‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 17 sur 29 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

dû4 IKSTEfJCTIONS SVft LES ÉvtT&Etf

Séxgrtétitt'i ^àuVet-mol. Jéstts lui tend la xnaîn, mais H l'a^ppelfc hoititihie de peu de fdi, et lui reproche

d'aroîrdèmté (0- II li'est presque point de paf^es dans l'Écriture

qui n^attesste lai puissance de là foi. On présente à Jé^i VLti paralytîqfeie. Gcui:4ui ramëidCDt nedout^iït poinf que le Sauveur iié pnfsse le guérir, et it eroyttîent si fetmeiïiént , que Jésus £(dfoiîré leur {bt. Lepararytîque à récotrtri*é l*usagc de ses membres et se trouve M bien gttéri, (fû'fl retourne ♦îSez fui sans le seôourâ de personne (2).

San^ la foi , leï j^lûs gràtfd's dons , les Vertus les plu^ l'ëlev^èd, Tespitt ^e prophétie lui-iiiéme ne soht rîcû. Ç*ésf lUpôtre cjiii nous rapprend, et qui prohotlce en métne temps que l^honimé privé de h. foi f fût Al possesseur de toutes ces choses , éihûi paf cielaf même privé de la charité , n'est qu'une cyiùbâle reteiiti&satite (3).

Afàtiê doué là foi. Ayons-la, vive et ferme dans lês^ praires que nous adressons à Aieu , et soyons sdts afl<^8 que' notrs obtiendrons ce que nous lui dematidons. Haïs, avatnt de prier, examinons-nous bien , et voyons si notre cœur est pur , s'il est animé dû feu de la chatilé, s^il est exempt de ressentiment et de haine. Si nous avions le malheur qu'il n^eti fût pas ainsi , bannissons ces levains funestes avant de prier. De quel front oserions nous faire une demande à Dieu avec la haine dans le cœur ? Pardonnoiis donc d'abord à noà frères, si nous

(i) Maltb. , XIV. a8. H. (3>I. êjf». aux Coriulh'. , XIII. t.

(2) Matlh.,IX. 7.

ET LES ÉVAKGItES. ao5

voulons être pardonnes , et ne leur refusons pas merci , si nous ne voulons pas que Dieu nous le refuse.

POUll LE JOUR

DE SAINT JACQUES ET SAINT PHïtlPFE.

( 1 mai. ) ÉPXTRE.

Saint Paul, /• tp, aux Corinth,, cli. XV» v. t.

jVLbs frères, vous ajant annoncé l'évanj^lc que tous arca reçu, dada lequel vous demeurez fermes, et par lequel vous vous saurez , je croîs maintenant devoir tous faird soùVeniC de ce que }e vous ai proche en voiA fafnnoilçaftr, afîil qûê vafoA nyfiéttsi vous l'aTCft retenu , poîsqve aotremeot et senRt eil vain qiM vou» auriez embrassé !» M, Gat, premièréiBeot, je vous ai enseigné et comme donné en dépôt ce que j'avais moi*mdme reçu : savoir, que Jésus-Christ est mort pour nos péchés Het^ les Écriiures; qu'il a été enseveli, et qtfit est ressuscité le trt>îiiême jour- «elon tes mêmes Écritures ; qu'il t'cit fait V0k â Céphas^ puSi aux demie $ qn'aprèt il a été vo en «ne seule fdis de plus de einq cents f^rf s , dont il y en ^ plusieurs qui vivent encore aujourd'hui, et quelques-uns sont déjà morts; qu'ensuite il s'est fait voir à Jacques, puis k tous les apôtres; et qu'enfin , après tous les aulres^ il s'est fait voir è moi-miême , qui ne suis qu'un avorton.

Il y a tant de légèreté dans Tesprit de rhorome, les racines qu'y jeltent Tamour du bien sont si peu profondes , et la volonté humaine est si inconstante^ que les vérités même lesplus importantes ne s'y gravent qu'à force d'y être remises sous les yeux. Saint Paul avait annoncé la parole p

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Coriuthiens, et les «vaît laissés fermes dans la foi : il croit néanmoins devoir les faire souvenir de ce qu'il leur a prêché > et il est inquiet de savoir s'il Tont retenu.

Et , nous aussi nous avons reçu l'Évangile , on plutôt 9 par une grâce particulière du ciel , nous sommes nés au sein d'une religion qui le professe, et il nous a été transmis par nos pères comme un précieux héritage. Mais cette grdce non -seulement serait nulle pour nous 5 si nous la négligions , elle serait encore suivie des plus funestes effets , puisqu'il est juste que ceux-là soient plus punis à qui il a été plus accordé, quand ils n'ont point su en profiter. La foi est un dépôt qui s'appauvrit quand on ne le soigne pas , et il n'est point soigné quand on néglige les instnictians. On nous voit soigneux d'acquérir des connaissauces et des ta^ lens; je suis loin de blâmer les efforts f<àîts pour cela;; les connaissances et des talens aci|uis sont des choses précieuses. Dieu d'ailleurs ne nous a donné riutelligence et des facultés que pour les faire valoir; ce n'est pas l'offenser que de profiter de ses dons, et d'apprendre ou de faire apprendre à ceux qui nous intéressent une infinité de choses, pourvu qu'on ne les dénature point, en les détournanl.vers des vues profanes, et en en faisant un usage pernicieux; mais , quelque estimables , que soient ces avantages , la science du salut est d'une bien plus haute importance. Toutes les connaissances qui n'ont point Dieu pour objet n'ont de rapport qu'avec une vie qui passe. La science du salut^ au con^

ET lÈS EVAK6ILE8. 2ày

traire , se rapporte à réternité ; ces vérités sont connues de tout chrétien; maïs malheureusement peu les méditent et les apprbfondisent.

