POUR LE JOUR DE SAINT MARC
( a5 aTril. }
ÉPITHE.
//. panUipomènes', ch. VII ,r, is.
X^H cet }oiin-U ^ le Seigneur apparut la nuit à Salomoo, et lui dit : J'ai exaucé votre prière , et j'ai choisi pour moi ce lieu pour en faire une mabon de sacrifice. S'il arrive que je ferme le ciel, et qu'il ne tombe point.de pluie, ou que j'ordonne et que je commande aux sauterelles do ravager la terre, 'et que j'enToie la peste parmi mon peuple, et que mon peuple, sur qui mon nom a été inroquë, se convertisse, qu'il Tienne me prier, qu'il recherche mon visage, et qu'il £i8se pénitence de sa mauvaise vie, je l'exaucerai du ciel, et je «ui pardonnerai ses péchés » et purifierai la terre où il fait h demeure."
tr tBs ivANGitts. 199
C'est Dieu qaï dispense les biens et les maux : les biens dans sa miséricorde ; les maux 9 nou-seulement dans sa justice, mais encore dans sa miséricorde. Je dis que Dieu dis^pense les biens dans sa miséricorde ; car il nous les dispense gratuitemeiity sans mérite de notre part : ce n'est donc^ surtout depuis le péché, qu'un effet de raffectiou qu'il nous porle. C'est ce qui a fait dire à S. Jean que c'était Dieu qui nous avait aimé le premier (1 ), et non pas nous qui avions commencé à aimer Dieu. Si Dieu nous fait du* bien , c'est parce qu'il est bon et qu'il ne nous traite pas selon le peu que nous valons , mais plutôt d'après une bienveillance paternelle » qui lui fait prendre pitié de sa créature , jeter sur elle un regard de compassion et s'accommoder à sa faiblesse.
Je dis aussi que Dieu nous dispense les maux dans sa iustice ; car il hait le péché « et il doit le punir. Il ne le fait pas toujours danscette vie ,. parc i qu'il est patient, et qu'il lest une autre vie dans la^ quelle les coupables ne lui échappent pas. L'Écriture nous apprend que les fléaux dont Dieu afflige la terre , tels que la guerre , la peste , l'inclémence des saisons, sont, dans la main de D&eu , des verges dont il châtie les peuples. Nous le .voyons dans l'épître de ce jour. Je ferme le ciel , y dit le Seigneur, afin qu'il ne tombe point.de pluie; j'ordonne , je conunande aux sauterelles de ravager la terre ; j'envoie la peste parmi mop peuple. Ainsi , lorsque les terres sont frappées de stérlUté, lors-
(i) L Ép. de aaÎBt Jean , lY . 19.
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qu'un veiit brûlaét dessèche lei plantés, larsque ies maladies dépeut>lerit les cifés; lorsque les nattons, livrées à une fureur homicide, se forment «n bataHloflà ponr s'entre-tuèr , c'est la main de Dieu qbi nouâ châtie; mais si des^ fléaux sont dcg în&ft'Ufnem dont se sert sa justice, M$ sont encore , dans Tonire de sa bontés des effets de sa miséricorde. €e n'est psfs s^uleiheht ponr nous punir, e^est ausèi pour nous ramener à lui qa& Dieu Aôiis frfïliçe ; c'est, dît-fl , afin que nan^ noui convertissions , que' rions tenions le prier , qtie nolis cherchions son visage. * Alors y dit- il , il ridns ex^dcéra, il nous parrddnnerâ nos péchés.^ il put<îtiera la l^i^è. »
Dieu est donc toujours bon , misi^rîcotdiefix ; }Àbn quarid il notts combie de se» bienfaits, Bdii clicoré quand il nous punit, puisque c^est pouf nobsffëife rettlfei^ dân» ta voie de la verfà. C'est uil père qui <M>i^f^ se^ enfans pour leuir bieiâ[, et qoî ^eseft dé tous )es moyèvf s pour les retenir da«s le^ bohfies du dievoir; censidttt«iti(ins^qfiii doivent hùm pcfHbf k nous soxitnetfre mt aflliotiotis , pui^û^dlë^ noutf sont avantageuses^ et à i^eoevdî^ de Dieu le bien a\'ec reconnaistônœ et le^ adVéNités aVéfc résignatioii.
