‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 7 sur 43 · LÀ MESSE DU JOUE · texte numérisé non relu

LÀ MESSE DU JOUE

lÈPITRE.

Saint Paul aux Hébreux, ch. I, v. r.

JL/iBv, ayant autrefois parlé à nos pères en diverses occasions tt en diverses manières par les prophètes » nous a parlé en ees

ET L£8 iVAHGILES. Zy

demie» temps par soa Glêf qu'il a établi héritier de tontes cboses» et par lequel il a fait le monde. Et oo^ime il est la splendeur de sa gloire et le caractère de sa substance , et qu'il soutient tout par la puissance de sa parole , après nous avoir purifiés par lui-même de nos péchés» il est assis au plus haut du ciel 9 à la droite de sa touveraine majesté , étant aussi élevé an-dcasos des anges que le nom qu'il a reçu est plus excellent que le leur. Car qui est l'ange à qui Dieu ait jamais dit : Vous êtes mon fiJs; je vous ai engendré aujourd'hui? Et ailleurs : Je serai son père » et il sera mon fils. Et lorsqu'il introduit de nouveau son premier-né dans le monde » il dit : Que tons les anget de Dieu l'adorent. Aussi VÉerUure dit touchant les anges : Dieu se sert des esprits poui^ en foire ses ambassadeurs et ses anges t et des flammes ardentes pour en faire ses ministres; ttiais elle dit au fik : Votre trône, 6 Dieu, sera un trône étemel: le sceptre de votre empire sera un sceptre d'équité et de juatiee. Vous avez aimé la justice et vous avez haf l'injustice : c'est pourquoi , ô Dieu , votre Dieu vous a sacré d'une huile de joie ea une manière plus excellente que tous ceux qui participeront à votre gloire. Et ailleurs : Seigneur, vous aves créé la terre dès le commencement du monde, et les cieux sont l'ouvrage de vos mains. Ils périront, mais vous demeurerez; ils vieilliront tous comme un vêtement , et vous les changerez comme un manteau. , et ib seront diangés ; mais , pour vous , vous êtes loujonis le même^ et vos années ne finiront point.

En lisant avec attention cette épttre, on y découvre dès le premier coup-d*œil deux points importans d'instruction : le premier est l'accord parfait de l'ancienne et de la nouvelle alliance; le second est l'excellence divine de la personne de notre Seigneur Jésu»-Christ. Tout dans la religion chrétienne se tient et s'enchaine. On peut dire qu'elle a commencé avec le monde » et qu'elle

58 INSTRUCTIONS StB Ll^S ÉpItRES

ne finira qu*a?ec lui. L'homme créé innocent désobéit à Dieu. La créature se soulève contre le Créateur. Dieu punit Thomme parce que Dieu est justice. Mais en même temps Dieu pardonne à riiomme et le sauve 9 parce que Dieu est miséricorde. La femme avait séduit Tbomme. Dieu, en lui prononçant sa sentence, lui annonce que d'elle naîtra un sauveur, un réparateur de la faute première ; et ce réparateur est Jésus-Christ. Voilà donc Jésus-Christ promis dès le commencement du monde, et la religion chrétienne oomxneneè dans la promesse de cet avènement. Dés ^ lors ee n'est qu'au nom de Jésus-Christ et par lui que le genre humain est sauvé. Cette première promesse est renouvelée à Abraham , et aux patriarches nés de U»i. £lle est confirmée par les prédictions des prophètes. Ils annoncent le Christ; ils fixent le temps oh il viendra, la ville où il naîtra; ils décrivent les circonstances de sa vie; ils entrent jusque dans les moindres détails; ils racontent plusieurs siècles auparavant ses souflfrances, sa passion, sa mort, comme s'ils en avaient été les témoins. Jésus-Christ arrive au temps marqué ; en lui s'accomplissent les prophéties, et à l'ancienne alliance succède la nouvelle. L'Église se fonde , et doit durer jusqu'à la fin des siècles : donc les deux alliances sont parfaitement liées ensemble, et remplissent tout l'espace du temps.

Dans la seconde alliance, ce n'est pUis par des prophètes que Dieu parle au peuple qu'il a choisi ; c'est par Jésus-Christ. Mais qui est Jésus- Christ ?

