POUR LE JOUR DE LA PURIFICATION
( 9 féTrier. )
ÉPITBE.
M/akickie\ ch. HI, r. r.
oici ce que dit le Scigneor noire Dieu : Je vais coTojer moD ange qui préparera ma toîc devant ma face, et aussitôt le domîoaleur que tous cherchez Tiendra en son temple , et l'ange de l'alliance que tous souhaites. Le Toiei qui Tient , dit le Seigneur des armées ; et qui pourra si^ement penser au iour de son aTénement ? Qui demeurera fenne pour le ooo' templer ? car il sera comme le feu qui purifie les métaux , et comme l'herbe dont se servent les foulons. Il s'assiéra , il mettra l'argent dans le feu et l'épurera, et il purifiera les enfans de Lévi , et les éprouvera comme l'or et l'argent qui a passé par le feu » et ils offriront des sacrifices au Seigneur dans la justice, et le sacrifice de Juda et de Jérusalem sera agicable au Seigneur comme aux premiers jours du monde, et comme aux siècles anciens , dit le Seigneur Dieu tout-puissant»
MiLiGHiB est le dernier des petffs prophètes. On ignore s'il a jamais existé an homme du nom de Malachie (i) , et quelq[ues-uns croient que Fauteur de cette prophétie est Esdras, celui qui après la captivité fut envoyé pour rebâtir le Temple , et qui est auteur d'tm livre de ce nom. En effet , Matachic, en hébreu, signifie envoj^éTc/u Seigneur; dénomination qui convient parfaitement à Esdras. Dans répitre de ce jour, Fauteur de la prophétie:
» Dom Cil met , Dict. hist. , au mot Malachie.
i«;ê iHsnucniMn sut us cfItbbs
parle de saint Jean précurseur du Sauveur ^ et Jésus lui-même applique à Jean-Baptiste ce même passage^ en disant que c'était Âe lui qu'étaient écrits ces mots : c J'enverrai «devant vons mou ange qui vous préparera le chemin » (i). Il annonce aussi le Messie de la manière la plus expresse par CCS autres paroles : c Aii8fiit6t le dominateur que vous cherchez viendra dans son temple. » Ce dominateur, cet ange de Talliance qu'Israël attendait depuis si long-temps, et dont les patriarches avaient désiré de voir le four (s), ne pouvait ^ire que Jésus , (j^i vint en effet dans son temple ; t^^està-dire , si on veut prendre l'expression au figuré , dans sa chair mortelle, laquelle devait servir de tabernacle au Verbe incamé. Explication d'autant plus naturelle» que Jésus-Chriat ai^^laii lui-même son corps un temple , iorsqu'il disait : < Détrulseï ce temple , et en trois jours je le rétablirai. » Car , dît saint Jean , il parlait du temple de son corps (3) : au reste rien n'empêche qu'on ne puisse aussi prendre ces paroles dans un sens naturel, puisque Jésus entra souvent dans le temple de Jérusalem , soit pour y prier , soit pour y annoncer la doctrine. Le titre d'ange de l'alliance ne convient pas moins à Jésus-Christ , puisqu'il apportait au monde une alliance nouvelle , une alliance bien plus parfaite que celle que Dieu avait faite avec Abraham , une alliance dont le fils devait être le médiateur, et qu^il devait sceller de son sang.
(i) Mattb. XI. lo. P) Jean, II. ai»
(2) Jeao , VIII. 5ê.
