POUR LE LUNDI DE LA PENTECOTE
^PITR^S.
Jçtes, ch. X, V. 43.
ll>if cet jours-là , Pierre ouvrit la Louche, et dit : Mes frères , le Seigneur nou» a çpmmaodé de prêcher et de témoigner au peuple que c'est lui qui a été établi de Dieu pour être le juge des vivans et des morts. Tous les prophètes lui reodent ee té-
ET XES «VÀseiuts. SaS
tnoigiiage , qpe iQnicopqve CDûîca qq {m.Mcejrni f^ar fOQ q^qi la rëmusion ^e «00 péfbjës» Piçrie parlait eii€oc0« iorgque le Bai|itr£^prit descendît sur Vpu? peux qui écoutaiejit la parole* £t tous les fidèles circoncis qui étaient yengs avec Pierre furent frappés d'étonnement de voir gue 1^ grâce du Saint- Bsprit se répandait aussi sur lés gentils ; car ils les «ntendaiefit parler dK^ciMfs langues et glorifier* Dieu. >Alor» Bierre dit*: i'eat'on refuser V^m dp baptême è^^xoi^x qpi ,ont déjà reçu ie g9i|it-^fprit Cf^nke npus ? Et il comn^an^^ ^a'on les i)aptisât au nom flu Seigneur Jésus^Christ.
Ia* tâisoofirâ de samt Pierre rappcuté dans oetla épttre se tiot dans la maisMi de Corneille. Le iivre d«s A^esnous apprend què-cedorueille^ c«pitaine â'ane cohorte romatiie, était un homme pieux ^ craignant Dieu, et ifui faisait beanccmp d*iuiw4ne8 ^ <}uO}4f%i4lfûtpaîoû; qdlélanrà Césarée , et occupé à"p#i0r, il «eut utije vision daas laqueUe un aa^e
l^dvéDrtfsêaitd'etftoyeràlop^éicli^xherufi j^ooMne qui «*y fiXMivait 5.^ qol se npn^naâl Simov-Pienre, le^tiet lui dirait ce qu'M avait à faire, ^ie^re^ de ^en cdté, avait aiissi^lé prëveni^par une insptirattoti du meâï(age ijfbi dëvttltlqi étre|aft< Il'se^'eBdit donc à Césat^c^^Vâô^es ^ens que JCoi^eilieiui àvàît ienvoyés 9 et il' trouva te ceitiàrion assemblé avec toute ^a famille. Pierre leur expliqua en peu de tnè^is ^e qtii s'était passé à Jérusalem et dans la Judée à regard de Jésus. Il parla des miracles que Jfésùs^avsdtfaîfs 9 despersécutions qu'il avak éprouvées de la part ées Juife. de la mort' qu'il avait soufferte, de sa ré^urredio^n ,' de Ift lAissîon qu'il âyail reçue de son père, d'étàbiit et de prèeher une
524 iNSTAucnons .sva ixs ifirwBs
doctritte plus pav&ite , et d'opérer la rémission des péchés. Ce discours fut entendu ayec une grande attention y et les Actes rapportent qu'il n'était point nni'loi*Hu'on vît se renouveler le miracle du jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit étant dracendu d'une. manière visible sur tous Içft assistans ^ de sorte qu'ils glorifiaient Dieu en plusieurs Tangues. C'est alors que Pierre ordonna qu'ils fussent baptisés. Il était besoin de rapporter ce trait des Actes pour bien comprendre le sens de cette épitre et pouvoir len tirer des ' inductions qui contribuassent à nous instruire. Je remarquerai. donc :
i"* Qu'il n'y a point d'état où l'on ne puisse s'acquitter de oe qu'on doit à .Dieu^ et par conséqueqt où l'on ne le doive* Corneille était nonr seulement un homme du.mpnde, mais encore un solda.!. Qet état, qui ordinairement n'est point açiQoipp^çné d'itne grande régularité de mceuvs » pe l'empèehe pas de prier, de faire l'aumône , de. ?iJS9qiier à de bonnes œuvres. Son service n'y .perd rieq; car U faut d'abord remplir les devoirs^de SQik, éte^t ^aàs il sait qu'en lesTempUssant, ctVb est,au^i qUigé de rendre à Dieu le culte qui li^i ;^ppartientf. ^ up païen pense et a§it ^nsi , .combien n'o^t pas dp reproches à se faire ceux qui, étant éclairés de^ lumières de TËvangile , tiennent une conduite ooi^trairel • • ,
a"* La conduite de Comeillje. noua apprend qu'il ne suffit p^s d*ètre pieux , niais qu^à la piété il £a^ut joindre leai hennés œuvres et Ja bienfaisance). « Dieu » .disent i^9: Actes 9 ^wi eaïaucé sçs prièi^es..
XT 4JSS ivAKGiucs.. $a!r
et 3*étalt nouveau de ses aui|iôiies. •» C'est doue par la charilé et la lîbéraliCé envers GeuK qui ont be-* soin j ehacifin selon ses moyens , qu^on se Tend agréable à Dievt.
3"* Dieu récompense la piété et la charité de Corneille par le plus grand de tous les bienfaits, par la connaissance de la vérité* Mettons-nous donc dans les mém^s dispositions. Aimons Dieu , ser^ voiîsrle, soyons utiles au prochain y et espérons que Dieii nous accordera aussi ce quHl croira noua ètr6 Utile. . ... ^
A ces instructions, qui ont rapp(^rt à notre conduite morale et religieuse, l'épitre en joint une autre qui regarde notre foi : c'est que nous de-i- Vons reconnaître en Jésus-Christ nbn-seulement un sauveur, un médiateur , mais encore un juge établi par Dieu pour juger l^s vivans et les morts, et rendre à cbacun selon ses œuvres.
ÉVAIVGILE.
