‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 18 sur 29 · POUR LA^ FÊTE DE SAINT JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

POUR LA^ FÊTE DE SAINT JEAN-BAPTISTE

{ 24 faîd. )

ÉPITRE

Isaïe, ch. XL., v. 9.

▼ o I c I ce que dit le Seigtietir : Parler; an coeur de Jérusaleni) et dites-lui que ses maux sont-finis , qu« ses iniquités lui sont pardonnëes , et qu'elle a reçu de la main du Seigneur une doublé grâce poU^ l'expiât ion de tous ses péchés. On a entendu la vOix de celui <](ui ctih daos tè désert : Préparez la voie au Seigneittr; rendes droiis dans là sctitUde les sentièn^ de notre Dieu. Toutes les vollëés seront comblées, toutes les montagnes et les collines seront abaissées ; les cheimns tortus seront redressés ^ ceux qui étaient raboteux seront aplanis , et la gloire du Scigoeur se manifestera , et toute chair verra en itfêiAe temps que c'est la bouche du Seigneur qui a parlé. XJntf vohi m*a dit : Criez. Ft j'ai dit : Que crierai - je ? Toute chair n'est que de l'herbe, et toute sa gknré est comme la fleur des champs. L'herbe s'est sécfaée, et la fleur est tombée, parce que le Seigneur l'a frappée <|e-son souffle. Le peuple est vraiment de Therbe : l'herbe sèche et la fleur tombe, maïs la parole de Dieu defaicure éternellemenl.

liEâF prophètes voyaient comme présens les événelrrêns que le Saint-Esprit leur révélait pour les teit»p^à,VeBfir.Qurfii<ÎIsaïcprophétî^ârî! à Jérusarem

ET tES £VÀnGJXES. 21 5

la fin de sea in9u;c, il 8*eii fallut beaucoup qu'tU fussent (luis. A peine a^ coiUraire avaient -ils cor^FPieqcé. Ç4eUç vjlle S'avait pas été envahie par les eiincinis; 9ûn souverain .et ses h2|)>itans n'avaient pas été emmenés en captivité; le t^pône cl'Iijraêl et celui de Judas subsistaient encore. Il lie s'agisç^it don/D point du >temps présent. Il ne s'agissaijt pas même de la. fin des maux temporels, ^1^3 ^e qpelquecboae de plus important ; savoir, du par^OJi;! et 4çirejKpJ£^tÎQn des péchés , ce qui ne peut ^*ci)(ep4lf'^ qMC du temps que Jiieu avait marqué (Je tpu^e étpiruité pour donner au monde un sauveur ;«ç*e^t alprs seulement que les maux de Jéru- «alçpi qnt fiLnj,.que les iniquités ont été paidoonées, et qu'elle ire^ut du Seigneur une double grâce pour rexpi£^tipn de ses.péchés. Il n'ef^t donc pas douteux c|u'il s'^it 4^m cf' passage d'isaïc de la venue du JUessie. Il éyiit dans les desseins de Dieu que ses |>roph.^le9 pcodutaiasent d'avance tout ce qui avait rajf>pQTt à pe grand événement , afm que par la suite il en rés^M^t une preuve incontestable de la mission du ^;^}iY<^pr» £n iffet,.co,mme il n'est pas au pouvoir de ri^Qnin^e de lire, dans l'avenir, et de prédire avec exactitude toutes les cbconstaiiçes d'un événement éU^igné t Sians que le .pouvoir de Dieu , à qui seul tous Jes ten^8 sont présent, soit intervenu dans de.pareîlles prédictions, si ce qui concerne le Sau- {VQor se trouvai t. poédit dans les livres saints avec •^^ phis minutieux détails , c'est une conséquence nécessaire que Dieu lui-même a rendu témoignage à la mission de çon fils , et que cette mission est

ai4 IKSTftUGTIOKS sua 1>E8 ÈpÎTRES

divine; et si à ces prophéties se Joignaient encore des miracles tels que ceux que Jésus- Christ a opérés > il résulte de là une force de vérité telle , qu*on ne peut y refuser son assentiment sans la plus grande opiniâtreté on le plus déplorable aveuglement.

Immédiatement avant la prédication de Jésus- Christ, parait un homme extraordinaire. Il avait passé sa ieunesse dans, le désert , s'y livrant aux exercices de la plus austère pénitence. Tout à coup il en sort et prêche le baptême et la remission des péchés. On accourt à lui de toutes parts: on l'interroge. Émerveillés de ses vertus , les Juifs le prennent pour celui qu'ils attendaient depuis si longtemps (pour le Messie). Il répond qu'il ne vient point en son non^» qu'il est envoyé pour annoncer un prophète bien plus puissant que lui , duquel il ne serait pas digne de dénouer les courroies des chaussures* Il assure que ce prophète tie baptisera pas comme lui dans l'eau, mais dans le Saint-Esprit. Jésus se présente au baptême. Jean ne l'avait jamais vu. Il le reconnaît sur-le-champ pour celui qu'il annonce , et il le signale conime tel à tous ceux qui l'entourent. Voilà les faits comme les évangélistes les rapportent.