Qtti pourra ipenser au jour 'de son avènement ? dit encone te prophète, là iol nous )snfseîgnte quïïl y à deux avènement de Jésus-Chri^ : le premier, qui a eu lieu lofTs de la naissance du Sauveur, et qui fut marqué pafr seis prédications ;rântre, qu^il a amioncé tui-méme dans ses diffërentifs Instructions à ses disciples, et qui doit ^ôîr liéU à la fin du monde. On peut dire également de Tun et de Tautrc de ces deni. avénemens que îa grandeur des desseins de Dieu y est incompréhensible. Qui peut, par exemple , quant au'{>remier^ à moîias qu^on ne soit éclairé deslnmlères de la loi, concevoir que le fils de bîeu quille le sein de son père pour prendre une chair mortelle et venir habiter parmi nous ^ que le juste par excellence , que le saint des salnls^ se .chavge des péchés des hoonDés , ck pousse Va^ mottr fiïsqti*à s'iikimeler pour eux ; qt^il se àéiftmer à la mort , lui qui est là vie par essence ; qu^îl s'iramille jusqu^à souffrir sur la croix pour ressusciter enauite avec gloire, et faire adorer par le monde entier eette. croix « instnimeni auparavant d?u» iiuppliee rafémeP*
Et quant au second àviénement , qui pourra sotttenir l'idëe d*un Dieu descendant avec toute la majesté de sa gloire pour juger cette nombreuse postérité d'Adam, dont les généralions se «ontsueeéééesédpuis le cémmeii'<^enient du mondie, M les citer toutes à son tribunal redoutable? Cest alor.^ que, conformément à Texpression du prophète, il «era comme le feu qui purifie les mëtaux et sépare CéCume impure dafih arjgpent,- c'est-à^d'^'» '^*
l80 IRSTBUCTIOKS SCB LES ÉpItEES
inéchans d^avcc les bons , les impies d'avec les saints, afin que ceux-ci, après ces épreuves, offrent à Dieu des sacrifices qui lui soient aussi agréables que ceux qui lui fiu-eut offerts dans les premiers jours du monde et dans les siècles anciens par les plus saints personnages, comme Abel, Moë, Abraham y et les autres patriarches.
ÉVA«GIL£
Saint Litc, cb. tl, r. n.
Jbi!! ce temps -là, le temps de la purificatîoQ de Marie étant accompli, selon la loi de Moïse, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur , selon qa^I est écrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle prcmier-né sera consacré au Seigneur ; et pour donner ce qui devait être offert en sacrifiée , selon la loi du Seigneur , deux tourterelles ou deux petiti de colombes. Or il y avait dans Jérusalem un homme juste et craignant Dieu , nommé Siméon , qui vivait dans l'altente de la consolation d'Israël; et le Saint-Esprit était en lui.. Il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point qu'auparavant il n'eût vu le Christ du Seigneur. II vint donc au Temple par un mouvement de l'esprit de Dieu ; et comme le père et la mère de l'enfant Jésus l'y portaient, afin d'accomplir pour lui ce que la loi avait ordonné , il le prît entre ses bras et bénit Diea en disant : C'est maintenant, Seigneur, que vous laisseies mourir en paix votre serviteur selon votre parole 4 puisque mes yeux ont vu le Seigneur que tous noui donnei, et que vous destinez pour être expoaé à la vue de tous les peuples, comme la lumière qui éclairera les nations ^ et Ja gloire de votre peuple d'IsraëL
La fête que TÉglise célèbre aujourd'hui a un double objet. £lle honore la purification de Marie
ET LES ÉVANGILES. l8l
et la présentation de Jésus au Temple. G^est en tiiéme temps une fête de la mère de Dieu et une fête du Seigneur. Nous avons vu que Marie, en sa qualité de mère de Dieu , était la plan pure et la plus parfaite des créatures; que telle était Topinion non-seulement des docteurs, mais même de l'Église; soit que 9 comme quelques-uns le veulent^ Marie ait été puriGée dans le sein de sa mère; soit que 5 comme l'enseignent de célèbres écoles , et comme TÉglise semble le croire, elle ait été entièrement exempte de la tache originelle. Mais, quel que soit le sentiment qu'on adopte , il en résulte toujours que Marie, mère de «Dieu, n'avait pas besoin de recourir après son enfantement à la purification légale ordonnée par la loi de Moïse , et que, si elle l'a fait , ce ne peut être que pour nous laisser un exemple de sa grande humilité et de sa parfaite obéissance à la loi; humilité qui l'avait rendue si agréable à Dieu, et qu'elle avait si bien témoignée au moment de la visite de l'ange , lorsque, répondant à la salutation de Fesprit céleste. Cille dit : Jt suis ia servante du Seigneur.