Saint Jean, cb. III , v. 5. > < *
jLijn ce temps-là , J^us dît à Nicodème : £a Térjté^ en Térité, je vous dis que, si un homme ne renaît de l'eau et de l'esprit ^ il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce <)ui est né de la ckairest cbair, et ce' qui est né d« It^êftprit esi esprit; lïe vor»8 étonnez pas de ce que je vous ai dit, qu'il faut qnc Tousnaissies encore une fois. L'£sprit souffle où il veut, et vous entendez bien sa voix ; mais vous ne savez d'où il vient ni où il va ; il en est de même de tout homme qui est ne de l'esprit. Nicodème lui répondit : Gomme^it cela se pteut^it f^ire f Jésus lui dit : ^uolt vous étés mtfitfiB en Israël , et voils ^igporez ces choses Y jgn léritéij ei^vériié, je yoDs.,4i4.c|'tte «qus ne disons que ce qui» fjp^ layqoi hien , et q^e4K)ttS>Qe rrndfon^ ^nioignage qtie
de de qae nont aToni tu ; «t cependaDt vous oe reeeres poiot notale-lémbigiiage; maii ai rons ne mecrojea pas iùnqmm je tctttfl pade de& choses de la tcrre^ «qpppii^t pae cfoîref-vous quand je vous parlerai des choses dv ciel 7 Ajufj^ pei»Q;iae n'est monté au ciel qoe celui qui est descendu du ciel; savoir, le fils de rbomme, qui est dans le cic'l. Et coQime Moïse dans le désert éleva en haut le serpent d'airain , il faut de même qne le fib de l'homme soit ^levé en haut, arfin qu'aoena de eeoK qid ovoieat «a lui ne se fienAe* «aia qirïU idcnt «tons la vie éVormtiHfi, Car Pw, a te^ni^i^t aûqsë ]e monde» qu'il a donné son filsnniquc, afin qn'auçun de ççux qu.i croient en lui ne périsse, mais qu'ib aient tous la vie éteroelle. Car Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour condamner le mondes mais afin qne le^ondc soît'san'vé par iui.-Cefm'qui croit en lui ne sera paa eondâimié^ mais ocl|û qui oe croit «pas est dé|a jsottdiunné , pasf^ qn'Jl nç qffç^t pm^ap n^ du fils «pique éç Dieu. Et le sujet de cette ^nd^mnati^n .eat que U lumière enf venue dans le monde» et que les liommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière , parce que leurs œuvres étaient mau- ▼ais^. Car quiconque fait le mal hait la Itimîère, et n^ s'ap< proche point de la luintd^e , de- pen^ q^'<elle >àè le cbnvaÎQqiie du mal qu'il fait ; mais celui qui fait ce que la vérité lui frettrU s'approche de la lumière,' afin que ses œuvres soient découvertes» parce qu'elle^ iOpJt été laites .en Dieu.
Il faut donc cenattre • et renaître par l*eaù et 1 esprit pour cotres dap^le roy^wiOjB ^m ciel, c'pstà-4inB qii'U faut,, en «0 fauasit régéQérfsr p^r 1^ eaux du foaptéihe, prendre une sorte de vie >immivclle , réformer ses mœurs , et réçler sa conduite de manière qu'au Ijeu d*ôtré un ^omrne charuei , esclave. 4e p j^sjona ^rp^sièr^es , .il fa\it devenir un hoQAxoe spârituel, ,niAitre de .bunin^io^ et de ses penchans , ne s^en laissant point ikoûnev, cl sacharit au contraire se lesf soumettre fctlelï asiu*
ET LES êviVGILES. OSy
)ettîr aux règles dé la raison et de la religion. Nîcodèmc, tout docteur de la loi qu*il était, ne comprenait point cette doctrine. G'eâl qu'imbu des idées chamelles et mondaines des Juifs ^ de ce système de grandeurs temporelles que* , d'après quelques passages des saintes Écriture» mal interprétés ^ ils se croyaient promises et attribuaient au règne du Messie, il ne savait pas pénétrer dans le sens spirituel, caractère dislinctif des saints livres, mais qui n'a été parfaitement développa que sous la loi de grâce et à Pavénenient de Jésus- Christ. Il croyait donc qu'il s'agissait d'une naissance semblable à celle que nous recevons en venant au monde, et c'est ce que prouve sa réponse au Sauveur. « Comment, dit-il , un homme peut-il renaître quand il est vieux ? Rentrera- t-il dans le
sein de sa mère pour en sortir une Seconde fois P » Jésus daigne redresser cette erreur grossière. Il' fait entendre à ce docteur, si neuf encore dans les choses du salut , que dans nous il y a deux hommes : l'un , fils d'Adam, pécheur, né dans le péché et dévoué à la mort; l'autre, fils d'Adam, racheté du péché et de la mort par le dévouement du fils de Dieu fait homnle , et devenu victime d'expia.tio j : lepremîer,né selon la chair, et conçu dans le péché ; le second , né selon l'esprit parla régénération du baptême, qui, en lavant la tache originelle , en fait un homme nouveau, lequel reconnaît Dieu pour père et que Jésus -Christ veut bien reconnaître pour frère et admettre à partager son héritage. L'Écriture ne dit pas si Nicodème comprit paifaî-
3a8 msTRUGTioiis sui les ipimEs
temeiit cette doctrine ; mais il est certain qu'il demeura disciple de Jésus-Christ. On voit que dan» le conseil des Juifs il prit le parti du Sauveur contre ceux qui voulaient le faire arrêter (i); et qu'après la mort de Jésus ^ il aida Joseph d'Arimathie à Fensevelir {2).