Eh bien , il se trouve qu'au moins sept cents an» auparavant, Isaîe a annoncé cette mission de Jean, et l'a représenté sous les mêmes caractères que l'ont fait les évangélistes. c C'est, dit-il^ la voix de celui qui crie dans le désert. Cette voix ordonne de préparer les sentiers du Seigneur , de rendre droits dans la solitude les sentiers de notre Dieu, i c'est-à-dire, sui-

ET LES EVANGILES. 3l5^

vant les commentateurs, d*ôter tous les obstacles qiX s'opposent au salut ; elle ordonne t de redresser les chemins tortus,et d'aplanir ceux qui sdÉt raboteux,» c'est-à-dire de redresser nos intentions et nos actions^ de faire en sorte que 5 d*humaines et de terrestres qu'elles étaient , elles se tournent vers le ciel y et c'est précisément ce que saint Jean prêche : Faites, dit-il, des fruits de pénitence, apprenez à fuir la colère qui vous poursuit ; la cognée est à la racine de l'arbre ; tout arbre qui ne porte point de bons fruits doit être coupé et jeté au feu. Il y a donc entre la prophétie d'Isaïe et la prédication de saint Jean un rapport manifeste. Cette même prédiction a été repétée par le prophète Malachic d'une manière qui n'est pas moins claire : t Voilà / dit ce prophète , que j'enverrai mon auge qui pré-' parera les yoies devant ma face , et aussitôt le roi» le maître que vous attendez viendra (i). »

ÉVANGILE

Saint lue , cb. I ^ v. 67.

Ijk temps auquel Elisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils. Ses voisins et ses parens ayant appris la grâce signalée que Dieu lui avait faite , «'en réjouissaient avec elle; et étant venus le huitième jour pour circoncire Tènfant, ils le nommaient Zacharie , du nom de son père. Mais la mère^ prenant la parole, leur dit : JNon, mais il sera nommé Jean. Ils lui répondirent : II n'y a personne dans votre famille qui porte ce nom. Et en même temps ils demandaient par signea au pè^e de l'enfant comment il voulait qu'on le nommât. Ayant demandé des tablettes, il écrivit dessus : Jean est la nom qu'îA doit avoir; ce qui remplit toi|t le moode d'ét009e«

(1) fiUacbie» lU. i.

3lG IKSTftCGTIOKS SCR LES ËPtxfiUS-

menr. Au même instant sa bouche s'ouvrit^ su laogue se délia f et il parlait eabénia»aiit Dit;u. Tous ceux qui demeuraient dans les lieux Toisios furent saisis de crainte. Le bruit s'en répaDdit dans tous Ses ptifs des montagnes de Judée. Et tous ceux qui CBteiidireat ces. merveilles les conaervèsent dans leur c9Mr> et ^lis^eot entre eus : Que penses- vous que sera up jopr cet eofant f car la main du Seîgueur clail avec lui. Zacharie son père étant donc rempli du Saint-Esprit , prophétisa , en disant : Béni soit le Seigneur, le Dieu d'isriël , de ce qu'il a visité et racheté son peuple !

Tout est prodige dans la naissance de Jean.

Elle avait été annoncée par uo ange comme celle de Sainson. Zachaiie perd Tusage de la parole pour avoir djoulé de ce que le messager céleste lui avait dit. Elisabeth conçoit, et met un fils au monde, quoiqu*eKe fût parvenue à un âge où elle n^espérait plus avoir d^enfans. On veut donner £|u uouveau-né le nom de son père. Elisabeth s*y oppose, et veut qu'on le nomme Jean > quoique personne de sa parenté ne porte ce nom. L'ange-, en effet . l'avait désigné à Zacharie ; mais Zacharie , demeuré muet , n'avait pu faire part à Etisabelh du nom qu'il convenait de donner à l'enfant ; et néanmoins, lorsqu'on l'interroge, il prend des tableltsff et trace le nom de Jean. Enfin la naissance de Jean causa dsios tout le voisinage une joie inouïe, comme l'avait anuo^céj'ange. On reconoait donc dans tont ce qui a rapport à la naissance de Jean une puissance surnaturelle, qui manifeste par des chosç$ qui^ ne sont point ordinaire ç^s grands desseins sxir cet enfant, destiné à être le précurseur

du Sauveur* Jean l'avait comme anooncé. même ayaat que de naître ^en tressaillant de joie dans le seia de sa mère 5^ lorsque Marie 9 qui portait Jésus dau» le sieq , vint la visiter*

