POUR LE IP DIMANCHE APRÈS PAQUES
ÉPITRE
J, ép» de saint Piètre , cli. II > v. ai.
JVIbs très-chers frères, Jésus^Chnst a souffert pour nous « TOUS laissant un exemple , afin que vous marchies sur ses pas , lui qui n'avait commis aucun péché , et de la bouche duquel nulle parole trompeuse n'est jamais sortie. Quand on l'a charge d'injures, il n'a. point répondu par des injures; quadd on l'n maltraité, ^ n'a point fait de menaces ; mais il a remis sa cause entre les mains de celui qui juge selon la justice. C'est lui qui a porté nos péchés en son corps sur la croix , afin qu'é* tant morts pour le péché , nous vivioQS pour la 'justice. C'est par ses meurtrissures et par ses plaies que tous avez été guéris ; car vous éties comme des brebis égarées; mais maintenant vous 6tes retournés au pasteur et à l'évéqne de vos flmes«
GiTTE épitre nous avertit que nous devons prendre Jésus -Christ pour exemple ,et que notre devoir est de l'imiter autant qu'il est en nous^ 11 n'avait pas de péché à expier; il était la pureté, la sainteté même; et, pour me servir de l'expression de l'Écriture, aucune parole trompeuse n'était jamais
^6% msTuq^riom sut ïms ifinEs
9Qr¥e 4^ sa bouche (i). I<éaip^fi0ina U # biea touIo g'eiiKiser d^ toutes 1^ awflrfuu^ 4q 1^ conditioii huiiM^ilie» WXi inJuAUcM, ^mi out^sigo» 4o9 hommes» sans QUQ jam^Hs am iaSnto A^wew «o ait été allé^ ]r^ Si op }e çbiMW^il 4'ÎPitirefl , sî on le menar. çàit 5 il ne répondais pi p^f 4ci8 injUMS ni par des menaces. Il rendait des bénédictions pour des malédictions (a). Quand Jadas le trahit, il ne lui adresse aucun reproche ; au contraire , il se sert à son égard de paroles affectueuses ; il rappelle encore son ami : « Mon ami, lui dit-il, quel dessein TOUS amène ici ? Êtes-vous venu me trahir par un baiser i (3) ? Quelle douceur I quelle admirable patiene^ 1 Et cette même patience , Jésus la montra pendant toute la durée de sa passion I II souflre les insultes, les coups , la dérision , toqs les outrages; |1 ne se plaint point ; il sollicite près de bq^ père Is p«i4oii de ses ennemis et dft ses beuvreainu Qoefie reKgion que celle qui o^e un pareil modèle, qui commande et rend pos8i)[>le de tels actes de vertu !
Yoil^ donc quelle doit ètrç U co»4aite du véritable ehrétîeB. U d^it souffrir avce patience et résignation non -seulement tous les maux dont la vie humaine est constamment affligée , mais encore ceux qui viennent de Tinjustiee et de la mauvaise v<^onlé des hommes. 11 éoil se regarder dans ce amcMsde cenme dans un lieu d'épreuve eu il faut que la vertu soit passée au creuset et sepiirifie. U
(i) I. ëp. de saint Pierre , II. aa, (3) Matlb. , XXVI. 5o. (a) nid, a3.
Et tMê ivAHCitts. aB5
doit remeroiep Pieu de ces épreores» paveo qu'en effet elles lui 80»t extpèmemeiif utiles. De bonne foi, si Dieu n'avait la bonté de nous rappeler quelquefois à lui par des peines et des afflictions , s'il ne rompait notre orgueil par des humiliations, s'il ne nous arrachait i notre insouciance pour tes choses de l'autre vie en semant ceUe-^ci d'épines , songerîons-nous à lut? songerions*nous à nous* mêmes ? Toujours détournés du véritable bat , oubliant nos devoirs pour des plaisirs f notre intérêt éternel pour des soins temporels et de peu de valeur» nous parviendrions au terme vides de vertus et de inériles, tt n'ayant à présenter à notre juge , ou que le talent enfoui de l'Évangile ( i ) , ou que le talent dissipé et employé à des usages coupables.
Loin donc de nous plaindre des peines que Dieu nous envoie, il faut l'en remercier. Sa bonté sait les proportionner à nos forces; et si quelquefois elles nous sont iiisupportables , c'est que l'amour de nous-mêmes nous aveugle ; c^est que nous re^ gardons comme à nous des choses qui ne nous appartiennent pas ; c'est que nous voulons user des dons de Dieu à notre volonté au lieu de nous soumettre à la sienne. Nous lui disons chaque jour en le priant, {fiie votre vaUmU soit faite^et cependant nous voudrions que ce fût la pâtre qu'il fit. Soyons confians; songeons qu'il connaît nos besoins et notre véritable intérêt mieux que nous , et bientôt nous serons heureux et tranquilles. C'est une
(i)MaUb.,XXV. «5.
