‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 37 sur 43 · POUR LE IV DIMANCHE APRÈS PAQUES · texte numérisé non relu

POUR LE IV DIMANCHE APRÈS PAQUES

ÉPITRB. * ' •

Jpot. saint Jacques, ch. I, v. 17,

J\l B8 très-chers frères , toute grâce excellente et tout don par« fait vient d*en-haut , et descend du père des lumières , qui ne

(*) Celte épitre, l'uiia de celles de saint Jacques le miiteur, ainsi

qui sont appelées ca/zo/iit/u^j, parce nommé pour ie distinguer de taint

qu'elles étaient adressées non à une Jactjues le majeur - ce dernier était

église, ou ù une province particu- fils de Zébédée, et frère de saint

Itère t mais à toutes les églises , est Jean. lU n'étaieDi que Ue simple».

294 INSTRUCTIONS SUE LES ÉpÎTRES

peut receroir ni de changement , ni d'ombre par aucune rë- Tolution. C'est lui qui, par le mouvemeiU de sa fmre voiatUi ^ nous a engendrés parla parole de la vërité 9 afin que nous fassions comme des prémices de ses créatures. Ainsi , mes chers frères^ que chacun de tous soît prompt à écouter, lent à parler , et lent à se mettre en colère : car la colère de l'homme ^'accomplit point la justice de Dieu. C'est pourquoi , ref étant de vons toutes les productions impures et superflues du péché « recevez avec douceur et docilité la parole qui a été entée en vous, et qui peut sauver vos âmes.

On voit dans cette épitre que Dieu seul est Fauteur de tout bien ; que c'est de lui que nous viennent les bonnes inspirations, les saintes résolu* tîdns, le repentir de nos fautes , les fermes propos de nous en corriger , autant que le permet la faiblesse humaine ; que c'est de lui que nous recevons et que c'est à sa grâce que nous devons la patience pour supporter nos maux, et le courage pour vaincre les obstacles qui semblent s'opposer à notre salut. C'est donc à Dieu que nous devons recourir pour obtenir ces grâces ; ou plutôt c'est à lui qu'il nous faut recourir , à tous les momens de'trt)tpe vie , dans nos angoisses, pour en obtenir du soulagement; dans nos incertitudes, pour qu'il ks fixe ; dans les tentations , pour qu'il nous en délivre ; dans l'adversité, pour qu'il nous donne la

pêcheurs, que Dieu appela lorsqu'ils était fils de Marie, sœnr delà Saînte-

rtaient occupés â raccommoder leurs Vierge, et épouse de Cléopfaas. On

filets: tous deux assistèrent à la lui avait donné le surnom de Jr/^/e

transfiguration. Saint Jacques prc- à cause de son éminentc sainteté. Il

cha la foi, Hérode Agrippa , pour fut précipité du haut du Temple ,

plaire aux Juifs, le fit mourir à et mourut en témoignage de la rc •

Jérusalem x>ar 1 epce. Saint Jacques surrcction du Sauveur. le mineur fnt évéque de Jérusalem; U

ET £E8 ÉVANGILES. SqS

force de la soutenir; dans le bonheur même, nonseulement pour lui en témoigner notre reconnaissance j mais encore pour qu'il nous fasse la grâce d'en )ouir avec modération et de ne point en mal user ; car souvent le bonheur est plus dangereux pour notre salut que le malheur et les souffrances. On se laisse aveugler par la prospérité ; on aublie qu'elle est fugitive : on s'y livre éans réserve ; et quand elle disparait , comme on n'est point préparé contre ce choc de la fortune , on devient la proie de vifs et amers regrets. On ne se souvient point assez que c'est Jésus-Christ, c'està-dire la vérité même qui a dit : « Bienheureux ceux qui souff'rent » . Et qu'est-ce que les souffrances passagères de cette vie en cômpalraison deè biens éternels promiè à ceux qUi savent supporter avec patience et résignation les maux que Dieu leur envoie ?

