‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 5 sur 43 · POUR LE III* DIMANCHE DE L'AVENT · texte numérisé non relu

POUR LE III* DIMANCHE DE L'AVENT

ÉPITRE

Saint Paul aux Philippiens , ch. IV, v. 4-

JVIbs Trères , réjoaissez-vous sans cesse en notre Seigneur. Je le dis encore une fois, réjouissez- vous ; que votre modestie soît connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. (0 IsalQ , XXV. s.

i4 iirsTa^GTions sira tts bpIt&es

lie TOUS inquiètes de rien ; mais , en quelque état que von* soyezy présentez à Dieu vos demandes par des supplications et des prières accompagnées d'actions de grâces ; et que la paix de Dieu , qui surpasse toute pensée « garde tos cœurs «iToa etpiitB en notre Seigneur Jéauft^jhiîst,

Jisvs-CHiisT a dit : Bienheureux ceux qui pieurenty parce qu'ils seront consolés (i). Dans répttve d'au jourd'hui 9 TApôtre dit, au contraire, réjoui»* se?. -vous sans cesse en notre Seigneur; et, pour appuyer davantage sur cette joie à laquelle il ex* cite les fidèles, il répète : Je le dis encore une fois^ ré jouissez- vous. Cette religion qui prêche la péni-*tence, qui impose le devoir de naorlifier la chair pour dompter ses passons , qui veut qu'on pleure ses péchés, n'exclut donc ni la joie , ni le conten* temétit du cœur l Non ; elle n'exclut point la véri* table joie , la joie raisonnable; elle en est au contraire la source; elle est le principe des consola* lions , le seul remède à l'affliction et au malheur.

En effist , qu'est-ce que la joie ? Serait-ce dans l'oubli de soi-même, au milieu des distractions 9 du tumulte et du bruit qui accompagnent les passions , qu'on la trouverait ? Serait-ce en obéissant à ses sens , en satisfaisant toutes ses fantaisies ? Demandez-le à ceux qui vivent ainsi ; demandezleur s'ils sont contens , s'ils sont heureux , s'ils ne désirent plus rien , et vous verrez ce qu'ils vous répondront : ils vous diront qu'à un désir il en succède un autre, qu'une fantaisie n*est pas plus tôt satisfaite qu'il en naît une nouvelle ; qu'ail sortir

(1) Matlb. , V. 5.

de eo* ^BwembUeg oji Ton croit avoir réuni tout ce qui peut amuser» pour peu qu'on âeiceadfe au iond de soo âme 9 00 n -y trouve que du yide. Non , ee n'est pas ]k qu'est la joie et le bonheur, lie «âge parle de oette joie fausse ; il Tavait éprouvée , et il n*y avaU trouvé que néant et vanité. J'ai» dit^U» vegardé le rke çongime une tromperie , et j'ai dit i la )oie , Pourquoi m!avez-Vionj$ abusé ? (1)

La véritable joie consiste dans le contentement de l'esprit , dan« cette quiétude qui fait qu'on )0uit de «oi-méme , qu'on ne voit rien autour de soi qui blesse» rien qui tourmente. Elle est douce» elle est tranquille; elle n'est point accompagnée des convulsions du rire; eUe ne rendue point» ellç n'agite point l'âme qui la nsssent ; et le moyen d'avoir c^le iroie » c'est de régler ses désirs » d'imposer «teoee à ses.passions » sonrces de presque tous les teurmens qu'on éprouve daiie la vie ; c'est de se soumettre par des vues religieuses aux événemens» quand ^m ne peut le^ empéci^er. Je dis surtout par des vues religieuses ; car la résignation qui ^ proviendirait d'une autre sourise» qui ne serait fondée » par eMfflople > que sur la nécessité sans aucuA retour vers l>ieu » ne procurerait pas, à beaucoup près» la tranquillité d'esprit qui résulte des sentimens leligieux. Dan» le pre»iier ca^ » les événemens malheureux ne pourraient passer que pour l'efiet d'une fatalité à laquelle on aurait encore à se plaindre de se voir assujetti ; au lieu qu'en se persuadant bien ()ue l'on est dans les mains de