Les saintes Écritures ont recueilli toutes ces circonutanees pour notre instruction, et pour nous préparer ^ voir Çgurer dans rhist^ire le précurseur du Sauveur., Après avQtr parlé de c^t^ naissance miracul^u^ de Jean, elles se taisent sur ce qui le concerne jusqu'au moment de sa pr^dicatioxi. Tout ce qu*:elles, nops apprenent, c^est qu'il a vécu dans le désert, qu*il j mena une vie pénitente, vêtu d'une peau de chameau ^ et se nourrissant de miel sau« vage et de sauterelles. C'était ainsi qull se préparait 9U ministère qu*il devait exerecr.

Ce n'est qu'après être parvenu à l'âge de trente ans qu'il parut .avjeç éclat. Le Seigneur, dit Tévangéliste, lui fit entendre sa parole dans le désert (1), et il alla dans tout le pays du Jourdain prêcher le baptême de péqitence pour la rémission des péehés. Les saillies Écritures marquent l'époque pré- ^ cise à laquelle commença cette mission t c'était la quinzième année du .règne de Tibère. Saint Jean D*y ménage ni les villes ni les pécheurs ; il .annonce que le royaume de Dieu est proche , que la cognée est déjà à )a racine des arbrçs (2) , qu'il est temps de se dérober à la colère de Dieu par une vie plus pure. Sa prédication n'est pqint sans effet; un grand nombise dei pevsojBnes viennent le trouver, et des disciples s'attachent à lui.

(0 Luc^lII. ». {^)Jbid.g .

SI s INSTBVGTIOHS «Vft US iftTBBS

Mais qui esl-il toi-même ? Est-il lé Messie ? est* il celai qulsraêl attend depuis A tong - temps ? Non ; il n'est que ki voit ^i vient i^annoncer : c*est la réponse qu'il fait aok luifs qui viennent l'interroger (i).

Où est doné le Messie ? Jean était destiné nonseulement à l'annoncer 9 mais encore i le faiie connaître. Jésus se présenté au baptême comme les autres. Quoique Jean ne f eût jamais vu , éclairé par l'esprit saint, il ne se méprend point 6ur la personne du Sauveur; et lor^qtie Jésus lui demande le baptême, il s'y tefnse : « C^est moi» dit-il , qui devrais être baptisé par vous (a). «Dans d'autres circonstances i Jean rend à Jésus le «nëme témoignage; il déclare qtl^it est Tagneau àJe DièU) qui ête les pécbés du knonde (3); Une atitre faiis, en voyant passer Jésus , il s^éerîe : YtHlà eèHut de qui f al dit qu'il étaft au ^dessus de nioi , ^'il étidt plus grand que moî (4).

Jésus, de son côté, rend à Jean le témoignage le plus éclatant; il le proclame le plv^ grand entre les enfans des hommes (6).

Pesons bien , dit tsaint Augustin , ce double témoignage; l'un rendu à Jean par le Sauveorr, l'autre rendu au Sanvenr par Jean. Si parmi les enfans des hommes , afoute ce pèfe , personne n'est plus grand que Jean ^ que sera donc Jésus , que Jean aÉMfe être {rfns^ grand que lui ? Jésus n^t donc pas simplement. «m! bcuuaie (6); non,

(i) Jean, I. ao. aS. - (4) t.ac, Itl. i6.

(7) Mattfa. , III. 14. • (5) Matlb. , XI. ii.

^3) Jeap , I, «9- 3fi. (6) Serra, de nat. •. J.-B.

sans doute^NJésus est même temps Dîèu et hominé ; nouvelle preuve de la divinité île Jésus-Christ sOrtie de la bouche prophétigiie du 3aint précu^em:.

POVA LE JOIJA

DE SAINT PIERRE ET SAINT PAUL, apôtbei.

( ag-fnin. ) ÉPITRE.