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vérité qvL^ la foi enseigne , et que l'expérience confirme j» qu'on ne peul être heureux que par lui et avec lui. .
ÉVAlïGILE.
Saint Jeati, cb. X, t. ii.
Jliir ce temps-là 9 Jéfus dit à quelques-uni d'entre les pharisiens : Je suis le hàn pasteur. Le bon pasteur donne sa rie pour ses brebis; mais le mercenaire, et qui n*est point pasteur , à qui les brebis n'appartiennent pas , n« voit pas siiéi venir le loup qu'il abandonne ses brebis et s'enfuit; et le loup les ravit et disperse le troupeau. Or , le mercenaire s'enfuit parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis , et mes brebis me connaissent comme mon père me connaît et que je connais mon père ; et je<donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les amène. Elles écouteront ma Toiz , et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur.
Nous voyons encore ici i^n exemple de ces récits allégoriques si souvent employés dans les saintes Écritures sous le nom de paraéaies 9 pour exposer d'une manière plus frappante^ quoique indirecte 9 certaines vérités 9 et les mieux graver dans l'esprit par des images sensibles. C'est ainsi que , dans la parabole de Tenfant prodigue (1)9 l'Évangile nous montre le danger pour un enfant de se croire trop
tôt en état de se gouverner soi-même ; dans celle du mauvais riche (a) , la punition à laquelle doivent s'attendre ceux qui ne font point d'une grande fortune l'usage convenable ; dans la parabole des
(0 Luc , XV. II. , (a) Ibid, XVI. ao.
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dix vierges (i), la nécessité de la vigUance; et dans celle du Samaritain {n) 9 la preuve que la charité n^est pas toujours la vertu de l'état dont on aurait le plus droit de Pattendre. -
Dans la parabole de Févangiie d'àujourdliui , Jésus-Christ cherche à convaincre de la vérité de sa mission les pharisiens qui cherchaient à atténuer réclat du miracle de l'aveugle^né, 11 leur trace en même temps le caractère d'un bon pastei», et leur montre en quoi il diffère du mercenaire , c'est-àdire de celui qui ne garde le^troupeau que par intérêt et pour son profit.
Le bon pasteur donne sa vie pour 'ses^biebin* Si le loup les attaque ^ il les défend cxmrageusement. il n'en est pas ainsi du mercenaive .; comme son intérêt est pour lui le point le plus iniporkant , s'il y a quelque danger à courir y il né s'y expose point ; il s'y dér(^ par la fuite^. et/ abandonne le trqupeau, quir alors se disperse 9. ou devient la/pteié de l'ani^ naal carnassier qui le guette. ' ...i . .
Il est encore un autre caractère du beo^piasteur : c'est qu'il connaît ses brebifr^el qu'il en est coànu-; c'est qu'il les aime^r^ qii?il«n ektiaâcné»)Il;«fa.eiM; autrement du mercenaire qui se dîèjpasteui!;. Une comiatt.pCHat le troupeau, il «ne. Uaime; point. ^ et l'intérêt des brebis lui eât»tiidifférent« ^ Il est elak qpe Jésits^hrist a voulu.'se'pejndre soUs remblèine du bon pasteun QvA e^ effet mérite ce titre mieux que lui P Jésus-Christ est. ditiu) le véritable pasteur de la parabole ; l'Ëglise est le
(i) Matth. XXV. I. (a) Luc, X. 33.
a86 IKSTBUGTIOHS SÛA US BPtTftES
troupeau » €ft le« meroenaireft «ont ces faux pasteurs <^i mettent la division dans rÉglise^qui y flèment les errèurs^qui y Iroubleù t le repos des consciencesi Le pasteur doit aimer le troupeait Jtequ*à quel pôiat Jésuii^Christ n'a-^-il pias aimé et u'aime-t-il pas rɧlM^I II Ta achetée au prix de son isanf^; il r« fattcbée sur la pieire ferme ; il a ouvert pour eUe la source salutaire des sacremens ; il a promis 4'étre avec elle jusqu'à la ûû des temps; il la pré- -aerve de Terreur ; et ^'ii permet quelquefois qn^eUe aoit affilée ^ c'est pdur stetenir sou cUe et sa vigilance.