Ifi) pxiit. , n. a.

lÔ IRSTBVCTtOlVS Sri LES ÉpItRES

Dieu 5 que c'est lut qui règle tous les éyénemens avec une sagesse infinie ; eu songeant que ceux qui nous sont fâcheux , et auxquels nous n'avons pas contribué par notre faute 9 ne nous paraissent tels que parce que nous n*en connaissons ni les motifs ni la fin; en refléchissant que ces motifs et cette fin ne peuvent être que sages , puisqu'ils sont dans la volonté de Dieu 9 nous serons naturellement disposés à nous y soumettre et à croire qu'ils couvrent des avantages qui , pour être cachés , n'en sont pas moins réels; car Dieu ne peut vouloir que ce qui est bon et bien;

Cette doctrine de la résignation chrétienne était bien connue de l'auteur de VlfniUUian : c Quand votis en serez venu 9 dit-il , au point de trouver les tribulations douces et de les goûter pour l'amour de Jésus-Christ, alors estimez-vous heureux, parce que vous aurez trouvé le paradis sur la terre. Tant que les souffrances vous feront peine , et que vous chercherez à les éviter , vous serez malheureux. Le désir de finir la peine et le désespoir de ne pouvoir l'éviter vous suivront partout. Sages ^ du monde , vous chercherez inutilement ailleurs que dans les sentimens religieux une route qui conduise au peu de bonheur dont il est possible de jouir ici-bas. Il n'y a que celle-là , et c'est à l'Évangile qu'on eu doit la connaissance.

ÉVANGILE

Saint Jean, ch, I, v. ig.

JbiR ce temps-là , les Juiîi envoyèrent de Jérusalem vers Jean des prêtres et des lévites pour lui demander : Qui êtes-

Yooi? Car il confessa et il ne le nia pas ; il confefsa, âîs'je^ qa'îl n'était point le Ghrisf. Ils lui demandèrent : Quoi doncl êtes-Tous Élie P Kt il leur dit : Je ne le suis point. Êtes tous prophète f Et il leur répondit : ]Non. Us lui dirent : Qui étes- Toos donc » afin que nous puissions rendre réponse à ceux qui nous ont envoyés : Que dites-vous de vous-mêmes f le «ois, répondit-il , la voix de celui qui crie dans le dëiicrt : Rendez droites et unies les voies du Seigneur, comme a dit le prophète Isaîe. Or, ceux qu'on lui avait envoyés étaient des pharisiens ; et ils lui firent encore cette demande : Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Élic, DÎ prophète f Jean leur répondit : Pour ce qui est de moi, je baptîae dans l'eau; mais il 7 en a un au milieu jle vous quo TOUS ne connaissez pas. C'est lui qui doit venir après moi, qui m'a été préféré , et je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers. Ceci se passa en Bélhaoie, le long du Jourdain, où Jean haptisait. ^

Dahs l'évangile du dimanche précédent (*), nous avons 'VU la divinité de la mission de Jésus-Christ démontrée par les deux sortes de preuves les moins sujettes à contestation , c'est-à-dire par des miracles éclatans faits aux yeux de tout le monde, sur lesquels il était impossible qu'il s'élevât le moindre tloute, et par l'accomplissement des prophéties. Dans l'évangile d'aujourd'hui, la divinité de cette même mission est confirmée par le témoignage de Jean. Ce ne sont plus ses disciples qui viennent interroger Jésus ; ce sont, au contraire, les Juifs qui envoient vers Jean , et qui , frappés de sa sainteté et de Paustérîté de sa vie , veulent savoir de lui qui il est. Êtes-vous Ëlië ? lui disent-ils. Les lÉcritures nous apprennent qu'Ëlie n'a point subi

('} Du (leuxi^e dimanche Ue l'Avent.

iS INSTrCTIONS 8VK tBS ÉpItRBS

la mort comme les autres hommes , mtitf qa^il a été enlevé au ciel dans un char de £eu ; et c'était Une tradition chez les Juifs 9 qu*il devait repa^ raitre lors de Tavénement du Messie : tradition altérée , et qui transportait à Tancien Élie ce qui ne devait s'entendre que du nouveau , c'est-à-dire de Jean, destiné à ThonoraUe fonction de précurseur du Sauveur.