. Deux devoirs nous sont donc imposés : le premier est de croire d'uoe foi ferme les mystères qui nous ont été révélés; savoir, que Jésus-Christ est mort pour nous, et que, sans cette knort, nous serions restés dans le péché ; qa*il a été enseveli , qu*il est res- 8u$cité, et qu^il a plusieurs fois apparu à ses disciples, pour quMls demeurassent bien convaincus de sa. résurrection.

L'autre devoir dont nous sommes également teuusy c'est de pratiquer les commandemens , sur tout celui de l'aihour de Dieu et du prochain, lequel renierme tous les antres. La foi ne suffit pas sans les oeuvre^ >; ce sont ces deux devoirs que saint Faul rappelle aux Corinthiens, et sur lesquels il les engage à faire un sérieux examen de leur conduite.

Ce sont aisssi "ce» deux devoirs que nous devons souvent nous rappeler; car c'est l'Apôtre lui-même qui l'a dit : si nous les oubliions, si nous négligions de nous en acquitter fidèlement, ce serait inutilemtent que nous aurions embrassé la foi. On n'est pas chrétien de cœur, simp lement parce qu'on a été baptisé et qu'on fait profession du christianisme; on ne l'est pas même véritablement, par cela seul qu'on fréquente les églises et qu'on ne s'éloigne pas trop des sacremens. Pour être chrétien dans le véritable sens de ce mot, il faut croire fermement , il faut accomplir les commandement

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il faut se détacher du monde , et marqocr ses jours par ses bonnes œuTres.

L'Église célèbre le même jour U fète de ssiflit Jacques et celle de saint Philippe^ etréumtoesdGieix apôtres. Nous avons déjà parlé de saiol Jacques dit le Mineur, pour le dlsting^uer de saint Jaoqfifes le Majeur, q>ui était plus âgé que lui. Nouff arvons dît que saint Jacques le a/ifieiir aVairt été sur* nommé le fusie à cause de Tadilnralile sainteté âb sa vie ; qu'il était évèque d« Jérdsslè^; eVefaeie grand-prôtre Ananie le fit périr parce qn^it teti* daît témoignage à la résurreoliofi. Pour ssfiiA PMlippe , il était de Belbsaide en GaHlée , et fut appelé par Jésus le lendemfaia de la vocâtièn de saint Pierre. Ce fut lui qui, rencontrant Nathafia^l (i), lui d il : Nous avons troqvé celui dont il est* patfé . dans la loi de Moïse et daoe les écrits des prophètes {^); c'est Philippe que le Selgaecrr <la%Aa c onsulter lors de la multiplication des pain» (3). C*est lui encore qui dit à Jéalis : Seigneur, mofttrez-nous voire père, et à' qui Jésus répondit : 11^ a long-temps que je suis aveo Vous, et voos^ne mé connaissez pas encore (4). Saint Philippe^ ptiècba rÉvangtle dans les deux Phrygies», et vécut jusqu'à un âge fort avancé.

*VA3«GllBf.

Skint Jean, ch. XIV, v. i.

Etn ce temps -là , Jésus dit à ses disciples r Que- votfe coeur ne se trouble point. Vous croies en Dieu , croies a^MÎ en moi*

(i) Jean , I 43. (3) Jean. VI. 5.

(») Ihid. 45. (4) Mi. XÎV. 8.

et LES EVAKGltES. 209

Il y a plusiean demetires dans la maison de mon père. Si cela n'était, je tous l'aaittis dit; car je m*cn vais pour vous préparer It lieu ; et après que je m'en serai alIë , et que je voua aurai préparé le lî«u, je reviendrai, et voua retirerai à moi, afin que vous soyez où ]e serai. Vous savez bien où je vais , et vous en savez là voie. Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où vous allez, et cc(inmeht pouvons-nous en savoir la vèiè? Jësus lui dit : Je suis la vote, la vérité et la vie. Personne ne vient au père que paf moi. Si von» me conaais* BÎez , vous connaîtriez aussi mon père , et vous le connaitrcz bientôt, et vous l'avez déjà vu. Philippe lui dit : Seigneur, montrez->nouB votre père, et il nous suffit. Jésus lut répondit : Il y a si lông-tcmi^s qtre je siiis awé vous, et vbu« ne mè cohnaisséz pai éiieore. Phîti{>pè', c^ltil c(ui me volt voit mon pèrCf. Gomment donc me' dîtes * vous : Montrez - nous votre père? Ne croyez-vous pas que je suis dans mon père, et que mon père est en moi ? Ce que je vous dis, je ne vous le dis pas de moi-même ; mais c'est mon pèfe qui demeure en moi , qui tsâi lùi-mêmé lès œuvres que je ^aie« l^t crdyëz vous p&t que jie âiitè dans mon père , et que mon pëf é éit en moi f Groy<z«ltf afii itittoB à clause des enivres que je -fais, fin vérité y en vérité je vous le dis : C«lui qu^roft en moi fera les œuvres que ja fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je m'en vais à mon père. Et quoi que vous demandiez à mon père en mon nom, je le ferai.