Cette épttré nous apprend ëiicorè que Dieu est la seule chose qui ne change point ^ que y tandis que tout pasisèy tout se détruit, Dîèù seul demeure immuable et tord|ôtir8 lé ménie* Enfiii l'Apôtrè joiht d'utiles conseils ktes vérités ; il nous exhorté h être lents à parler, et circonspecte dans iios discours , parce qufen parlant sans réflexion , on s'expose à ne pas parler sagement et à se repentir de sa précipifâfiôn. Le prophète-roi, si savatit dansja sclience de Dieu , le^ priait de mettre wné gaf db à Aa bouche , et une liorte de retenue à ses lèvres , afin que son cœur ne se laissât point

906 nsnvcfKMis sim us irhmis

«lleràdesparolesdemaUoe(i).SiriMniiflÉ0; 10IMI le cceor de Diea , crajail amir besoin de laild^ mander celte giAce » combien ne noue 0017!! pat néce«aire de la solliciter , noue si impaiftitft^ al légers f û peu aYancés dans les choses da saint 1 L*Ap6tre veut encore que nous soforis prompts à écouter, c'est-à-dire avides d*enlendiè les per-r sonnes vertueuses et qpi sont plus idstrultea.que nous 9 aûn de profiter de leur sagesse et de leur expérience. Ces leçons, bonnes à suivre à toul 4gO» le sont surtout pour la {finesse , parée qa^ajiuat peu vu 9 et eu peu d'ocoasîons de réfléchir, elle a plus besom d'être guidée dans sa conditfte el dnus ses discours. Enfin l'Apôtie nous eooseiUe d'éviter la colère et rimpatience , qui nous empêchent de faire usage de notre raison et nous portent i rinjusUce.

En réfléchissant sur ces préceptes si sages , on ne peut s'empêcher d'admirer et d'adorer la bonté de Dieu -qui , par ses saintes Écritures , nourrit les fidèles d'une doctrine et d!une morale si pures , si propres à régler leur conduite journalière, et à favoriser de plus en plus leurs progrès dans le chemin de la vertu.

. Smint Jemn, ch. XYI, v. S.

£111 ce. tenps-là ,..Zévsx% dît à sei discif^: Mainteiuuit {e m'en relourae ven celui qui m'a eoToyë , et aucun de vous

(1) Ps. CXL. 3 et 4.

ne me demande où je vais; mais» parce que je vous ai dit cet choses , la tristesse vous a saisi le cœur. Cependant je vous dis la vérité. Il vous est utile que je m*cn aille : car si je ne m'en vais point , le consolateur ne viendra point à vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et lorsqu'il sera venu , il con^ vaincra le monde touchant le péchés touchant la justice, et touchant le jugement* Touchant ie péché, parce qu'ils n'ont point cru en moi ; louchant la justice , parce que je m'en vais vers mon père, et que vous ne me verrez plus; et touchant le jugement, parce que le prince de ce monde est déjà jugé* J'aurais encore beaucoup de choses à tous dire ; mais vous ne pourriez pas les porter présentement. Quand l'esprit de vérité sera venu , il vous fera entrer dans toutes les vérités : car il né parlera pas de lui-même ; mais il dira tout ce qu'il aura en< tendu , et vous annoncera les choses à venir. C'est lui qui me glorifiera , parce qu'il prendra de ce qui est à moi , et il vous l'annoncera.

JÉSUS venait de tenir un long discours aux disciples : il les préparait au grand jouir de sa passion ; mais toujours avec ménagement, à cause de leur faiblesse , et sous des ombres mystérieuses. « Je m'en retourne vers celui qui m'a envoyé t, leur disait-il. Ces paroles les chagrinaient , et ils n'entrevoyaient qu'avec inquiétude' la séparation qui leur était annoncée. Jésus , dans l'évangile d'aujourd'hui, leur en fait sentir la nécessité. 11 fallait que tout ce qu'avaient prédit les prophètes s'accomplit. Ainsi Jésus devait souffrir; il devait mourir et ressusciter; il devait, avant d'envoyer sou Saint-Esprit , monter au ciel et retourner vers son père. Si Jésus n'eût pas quitté ses disciples, s'il ne fût pas retourné vers son père pour leur envoyer le Saint-Esprit 9 Us n'eussent pas été conûrmésdans

298 INSTRUCTIOKS SV& LES É^lTfiES

Ift foi ; îtâ n^eiMsent reçu ni les forces po»r confesser Jésus-Christ 9 ni les lumières pour annoncer l'Evangile. Ainsi les disciples, en s'affligeant, ne «avaient ce quUls faisaient. Ils s'opposaient , et à leur propre avantage , et à toud les avantages qui devaient résulter de leur mission pour le genre humain.