Je ne suis point Elle , répond Jean. Mais êtesvous, lui disent encore les envoyés des Juifs, étesvous l'un des prophètes ? Je ne le suis pas non plus; mais )e suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez dr&ites et unies (es voies du Sei^ gneur (1). Ainsi Jean s'applique ce qu'avait dit le prophète Isaie d'un précurseur qui devait préparer la voie au Messie. Jean faisait donc entendre aux Juifs que le temps de cet avènement ou était arrivé, ou s'approchait. Mais bientôt il ne leur laisse aucun doute à cet égard ; il assure aux Juifs que celui qu'ils attendent est au milieu d'eux , et que le baptême que le Messie apporte est bien supérieur au sien , puisque lui ne baptise que dans l'eau , et que le Messie qui est venu baptisera danc» le Saint-Esprit. Il ajoute que ce Messie , quoiqu'il soit venu après lui , est pourtant venu avant lui : paroles qui s'adaptent parfaitement à la double génération de Jésus-Christ; à sa génération temporelle, qui n'a eu lieu qu'après celle de Jean , et à sa génération éternelle , qui n'a point commencé- Ainsi , dans ce peu de mots, révangéliste exprime

(0 Isaîe.XI. 3.

BT IBS EVAHGILBS. • 1^

et que le Même est venu daos la personne de Jésus- Christ y fils de Marie 9 et que ce même Jésûa-Chriit est le Yerbe incamé, le fils de Dieu, auesi ancien que lui , la deuxième personne de la sainte Trinité, qui s'est fait homme pour nous sauyer.

De sorte qu*en réunissant ces deux évangiles^ c*esl-à--dire celui du premier et du second diman-* che de TAvent, on a la preuve la plus complète qu'il sotl possible d'avoir, de raTënement du Mes-* sie dam la personne do Jésus, et de la divinité de ce même Jésus , c'est-à-dire, que ces deux évan-» i;iles établissent les points principaux de la croyance chrétienne, savoir l'incarnation du Yerbe, et la rédemption des hommes.

POUR LE Vf DIMANCHE DE L*AVENT.

ÉPITRE

Sàifii Féuil, prem. ép, tmx Corinth., çl). (V , v. i.

Mis frères, que les hommes nous considèrent comme les ddaistres de lësus-Ghrist et comme les dispensateun* des mjttàve» ds'Pîev. Or, ce qui est i dérâer dans let «Uspeesatenn , c'est qu'iU soient trouvas fidèles. Pour moi, je me mets fort peu en peine d'être |ugé par vpus, ou par quelque homme que ce soit. Je n'ose pas même me juger moi-même; car encore que ma conscience ne me reproche rien, je ne suis pas jvstifië pour cela ; mais c'est le Seigneur qui est mon juge. C'cift pourquoi ae Juge^ point aYant le temps, jusqu'à ce que le Seigs^ur Tienne, qui pro4uV^ dans la lumière Qe qui e»( caché dans les ténèbres , et découvrira les plus secrètes penit-es des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange tffd Iwi sera due.

30 ' tNSTBVCTIOKS SUR LIS ÉpÎTRES

Ri BIT n^est si variable que le jugement dés hommes , et par conséquent , au premier coupd'oeil 9 rien ne devrait paraître si méprisable. Su- m jets à des préjugés 9 emportés par des passions , «isa séduits par diverses sortes d'intérêts « il est impos*- ^t sible que tant de causes n'influent point sur leur ^pr jugement. Le cri de la raison, le cri de la justice 5 ^^ pour se faire entendre^ sont trop faibles. Défions-

