COUR L£ JOUE DE L'ASCENSION
ÉPITRE
Actes, ch. I, V. I.
J'ài parlé dans mon premier liyre, d Théophile 1 de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement jusqu'au jour qu'il fut élevé dans le ciel, après avoir instruit par le Saint-Esprit les apôtres qu'il avait choisis. Il s'était aussi montré à eux depuis sa passion, et leur avait fait voir, par beaucoup de preuves, qu'il était vivaut, leur apparaissant pendant quarante JQurs^ et leur parlant du royaume de Dieu ; et » mangeant avec eux , il leur commanda de ne point partir de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, que vous avez , leur dît-il , ouïe de ma bouche ; car Jean a baptisé dans
(i) Saint Augusiia, sur saiot Jean , traité x03.
ET LES EVANGILES. 3o5
l'eau I mais dapB peu de jours voua serez baptisés dans le Saint-£sprit. Alors ceux qui se trouvèrent prësens lui demandèrent : Seigneur» sera-ce en ce temps que tous rétablirez le royaume d'Israël ? Et il leur 'répondit : Ge nVst pas à vous de savoir les Itemps et les momens que le Père a réservés à son souverain pouvoir ; mais vous recevrez la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous me rendrez témoignage dans Jérusalem» et dans toute la Judée et la Samarie , et jusqu'aux extrémités de la terre. Après qu'il leur eut dit ces paroles , ils le virent s'élever vers le ciel , et i| entra dans une nuée qui le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient attentifs i le regarder montant dans le ciel, deux bomnies vêtus de blanc se présentèrent soudain à eux , qui leur dirent : Hommes de Galilée , pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ge Jésus, qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même sorte que vous l'y avez vu monter*
Sâiht Luc nous apprend dans cette épttre que Jésus'-Cbrîst s'était souvent montré à ses disciples après sa résurrection. On compte ordinairement sept de œs apparitions; mais, à parler .exactement^ et en y faisant entrer celles dont les saintes femmes furent favorisées ^ il y en a dix : la première à Ma? deleine i lorsque , trouvant le sépulcre vide , elle cherchait avec inquîéti;^ ce qu^était devenu la corps de son difvia n^attr^ (i) ; la deuxième aux saintes femmes, après que l'ange leur eut dit quç Jésus était ressuscité (i) ; la troisième à saint Pierre(3); la quatrième aux disciples d'Enmiaû8(4); la cinquième à onze disciples assemblés , et aux mêmes , le soir , un jour de sabbat , lorsqu'ils
(0 Jean . XX et suiv. (3) Luc , XXIV. 34.
(a) Matlb., XXYUI. g, (4) /rfirf^i5.
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devoir pour nous de mettre à profit les facultés que Dieu nous a accordées , de les £aiire tourner à Tavantage de la société y et surtout à notre ayaiitage spirituel et à celui du prochain.
ÉVA1V6ILE
'Saint Mar%^ ch. XVI, v. i4.
JuH ce temps -là, Jésiu.apiVariit.aux oase di<cipleft loni|tt'ii« étaient à table. Il leur reprocha leur înçréâulité et> la dureté de leur cœur, de ce qu'ils n'avaient point cru ceux qui l'ayaient vu ressuscité , et jl leur dît ': Allez par tout le' monde , prêi^iex l^Évangile à toutes les créatures* Celui qui croira et sera ba^ tisé, sera sauvé v et œlai npA ae Croira point jsera conéàiMié* Bt ces miracles acootApagoeront ceux qui Aur^steiil t ila chasseront les démons en mon nom ; ils parleront.de JAOuv^lea langues ; ils prendront les serpens avec la main , et &^ \fB^* vent quelque breuvage mortel , ils ne leur fera point ^iSÊ\ ils imposeront les mains sur les malades, et leêmaladbs •èrôyf guéris. Le Seigneur Jésus, après letir avoir ainsi parlé » Ait élevé danf ledel, où il est aa^is à la droite de. Dieu. £t ^ok» étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux , confirmant' sa parole par les miracles qui l'accompa* gnaient.