Nous avons eu le bonheur de recevoir celte seconde naissance , bien préférable à la première , qui , sans la .renaissance spirituelle , ne serait pour nous qu'up affreux malheur, puisque nous serions demeurés dans le péché et dévoués à la malédiction prononcée contre lui. Mais à quoi nous servirait cette renaissance^ si nous ne savions point en profiter ? ILue suffit pas^qu'ë nous ayons été dégénérés par le baptême; il faut encore, ou que nous conservions l'innocence que nous y avons recouvrée, ou que , si nous venons à la perdre, nous parvenions à la réparer. Dieu ne nous a laissé manquer d'aucun des moyens qui sont nécessaires pour cela. Il nous a non-seulement donné le sacrement du baptême, par lequel nous recouvrons notre innocence originelle, niais- encore il a institué d'autres sacremens propres, ou à fortifier la grâce en nous, ou même à nous réconcilier avec lui, si nous retombons dans de nouveaux péchés. Me négligeons pas ces sources de salut; regardons —Dieu comme le but auquel. nous devons tendre continuellement. Tout ce qui est dans ce monde passe ; c'est inutilenient qu'on y cherche la félicité et le repos du cœur. Qui jamais a réuni plus de
V) Jetn , VII. So. (») m4, XIX. 39.
lï tes iTiHCrtEs, !8 (le la raixon et de la j lont docteur du [a loi qu'il était, nÇ
point ciitte doctrine. C'est <, ^
Iiurnelles et mondaines des Juifs , de'CÎ^J ! grandeurs lempoiclles que , <l*api^ " is saintes Écrifures mal îiiterî-'J ■ se croyaient promises et allrii)uaien('-f -du Messie, il ne savait pas pénétrer dailî?" piriUicl, caractère disliiiclif des saintfj ais qui n'a été parraiteraent développ/J ^ a loi de grâce et à l'avéïiemeul de JésuJ'l ^croyait donc qu'il s'agissait d'une iiai»l* ^blable à celle que nous recevons en ve- "OiO'ide, et c'est ce que prouve sa réponse ■jr. 1 Comment, di|.i| , un homme peul-îlf jnand il est vieux? Rentrera-t-il dans le 1 mère pour en sortir une <iecoade fois î redresser cette erreur grossière.
; à ce docteur , si neuf encore dans 1^' •'^/i salut , que dans nous il y a deux hommwf -^d'Adam, pécheur, né dans le péchcel dé' 1 uiori ; l'autre , fils d'idam, rsebtté du' de la mort par le déTOociaeiu da Bh de i homme , et devenu ridîne ^cxpian'o i ; i!r,në sclun lu chair, et con^ dam le pé- "ccoiiJ, né selon l'esprit par br^énération ■■„:.■. (]ii;,cM lavant la iaeheo*%înelIe,
;ji iiotiveau, lequel rcronnait Di
If it niif: Jéilis-Chrisl reolbien TfcoatailK
l admet I
> béhu
4Mi9fM4*lM>: no.ii^i^ar^e «i»a^to# pr^rw» mai$ par 4c^ |é^éqi»«yi. ^ oe .^qi^ fmi^t ^eux qui «iv»f«at hapùfé lfi9 S^Ms#)^#ir«»;9^Jé» ^}^nwnfkr^»à* Ou
honorés du complément du sacerdoce. Lea mloh^ très de ce sacrement, comme aujourd'hui, commençaientpar des prières, et ces prières se faiftaient pour qm OeiDi mft ^ éUl^iiSi{luli rtdtdes toussent r£sprit saint A ces prières se {oignait, conoime aujourd'hui , ^imposition dés mainSi,^et alors ceux sur qui les mai^j avaient^ ^té imposées recevaient te SaVQil^r^aplrtt^t^iifil tf-âifiecA j[|# «dy&vo pas
«voir pour 4ea vilfs^ ^^uive autlqaité 'AttsSi vénéfabl^? et quelle cdnfiaMè ne doit p'as 'nous Inspirer î'ÉgUse qui , à travers tant' de sfèclés «. a su les çpnsjDrver da^qjD vioç,sjijg;r:jU]^de.jm4rf^j?.V,<yf.(»ns 490c dans le \afMmi^.»^i9kf9Wèfitms^lkmiid9Vai ftafl^e*mens différens , qui en -effet ont été administrés ras0iQbld^ malsvdOBt ^fjmmjèst pâs^è'^iitré , puisque les ^Msaiîtaias. âvaiènA.éié bapliiiés^ et ii?av.4ient f9ini «Aoono kof» la cHuifematnui , et parce qw tes il»fibtdite. saut' )âtffév8ns. .*Les< Sëmarit^ÛM av^iteatvaqi^ avec :1e baplèôl&da ftâtoe qiii^y est i^tlaçhée» ç'est-à-dirc cette g^râce sajapUQfi^lte. qui
rjeod à J'boovoie sa jusUce ori^ioette M.eliaç«nft eu lai I4 taphe 4m $k^ii^ 4*A<la«a. , Mais iln n'a^aiftuft p^ n\gale Si|ip^7£^rfl9A$*e9t^à-dire celte grâce d8> fp^ce , d^ lumière ,et de iBQiir«ige 4|ii« dontie là eoD< firmatioii. U faU^A» Attioe le bàpiéme ^ ulâe ^aolrei cérémonie» un autrei^ia^reii^x^t pour le leur faire recevoir.
Cette grâce est surtout bien nécessaire dans Ion temps où là foi est attaquée etTÉghâé,persécàt^,e, Mais il sTen' faut beaucoup uu^elleioit inutile dâps leslemps oix rJigU^eJpiv^ do h t^^ftfiW'IM^ S^Mm
vivement att^^piés pM*tr8aiiemi «dtéi-ieur; C^-ent alors qu*îl redouble d'elTorts , et (pi'étant nous- Kiiômes . moins sur nos gardes, pai:çç que nous crojppslç danger éJoigyjié.,, ^lô^Q /çKiv^.ygijfpuKo^* cxpA£i^ a^vee )ûe« moÂot de jitéieaae^i . . > • 7 ^ Mais ce n'est pas setriemenfi^ns les fetnps'dé' persécution que cette grâée nôUs est nécessaire, c^est encore dans de nomb^euseç .circonstances de la vie. ]^a refjigîqn o'isst.lia^ tgf^ij.mi'» DQfai«i4ée<.;. mais^eUe esi|Mrefique.totti<Nftrs attaquée. l&Uel'estpar eeuK ^i«|ier<^nt à élever des doutes sur les objets deiafoi; elle Test plus pàrticiil(èren^enl p^r' ceux qui ne croient pas ; elle Test enfin par ceux qui iidiculû»entle6 cbpses^Uitef. jll.fauMavaîrvAppint rougir d'élre chrétiejp et ^]epi rewpMr les dfiyoirs;
il faut s^y^r t^mo^gner^ ,par ^op^^co^i^^atem^t ou au moins p^ soq silence , que içs ^isçoui^ contre la rpligjon déplaisent, qù'oj» Ijff^.vofkPf^ftyfif qu*on les 'empêcherait^ si ou en avait, le j^pilivoir^
3Sf nr8TEu<moiis svr tss Mtees
et rîen n*est plus propre à inspirer le courag^e de le fauve que cette gràee fortifiante qui est conférée d^ns le sacrement de eonûrttiation , et qui fait de BOUS dé. courageux soldat» de Jésus-Christ, * toujours: pséts à défendre et notre, foi et sa doctrine.