Mais ce n'est pas seulement Marie , c'est encore Jésuslui-méme qui veut bien, dans cette grande circonstance, nous servir d'exemple. La loi de Moïse voulait que tout premier-né fût consacré au Seigneur et racheté par une offrande. Jésus sans doute ne devait pas être soumis à cette loi : cependant se» parens le présentent au Temple , et le fils de Dieu souffre d'être confondu avec les enfans ordinaires , d'être racheté comme eux , lui qui venait
102 rjrSTRCCTlOXS SDK LES ÉpfrBE»
racheter les hovimes -, €i d^ètre racheté par Toffrande des pauvres « lui (futi est le aaatti^ de Tunivers P O huHiilîté du fils de Dieu , ^uel grand exemple vous êtes pour ootts l et eom&ien iio«b devo&s rough* de notre or(|;ueil ! obéissance du législateur «upréine à des lois tu*H n'a faites que pour retenir des hommes pécheurs dans les bornes du devoir, quelle leçon voul êtes pour note autres hommes y ai enelins à nous e& écai*ter !
Alais hîenti6t le v<>ile qui couvre ces deilx^iraiids mystères se lève , et Dieu Ae permet pas qu'ils restent cachés; il suscite un juste «etmaté Siméon^ «uquel il avait été promis qu*îl ne mourrait poinl: avant d'avoir ^u le Christ du Seigneur (i) ^11 vient au Temple par un mouvement de l'esprit de Dieu^ il prend Tenlaot dans ses bras;, il ^ consîâève avec ufi relîgieuJL i*espect ; il reûoBfiaft en lui ie JDéêvré des natiew si lom^^-^emps attendu , et il bénit le Seigneur. Une pro^étes^ survient et lut rend le même hommage. Ainsi , dit saint Augusthii en vain une fbro^ mortelle dérobe aux yeux la majesté de ce divin enfant^ tout concourt à la -faire éclater. Les prophètes l'ont prédit , et des miracles précèdent et accompagnent sa naissance. EUsabeth stérile met un enlant au monde ; SLacliarie devenu muet recouvre la parole ; Jean • encore renfermé dans le sein de sa mtère, tressaille de joie; des anges annoncent le uouveau-né ; des pasteurs accourent à l'étable, avertis par de divins concerts ; des mages apprennent ce gratid événement par
i^) LUC, H. iG.
ET LES ÉVlNGliE». lS5
rap^rî4ion 4H»» nouvel astre dans on pays loin* tain ; ttn jmte reconnatt 'le Ohrîsft pramii», et préparé comme une lumière pour édaîrcr les Ballons, et meurt consolé ; une propbétesse le montre aujt Israélites fidèles.
Dans la fé4e que rfigUse oéIèbt« aufottrdlmi y sou intention n'esit pas séulemeiift de notis iniriter à ho* norer Marie , et à appl^endre d'elle Fliumilité et Tobélssance à la loi de Dieu ; elle nous înTÎte encore à purifier nos cœurs , afin de pouvoir los présenter à Dfieu comme itn aacrUifOè qui lut sera d*an1ant plus agréable ^ue nous mettrons pins de soin à conserver cette pureté qui brifle si éminemment dans Marie 9 et lui mérita d^ètre placée au* dessus de tcmtes les cnéatures.
P013R LE JOUR BB SAIKT MATflIAS,.
( a4 i^vricr» ) ÉPITRC.