KT LXS ■VAXCUCS. Sg

Est-ce, comiae Moïse, un komme que I>ieaa chai|^ deguider et d^édairerson peaple ? Est-ce plos? est-ce du oioiiis un ançe envoyé du ciel pour accomplir les anciennes promesses ? C'est cette question que saint Paul résout dans son épitre d'une manière qui ne laisse aucun doute. Si rApdtre prouve que Jésus-Christ est plus qu*nn ange, il aura prouvé , à plus forte raison , qu'il est plus qu'un homme. Or, que dit-il de Jésus-Christ ? Il dit qu'il est la splendeur du père , qu'il porte le caractère de sa sobstance, qu'il est infiniment élevé au-dessus des anges , qu'il est le fils de Dieu, non par adoption comme les anges et les honunes , mais par essence et par nature. Il dit que les anges l'adorent , que Dieu se sert de ceux-ci comme de ses ministres; que le trône de Jésus-Christ est étemel; quo Dieu l'a sacré d'une huile de Joie pour en £aire sou Christ ; que dès le conunencement du monde il a été le coopérateur de son père dans la création ; qne les cieux sont l'ouvrage de ses mains ; que les cieux et la terre vieilliront comme un vêtement qui s'use, mais que la gloire du fils ne vieillira pas, qu'il sera toujours le même, et que ses années ne finiront pas.

Maintenant je le demande : quel est l'homme , quel est même l'ange à qui pourrait s'appliquer cet incomparable éloge , qui aissimile le fils au père dans son essence, dans sa puissance, dans son éternité ? Les anges sont à l'égard de Dieu comme les ministres d'un grand roi , et Jésus-Christ est à regard des anges comme le fils de ce grand roi.

40 IKSTBUGTIOKS SUA IBS ÉpIt&BS

lequel fils est au-dessus de ces ministres : comparaison qui n'exprime même que très-imparfaitement l'infinie différence de Jésus-€hrist aux anges, puisque le roi y son fils et ses ministres appartiennent à la même espèce et sont de même nature , au lieu qu'il n*y a aucun rapport entre Dieu et l'homme, entre l'être souverainement parfait et sa

créature. *

ÉVANGILE

Saint Jean, ch. I, v. i.

A u commencement était le Verbe » et le Verbe était avec pieu , et le Verbe était Dieu. 11 était au commencement avec Dieu. Toutes choaei oqt été faites par lui , et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. Dans lui était la ne» et la vie était la lumière des hommes. £t la lumière luit dans les té« nèbres , et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut ua fiomme envoyé de Dieu qui s'appelait Jean. 11 vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière « afin que tous crussent pnr lui. Il n'était pas la lumière, mais H était venu pow rendre témoignage â eeiui qvi était la lu*. . mière. Celui-là était la vraie lumière qui illumine tout homme venant dans le monde. Il était dans le monde t et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tons ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être &its enfans de Dieu » à ceux qui croient en son nom , qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe a été fait chair , et il a habité parmi nous ; et nous avons vu sa gloire, sa gloire, dis -Je, comme du Fils unique du Père , étant plein de grâce et de vérité.

QUELLES grandes vérités nous sont révélées dans cet évangile ! et avec quelle majestueuse sublimité saint Jean les exprime ! Il s'élance bien en-deçà