É^AnGILE.
Saint Jeun, cb. X, v« i.
Xiii ce tcmps-là, Jéiu«dit aui pharisiens : Eo wérM^ eo ?éfîté, je TOUS le dis : Celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis , mais qui j monte par un autre eodfùit 9' est an Tolenr et an larron. "Mais celui qui entre par la fm^ est le' ^attew «des- brebis. Cèst à èelui-là que le portier •uvH^9 ^ les brebis entendent sa'Yoix. Il appelle ses propres brebis pv leur nom ^^t il les fait sortir; et lorsqu'il a fiiît aortir ses propres brebis» il Ta deTant elles» et les brebis le soi- ▼ent , parce qu'elles connaissent sa toîx ; et elles ne suÎTent pas an dftrangi^* mairi le fuient plutôt, parce qu'elles ne connaissent point la toix àtê étrangers* lësus leur dit cette parabole; ii|âis \U n'^tefidir(;n,t pqint de Ôtiotil leur parlait. Jésus donc leur dit encore : En Térifé , en Téritét; |e tous le dis ; Je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont Tenus aTant moi sont des Toleurs et des larrons, et les brebis ne les ont point écouta. Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauTé ; ii entrera, il sortira, et il tronveni tles pâturages* Le Toleur np Tient que pour Toler, pour égorger et pour perdre. Mais pour ipoi, je suis Tenu afin quCjles brebis aient la TÎe, et qu'elles Vuent aiM)ndammen t.
'La constitution de TÉglise exigeait qu'il y eût des pasteurs pour conduire les fidèles, et Jésus en a établis (1). NotÂi voyons dans FÉvati^ile qu'il appela, pour les instruire , et pour les faire servir à rinstnlction des dKâtres, des apétres et des disci-
ple8,qa'n8*adjoigBit dans le muustère.NQUs voyons que tous forent aj^pelés par une :vocation partica^lière, et qu'il les chargea du soin d^établir l'Église , en leur donnant les pouvoirs et les dons nécessaires pour remplir cette grande mission. Nous voyons qu'il leur ordonna non-sedlement de baptiser, mais encore d'enseigner. Voilà les véritables pasteurs qui son^ entrés dans la bergerie par la porte 9 c'est-'à-4ire paï une voie «légitime. Ceuxlà donc ente^nt par la porte que Jésus-Christ a appelés 9 c'e$t-*-à- dire qu'il a prévenus par des grâces intérieures 9 et par une vocation sainte, laquelle est aisée à distinguer. '
Mais d'autres s'jngèrent dans les fonctions ecclésiastiqiies par uiie voie bien . différente ; quelquesuns sont déterminés par l'intérêt, ils regardent le saint ministère ccani|Eie une profession lucrative.; d'autres par l'ambition , Us espèrent parvenir aux grandes places ecclésiastiques. Il en est qui , sans consulter Dieu , ni leuraforoes ni leurs talens, s'y ingèrent et y deviennent des objets de scandale, au lieu d'y travailler au salut «des âmes. Gfest delous .eest miaistces indignes ijue Jésua4it qu'ils ne sont point. ei^tr!ÔB pair la* porte, et quHlq çont des .voleuns et des larrons. En effçt, au ,lieu.d>nti*er dans la bergerie pour le bien du troupeau , ils y sont entrés pour leur propre avantage ; au lieu de cçùr duire leurs ouailles dans de gras pâturages , ç'eakà-dire dans la voie du salut , ils les garent. De tels pasteurs ne méritent point d'être écoutés; ils doivâDt être regardés comme des ^^angeiB. ht»
334 nrsTBvcnoM tf«R Ms ApItres
»ouilitte»9 loin d'oWir àleulrvoiX) doivie^t les fuir. •V^orcMem^nl il'irVfltip;«0 cyAeile êJè distrnguer Jevérifàble pmt«ar dtr pabMiil' mercenaire. Le vé^ mable paeieur èstd'idKnKdecttfiqihf eM uai de cornnmaion avec le' corps dés airtreft pasteurs, et qui Tpcbnàatî l^itgllft^ eomtn^i^ règle de foi. L'élise, ne ti^mpant p«iâtet né pmVfant se tromper, ne .peut , recoanaltrci ismaate paête^w vërïtâtlle que •œloiqul eti êtfbt Vetn. véi4t;(bteme4t:'Noti9 sottmiei iâtec sûrs d^obéir au véHiabte psègfeur, ^aad ce p»tetir teconiiolt l'Élise , et en est reôonna.
Le téritabfopaMèur e«t distingué par myiv atittour pour le troupeau. Un faux pasteur peut feindre d'-aimer 8^ ouailles; niais, quand ce^ atoioor n'est pag sîMeère^ Il se >dliéinent bienM%, et VarriMec- se dédodirve. «Lcvétilablê past^nr •est bèn et iodulgcnl, noh qufll à'n^e de^ dguem^ quand il le &ui; mais' oci- Toî(t '^r cette irigmtirWètft que eoabre le •vioè , et non pasîcontre^ la personne, él qoe e^tte eiévéfilé''ebeore ebl tempérée' par de la bonté et de il^iidti%<HMe. •'
i Hétôs^bèistestt'le ^édifie «^s pasiMrâ» et TÉiiglAseestsa'bè#i|lsrie ^Ml^pa^teiirlé^ jabaïain meii- 'tear ^ ^^InitiitfdÀI^nt f 9f hfUffle pé«lié t mois il doMôle le péô^u¥; il lui tend l^main; il l^eneourifé dftnsrses effbrts pour sertir de cet ^tat de ntt>rt ; -il déclaré que c'est pour saiYver les péohetnr» qu'il -est venu.