ili n ces joun-là , Pierre §e lera au milieu des disciples , qufétaîent lous ensenyMc catiton sîx ^'iv^ , et ît fe«r dit : Iftc» frères, il fiiilt que ce fue le Saint-Esprit a crédit dans l'Écris ture par la bcniobe de Havid tOH<ibaBt Judas, ^uî a <fté Ir chef et Je guide de ceux qui ont pris Jésuf , soit acoompK. Il était dans le même rang que nous , et il avait été appelé aui fonctions du même ministère ; et , après avoir acquis un champ de la récompense de son pédié « il s'est pendu , et a crevé par le milieu du ventre , et tontes ses c»fnnlles se sont répandues ; ce qui a été si ooncm de iMs les babiUQi de Mrusidem» que
f84 IHSTftVCTIOHS hVK LES ÈPtlMES
c« champ est Dominé, en leur langue, Hmetidmw^m^ c'est-à-dîre le ehamp du sang. Car il est écrit dans le livre des psamnes ? Que sa demeure devienne déserte \ qu'il n'y ait penonne qui riubitc » et qu'un autre prenne sa place dans l'épiscopat. U faut donc qu'entre ceux qui ont ëlé en notre compagnie peadaût tout le temps que le Seigneur Jésus a vëco parmi nous , dcpub le baptême de Jean jusqu'au jour où nous l'avons va monter au ciel , on en choisisse un qui soit comme nous témoin de sa résurrection. Alors ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabas , surnommé le Juste ^ et Mathias; et se mettant en prières, fls dirent : Seigneur, vous qui connaisses les coeurs de tous les hommes , montrez-nous leqori de ces deux TOUS aTei choisi, afin qu'il entre dans le ministère et dans l*«postolat dont Judas est dëehu par son crime» pour s'en aller en son lieu. Aussitôt ils les tirèrent au sort, et le sort tomba sur Mathias, et H fut associé aux onze apôtres.
Beaucoup de choses me semblent dignes de remarque dans répître de ce jour, i* J'y vois la confîrmattonetle premier exercice delà primauté donnée à Pierre par le Sauveur svir les autres apôtres. Il lui avait promis de le faire chef de FËglise y et voilà que, même avant de recevoirle Saint-Esprit^ Pierre exerce les droits de cette primauté. Jésus avait créé les apôtres au nombre de douze. La trahison de Judas avait rendu le collège apostolique incomplet; c^est Pierre qui, en sa qualité de chef, ^e croit obligé d*y pourvoir; c'est lui qui avertit les autres apôtres de la nécessité de ce remplacembcnt , et qui le propose. Quel autre qu'un chef peut s'arroger de pareils droits?
a* Nous voyons par l'exemple de Judas qu'à quelque haut degré que l'homme soit élevé , même dans Tordre spirituel , U doU toujours avoir la crainte
BT IBS evàngilbs. i85
d'en descendre. Judas était apôtre; il avait été appelé par Jésus à cette haute fonction. L*avarice le perd ; il oublie les bienfaits qu*ll a reçus de Jésus, il va lui-même s'offrir pour le livrer. Il le vend pour une médiocre somme d'argent. Il le met insidieusement et perfidement dans les mains de ses ennemis.
5* Nous demeurons convaincus par cet exemple que 9 si quelquefois la punition ne suit pas immédiatement le crime, il arrive néanmoins aussi quelquefois qu'il est aussitôt puni que commis. Judas a livré le Sauveur, il a trahi son maître par un baiser. Jésus n'avait pas encore consommé son sacrifice que le remords s'empare de Judas, que ridée de son crime le poursuit, il va trouver les prêtres , il s'accuse devant eux, non pas comme un coupable repentant, mais comme un criminel dont le cœur est livré au ver rongeur du désespoir. Il veut rendre l'argent qu'il a reçu , et , sur le refus «{u'on fait de le reprendre , il le {ette au milieu du Temple. Bientôt après il sepend, et, par ud effet de la punition divine , ses entrailles lui sortent du corps : il est vrai que jamais crime ne fut égal au sien.
4° On voit quel soin mettent les apôtres à chercher^ pour se compléter, un homme qui ait toutes les qualités nécessaires. Ils veulent quelqu'un qui ait été en la compagnie de Jésus pendant tout le temps qu'il a vécu parmi eux , afin qu'il puisse plus souvent et plus utilement rendre témoignage de ce qu'il a vu. Ils veulent un témoin de larés»»^-
|86 IHSTRVCTIONS SUR LES ÊpItIES
rection de Jésus-Christ, parce que c^st sur la vérite de la résurrection qu*est fondée tout le christianisme, et ils désignent deux disciples, Barsabas le Juste et Mathias.