. Jéskifr^Clnist sans doute a voulu aossi , par cette paialmle^^preodreàceux qu'il prépare au gouvernement des fidèles, et même à tous ceux qui sont chaînés de la eeilduite des autrei , soit à titre de pamité, aoit à 4ilre.de/sHfiéiioRté 4mi d'iastruc- Jrân , quèb sont leun .viêritables devoirs^ ils doiymtf à' l'èaemfde de désusNChrist , préiémr à «eut autre intérêt l'intérêt de ceui qui leur sont sonmB, et snrtbut leur intérêt spirituel. Ut doivent ^eitter sMia eux avec un seki eKtfêœe et une -vive lendeesse^ t^erclier à bien leSfOennaltte pour ilé- Telnpper lùn «uX les^gernses de vertus qui sy trouifent y ou pour combaittre dtee hieliaatSNMia YièkMnes auxquelles ilil peurrase^t être «ajets ; et de leur i:ôté, teeux'qui eo»t le» el^s de leurs soins doivent y répondre par leur sonmtesioa et leur doviMé. < :
ST LES éViLHGILÉS. 287
POUR LE HP DIMANCHE APRÈS PAQtÊS.
épitrbT
J, ép. dt Saint Pi^tt , cb. II, t. n.
JM.B8 très-chera frères, je vous exhorte de tous abstenir 9 iDomme étant étrangers et voyageurs en ce monde , des pasèioBs cbarnelles qtiî combattetit contre t*ânie. Gonduièek-tôùb ptriai les gentils d'ttne manière pure et sainte i ëfin ^ti'att Ken qu'il» médîsefet de tous » comme si Vous âtea des mèefaansf les bonnes oeuvres qu'ils vous verront faire te» poiteàft à rendre gloire à Dieu au jour qu'il daignera les visiter de sa grâce. Soyez donc soumis pour l'amour de Dieu à tout liômme qni a du pouvoir sur vous, ^oîl au roi, comme au •outtraita, soit aink gouverieieurs « eomme à ceofc'qui sont eavayés de sa ^aot pour pnmir cent q«S fdnt tbali lêt peut traiter i«vorablement ceux qui font bîea. Car Die« v««l qiié> par votre bonne vie, vous fermiez la bouche aux homoMs iguôràns et insensés, agissant comme des personnes libres 9 non pour vous seirvit dé votre liberté comme d'un voile qui ixMivcto vos mauvaises aetkms , mais pour «gir en vr&i% servitenta de Dîeû. Rondec l'honneur i toirt oetix 4 ifmi^ii m dû ; alntez vos frères , craignes Dieu , hcittores le ioi« Servit#«n ^ soyez soumis à vos maî.tres avep toute sorte de révéreaee^ nô'n-seulement à ceux i|ui sont bons et doux, mais è ceux qui «otft rodes et fâcheux ; car c'est une chose agréable à Dieu en #éius-Càrisl tiotre 6«igtoeur, que, dans la vue de lui plaire , «o«s •ndnrioos ks mnuk «t les pdnM ^à'on nous fait éouftrtt 9TCC injnstioe*
On Yoit dans cette épitre toute resceellence de I4 religion chrétienne. 11 n'est aucune mauvaise ae-* tien dont elle ne détourne, aucun bien à quoi elle ne porte, aucune vertu qu'elle ne conseille; c'est
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surtout au soin important qui doit nous occuper, au soin de notre salut qu'elle nous exhorte. Sans cesse elle nous y ramène. £lle vient aujourd'hui nous apprendre que nous sommes des étrangers et des voyageurs en ce monde ; c'est nous dire que nous ne devons pas nous y attacher ; mais que , semblables à des voyageurs qui tendent continuellement au terme de leur voyage , et dont tous les pas .se dirigent vers ce but, nous devons diriger tous nos. pas vers le but de cette vie qui doit passer et être suivie d'une autre vie qui ne finira point. Mais pour cela qu'avons-nous à faire ? L'Apôtre nous le dit : nous devons nous abstenir des passions charnelles qui combattent contre l'âme; nous devons nous conduire d'une manière pure et /simple, donner à ceux parmi lesquels nous vivons l'exemple des vertus chrétiennes , de la charité surtotit, et nous montrer ainsi les véritables îmitateurs dé Jésus-Christ, notre nK)dèle.