Jésas est aussi la perte , et c'èsif hir q«ri le déclaré. Il est là porte du salut , parce qu'on #ie peut devenir meéiàbre de l'Église que parla foi en Je-
ET |J!9 kvJOI^M^ ' 335
«U8-Ghrist f parce qu*on ne peut é(re sauvé que ;par le mérite de ëa passjoi^ » parce qu'on qc peut que par lui participer à la gloire de son père.
POUR LE MERCREDI DES QUATRE TEMPS DE LA PEIiTECOTE.
ÉPITttS.
p" Jctcs, ch. n', V. 14.
1^ X cet jours-là , Pierre , le présentant avec les onze apâtreSf
^tcva sa Toîz et dit aux Juifs : O Juifs, et yous tous qui de* meures dans Jërusalem, considérez ee que je vais vous dire» et soyez attentifs à mes paroles : Ces personnes ne sont pas ivres comme vous hs pensez , puisqu'il n*est encor« que la troî- «iéme heure du jour. Mais c'est ce qui a ëtë dit par le prophète Joël* Pans les derniers temps » dit le Seigneur, je répandrai mou esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophëtiserobt ; vos jeunes gens auront des TÎsions , et vos vieillards auront des songes. En ces jours-là, je répandrai mon esprit sur mot serviteurs et sur mes servantes, et ils prophé* tiseront. Je ferai pafattre des prodîgei dans le ciel, et des •ignés ejiLtcaordinaires sur la terre, du sang et du feu, et upç vapeur de fumée. Le soleil sera changé en ténèbres, et la luné en sang , avant que le terrible jour du Seigneur arrive ; et poitr lors quiconque- invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
Ce discours de Pierre aux Juifs est le premier où la foi en Jésus ressuscité ait été proiesilée publiquement et courageusement proclamée. Quoi changement s'était donc fait dans cet apôtre 9 qui y il n'y avait que quelques semaines , interrogé par une servante et quelques hommes obscurs au su-
'^1 dd 'ftomaiattre , nott'-sealement h^ayâiit osé Tàvoiier, mài9 Tavait renié jusqu'à trois fois, bien qu*aoparàvaiït il eûdj^romis-àvec serment qu'il ne le renoncerait point? Il s'était repenti , il est vrai; mais ce repentir, suffisant pour le justifîer, parce que Dieu ne demanfie ^e nous que les seatimens du cœur, ne s'était manifesté par aucun acte extérieur qui supposât du courage. Pierre , après son repentir, ne s'était point' présenté, pour défendre Jésus. Lui et les autres d^scipl^s étaient denieu^^s confondus dans la foule • et les livres saints ne nous apprennent pas qu'aucun d'eux aérien fait ou dit eu faveur du Sauveur pendant la nuit cruelle «qui précéda son crucifiement. Troupeau timide, "tous s'étaient dispensés et ne «e montraient point. €otmnen( se fat[t*û dohe qu'animé d'un courage subit , Pierre Osé se présenter devant le peuple , et qu'au milieu de la ville même où Jésus avait été pta^ié .^i indignement, où. le Calyaire pour ainsi dire fumait encore du sang innoeei;it que les Juifs y avaient répandu , il ait la hardiesse de leur rej^rqdher d'avoir brucîfié le Juste, de Vèur Isnnoncer que ce Jésus est le messie dont les projphètes ont parlé I et d'avancer avec assurance qu'il est res* suscité , et qu'il faut croire en lui ? Comment se fait^'il evicoré que ces homipes simples et s^ns étude se trouvent tout 4'un opup transformés en des honuneséletquens,savans dans les ^^critures^eo comprenant le isens , et rexpliquant ayec netteté h eeuxquî viennent pour les entendre!) 11 n'y ^ certes qu'un, déplorable aveuglement .qui {>qisse ne pas
ET LES iVANGIlES. 337
apercevoir dans un ishangement si extraordinaire un effet surnaturel. Les livres saints au reste nous en donnent Texplication. Nous lisons dans s<iint Luc (i) que^'dans sa dernière apparition, le Sauveur ouvrit Tesprit aux disciples, afin quMls entendissent le sens des Écritures. Je vais, ajouta-t-il, vous envoyer celui qui a été promis par mon père ; mais demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d^une puissance d'en-haut; et cette puissance, ils venaient d*en être revêtus le jour même en recevant le Saint-Esprit; car c'est le jour même de la Pentecôte que Pierre se présente aux Juifis avec cette hardiesse qui jusque-là n'avait point été dans son caractère. Admirons donc la sagesse divine, non-seulemen^t dans ses dons , mais encore dans sa providence, qui nous ménageait une preuve si éclatante de la vérité de la mission des apôtres. Quelle autre puissance en effet qu'une puissance di^ne • aurait pu transformer en homnkes courageux, àm point d'affronter la mort pour soutenir ce qu^iis avançaient , des hommes faibles et timides ? Quelle autre puissance « aurait pu faire subitement des hommes éclairéset éloqucns , d'hommes sans études , d'une condition obscure, et dépourvus de toute sorte de talons ? J'ai insisté sur ce fait , parce que c'est une des principales preuves de la vérité de la re«
ligion. . ,
Cette miême épttre nous offre un autre sujet
d'instructioii. Si la plus grande partiede loeux qui
33S ivsnucaioiia aui 1.0 épIibes
entendîreot les apôtres parler plusieurs langue» en fureat dans l'admiration , d'autres, îugeant avec précipitation et sur des apparences Innnpeuses^ regardèrenl; comnoe Teflfot de Tivresse ce qui était celui d'une puissance svkpérieure. Apprenons de cet exemple que les iageoieas précipités sont sujets à Terreur» et que,, surtout quand il s'agit du prochain f on risque bien nayuns d'interpréter favorahlemeo^ ce qui au pres^r coup-d'œîl parait offrir un aperçu du mal qu*à le ijugcr avec sévérité. La charité et notre piropre tetérét nous cownaodeal cette in^dulgeace : la chaiûté 9 car elle est douce , dit saint Piocre (1) » et ne pense point au mal, c^est^à-dir-e qu'elle tie te soNftçonnb pa^; ^t qu'à plus forte raison, «Ue sie le suppose pvriat : liotre inténM; car» si noua îagei»ns légèi^ment lea antresr, de quel droil ^Sfcroms-Bous exiger qu'ils ne nouSi jugent. paftUgèreitientl^tSQyez'dono wiséricardi<9U3(» dit Mans lai-«i6me (^); ne H>S^2 point Aet vous ne serez point îsxgés ; ne condamnez point , et V0.U9 im seres p6int eondiamnés ; car on vous mesMPcr^^^À'hiiiiéme naesurè dont vous vous serex s^rvte* %