S*" Après avoir pris toutes ces précautions, les apôtres ne s^en rapportent point encore à eux. Ib se mettent en prières. Ils supplient le Seigneur d'éclairer leur choix ^ et Dieu daigne désigner celui des deux candidats qui lui est le plus agréable, en dirigeant le sort qu'ils jettent pour se déterminer entre l'un et l'autre. Le sort tombe sur Ma* thias.
Je crois devoir remarquer que si, dans quelques Gccasions , Dieu a permis qu'on se servît de la voie du sort , et a bien voulu faire connaître sa volonté par ce moyen , on n'en doit rien conclure ea faveur de cette méthode 9 que la religion réprouve quand on l'emploie sans une inspiration prarticalière et bien manifeste. C'est de même parce naoyen du sort que, lorsque les Israélites demandèrent na roi (1) , Samuel découvrit quUl devait être de la tribu de Benjamin, de la famille de Metri, et enfin que c'était Saûl, fils de Cir. Mais ces cas particuliers ne prouvent rien en faveur de Tusage de consulter le sort. Au contraire, la confiance .qu'on accorderait dans les occasions ordinaires à la voie du sort serait criminelle , et doit être regardée comme une superstition défendue.
De ces considérations nous pouvons déduire 4fuelqucs points d'instruction. 1* Le choix que le San-
(1} I. Hoi;;, X. 30.
Yeur a fait 4e saint Pierre pour être chef <le «on Kgh'se noufi rappelle le respect et }a «otmifssion dus au souverain pontife, son successeur. a° La chute de Judas nous apprend à nous tenir sur nos gardes et a maintenir nos passion sypuisqu^lles peuvent nous conduire aux plus affreux excè». 5*" Sa punition doit nous inspirer une terreur salutaire. 4*" ^^c soit> que prennent les apôtres pour Télection de fdathias nous fait entendre que les prières dont ils la font procéder doivent nous engager à n'avoir que Dieu en vue daias toutes nos entreprises , et à nous adresser à lui afni d'obtenir les lumières propres à nous guider. Enllncela doit servira nous bien per* suader que tout ce qu'on fait sans IHeu et dans tout autre But que le service de Biea^ n'est que le vain et inulile elTof't d'une créature faible qui par elle-même ne peut rien « et n'est cfii(»able de rien amener à une heureuse fin.
£VAN<3ILE
Saint Matth., cb. XIX, v. 97.
HiK ce temps-là, Pierre dit à Jésus : Vous Toyez que nout avons fout quitté , et que nous tous avons suivi : quelle récompense donc en recevrons- nous r Jésus lui repondit : Je vous dis en 'vérité que , pour vous ^ui mVivoz suivi , lorsqu'au temps de la régéBoration , le fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire , vous serez aussi assis sur dôme trénes, et vous jugerez Les douze tribus d'Israël ; et quiconque abandon* nera pour moi sa maison , ou ses frères , ou ses sœurs , ou son père , ou sa mère , ou sa femme ou #C8 enfans , ou ses terres „ en recevra le icntuple , et aura ^w bvritagc la vie éternelle..
l88 INSTRUCTIOHS SVR LES ÉptxREg
Mais plusieurs qui avalent été les premiers seront leA derniers j et plubieurs qui avaient été les derniers seront les premiers.
Qu'avait donc quitté saint Pierre, qu'avaient abandonné de si considérable les compagnons de son apostolat pour qu'il osât demander, tant en leur nom qu'au sien, quelle récompense Us de* vaient recevoir ? Pierre et presque tous les autres apôtres étaient de pauvres pêcheurs ^ sans fortune ^ sans considération , appartenant aux dernières classes de la société. Saint Pierre et les autres dis* ciples n'avaient point d'autre propriété que leurs filets 9 pour tout revenu que le produit précaire de leur pèche : et il dit^ avec une confiance qui approche presque de la présomption, et qu'à peine on pardonnerait à l'abandon de grands honneurs et d'une grande fortune : Seigneur, nous qui avons tout quitté pour vous suivre, comment nous récompenserez-vous? Qu'auraient pu dire de plus des hommes nés djins l'opulence, élevés au faite des dignités, tenant un haut rang dans le monde ^ si c'eût été parmi des hommes de cette condition que le Sauveur fût allé chercher ses coopéra teurs , et s'ils avaient en effet quitté tout ce qu^ils avaient pour le suivre.