nous de ces jugemens, et n'y attachons que le prix 'd

qu'ils valent. Il est néanmoins à cet égard une ' ! règle de conduite à suivre 9 que la raison et la reli* ^^^ gion conseillent de concert. Si l'on fait bien , si les -^ actions sont en conformité parfaite avec les de- l voirs , et- que néanmoins les honunes nous blâ^ .'| ment 9 ou cherchent à jeter du ridicule sur des i choses louables , gardons-nous de souscrire à Ieur.<9 v jugemens. Laissons-nous blâmer , laissons-nous *, même outrager plutôt que de cesser de bien faire , par déférence pour l'opinion de ceux que cela blesse. i Il vaut mieux obéir à Dieu que de complaire aux | hommes (1)9 quand les intérêts du salut sont en op- 1 position avec l'opinion de ceux-ci. Il vaut mieux t être juste à ses propres yeux , n'avoir rieri dans sa conscience qui puisse être la matière d^un reproche, que d'être au gré dès méchans. Pour leur plaire , ils veulent qu'on leur ressemble. Si, parce que nous somnies bous , charitables , exacts à nos devoirs envers Dieu , fidèles à ses commandemens , nous sommes les objets de leurs moqueries , méprisons leur jugement, et continuons de bien faire,

(i) Acl. , V. 29.

XT LES BVANGllES. 11

Il ne s^ensuitpas cependant qu^en tout point il faîUese mettre au-dessus de Topinidn. La mépriser pour vivre librement et donner cours à ses passions , serait avoir secoué toute honte. L'opinion alors est un frein utile qui nous retient dans les bornes prescrites. Il n'est pas défendu de rechercher .rcstime des hommes par des actions honnêtes et vertueuses. Le sage a dit : Mettez tout votre soin à vous faire une bonne réputation ( i ) ; c'est comme s^il disait : Non-seulement ne faites rien pour la compromettre, mais faites encore tout ce qui peut vous la faire obtenir; bien entendu qu'en faisant le bien, et en évitant le mal ; parce motif on n'en néglige point un autre, qui seul peut rendre nos actions méritoires aux yeux de 'Dieu, celui de ne faire rien qui lui déplaise , et de lui rapporter toutes nos actions comme k notre véritable fin.

Nous avons un autre piège à éviter; c'est le penchant à juger nous-mème autrui trop légèrement. Ne jugez point avant le temps, nous dit TApêtre (a), f c'est*à-dire ne vous pressez point de juger; met* tez beaucoup d& circonispection dans les jugemens que vous portez d«i prochain. Qui sommesnous en effet pour juger les autres ? Sommesnous sûrs- de> valoir mieux qu'eux ? Sommes-nous moins imparfaits ? et nos défauts sont-ils moindres que 4i^x 4^0 nous reprenons en eux ?

Yoyons-nous. d'ailleurs. au fopd des cœurs P Les iolentions de cietix que m^us j ugeons nous sont-elles asafz bieiiicoi»nu0$i leur^ torts ne' peuvent-ils pas

(i)Ectl.,«El'»5. ' • *' (.) I. ConttUi. IV. S, ..

être atténués par plusieurs circoDstanees quo oc . ignorons ? Ne jugeons dono point avant le tenu Dieu viendra , et nous jugera tous. 11 produira à, . lumière ce qui est caehé dans les ténèbres. Il r , . vêlera les pensées les plus secrètes. N'antic^MM point sur le grand jour où justice sera fiute à toii^ le monde, et ou chacun recevra de Dieu les loaan' y^ ^ ges ou le blâme qui lui sont dus. "'^^^

ÉVAIfGILB. ^^

•S'oint Luc , ch. III , v. t. ' ,;^^ ,

Ij'ar quiniième de l'empire de Tibère César, Ponce Pilate ^sul; étant gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la GaG- ^ lëe, Philippe , son frère , de l'Itutéé et de la province de Tra- . conite, et Lysaniag d'Abilène, Anne et Galphe étant granda- '^' prêtres y Dieu fit eotendra sa paiolie à Jean» fiU de Zacharie • ^^^ dans le dësert. £t il vint dans tout le pays qui est aux ^nvirona M\ du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, ainsi qu'il est écrit au livre des paroles du prophète Isaîe : On eniendt^ dans le désert la voix de celui qui crie : Préparer la voie du Seigneur ^ rendez droits et unia ses sentiers. Toute vallée sera rempUe, et toute montagne ^ ^^ et toute colline sera abaissée ; les chemins tartu» deviendront '^. droits , et les raboteux unis , et tout homme verra le Sauveur «^ envoyé de Dieu.