StKàH J%«fi« eh.'VI, v/44>
£i'ir ce témps-ià» Xt^susi dit à la multitude des Juifs : Peraonne ne peut velflrà moi» si mon père, qui m'a envoyé, ne le tire à lui, et je le rearatciterai au dernier jour. Il est écrit duos l«t .]^opfaM«i : Ils «eiont tou enseignes de Dieu. Ttona oeox q«i opt oui i* voix du Pèf)e, et ont ét^ easetgoéa^e Jni» Wen*
(0 Ep. aux Goriath,, XUI. 5 et 6, (a) Vêa r^l-H, ^
«ent à «oî. €0 qW pai qu'aucun hoDuoe ftit vu le>PèM »«i e« n*C6t ccImI qui est né de Dieu : <^ c'est «f lui là qui a vu. If Père. En vérité , en vérité , je vous le dis , celui qui croît ea moi a la vie éternelle. Je suit le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. "b/ijaM voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meuKe poiot. le suis le pain vivant qui suis descendu éa ciel. Si quelqu'un m|in|^ de ç« pain, il vivra éternellement > et le pain que Je vous donnerfûi) e.'eflt hm çlv^ir^ guejjûfloii donner pour la vie du monde.
Peusonve ne peut donc venir à Jésus-Christ , à moins qu^il ne soit attiré par le Père , qui a envoyé Jésus- Christ. En .ce peu de mots se trouvent renfermés les p oints capitaux de la doctrine de la grâce. L^homme ne peut rien par lui-même , surtout depuis le péché. Si Jésus-Christ n'était venu, et ne fût mort pour nous sauver, nous serions restés dans la mort étecnelle. C'est donc par Jésu3-Christ que nous sommes sortis de ce l état de mort , et c'est le sens de ces autres paroles du même évangile. Celui que mon père aura attiré , je le ressusciterai au dernier jour, c'est-à-dire je lui donnerai la vie éternelle. Être attiré par le Père , c'est recevoir du Père les grâces qui nous sont nécessaires pour notçe salut. Dans la religion du Christ tout est et tout doit être surnaturel. Nous croyons au Christ ; mais, pour que cette croyance soit. la foi qui justifie , il faut qu'elle ne soit pas un pur effet de notre raison /mais un don surnaturel qu'il nous accorde gratuitement , et au moyen duquel nous donnons notre assentiment aux vérités révélées , quoiqu'elles soient au-dessus de notre raison, par le motif que
34o iNnmvonoHs sri i.e8 é^tTRBs
c^est Dieu , lequel est la vérité même , qui nous les a apprises. Nous espérons les biens qui nous sont promis. Cette espérance non plus n'est point et ne doit pas être une chose naturelle; c'est encore un don qui nous vient de Dieu; c'est lui qui opère en nous cette confiance avec laquelle nous attendons Tefiet de ses promesses. Il en est de même de la charité 9 soit qu'elle ait Dieu pour objet 9 soit que ce soit le prochain : c'est encore Dieu qui opère en nous cet amour ; c'est Dieu qui nous inspire les bonnes pensées , qui détermine en nous par des moyens ineflfables ^ avec sûreté , et pourtant sans que notre liberté en soit gênée » toutes les bonnes actions qui sont méritoires du salut. Sans le concours de sa gr^cC) nous ne faisons rien, nous ne pouvons rien faire qui puisse nous conduire à la récompense promise. Nous devons donc journellement demander cette grâce à Dieu ; il ne la doit point; il l'accorde à qui il veut; mais il est de foi qu'elle ne manque point à ceux qui la demandent convenablement.
Dans ce même évangile se trouve appuyé de l'autorité du Sauveur lui-même tout ce qu'il est nécessaire que nous croyions sur le mystère de la sainte Eucharistie. Jésus y dit formellement qu'il est le pain de vie. Il insiste sur la différence qu'il y a entre ce pain et la manne dont les Israélites ont été nourris dans le désert. Cette manne était bien une figure de l'Eucharistie. Mais quelle différence entre l'une et l'autre ! Les Israélites avaient inangé la manne ; mais elle ne les avait pas em^
«T LES iyàlXGltES» S4I
péchés de mourir ; elle n'était destinée qu'à alimenter leur corps. Le pain au contraire dont parle Jésus n'est point une nourriture terrestre ; il est descendu du ciel : et cette expression doit se prendre à la lettre 9 puisque ce paîu est Jésus lui^même^ descendu véritablement du ciel» quant à sa personne divine , pour venir habiter la terre , en prenant la nature et la forme d'un homme. Ceux qui mangent de ce pain ne meurent point ; c'est-à-dire ne perdent point 9 et voient au contraire s'augmenter en eux la vie spirituelle , puisque ce pain procure à ceux qui le mangent ^ avec les dispositions convenables, une augmentation de grâces. Celui qui mange ce paiu doit vivre éternellement, puisque, vivant dans la grâce , il mourra chrétiennement , et passera de cette vie dans une autre ob il jouira d'une béatitude éternelle. Enfin ce pain est la véritable chair de Jésus- Christ, puisque c'est la même chair que Jésus-Christ a donnée pour la vie du monde, c'est-à-dire la même chair qui a été immolée au sacrifice de la croix. Il résulte de là que le pain eucharistique , dont il est évidemment question dans ce passage , contient réellement et véritablement le corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ;, ce qui est piécisément le dogme enseigné par l'Église catholique.
34^ mSTRVCTIOllS BTOh LB8 ApIiHES
PeVil LE J£l}Dt DK LA PtansCOTE.