Le tort qu'avaient dans ce moment les disciples, BI9U& TavQns^ souvent. Survient-il un événement qui novisbootrarlef nocis bous «011^0»» sans savoir si c'est mal à propos on avec raison. Est-ce une perte que nous faisons , ou une séparation que les événemens exig;ent, que la Providence impose, une douleur souvent excessive s'empare de nous. 8avons-nou8 pourtant, quand Dieu nousôte un objet quinoBs- est cher , ei œ n'est paà une grâce qu'il hii &ît-, où à' noue 5 et si Tévéïieiiient contraire ne â(rus oâuserait pas dans la suite un chag^ûi encore phis erael que celui que nous éprouvons? Une expérience fréquente ne montre-t->elle pas que du malheur Itieu sait tirer un bien imprévu ? Mais B^rre'vue faible n'aperçoit quele présent. Nos jugemens trop précipités nous indinseiiten erreur, et souvent nous accusons ta Providence quand elle nous sert.

Le parti le plus tfkr^ le seul parti qui le soit et qui puisse convenir à un chrétien^, est donc de s'en rappeler à elle et à' la^ bonté de Dieu, et ^ recevoir de sa main le bicki et le mal comme des. grâces que sa. miséricorde nous départ selon que nous en avons- ll^oin ; semblaUç en cela à

mve tnètt) tevaite qui â'àcoùrde point à se^ ôfifans tout ce qti^lls' veulent, et croient' pouvoir contribuer à leurs , plaisirs , non dans Tintention.de le$ aillig.er, .mais^arce' qu'elle aalt que ce .qu'ils dé~ sirenf pourrait leur iiulk'e^ Une parfaite conviction dé hi téfifèd^eeprïhcfpè, non moins conforme â la rateon qu^à Id doétrîrie évangélique , en même temps qu'elle pous rendra plus résignés et plus pariailis, uqm ^vitei^a de cuisaates peines, et contribuera. p»SttMiMnént à notre trancfulUitéi

Cet évangile nous apprend encore que Tesprit d^ v^ilé'seul peut noitÉi faire eli trier dans toutes les vérités. Oi*» pour Y)oiis aiitres fidèles ^ c'est à TÉ* gUse qu*e«t /ootSRé Tesprit de vérité. C^est elle Vjoe iiOu».dev€kie<ci?oire; c'est à. elle que nous devons xtBOOurirdflnsriiOft doutes. Tout ee qui est contraire à et ique l'^ife ilouâ 4it ne peut èiré suggéré que p^r Fespdti de mensonge. Nous devxiiis donc reflkrder rÉglûse* comme la source tmilfue de' la vraie dodriM', et nous âttaober à elle' comme au seul guide «fui nous empêchera d^ nous égarei). .

POUR LE V ,DIMAI!ÏCHË APRÈS. PAQUES-

ÏÊPI^BE.

A pot. saint Jacques, cb. I, v. 33.

JV1b« très-ckera frères « ayez soin d'obaerver I4 parole, etae T008 contentez pas de l'écouter, en vous séduisant vous^mômes $ car celui qui n'est qu'auditeur et non observateur de la parole, e&t tcifiblable à ua homme qui jette les yeux sur son

3oO I1I8TRVOTIQV8 SQR US iptTBCS

visage naturel « qu'il voit dans uo miiioir » et q|iî| apièf y avoir jeté les yeux, s'en va, et oublie à i'heare même quel il «tair. Mais celui qui regarde fixement la loi parfaite, gvi estiaioi de UberUi et qui demeure aftenlif à ia regarder, celui-là, n'ëcootant pas seulement pour oublier aussitôt, mais faisant ce qu'il écoute» trouvera son bonhenr dans, son actioB. Si quelqu'un d'entre tous se croit être religieux « eiqu,*!! ne retienne pas sa langue comme avec un frein , mtûs que lui-même sëduîse son cœur, sa religion est vaine et infructueuse. La religion et la piété, pore et sans tache aux yeux de^Dieu notre père 9 consiste à visiter les orphelins et le* veuves tfans leors afflictions, et à se conletrer pur de.imw tm uffti ém dsl tiècle.