£T LES ÉYÀNGILBS* 4^

des texliipa. Inspiré par r£sprît saint > il pénètre dans les profondeurs de Dieu pour nous révéler dei ces mystères sacrés ce qu'il est nécessaire* que nous en sachions et que nous en croyions. Au com* mencement, dit -il, était le Verbe, c'est-à-dire qu'au naoment ou tout a comnoimeneé , le Verbe était déjà ; c'est-à-dire qu'il était avant les temps, et de toute éternité. Ainsi la parole éternelle, pro« duite par l'entendement diyin , préexistait ^ elle était en Dieu, et elle était Dieu i etpt^shions remar* quables qui annoncent déjà la distinction des. personnes , une parole émanée de toute éternité du sein de Dieu, coétemelle avec lui , un Verbe en» cendré^ un père qui est Dieu , un fils qui est Dieu. L'Apôtre nous naontre ensuite ce Verbe divin , ce Verbe éternel partageant toutes les oeuvres de la création. Toutes choses^ dit-il, ont été laites par lui, et rien n^a été fait sans lui. Il nous apprend qu'il est la vie , parce que c'est lui qui doit l'apporter au monde, et que c'est par lui que nous sommes rachetés de la mort que nous avions méritée par le péché. Cette parole éternelle, ^e Verbe, dit-il encore 9 est la lumière, et elle a lui dans les ténèbres, parce que le Verbe est venu pour éclairer les hommes plongés dans les ténèbres de l'ignorance. Mais par la mauvaise volonté des hommes , les ter nèbres n'ont pas été entièrement dissipées , et ceux pour qui le Verbe était venu n'ont pas voulu le reoonnattre. Enfin ce Verbe , cette parole coétemelle au Père, ce Verbe, seconde personne de la sainte Trinité , s'est Mt chair, s'est revêtu de notre na-*

43 iNSTBucnONS srfi LES epItees

tvLrertt a habité parmi nous. Il y a manifesté sa. gloire >^|ioire fondée 3ur les mipaclcs qu'il a epérés , et sar la Mnteté de la doctrine qa'iJl visait anuoncer^ gloire digne du Fila, unique ^u Pèm^ ptein de gràee«t de vérité*

On recoanaft aisément dans ce commencement de rétangile de saint Jean toute la dpctrine du mystère de rincarnation, telle que cette doctrine est enseignée par T^Église j et la liaison* de œ «lys^ tère avec celui ^e la sainte Trinité. Dès qu'il eSit eonvenii que les saintes Écritures ont été inspirée» ^ et qu'il faut coroire tout ce qu'^e». contiennent » il ne peut plus y avoir de doute que Jésus-Chcist^ venu parmi nous, né comme nous d'une femme. t revêtu de la forme et même dea infirmités de notre nature , ne soit véritablement le Verbe qtii s'est fait chair, et ne partagé l'essence et la divinité du Père; eU' un mot^ que, s'il est Jiomme comme nous, il ne soit Dieu comme le Père, qu'il ne soit véritablement homme-Dieu , le Verbe éternel qui s'est fait honEune par un excès d'amour pour les hommes.

Mystère adorable et incompréhensible , je vous croirai , quoique je ne puisse pas vous pénétrera Je vous croirai parce que Dieu vous a révélé, et que Dieu est vérité. Je Croirai que le fil&de Dieu, égal à son père, existait de toute éternité. Je croirai qu^ a daigné . prendre ' un corps semblable au nôtre dans le sein d'une vierge. J'adorerai cet Homme- Dieu naissant, dans le sacrifice de la messe, le jour où l'Église célèbre cet événement mémorable; j'é-

tudierai la doctrine qu'il a enseignée pour y conformer ma conduite; et , puisqu'il est né pour nous , je ]e prierai de m'accorder la grâce de vivre pour lui 9 afin qu'un )our, par Tapplication de ses mé* rites y je puisse être reçu dans le sein de sa gloire. Tels sont les sentinaens pieux dont Pâme chrétienne doit être occupée le jour de Noël.

POUR LE JOUR DE SAINT ÉtIENNE.

ÉPITRE

Actes, cb. VII, V. 55.

CÎtibihb était rempli da Saint-Esprit ; et , levant les yeux au ciel, vit la gloire de Blea et Jésug qui était debo>"t à la droite de Dieu , et il dit : Je toi» les cieux ouverts , et le fils de Thommé qui est debout à la droite de Dieu. Alors ils s'écrièrent tout d'une voix^ et, se bouchant les oreilles, ils se jetèrent sur lui tous ensenable ; et l'ayant en tratné hor9*de la TÎIle , ils le lapidèrent , et lea témoins mirent leùn vètemens aux pieds d'un jeune homme nommé Saol. Ils lapidaient Etienne» et lui invoquait Jésus, et disait : Seigneur J ésus » recevez mon esprit. Et s'ètant mis à genoux , il cria à haute voû£ : Seigneur , ne leur imputez point ce péché. Après cette pttole il s'endormit an Seigneur. Or, Saul avait consenti comme les autres à la mort d'Étîeane. En même temps il s'éleva une grande persécution contre l'Église de Jérusalem, et tous les fUUUs , excepté les apdtres, furent dispersés en divers endroits de la Judée et de la Samarie. Or, quelques hommes qui craignaient Dieu prirent soin ù.* ensevelir Etienne, et firent ses funérailles avec un grand deuil.