ÉPITRE
JttU^ vk. Vlifv t. f.
Xi« ceï }oart-lâ» I^Tiflîppc^ ëlaol Tenu dans U Tflte de ^ mittie , leur prêchait Jéifos-Ohrist; et le peuple était alteotiF et éeovfeBÎt «Yee uile aie me ardent set dtveourtf, Yoysnc fies mriaeleii <]u'U faisait ; car k« esprits in purs sortaient des eoi^ et plusieurs possédés en jetant de grands cris. Et beaucoup df paralytiques et de boiteui furent aussi guéiis; et ^ui rempUi là ^ilîe d'une grande joie.
Philippe était uu des sept premiers diacres choisis par les apôtres , pour faire aux fidèles les distributions d'usage; car, dans ces premiers temps de l'Église , tout était commun entre les chrétiens , et on distribuait à chacun selon ses besoins ; mais il est à remarquer que ce n'était pas seuleutent de ces distributions que les diacres étaient chairs, et que dès-lors le diaconat était un ordre sacré au-dessous du sacerdoce, lequel se conférait par l'imposition des mains (i), et qui donnait le pouvoir d'instruire particulièrement ceux qu'on préparait au baptême. En efîct, nous avons vu ce même Philippe envoyé à un des premiers offîcieif de Candace, reine d'Ethiopie, pour Tinstruire et le baptiser (a), et il remplit les mêmes fon et ions à regard des Samaritains. J'ai cru devoir faire cette
(0 ^«*" . VI. «. (a) Actes » vin. 36 , 4o.
Kt LBS BVAHCII.I8* &4S
revAftrque à cause de rerreor de qtidqMs commiir nions chrétiennes séparées de Pégilse romabief qui oDt retrànelié le diaconaA du nombre deà ordres sacrés.
Le peuple, disent les Actes des apures 9 élati attentif, et écoutait avec une même ardeur les discours de Piutippe , voyant les miracles qu'il Élisait. Ce lexte nous offre la matSëre de deux obser^ VQtioiis; Pune qn^on ne peot écooier avec trép d^attentton , et recherclier avec 1»op d*àrdeur des iastmclions aussi importantes que celles qui ten*àeat à nous assurer le bonheuir d^une autre vie, et à régler nos mceurs et nos habituées dbns celle-ci ; ear il ne faut pas regaipder les matîmes évangéliques beulement comme des moyens de salut, mais aussi eotnme deè rë^e» de conduite qtd nous seraient encore utiles, quoique dénuées alors de leur primerai fondement , et qui le seraient à la société^, dans la supposition impossible et absurde quMl n*y aurait pas d*autre vie. Qu'enseignas eh efibt le ehtislianisme I» QuHI feut être bon ^ humain , charitable; qu'il faut remplir ses devoirs envers scil parens, envens les autres hommes, envers soii prînce , envers sa patrie ; qull faut savoir modérer su ûolère, réprimer ses passions. Or, je le demande, toutes ces vertus ne rendent-eHes pas plu^ estimables, plus heureux même ceux qui les possèdent ? On Serait donc intéressé à les acquérir, quand il n'y aurait point d'autre vie ; mais que doit-ce être quand il est impossible de douter que l'àme survive au corps , et que des peines ou des récom-
344 iHsnvcTieiis sua i£s Mtslb»
peofles nous attendent suivant que nous aurons '^^^gé ou pratiqué ces vertus ?
L'autre observation est que la oodssion des ap6« très était accompagnée de miracles nécessaires alors pour prouver qu'elle venait de Dieu. En effet, nul homme n'a droit d'exiger des autres honunes qu'il croie à une doctrine, à moins qu'il ne montre que c'est par l'autorité de Dieu qu'il l'annonce , et on ne peut douter de cette autorité quand la .prédication est appuyée de miracles , c'est-à-dire d'œuvrçs qui ne peuvent être faites que par la puissance divine , et qui sont contre l'ordre accîou* tumé de la nature. Si le miracle est bien avoué ,. il est hors de doute qu'il est l'œuvre de Dieu , et que la doctrine prèchée ne peut être fausse , parce que Dieu ne prêterait pas le concours de sa puissance à l'erreur.
Mais ces miracles ne sont nécessaires que jusqu'à ce que la doctrine soit établie. Quaud elle se trouve revêtue des autorités sufiQsantes pour qu'on né puisse pas douter qu'elle n'émane que de Dieu, il n'est plus besoin de miracles. Dieu n'en fait pas inutilement : il fournit à l'homme les moyens convenables pour l'éclairer ; et, s'il en est de naturels qui suffisent, il n'en emploie point ^'extraordinaires. Cela nous explique pourquoi il y a eu des miracles lors de l'établissement de la religion chrétienne, et pourquoi il n'y en a plus, ou au moins pourquoi ils sont devenus très-rares ? Car le bras de Dieu n'est point raccourci ^ et il est des circonstances où Ton ne peut nier qu'il en ait
ET 1E8 EVANGIIB8. 545
fait. La bonté et la sagesse de Dieu se manifestent égaleinent , et par leur grand nombre lorsqu'il en fallait, et par leur cessation quand il n'en faut plus.
Il est aussi padé dans cette ëpttre d'un Simon , sur lequel il est bqn de dire un mot pour le faire connaître. Il exerçait l'art de la magie avec quelque succès. Frappé des choses merveilleuses qu'il voyait les apôtres opérer, et surtout de ce qu'ils donnaient , par Timposition des mains , le Saint- Esprit 9 qui se manifestait quelquefois d'une manière visible 9 il se fit baptiser , et offrit à Pierre de l'argent poi# obtenir de lui le même pouvoir ; mais cette offre fut rejetëe avec indignation. Ce même Simon voulut par la suite passer pour le Christ : étant à Rome 9 il promit au peuple qu'il s'élèverait dans les airs. Il parvint en effet, sans doute à l'aide du démon 9 à s'élever à une certaine hauteur ; mais saint Pierre et saint Paul s'étant mis «n prières , Simon tomba , et se cassa les jambes. On prétend que de dé-sespoir il se précipita en-^ suite d'une fenêtre , et se tua. Eusèbe et les plus anciens auteurs ecclésiastiques rapportent ce Êiit(i).