L'Église, qul^veittque cfUaque fotir soit eùtisacré à la pfJèrcrj en îsfn eneôre de partîculièi^i et de plus sblei^neHefs datlsr certains tdmpë dé l'année. C'e^t aimsi^<]neWé )^i^ de suirit Marc (*), elle célèbre
,(') Saint Marc , dont l'église ce- de disciple et d'interprète. C'est
Wkré U fétë lé aS.a^ril, esH'Aâ à l'a prière dés fidèles de Rome qn il
des. quatre éTOng^listes. H était conf posa son évangile /lequel n>st
Juif d'brSgÎDé , eVil s'àltacBa àf saint qu'un abrégé de celui de saint Mal-
Pirrre, dont saint Jrénéo le qaalifio tbieu. Saint Marc jprécba la foi en
les grandes litanies » etin^ife lés fidèles à s'y joindre. Ou nomme ainsi des supplieatioifs oii'processions publiques, danslesqueUes on prie les saints d^empleyer leur intercession auprès deDîeu^ pour fléchir ffa jns-^ tice, irritée des péchés- des4iOiiitûes, c!t pour lui demander l08 biens soit spîrïtuels, soit temporels, pzir te^ mérites de la passion et de la croix de Jésus* Christ. Tels sont encore les trois jours des Rogiilions , qui se célèbrent le lundi , mardi et mercf^sA avant l'ilseensîon. Dans ces prùéessionif publiques » cm prie Dieor p^ur les rois et pour ceux qui gouverireht !es' tttkpÎT'ed , pour la paix et la concorde entre les princes et pour la conservation des biens de la terre. Cette institution est due originairemeni à saibt Grégoiré-le-Grand , qui ordonna ces litanies ^ ifaris uAè (>éslé qui faisait beaucoup de ravagM^ et cjftfé ï>réù voulut bien faire cesser quand on eut recours à lui. C^est à peu (>rès pour la même rai* son ((ue dans la suite saint Mamert , archevêque d!^e Vienne , établit les Rogations. Les églises adoptèrent ces pieuses institutions ; les conciles les ap-* prouvèrent, et bientôt elles devinrent d'un usage génféral. On ne peut douter qu'on ne retire da gk'ands avantages de ces prières publiques, les^^ qdeîfes , pour me servir des expressions des livres sacrés , font au ciel comme une sainte violence*, potir en obtenir les grâces et les bienfaits dont on a besoin.
Egypte , et fut ëvéqne d'Aleundrie. lii|ats furent tnii«poi(léft> k Aleun*
ït souffrit le manfté govt» N^ron, dric , d'où elles passèrent à Venis«*.
dans un lieu nommé Bucoks, où ton Cette Tille prit SAtat Mart pour p**
corps Tut enterré : par la suite ses ro- tron.
900 lirsmUGTIONfl 8Uà LES IBPlTEJtS
ÉVANGILE
Saint Marc , ch. II, r. aa.
Xi 11 ce tcmps-lè , Jésus dit à tes disciples : Ayez de la foi. le TOUS dis, en vérité, que quiconque dira i cette montagne : Ote-toi de là , et te jette dans la mer, et cela sans hésiter dans son cœur, mais croyant fermement que ce qu'il dît arrivera, il le verra en effet arriver. C'est pourquoi je vous le dis : Quoi que ce soit que vous demandiea dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez, et il voua sera accordé. Hais, lorsque tous vous piéfteoterez pour prier ^ si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, afin que votre père qui est dans le ciel vouK pardonne aussi vos offenses : que si tous oe pai^ donnez point , votre père qui est dans le ciel ne vous pardonnera point non pins vos péchëa.
C^EST la foi qui est le fondement du christianisme. Sans la fei, notre espérance est vaine : car, sur quoi s'appuierait-elle ? Si le Verbe ne s'est point incamé , si Jésus n'est pas ressuscité , il n'y a plus de rémission des péchés ^ il n^y a plus de vie éternelle; et alors quel est le sort de l'homme ?Sod existence se bornc-t-elle à cette vie ? Dans ce cas , il parait un moment sur la terre pour y être malheureux ^ et il n'attend aucun dédommagement. Dans ce cas, la vertu est une folie, et le désir de bonheur que nous portons en nous - mêmes , une illusion. Si au contraire nous survivons à notre corps 9 la foi nous éclaire sur notre sort futur. Otez la foi, un voile épais couvre la destination de celte partie dCDious-mèmes qui ne meurt points tandis que la foi explique tout, fixe tout, et nous apprend te que nous devons devenir.
ET LB8 EVAHCILKS. 203
Dîeu récompense la foi et punit le icânqoe de foi. Abraham croît, et sa foi, dît TApAtre , lui est réputée à justice (i). Lorsque Dieu lui promet qu'une nombreuse postérité sortira de lui, malgré le peu d'apparence que cela puisse avoir lieu , puisque Sara était dans un âge avancé , il croit à cette promesse , et Dîeu l'accomplit fidèlement (2). Abraham )0înt l'obéissance à la foi. Quand Dieu or^donne, il ne discute point les ordres de Dieu. Faut^ il sacrifier son fils, seul fondement de la promesse, il n'hésite point. Il se rend au lieu marqué, il j conduit cette chère victime , il lève le bras pour l'immoler; et Dieu» content de sa- bonne volonté et de son obéissance , n'en exige pas davantage (3).
Si Dieu réconopense la foi , il punit le manque de foi. Moïse et Aaron hésitent aux eaux de contra* diction ; cependant, après un moment de défiance* le premier frappe deux fois le rocher, et leseau^ en îaillissent avec abondance. Mais sans doute la foi des deux frères n'avait pas été assez vive et assex prompte. Moïse et Aaron, tout aimés qu'ils sont de ^^ Dîeu, n'eptreront pas dans la terre promise, et n'y introduiront point le peuple choisi (4). Pierre aperçoit Jésus qui marche sur les eaux;; il lui dit:. Seigneur 9 si c'est vous, faites que je piMsse aller, vous joindre; et le Sauveur lui répond : Venes. Pierre se précipite de la barque ; les eaux le soutiennent. Mais un grand vents'étant élevé, Pierre a peur; il hésite. Aussitôt il enfonce, et s'écrie:
(1) Rom. , IV. 2. 3. (3) Gcn. , XX'l. 3 et sait.
(a) Geo. , XU. 7. XV. 5. 18. (/j) NomUrcs , XX. s*.