Dans Tépitre du jour, sahit Jacques engage les fidèles à observer la patole^ c'est-à-dire les préceptes de la doctrine chrétienne. Il avertit que ce n'est pas assez de les entendre et de les savoir, mais qu'il faut encore les pratiquer. • Nous avons donc deux devoirs à remplir. Le premier est de nous instruire 9 et nous ne pouvons être instruits qu'en portant une parfaite attention aux leçons de ceux qui éont chargés de notre instruction , en repassant avec soin dans notre espsh' et en méditant ce que nous ayons entendu , en lisant et étudiant les livres qui ont rapport à l'enseignement dont nous sommes l'objet. Et quoique dans Tépttre de saint Jacques il ne soit question que de l'instruction religieuse 5 il est pourtant vrai que le devoir dont il parle s'étend pour le jeune âge à toutes les instructions propres à perfectionner une éducation libérale, qui peut très-bien s'acconamoder avec une éducation chrétienne.

Mais , quand nous avons appris quels sont nos

£T LES ivÀHGlLBd. Sol

devoirs , nous n'avons pas tout fait; il faut nous appliquer sérieusement à les pratiquer. A quoi en effet nous servirait-il de les connaître, si nous n'en recueillions aucun profit ? Nous serions semblables à ces arbres dont les fleurs sont stériles « et qui n'offrent aucun avantage que celui de réjouir un. moment la vue; bien différens de ceux qui , après avoir été chargés- dé fleurs au printemps 9 rapportent en automne d'exceflens fruits en abondance. Suivons donc le précepte de saint Jacques : instniîsons-nous de ce qu*ii faut. que nous sachions , afin de faire ensuite 9 et de bieti faire ce qu'il faut que nous fassions. Soyons attentif aux instructions ; écoutonsles , non' pas pour les oublier aussitôt ; mais cherchons à les fixer dans notre esprit 9 afin que dans le t^mps elles nous servent à diriger notre eonduile, et que bous en recueillions du fruit.

Soyons surtout religieux comme l'apôtre saint Jacques veut qu'on le soit, c'est-à-dire en nous abstenant non.- seulement de tout discours qui pourrait blesser le prochain, mais encore de toute parole vaine , et en nous préservant de toute corruption. Joignons à cela les œuvres de charité. Ce s^nt elles qui donnent la vie à la foi , comme c'est la foi qui les rend méritoires. Pénétrons-nous bien de cette maxime de l'apôtre saint Jacqqes, éminemment chrétienne , que la religion et la vérité pure consistent à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afilictions, et à soulager autant qu'il est en nous les maux et les peines de ceux qui souffrent.

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leurs affaires^ quand, en un mot , nous prions Dieu de bénir nos travaux et nos entreprises , toutes ces choses peuvent se demander à Dieu au nom de Jésus^Ghrîst, avec une iespérancebien fondée de les obtenir; mais il ne faut pas croire que ces de* mandes soient refusées quand elles ne paraissent pas être accordées. Souvent ^ dit saint Augustin , la grâce demandée est difiî^ée pour être accordée plus utilement dans un autre temps (i). Plus sôu*^ vent elle n'est pas accordée 5 parce qu'elle n'est pas aussi utile qu'on le croit ; de sorte que véritablement y eu la refusant. Dieu nous exauce. Soyons donc confians dans nos demandes à Died ; mais laissons-le juge absolu de ce qui doit nous être aceordé ou refusé , en nous en rapportant à sa bonté miséricordieuse , et en nous résignant à sa volonté.

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