ÉVANGILE
Saint Luc, cb. TX, ▼. r.
Jbi H ce temps-là, Jésus, ajant appelé ses douze apôtres , Ic9W donoa puissaDce et autorité sur tous les dëmoos^et le pouvoir de guérir les maladies. Puis il les envoya prêcher le royaume de Dieu et rendre la santé aux malades. £t il leur dit : Ne préperes rien pour le chemin , ni bâton , ni sac , ni paifl , ni
<i> Fieary, HisU occl., liv. II, c. a3«
34^ IK8TEUCTIOK8 srE LES ÉPÎTEES
furgêni » et n'ajez point deux babîtf. En quelque maison que vous soyez entrés» demeurer-y et n'en sortez point. Lorsqu'il se trouvera des personnes qui ne voudront pas vous recevoir , sortant de leur vilte, secooetmCme la poussière de vos pieds, •fin que ce soit un témoignage contre eux. Étant donc partis, ils^llMent de Hllage en village , annonçant TÉvangile » ecguérissant partout les malades.
€*fi8T unte chose bien admirable que la matilère dont le christianisme 8*est établi j quand on songe à la petitesse de ses comBiencemens 9 à la faiblesse des moyens en^loyés , au cara^c^tère des premiers ôuTtièrs, et qu'un voit néantnoins cette reI%fon s*étre répandue dans tout IHiniArs e% cbee les peuples les plus éclairés. Il faut être frappé d*uii étrange aveuglement pour île pas rendre lioin^ mage à la main puisante par laquelle a^ été élevée cette ceuvre plus qu'humaine. Un homme parait dans la Judée , et, bien qu'il soit îssu de la race des rois , une longue suite d'années a tiéduit sa famille à un état obscur. A l'âge de ti^tite ans il sort de «a retraite; il ise produit ctt public. Des dioses merveilleuses y signalent âon entrée; Il rend la vue aux aveugles , la vorx ati^ muets ; H fait marcher les boiteux; il annonce qu'il est envoyé par son père pour sauver les pécheurs. Partout il fait du bien, non par son crédit, non par ses richesses , mats par le seul pouvoir de la parole, et rien n'est plus pur que la doctrine qu'il prêche. Tel est Jésus qui vient pour changer le monde.
liais quels auxiliaires s'adjoint^il pour amener à une heureuse fin une si grande entreprise ? Des
KT tËS ]&VANC1U:8« 349
hommes sans nom , sans lettres ^ sans autorité parmi le peuple, sans pouvoir; quelques pécheurs de profession , ou d'autres gens d'une condition aussi peu élevée.
Il les envoie et les fait participer à la puissance qu'il a manifestée lui-même. En annonçant la doctrine de leur maître, ils commandent aux mauvais esprits; ils guérissent les malades; ils s'entourent 4e merveilles. Ne voit-on pas en cela l'accomplissement de ce que dit TApAtre? « Que Dieu a choisi ceux qui étaient sans science dans le monde pour confondre les sages , et qu'il s'est servi des faibles pour confondre les puîssans > (i)*
Et comment encore Jésus envoie-t-il ses disciples , si dénués d'ailleurs des choses propres à séduire les hommes?... Il les envoie sans aucune ressourcfe humaine, c Ne porter rien dans le chemin, dit-il, ni bâton , ni sac, ni argent. » lis n'ont rien à promettre, rien à donner; ils n'ont absolument aucun des moyens par lesquels le peuple se laisse gagner. La vérité seule et une religion sainte et pure, voilà tout ce qu'ifs ont à offrir. Cependant on les écoute; ils persuadent. Dieu bénit l'œuvre; elle succède. A quoi attribuer cette réussite, sinon à la puissance de Dieu qui voulait l'établissement de la religion , et qui opérait par les mains de ces hommes , qui d'ailleurs paraissaient si peu recommandables, desguérisons miraculeuses et d'autres choses merveilleuses? Plus l'instrument était fai> ble, semble-t-il , plus alors le pouvoir divin éclatait.
(0 I. ^p. aux Corintb. , I. 97 , 9l.
34& nrsTRvcriOKs svk les ipttBES
Quelle différence enrre la manière dont le christianisme s^est établi , et celle par laquelle quelques autres religions se sont répandues. Leurs apôtres employèrent la force des armes pour y contraindre les peuples, et plus encore la séduction des passions, en offrant aux nouveaux prosélytes tout ce qui pouvait flatter leurs sens.
Je remarquerai dans le même évangile un trait qui caractérise bien la religion chrétienne conune i:eligion de douceur , de paix et de tolérance, o LorsquMl se trouvera des personnes qui ne voudront point vous recevoir, y est-il dit , sortant de là ville', secouez même la poussière de vos pieds , afin que ce soit un témoignage contre euxj c'est-à-dire, laissez à Dieu à les juger et à les punir. Le christianisme n'est donc point une i^eligion de contrainte. La persuasion et Texemple sont les moyens que Dieu a mis dans la main de ceux qu'il a chargés de Tannoncer. Sa grâce divine fait le reste. Cette doctrine est conforme à celle de saint Paul. » J*ai planté, dit-il, Apollo (i) a arrosé; mais c'est Dieu qui donne Taccroissement (2) , c'est-à-dire, nous autres ministres , nous annonçons la parole évangélique ; mais c'est Dieu qui rend les cœurs docOes. Qu'avons-nous donc à faire , soit que nous soyons ministres , soit que nous ne soyons que fidèles ? Ce que nous avons à faire peut se réduire à ce peu de mots : Soyons religieux; remplissons nos devoirs chacun dans notre état. Si les autres ne sont point
(i) Apollo était un Juif converti Christ avec beaucoup de séle. d'Alexandrie, qui prêchait Jëiot- (3) I. ép. aux Gori^Ui. , III. 6.
BT LES ivAKGILBS. 349
religieux, plaignoos-les ; prions qu'ils le deviennent , et laissons Dieu faire le reste ; car c'est lui dont il est dit qu'il atteint le but avec force , et qu'il dispose tout avec douceur (i).