Je répondrai à cela que Dieu regarde beaucoup plus au cœur et à la bonne volonté qu*à la valeur que les hommes mettent aux choses de ce monde. C'est le cœur de l'homme qu'il veut , c'est TafTection à son service, c'est le sacrifice de nos goûts^, et surtout des passions qui nous détachent de lul^
ET LES EVANGIUS. 189
qu'il nous demande. Que sont en effet aux yeux.de Dieu les richesses , la possession de biens périssables ? que sont à ses yeux les trésors , des couronnes même et des trônes? Croyons-nous que Dieu partage nos illusions? Il a voulu rinégalilé des for-> tunes, parce qu'ayant créé Thomme sociable, sans cette inégalité , qui rend les hommes dépea-» dans les uns des autres, il n'y aurait point eu de réciprocité de services. Il a voulu la hiérarchie des pouvoirs 5 parce que , sans elle , tout eût été désordre et confusion. Mais 9 dans Téconomie du salut, il n'y a de différence entre les hommes que celle des degrés de vertus. Devant lui. Thomme est juste ou pécheur, zélé pour sou service ou rebelle à sa loi , charitable envers ses frères ou dur et insensible à leurs maux. L'un est son ami; 11 a pitié «fl^'autre, et lui. laisse le temps de se repentir ; mais s'il néglige de le faire , il le punit sévèrement. Les seuls hommes précieux aux yeux de Dieu 9ont donc ceuT-là seulement qui observent $es (commande mens.
Que peuvent en effet offrir les hommes à Dieu, si ce a'est ses propres dons? S'il n'a donné à l'un que deé ûleXs , lorsqu'il les quitte pour Dieu , pour obéir à ses ordres , il fait autant que fait en les quittant celui à qui Dieu a accordé les plus grandes richesses. Cette doctrine est celle de l'Évangile , et Jésus-Christ l'a lui-même confirmée. C'est lui qui £L dit que la pauvre veuve qui ne met que son obole , c'est-ù-dire la plus petite pièce de monnaie, dans le tronc du Temple, avait plus fait que
IÇ)0 IMST&UCnONS SUR LES ÉvîlBCS
ees hommes opiiiens qui ne 8*étaient privés que d'une partie de leur superflu , au lieu qu'elle avait pritf son offrande sur son nécessaire (i). Ne nous étonnons doue point d'entendre saint Pierre dire : « nous avons tout quitté.. »
Ittais si quelque chose doit exciter notre étoftnement, c*est la magnificence avee laquelle Dieu récompense le saeri^e qiJke nous lui faisons de ses propres biens. Ge n'est pas un héritage passager qu'il nous promet y c'est la vie étemelle. Ge n'est poifit une couronne mortelle , un tr6ne oà s'asseyent quelquefois avec les princes l'inqaiétude et les noirs- soucis , c'est un tréne de gloire et de félicité san$ mélange. Et q«ie faut-il entendre encore par le sacrifice des biens dont Dieu nous a favorisés ? Est-ce une abnégation ^entière ? est-ee un dépouillement sans bornes? Ils auraient Éftr mérî4e, ils ont eu leur exemple. Mais Dieu ne les exige pas; ce qu'il demande se réduit à faire de ces biens un usage raisonnable et religieux , à ne les point détourner de leur véritable destination , à prélever sur eux de quoi soulager le pauvre 9 consoler la veu^e, nourrir l'orpheliii^ usage qui dès ce -monde procure plus de véritable -plaisir, plus de satisfaction' intérieure <fuo> l'emploi qu'on en ferait à conl<en^r se» fantaisies , ses caprices , et plus encore ses passions désordonnées. Voilà à quoi se réduit ce que Dieu demazide;. et pour ce léger sacriflce il ofi're une récompense qui n'a point d'égale.
(-) Marc. Xlï.à-i.
ET lES £VA^CILES. I9I
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