du chrétien y c'està-dire de rhomnie amené à Tétat de sagesse et de 1. II

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perfeclion dont sa nature est susceptible. C'est là que nous apprenons à faire tout ce qui plaît à Dieu^ et à éviter tout ce qui lui déplatt. C'est là que Jésus-Christ lui-même se plaît à nous instruire, et les instructions qu'il nous y donne sont telles » qu'elles ont forcé l'admiration de ceux mêmes qui sont les ennemis du ndm chrétien. La morale de l'Évangile 5 ont-ils dit , est un chef-d'œuvre de perfection; elle est infiniment au-dessus de ce qu'où t dit et écrit sur les mêmes sujets les sages de tous les temps. La mettre au-dessus du fruit des méditations de tous les sages, n'est-ce pas reconnaître qu'elle est plus qu'humaine , et que Dieu seul peut en être l'auteur P Prenons un point de cette morale , celui , par exemple , où il est question de la prière , et examinons-le pour nous pénétrer de sa sagesse. « Lorsque vous voudrez prier (i), nous dit le Sauveur, ne dites pas beaucoup de paroles, maïs que votre cœur soit tout entier à ce que vous dites. Priez mon père , non par des mots , mais par une adoration pure , accompagnée d'un sentiment profond. » Lorsque vous vouliez prier , demandez à Dieu bien plus les choses qui sont nécessaires à votre âme que celles que vous croyez pouvoir TOUS rendre heureux dans ce monde ; car vous savez peu, en demandant ces dernières, si elles vous seront bonnes et profitable^ , ou si plutôt elles ne vous seront pas préjudiciables et nuisibles : ne les demandez donc qu'en vous soumettant à la volonté de Dieu, et en désirant du fond de votre

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cœur qu'en toul elle s^accomplîMe. Si ce que vous demandez doit vous être véritablement utile • croyez avec confiance que Dieu ne vous le refusera pas; mais» s'il ne vous Taccorde point , croyez avec une résig;nation parfaite que ce refus est encore une grâce et un bienfait, comme c^en est un que de refuser à un enfant qui n*en connaît pas le danger une arme ou un Instrument dont il pourrait se blesser. £n suivant ce plan de eonduite , vous ne serez jamais mécontent de ce qui arrivera, parce que vous y verrez la volonté de Dieu , qui ne fait rien qu'avec une extrême sagesse, et pour le plus grand bien, et qui sait tirer du mal même qu'il permet des avantages dont nous ne nou^ doutons pas ; comme il arrive quelquefois , si l'on peut comparer les petites choses aux grandes , qu'un habile médecin lire un remède salutaire de5 plus subtils et des plus dangereux poisons.

L'JËvangile nous ouvre tous les trésors de ia grâce. Je remarquerai et vous ferai remarquer , que c'est là que nous trouvons les promesses de la vie future^; que c'est là que nous apprenons qu'après cette vie il en est une autre ; que celle-ci est fugitive et passagère ; que , pour beaucoup de personnes , elle se borne à quelques courtes ann^s; qu'il serait par conséquent insensé de fonder sur elle de grandes espérances , puisqu'au moment où nous y pensons le moins » elle peut finir; que pour tous., même pour ceux dont la carrière est la plus longue , elle n'est qu'un point imperceptible dans l'immensité du temps , et , à plus

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forte raison, dans Téternité, qu'après cette vie nous aurops: un compte à rendre ; que Tcxamen de la conduite que nous aurons tenue sera sévère ; que ceu^ qui auront bien fait seront récompensés éternellement , et que , malgré sa bonté infinie , Dieu , qui n'est pas moins justice que bonté , punir^ rigpureusement ceux qui auront violé sa loi. L'Évangile nous apprend donc et à aimer Dieu et à le craindre ; et c'est cette crainte 9 mêlée d'amo.ur et de confiance, qui lui plaît le plus. C'est donc avec raison que l'Apôtre appelle l'Évangile parate jiu saiuh Ainsi savoir FÉvangile , le bic^n connaître et s'être bien pénétré de son esprit , yoilà 1^ premier devoir et l'intérêt important du chrétien. Pratiquer l'Évangile, voilà le moyen de plaire à Dieu , d'attirer sur soi ses grâces et de se pré-' parer p^r une vie sainte à une mort qui le soit, aussi , et qui alors sera suiyie d'^ne récompense :

élernelle.

ÉVANQILE.

Saint Luc, ch. XXIV. v. 36.

JliN ce temps-là, Jësus se présenta au milieu de sfa digcîples. et leur dit : La paix soit avec vous; c'est moi , u'nyez point de peur. Ils furent frappés d'étonnement et de crainte, et ils s'imaginaient voir un esprit. Mais Jésus leur dit : Pourquoi vous troublez-vous ? et pourquoi s'élèvc-t-il tant de différentes pensées dans vos cœurs P Regardez mes mains et mes pieds; c'est moi-môme. Touchez- moi , et considérez qu'un esprit n'a ni chair ni os , comme vous voyez que j'ai. Apres avoir dit cela , il leur montra ses mains et ses pieds. Mais eux ne croyant p(U encore ce qu'ils voyaient, taut ils étaient transportés .d« jgie et d'admiration , il leur dit : !N'avcz-vous point ici quelque

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chose à manger ? Et ila lui présentèrent an morceau de poisson rôti et un rayon de miel. Il en mangea devant eux; et ayant pris les restes , il les leur donna , et leur dit : Vous voyez ce que je tous avais dit lorsque j'étais encore avec vous : Qu'il fallait que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse , dans les prophètes et dans les psaumes , fût accompli. En' ce même temps il leur ouvrit Tesprît , afin qu'ils entendissent les Écritures, et leur dit : Il fallait., selon qu'il est écrit» que le Christ souffrit, et qu'il ressuscitât d'entre les morts le troisième jour, et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés dans toutes les nations , en commençant par Jérusalem.