Davs révangile de ce jour Jésus reproche 2hix disciples leur incrédulité. Ils avaient déjà vti pliir sieurs fois le Sauveur, et quelques-uns doutaient encore j ainsi que nous Papprend saint ]\{attfaieu.( i )» Il en était même qui allaient pli^s loin que le doute , comme saint Thomas, lequel déclara nettement aux autres disciples qu'à moins qu^il ne vtt lui-même le Sauveur, quUl ne le touchât et qu'il ne mit le doigt dans ses plaies, il ne croirait pas. Admi-
(0 xxvm. 17.
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rons la bouté du Sauveur. Quoique ce doute lui fût injurieux , dans Tapparition qui suivit , il se prête à la faiblesse de Thomas , ou plutôt il a la complaisance de céder à son opiniâtreté (i). A cette circonstance le Sauveur joint un tendre» reproche (2). Nous avons déjà fait remarquer , d'après saint Grégoire, l'avantage qui avait résulté de cette faute des disciples, et de l'incrédulité de saint Thomas pour les fidèles des temps à venir. Leur doute , dit ce père , fait l'affermissement de notre foi; et s'ils avaient cru légèrement, peut-être aurions-nous lieu de douter. Croyons donc , ajoutet-il i et croyons fermement; croyons que Jésus- Christ est ressuscité, et qu'il est monté au ciel ; suivons-le dans son ascension glorieuse , c'est-àdire détachons-nous des objets terrestres pour nous élever vers le ciel , et méprisons des biens périssables , puisque d'autres biens infiniment plus précieux nous sont promis et nous attendent (3).
L'ascension de Jésus - Christ nous assure ces biens. £n montant au ciel y il n'a fait que nous y devancer. C'est le sentiment de Saint-Léon (4) : c II ne s'élève , dit ce père, que pour nous aider à nous élever. » Aussi, en quittant la terre, il n'a pas voulu nous quitter, mais seulement aller nous préparer l'entrée d'une meilleure demeure; et ces vérités si consolantes , il veut qu'elles soient annoncées paitout , qu'il n'y ait aucun coin de la terre où elles ne soient publiées, aucun peuple à
(ï) Jean, XX. v;. (3) Homélie sur TAscension.
(9) Voyex l'ëvangUe du dimanche (4) Sermon sur TAscensipii, de Quasimodo.
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qui elles demeurent inconnues : « Allez , dil-il, prêcher cet évangile 9 annoncer cette bonne nou* veBe par toute la terre; dites partout à quelles conditions on peut devenir participant de mon royaume : qu'on croie en moi ; qu^on reçoive le bapténoe^ et on aéra sauvé. »
Mais quels moyens aurons-nous de nous faire croire ; Lui dirent les disciples, lorsqu'il les envoya, et quelle force auront nos paroles ?
« Ne soyez point en peine, répond Jésus. Croyez vous-*mém6s, et des miracles attesteront la puissance de celui au nom duquel vous annoncerez ees vérités. Vous chasserez les démons , vous parlerez des langues que vous n'avez point apprises , vous n'aurez rien à craindre des bêtes les plus venimeuses ou des plus subtils poisons. Prononcez seulement mon nom , et vous verrez s'opérer toutes ees merveilles. Imposez les mains aux malades, et vous les guérirez. »
Ce que Jésus-Christ promettait a été exécuté à la lettre. Ces merveilles se sont opérées , et elles ont déterminé la croyance des nations. La propagation de l'Évangile en a été VeŒét; et aujourd'hui cette propagation est devenue elle-même la preuve de la vérité de ces miracles. Car comment s'imaginer que sans ces miracles le monde aurait cru, et que la face de l'univers se fût changée ? Cette propagation ne serait- elle pas le plus grand des miracles, si elle n'avait pas été produite par des moyens surnaturels , et si elle n'était pas due à un pouvoir plus qu'hiunain? Admirable économie de
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la divine Providence qui , après avoir établi la vérité de la religion par des miracles , assure et maintient la vérité des miracles par Texistence de la religion I