Sairt EnENHE est le premier des martyrs, c'està-dire le premier de ceux qui versèrent leur sang

44 IHSTRVQTIONS SUR LES épÎTllES

pour rendre témoignage à la foi et à la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ; car martyr veut dire témoin ; et quel témoignage doit avoir plus d'autoritéyplus de poids que celui qu'on scelle de son sang ? Quelle vérité doit paraître plus incontestable que celle pour le soutien de laquelle on consent à mourir ? Renoncer à la vie pour appuyer un men* songe serait la plus haute et la plus inconcevable dies folies. L'homme tient à son existence , et s^il conse.nt à la hasarder , ce n'est jamais que pour obtenir des avantages , ou qui valent mieux qu'elle, ou que du moins il croit mieux valoir. Mais on ne peut supposer qu'on la sacrifie non-seulement sans inlérèt, mais encore contre tout intérêt. Ainsi quand on meurt pour soutenir une opinion y il faut nécessairement qu'on soit parfaitement convaincu que cette opinion est vraie , et qu'on courrait un grand risque en mentant à sa conscience.

En appliquant ces principes à ce que l'histoire nous raconte de l'admirable constance et du courage des martyrs dans les souffrances qu'ils aimèrent mieux supporter que de renoncer à la foi, ^ on doit en tirer la conséquence nécessaire , qu'ils étaient intimement persuadés delà vérité de la re* ligion , et des faits fondamentaux sur lesquels elle est appuyée , tels que les miracles et la résurrection du Sauveur 9 avec qui ils avaient conversé de- '^^* puis sa mort. Ces miracles et cette résurrection , ^i attestés pTar les apôtres , qui en avaient été les té- ^^ moins, et les témoignages qu'ils en rendaient, scellés de leur sang , forment une masse de preuves

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(T LES BYAVCILC8. 45

incontestables, auxquelles il est impossible que tout homme de bonne foi et d'un esprit juste refuse Bon assentiment. Posons donc ces deux principes comme deux points sur lesquels il ne peut s'élever aucun doute : i» que la religion chrétienne est vraie, ou, ce qui revient au même, que Jéstts- Ghristest le Christ et Tenvoyé de Dieu; et a* que les miracles et la résurrection du Sauveur ont des caractères d'authenticité qu'il est impossible de méconnaître; car les apôtros, qui en onl^té les témoins, sont morts pour attester la vérité et la fldélité de leur témoignage.

Mais 9 ce qui ne me parait pas moins remar^ quable dans cette épitrè, c'est l'esprit dont étaient animés les premiers disciples de Jésus ; esprit qu'on ne peut regarder lui-même que comme un :effet d'une grâce puissante , et, pour ainsi dire , que comme un miracle de cette grâce , lequel sufi&rait seul pour nous faire reconnaître dans l'établissement de la religion chréltienne l'œuvre d'un pouvoir bien au-dessus de tout pouvoir humain. En effet, quelle autre puissance qu'une puissance divine aurait pu inspirer à Etienne tant de zèle, tant de courage, réunis à tant de charité. Interrogé par le grand-prêtre sur sa croyance , non-seulement il confesse Jésus-Christ, il reproche aux Juifs d'avoir été ses meurtriers; mais lorsque, irrités par les justes reproches qu'il, leur adresse , ils se jettéiit avec fureur sur lui , et que, l'entraînant hors de la ville , ils l'accablent de pierres , victime innocente de leur rage , il ne lui échappe pas une

