POUR LE VENDREDI DE LA PENTECOTE
ÉPITRE
Joël, chap. II , T. aS.
Y o I G I ce qae dît le Seigneur Dîea : Fille de Sion , trcMailles d'allégresse, réjouissez -vous dans le Seigneur fotre Dieu, parce qu'il tous a donné unmajtre de la- justice , et qu'il fera «lescendre sur ?ous les premières et les dernières pluiet^ comme il à fait au commencement. Vos greniers seront remplis de blé , et vos pressoirs regosgeront de vin et d'huile. Je vous rendrai les années qui ont été mangées par la sauterelle, par le hanneton^ par la nielle et par la chenille, qui ont été les înstrumens de ma grande puissance que j'ai exercée contre vous. Vous vous nourrirf s de tous ces biens ^ et vous en seres rassasiés 9 et vous louerez le nom du Seigneur votre Dieu qai a fait des œuvres merveilleuses parmi vous, et mon peuple ne tombera jamais plus dans la confusion. Vous comprendrez alors que c'c^t moi qui suis au milieu d'Israël , que c'est moi qui suis votre Seigneur et votre Dieu , et qu'il n'y en a point diantre que moi, et mon peuple ne tombera jamais plu^ dans la confusion.
Daivs le chapitre de Joêl^ duquel cette épitre est tirée, le prophète annonce au peuple |uif de grands maux à cause des péchés dont il s'est rendu coupable ; il lui montre la guerre et la famine rava-
(OSasesM, yiU. 1.
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géant le pays qu'il habitait ; ses campagnes devenues un désert affreux , Tennemi s'approchant avec un bruit semblable à celui de chariots armées 9 ou d'un feu qui brûle de la paillé sèche , la terre épouvantée , les deux ébranlés , le soleil et la lune obscurcis, Téclat des étoiles éclipsé ^4e Seigneur enfin criant À son peuple , au milieu de tous ees désastres y de se convertir ^ d'avoir recours à lui , parce qu'il est bon et compatissant ^ parce qu'il est patient et riche ea miséricofile, parce qu'il oublie les fautes des hommes, quand ils se repentent do fond du cœur.
Les fléaux dont Dieu afflige les hommes ; la gverre , les maladies ooiatagietises 9 rinclémeiiee des saisons , l'infertilité delà teft'e et la famine qui les suit , sont donc 9 daàs les principes des saintes écritures , une vengeance que Dieu tire des peuples qui Toublleat , et dss punitions par lesquelles il cherche à les ramener à lui^ à les rappeler à une conduite plus sage , à des sentimens plus religieux. Dieu est alors un juge qui menace , qui tonne 9 qui prononce ses arrêts et punit le crime; miais qui en même temps se montire plus encore fèr^ que juge, qui ne ehâftîe «es enfans que parce que les chdtimens sont nécessaires pour les faire rentrer en eux-mêmes 9 qui leur envoie des calamités 9 parce que, sans elles, ils persisteraient dans l'oubli de leur créateur , qui se laisse fléchir dès qu'on retoiu-ne à lui , qui rend à sa créaiuie au centuple les biens dont il l'avait privée, y ajoutant encore des grâces nouvelles.
ET LES iVAHGfLES. 55 1
C^est donc un principe établi dans les saints livres , et à Tappui duquel viennent de nombreux exemples^ que Dieu nous est propice quand nous le servons , qu'il nous traite avec sévérité lorsque nous Tabandonnons 9 qu'il nous écoute favorable* ment quand , après Tavoir abandonné , nous retournons à lui. Telle est la doctrine établie dans le chapitre ki de la prophétie de Joël, et telle ea/t, en général , la morale des saintes Écritures.
Mais, outre le sens aaturei que aous venons d^exposer , lés pères ont i}éco«ivert d^ms celte prophétie un sens mystique et figfuratif d'événemens qui devaient avoir lieu lors de Tarrivée du Sauveur. Ils croient que ce nuiitre de la justice dont il est question dans le passage de Joël n'est autre que le Messie I le Désiié des natiens, tant de fols annoncé par les prophètes. Il fera descendre les premières et dernières pluies, ou, suivant le texte, la pluie du matin et celle du soir, c'est-à-dire les preasières et dernières grâces , souvent comparées à la rosée ou À une ]^uie féconde ; grâces qiie neus recevons le matin , ou quand nous sommes régénérés par les eaux du baptême ; grâces que nous recevons eacore k soir , c'est'>à-dire à nos deraiers IMO* mens , pour lesquels TÉglise mus ménage des sa* erenens qui ne sont pas oftoîns taludaires.
ÉVANGILE
Saint Luc, ch. V, v. i*;.
xLia ee temps là, comme un four Jésus enseignait étant assis, et que des pliarisiens et des doeletfi de la bi* qui
35ai iKST&vGTioirs sua us ipiiABs
étaient venus de tous les villages de la Galilée , du pays dt Judée et de la ville de JéruMlem , étaient assis f>rès de Uni, la vertu du Seigneur agissait par la guérison des malades « et quelques personnes portant sur un lit un homme qui était paralytique, cherchaient ^mo^^ei» de le faire entrer eUttts 4a nuUton» et de le présenter devant lui. Mais, ne trouvant point par où le faire entrer, à cause de la foule du peuple, ils montèrent sur le haut de la maison, d'où ils le descendirent par les tuiles avec le lit où il était , et (e tnirent au milieu de la place devant Jésus, lequel, voyant leur foi, dit au malade : Mon ami , vos péchés vous sont remis. Alors les docteurs de la loi et les pharisiens dirent en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui blasphème de la sorte F Qui peot remettre les péchés que Dieu seul F Mais Jésus , connaissant leurs pensées , leur dit : A quoi penses-vous dans vos cœurs î Lequel est le plus aisé , ou de dire : Vos péchés vous sont remis , ou de dire : I«evezvous, et marchez? Or, afin que vous sachiez que le £la de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés , levez- vous, je vous le commande, dit-il au paralytique; emportez votre lit , et vous en allez en votre maison. 11 se leva au même instant en leur présence, et , emportant le lit où il élait couché, il s'en retourna en sa maison, rendant gloire i Dieu, lis furent tous remplis d'un extrême étonnement , et ib rendaient gloire k Dieu; et, dans la frayeur dont ils étaient aaisis, ils disaient : Nous avons vu aujourd'hui des choses prodigieuses. ____
La conduite de ceux qui mènent le paralytique à Jésus pour le foire participer aux guérisons nombreuses qu'opère le Seigneur est pour le pécheur un exemple de ce qu'il doit faire lorsqu'il est affligé d'une maladie bien plus dangereuse que celles du corps , c'est-à-dire lorsque son âme est souillée de la tache du péché. Ces hommes trouvent une si grande foule ^ qu'ils ne jpeuvent entrer dans la maison.