. La date établie par saint Luc dans cet évan|fOe est précise : c'est la qninsième année du régnée de Tibère que la voix de Dieu se fit entendre à Jean et lui ordonna de commencer sa prédication. Auguste était mort Tan 40 1 7 du monde; ainsi la quin- 2ième année de Tibère correspond à l^anr /^oSa, eC Jésus , sultant les calcals regardés comme lës>|du6 exacts, étant né le aS décembre de^^Tao 4000, il

'.Vr.

ET LES iVÂKGILSS. S3

soit de là qu'il était dans sa trente-deuxième année lorsque Jean commença à prêcher, et l'époque de cette prédication répond à la vingt-neuTÎème année de i*ère vulg^aire.

Toilàdonc un point dePhistoiredu Sauveur éclaird,etnous savons quanda commencé sa vie publique. Le pape saint Grégoire remarque que saint lue ne se contente pas d'établir cette époque par Fannée du règne de Tibère , mais qu^il la fortifie encore par dés circonstances du même temps , eu rappelant le nom de ceux qui alors exerçaient en Judée la puissance religieuse et civile; et ce pape conclut de là que Févangéliste voulait faire pressentir la vocation des gentils, la prochaine dissolution du gouvernement judaïque, la dispersion des Juifs, et la suppression de leur souverain pontificat , que devait remplacer un souverain sacerdoce bien plus auguste, celui de Jésus- Christ j notre médiateur et pontife de la nouvelle alliance. En respectant, conmie elle doit l'être, cette explication du texte sacré, donnéepar \m grand pape, cberchons-y, pour notre avantage spirituel, quelques sujets d'instruction.

On entendra, dit l'évangéliste d'après Isaie, la Toix de celui qui crie dans le désert : littéralement cette voix était celle de Jean , qui devait prêcher la pénitence et annoncer le Messie ; mais ne pouvons-nous pas aussi supposer, dans un autre sens , que cette voix est une voix intérieure qui crie au fond du cœur, et qui nous reproche nos fautes? Elle crie dans le désert; elle crie, et notre cœur

24 MSTlOeriONS 8UK LES BpItBBS

ne lui répond point. Elle crie au fond de notre conscience , et ne trouve en nous qu'un désert aflfreux , parce que, de même que le désert est stérile, infécond, dénué de tout ce qui a vie , de même notre âme est vide de bonnes affections , de sentimens pieux , de docilité à la parole de Dieu , et tout y est sec et aride, et comme en état de mort. Mais que vient nous annoncer cette voix qui crie P Elle vient nous annoncer le baptême de pénitence pour la rémission des péchés , c'est-à-dire le second baptême, celui de la réconciliation, par lequel sont remis les péchés à ceux qui y recourent Si nous ne sommes point sourds à cette voîk , si au contraire nous Técoutons avec docilité , espéronsen pour nous le plus grand avantage. Ce désert ^ qui était aride , se changera en une terre fertîfe , où naîtront de toute part des fruits de salut. C'est alors que, selon Texpresslon d'Isaïe> les vallées seront remplies, et.quQ,les montagnes seront abaissées (i) , c'est à-dire que ceux cjui sont humbles de cœur seront appelés au royaume de Dieu , et que les orgueilleux en seront exclus. Alors encore, suivant l'expression de cem^me prophète ^ leus chemins tortus deviendront droks , et les chemins raboteux deviendront unis, c'est-à-dire que les cœurs des méchans , détournés des routes de la justice par les passions, y rentreront par le repentir, et que les cœurs durs et sans miséricorde seront rappelés à la douceur et à la charité par l'influence d^uœ grâce divine.

(i) iKitC, XI, 4* . '

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