[fi INSTRUCTIONS SUR US iptTRES

courant de la vie d'Achab^ fut Tobjet de la colère de ce prince. Zacharie , fils de Joîada, est tué dans le vestibule du temple par les ordres de ce même Jb'âs (ï) dont la mère lui avait sauvé la vie, et que son père avait rétabli sur le trône. Un autre Zacharie , filsdeBarachie, est tué entre le temple et Tautèi (2). Isaïe souffre la plus cruelle des morts pour avoir osé reprocher au roi Manassès , son neveu y sa conduite irréligieuse , et pour lui avoir fait des remontrances sur ses désordres (5). Jean-Baptistè perd la vie parce qu'il soutient la cause des mœurs et de la sainteté du mariage. CVst donc à juste titre que le Sauveur reproche à Jérusalem d'avoir tué les prophètes. Par quoi néanmoins ces hommes fnspîrés de Dieu s'attiraient - ils ce traitement cruel? Que faisaient-ils autre chose que d'exécuter les ordres de Dieu, et d'être bien plus les instrumens de sa bonté et de ses miséricordes que de sa justice ? Ils avertissaient les coupables ; ils leiir promettaient pardon et indulgence^ s'ils retournaient à Dieu, en même temps qu'ils les menâçajent de sa colère , s'ils persistaient dans leur endurcissement. Quoi de plus touchant que Pèmblème sôus lequel Jésus dépeint le ministère sacré exercé par ces saints personnajg;es PGombien de fois^ dit-il, j'ai voulu rassembler teà énfaiis comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l'as point voulu (4) ! C'est donc Dieu lui-même qui nous prévient par le ministère de ceux qu'il a pré-

(i) II. Paralip. , H. aa. . (3) Origène , ch. XXUI , sur S. Maltb.

(a) Matlb., XXUI. 35. (4) Mattb., XXIH. ^^ '

ET' LES éVANGltSS. 49

posés à notre conduite; c'est lui qui vient au>-de-» vant de nous , et qui , semblable à une mère ten^ dre, nous offre sa protection dans le moment du danger, et c'est nous qui repoussons ses avances ; mais il vient un temps où sa patience se lasse. Alors il punit avec rigueur ceux qui n'ont point voulu du pardon qu'il leur offrait. Ces terribles menaces ne sont que trop accomplies sur cette Jérusalem , objet de tant de bontés et souillée de tant de crimes. Tous les maux en effet ont fondu sur elle : cEUe a, pour me servir de l'expression du prophète (1)9 été frappée d'une si grande affliction^ que les oreilles de quiconque en a entendu parler eu ont été ^tssourdies. » Il n'y est pas resté pierre sur pierre ; et ses enfans , dispersés encore aujourd'hui parmi toutes les nations , sans se mêler aveo elles, sans avoir une patrie, attestent cette punition.

Les persécutions ont presque toujours été le prix du zèle pour la religion. Les méchans souffrent impatiemment les bons , parce que la conduite de ceux-ci est une censure de la leur ; mais Dieu sait dédommager les bons de ce qu'ils ont à souffrir. S'ils sont affligés ici-bas, une récompense assurée , et dont le prix est au-dessus de tout ce qu'on peut imaginer, les attend dans un monde meilleur, et les méchans n'ont-ils pas aussi à souffrir, quand ce oe serait que de leurs remords ? Souffrances sans consolations, sans dédonounagement, puisqu'elles sont sans espérance.

Les prophètes n'ont point eu de successeurs et

5b iNSintJGTiozrs 8V& LES épSties

ne devaient point en avoir, quand les prophéties ont été accomplies. Choisis pour annoncer ce qui avait rapport à l'avènement du Sauveur^ après cet avènement^ leur mission était sans objet. Il n'en est pas ainsi des pasteurs établis par Jésus-Christ; ils ont et ils auront jusqu'à la fln des siècles des successeurs, parce qu'ils doivent durer autant que l'Église que Jésus- Christ leur a donnée à gouverner. Comme les prophètes, ils ont la mission de nous soutenir dans la foi et de nous avertir de nos désordres* Mais si leur devoir est de nous avertir^ le nôtre est de les écouter et de déférer à leurs avis. Dieu punit sévèrement le mépris de ses grâces ; et plus sa bonté s'est manifestée dans l'offre du pardon , plus sa justice est rigoureuse à l'égard de ceux qui le refusent.

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