Admirons la bonté du Sauveur et son extrême condescendance pour la faiblesse de ses disciples non afiermis dans la foi, iet ne portant encore dans la carrière quHls devaient parcourir que deisf pas chancelans. Jésus parait parmi eux ; il leur avait souvent prédit sa résurrection. Quelquesuns d'eux ravalent même déjà vu. Cependant ils craigpQent et se troublent. Qu'avaient-Us^donc & craindre d'un aussi bon maître? Quelle était la' cause de leur trouble ? Cet état d'inquiétude ne subsistera pas long-temps. Jésus ^ au lieu de lei|^ reprocher l'oubli des promesses qu'il leur avait faites y et cette sorte d'incrédulité qu'excusait encore leur faiblesse , s'empresse de les rassurer ; et c'est ainsi qu'il agit toujours à l'égard des âmes qui 5 le cherchant de bonne foi, méconualsse^t pourtant sa présence, marquée par des grâces prévenantes dont elles ne sentent pas encore tout le prix: t Soyez tranquilles, dit-il à ses disciples ; c'est moi qui viens vous voir po%ir achever près de vous

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rœnvreâenion père, elpour vous donner mes dernières instruetîoas sar la grande entreprise dont You^ allez être chargés ; ie veux dire rétablissement de mou Église. SUl vous reste quelque doute y et devrait- il vous en rester sur Taccomplisseaient des promesses que je vous ai faites ? s*il vous reste quelque doute 9 regarder? mes mains et mes pieds, voyez-y les ouvertures qu Y ont laissées les clous dont j*ai été attaché quand je me suis offert en sacrifice, quand je me suis dévoué sur la croix à toutes les aûgoisses d'un supplice cruel pour sauver les hommes. Vous croyez voir un esprit; mais un esprit n*a ni chair ni os , et vous voyez que j*ai Tun et Tautre. Vous pouvez, en me touchant j vous convaincre que je suis tel que vous m*avez vu avant ma mort ; que je suis un homme comme vous. > Le Sauteur fait plus encore : quoique son* divin corps , ressuscité alors et glorieiix , n'eut plus besoin de nourriture, H a la complaisance de manger devant ses disci-' pies. 11 leur rappelle tout ce que les saintes Écritures ont dit du Messie , et leur donnant riotelligence de ces mêmes Écritures , leur ouvrant Tes* prit 9 il leur en fait voir le parf?iit accomplissement dans sa personne, dans la mortqu*il a soufferte, et dans sa résurrection le troisième^jour. Il les charge de prêcher cette doctrine de sahit et d'appeler les hommes à la pénitence , sans laquelle on ne peut participer aux mérites de sa passion , parce que , quoiqu'il soit mort pour tous , il faut pourtant que chacun s^applique à soi-même le mérite de sa m<Mrt en répondant à la grâce par un vrai re«

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peutir de ses péchés ^ et par la pratique des bonnes œuvres. Mais 9 moyennant ce concours de notre part 9 il nous promet la rémission entière de nos péchés et la vie éternelle ; promesse faite nonseulement à Jérusalem et aux Juifs 9 mais encore à toutes les nations de la terre.

Cet évangile nous offre l'objet d'une autre considération ; c'est qu'il faut que la paix soit un grand bien et un avantage extrêmement précieux , puisque presque chaque fois que Jésus vient visiter ses disciples 9 il les salue de ces mots y que ia paix soit avec vous, La paix que Jésus souhaite à ses disciples, et qui est sî souhaitable, parce qu'elle met l'àme en repos, est de deux sortes : savoir, la paix avec le prochain , et la paix avec soi-même. On est en paix avec le prochain quand on n'a contre qui que ce soit aucun ressentiment, quand on n'a donné à personne auctin sujet volontaire et raisonnable de plainte. Il est de devoir absolu pour un chrétien d'entretenir cette paix ; et celui qui négligerait ce devoir manquerait au premier et au plus important de tous les préceptes, à celui de la charité ; car elle veut que nous ne blessions personne , et qu'au contraire nous fassions aux autres tout le bien que nous voudrions qu*ils nous fissent dans les mêmes circonstances. Celte paix, avec les autres , contribue puissamment à l'autre sorte de paix qui nous est si nécessaire et sî avantageuse , c'est-à-dire à la paix avec soi-même. C'est un grand acheminement vers la paix avec soimême que de n'avoir donné à personne aucun

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siiiet de plainte 9 et de ne conserver aucun ô&éooif- ' tentement contre personne. Cette paix deviendra . complète , si on ne se laisse .point dominer par SCS passions; car rien, ne porté dans Tàme pKiÉ d'inquiétude, plus d'agitation que les mouvemem trop passionnés auxquels on cède ; dès^lors pltiè de repos. Ou a , avec raison ^ comparé Tâme aigtfée par les passions, de quelque nature qu*elles soient à une mer soulevée par la tempête. Il faut donc que nous sachions maitriser nos passions j si nous ne voulons pas qu'elles nous maîtrisent ; c'est alors qu'il faut riBCQurir au secours de la religion. Elle en offre d'efficaces » et la raison n'en fournirait que d'impuissans ; mais Dieu, est toujoum -!& quand nous avons besoin de lui ; et si son secoiii% nous manque quelquefois , ce n'est pas qu'il nov^ soit refusé , c'est que nous ne le demandons pas* 9 ou que nous le demandons mal , et que nous ne nous mettons pas dans le cas de le mériter.

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