C^EST après avoir lavé le» pieds s^ix disciples que Jésus leur adressait ce discours; il les disposait aU^ év^nemens de sa passion et à ta séparation qui devait en être la suite. Il avait dit à Pierre qu*!! ne pouvait le suivre où il allaita II était îm|bôssîblé qu^accoutumés à vivre avec le Savivéur, îJs ne fussent pas troublés en apprenant qu'il allait les quitter ; mais Jésus les rassure. S'il les quiKe, c'est, pour retourner dans la maison de son pève^ maison

à 10 19ST1117CT101I8 SUA LBS BFITBE8

OÙ il y a plusieurs demeures, c'est-à-dire différens degrés de gloire. Cette demeure est le ciel ; tous ceux qui y seront appelés verront Dieu, et goûteront dans la vision de Dieu un bonheur ineffable ; néanmoins, tout infini que sera ce bonheur. Dieu saura tellement le varier, que , sans qu*jl cesse de remplir parfaitement les désirs de ceux qui en jouiront , il sera plus grand pour les uns que pour les autres , à proportion des mérites de chacun , des bonnes œuvres qu^on aura faites et des vertus qu'on aura pratiquées. Ceci est une suite nécessaire et naturelle de la justice divine, qui récompense ou punit chacun selon ses œuvres. Que pouvait-il y avoir de plus propre à consoler les disciples de la séparation prochaine que Jésus leur annonce , que l'assurance qu'il leur donne que, s'il s'en va, c'est pour préparer le lieu, c'est-à-dire, qu'il Va ouvrir aux hommes le ciel, dans lequel personne ne peut entrer que4>ar la rédemption ?

Maïs, pour parvenir à cette béatitude céleste , il faut connaître les moyens qui y conduisent. Ces moyens consistent à bien connaître Jésus -Christ. On ne connaît bien le Sauveur que quand on est bien instruit des vérités du christianisme^ que quand on en pratique fidèlement la doctrine. C'est ^lans l'Évangile que nous apprenons à connaître Jésus, parce qu'il y est peint a chaque page. C'est dans les propres paroles de Jésus-Christ qu'il faut chercher ce qu'il est. Il est, dit-il, la voie, la vérité et la vie. Il es^ la voie , car ce n'est que par lui qu'on peut arriver au salut. Quiconque prend

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une autre voie s'égare et n'arrivera poînl. H est aussi la vérité^ dans la doctrine qu'il nous a ensei» gnée; il Test enfin dans les préceptes de moralf qu'il nous a laissés 9 et que lui-même a pratiquée pour nous en montrer l'exemple. Jésus-Christ es* niéme la vie, parce qu'en sa qualité de Verbe divin, il a été , il est et sera jusqu'à la fin des siècles. Il est la vie , parce que tout ce qui vit n'a d'existence que par lui. Il est encore la vie, parce qu*après que nous sommes morts par le péché , il nous &it revivre par la grdce. Il est éminemment la vie 9 quand 9 sous les espèces du pain eucharistique 9 il sert de nourriture à notre âme, habite en elle 9 la transfornie pour ainsi dire en lui-même 9 et lui sert comme de principe de vie ; et comme si le Sauveur avait voulu réunir sous un même point de vue tout ce qui était nécessaire pour que nous le connussions bien, après nous avoir appris qu'il est la voie , la vérité et la vie 9 il nous donne sur sa divinité les notions les plus claires et les plus étendues. Il est dans le Père, et le Père est dans lui. Il est donc né avec le Père. Il a avec lui la même nature et la même essence. Le Père fait les ouvrages qu'il fait. Il n'y a donc dans le Père et dans lut qu'une seule et même action» Celui qui le voit voit en même temps le Père et le Fils. Il est donc inséparable du Père. On rie peut voir le Fils qu'on ne voie le Père ; non pas seulement piarce que l'un est toujours avec l'autre, mais parce que l'un est dans l'autre. Ils ne forment donc qu'une seule et même substance. Le Père e^ le Fils sont pourtant deux personnes ; car le

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s^est fail homniey et non le Père ; car lé Filsa souffert sans que le Père souffrit ; car le Fils a revêtu notre chair morlelle saus que le Père s^en revêltt ; car le Fils est mort sans que le Pèi'e mourût. Enfin on vient au Père par le Fils, ce quiserait imposable, si le Père et le Fils éta ient la même personne.

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