. ^ Si on me demande ce que TApétre entend par des passions charnelles , je : répondrai que c'est tout ce qui nous porte à rechercher une sâtisfaciibn puremeht temporelle au préjudice de notre salut. C'est par conséquent un amour désordonné de nous-mêmes, qui fait que nous nous regardons C(Mume le centre de tout^ que nous croyons que tout doit se rapporter à nous et se plier à nos désirs et à notre volonté. C'est l'ambition qui nous inspire le désir déréglé des grandeurs de ce monde, bien que l'expérience apprenne à ceux qui les possèdent que ce n'est pas îà que l'on trouve le bon-
BT LBS ivAHGILES. sSq
heur. C'est Tenvie et la jalousie qui nous fait yoir avec peine et regret la prospérité ou le succès des autres ; c'est le goût excessif de la dissipation cpii nous fait chercher hors de nous et £ quelque prix que ce soit des plaisirs et des amusemens qui nous fuient à mesure que nous croyons nous en approcher davantage 9 et que nous imaginons que kious sommes près d'en jouir; c'est tout ce que la saine raison et la religion condamnent.
Mais ce n'est pas aux vertus religieuses seules * que l'Apôtre nous exhorte dans cette épttre ; c'est encore aux vertus sociales et civiles. Il y recommande la soumission aux puissances établies , aux princes 9 à ceux qui gouvernent ; il veut qu'on leur obéisse , qu'on les regarde comme des envoyés de Dieu sur la terre pour punir les mé-> chans et récompenser les bons; il ordonne 9 en un mot 9 d'être fidèle sujet et bon citoyen. En tirant les conséquences qui suivent naturellement de cette doctrine , il sera impossible de n'en pas conclure que l'Apôtre recommande en même temps aux serviteurs d'être soumis et fidèles à leurs maîtres , aux enfans d'être obéissans envers leurs pères et mères 9 à ceux à l'éducation de qui on travaille d'écouter avec déférence et avec une confiance re* connaissante les personnes que leurs parens ont chargées de les instruire et de les former; car alors ce n'est pas leur propre autorité, mais l'autorité des pères et mères qu'ils exercent. Ainsi manquer à leur égard de docilité, c'est véritablement violer le grand précepte qui ordonne aux enfans une sou- 1. i5
2j^a INSTEUCnOHS 8Cft LBS ÂpItRES
ne voulut point ajouter foi à ses paroles. A Dieu ne plaise , dit-il, que cela arrive ! ce qui le fit traiter par Jésus de tentateur et d'homme qui goûtait peu les choses de Dieu (i). Pierre croyait alors 9 comme les Juifs charnels 9 que le règne du Messie serait un règne de plaisir ; ce qui fit que Jésus lui répondit : Retirez-vous de moi , Satan , vous m*étes un sujet de scandale 9 parce que vous ne goûtez point cç qui vient de Dieu, mais ce qui vient des hommes.
Il parait donc qu'on peut dire que Jésus-Christ parlait de sa mort et de sa résurrection : c Bncore un peu de temps, dit-ii 9 et vous ne me verrez plus ■ ; c'est-à-dire on doit bientôt me faire mourir : je disparaîtrai d'au milieu de vous , parce qu'il faut que je consomme mon sacrifice avant de retourner vers mon père ; mais peu de temps après je ressusciterai ; je paraîtrai de nouveau parmi vous ; vous me verrez ; j'aehcvcrai de vous instruire ; et ensuite je monterai au ciel en votre présence pour retourner vers mon père, Jésus -Christ pouvait donc dire à ses disciples , dans un sens fort naturel : « Encore un peu de temps , et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me reverrez. »
Saint Augustin donne une autre explication de ces mâmes paroles (:»}. Selon ce père , quand Jésus tenait ces discours à ses disciples, sa vie mortelle était sur le point de finir; jcï c'est pour cela qu'il leur disait : « Encore un peu de temps, et vous
(0 .MaJllb^ XVI. a3. (a) Sur saint Jean, traite' loi.
De me verrez plus. » Mais quand il ajoutait , « Encore un peu de temps ^ et vous me reverrez » , ce n'était pas seulement aux disciples qu'il s'adressait , mais 9 dans leurs personnes , à tout^ T Église qu'ils représentaient. Ces paroles ressemblent à celles-ci qu'il prononça avant son ascension : t Jd serai avec vous jusqu'à la consommation des sièdes. » Jésus-Christ parlait donc de tout le temps qui doit s'écouler jusqu'au jugement dernier et à la résurrection , temps qui peut passer, quel qu'il sroit , pour un temps fort court , si on le compare à l'éternité.
Cette explication de saint Augustin se trouve confirmée par les paroles qui terminent l'évangile de ce jour* Alors , dit Jésus-Christ, votre cœur se réjouira , et personne ne vous ravira votre joie. Ce qui ne peut s'entendre que de la béatitude éternelle dont jouiront les élus, toute autre joie étant nécessairement passagère et périssables