Actes des apôtres , ch. IV , t. S.

jtiv CM jovrs-là, Pierie» rempli du ^int* Efl^it« pm\fk à€ I9 4orte : Princes du peuple, et vou9 séoiateurf. 4'jU»^ ^ écoutez - nous. Puisque aujourd'hui ron nous demande raiiOQ du bien que nous avons fait à un homme impotent, ci qu*on Tcut s'informer de quelle soitè il a' ét#' guérï ; nous* \ eus dédraritosA voa« ^tops et k'iwkX le peuple >d^I«raëP que. c'a été pair le nom de noise Aaigoeur : Jésns -^ Ghiiflb Aa Nazareth, lequel vous avez crucifie, q% que Dieu a ^çcf suscité d'entre les morts ; que cet homme, est maintenant guéri , comme vous le voyez devant vous. C'est cette pierre que vpus,archîtectes, avez rejetée, qui a' été îaîté la principale pierre de l'angle, et il m'y a point de sralntpèr aiicuo anite; car nulamre nom sens le ciel 9V été< donné 'auiiiottimei. par .ie^él> nous devions êtcç' sauvés^ lioreqn'il». vire«t, Ifi .eoa$|anoé de Pierre et de Jean , connaissant d'aiUeurs. que -c'ét^eol: des hommes sans lettres et du commun du peuple , ,ils fu^ rênt étonnés. Ils savaient aussi qu'ils avaient été «lisciples de Jésua. Et comme celiû qui irait é^ guéri' è^ftft fiMki Wct* em , iU n'avaient riea « ieur«pp»tfie« lia Iet|r cbiatna^l4tMBiit donc de.sortif d&rass.ei^|>Iéc, etilsêemûthl k4U^ii9^\axH'» eux, en disant ; Que leron^ • bous à cès^geps - ci ? car i}s,oi|t fait un miracle. 'qui est connu de tous les habitans de léruçalèm .; cela est cvidcnl, et nous né pouvons pas le nier. Mâîs)

aao iNSTMIcnoNs êvn les épÎTacs

pour empêcher que ce bruit tfè se répande davantage pamû le peuple, défendons - leur avec grandes menaces de parler i l'avenir au nom de Jésus à qui que ce soit. Et autsUât les ayant fait appeler, ils leur défendirent de parler en quelque manière que ce fût, ni d'enseigner au nom de Jésus. Mais Pierre et Jeaiî leur répondirent : Jugez vous - marnes s'il est juste devant Dieu de voas obéir plutôt qu'à Dieu ; car, pour nous, nous ne pouvons pas ne point parler des choses que npus avons yvfi^ et entendue».

J'ai déyà fait plusieurs fois observer, et \\ me semble qu'on ne peut voir sans le plus grand étonnement le courage des apôtres et cette éloquence dont ils sont tout à coup doués après la descente /daSaint-Esprit.C'estyà'mon sens, une chose extrémement remarquable ,. et l'une dès plus propres à conv.aîi^cre les esprits incrédules de la vérité du Qbristiapi^me. Timides aupacavant, grossiers, sans lettres , ^ns études » lés apétres se trouvent subite-* ment transformés en hommes qui bravent le pouvoir des gens puissans et les préjugés du peuple. On les entend parler en public avec facilité , raisonner £^vec justesse, Ql e:|[p.oser M foi qu'ils prêchent av«a «clarté. Quelle est doncr^ole où ils ont fait de si irapides' progrès? quels sont les maitres qui leà ont Insff dits? Là raison s'y perd. Cela n'est pas dans l'or àve.dq la nature. Il faut donc attribuer un eifet ,ai:is^i| f^p^a^çfiâinsiite 4 une puissiance supé- Kteuna;. mais qufellé efttce^teiipuissance? Je recours ^u'idiimiénie^ ohâj^irre tle» Adtès. J'y vois qu^une chX)âë Bon inVitîs'Àtr'âordhiairë s'était passée, cjuel- <j[aei^ joiii:s auparavant,. à^rendroit où les disciple?

Bt LES éVi^GltES. 321

de Jésus s'étàicttit assemblés; quanti veilT impé^ tueux avait presque ébranlé la maison , que dés langues de feu s'étaient arrêtées sur ^kacnn d'eux , qu'ils avaient été remiplfs du àaint - Esprit , • et avaient commenicé à parlërdiverses langues qùMls n'avaient poiort apprises. Je* joikis enséiâblé ces deux ^énemens extraordinaires entre lesquels je vois dé l'analogie , et je trouve qu'ils se prêtent une force mutuelle.

Je dois en conclure que dans l'une et l'autte circonstance ils parient sous la même inAùenee; qulhr sont dominés par la même vertu /et que c'est Itt puissance de cet esprit tombé sur les disciples qui en a fait des hommes nouveaux 9 qui leur donne l'intelligence des Écritures, le don de la parole^ et là force nécessaire pour soutenir sous les yeux même des princes du peuple et des sénateurs la vérité- de la doctrine de leur maître. Si on cherchait à jeter du doute sur ces faits , j'aurais à eh citer un qui du moins est incontestable; c'est la miraculeuse propagation- du christianisme.' Ceit cette rellgiondevenue celle de tout l'univers. C'est y ce me semble, un prpdijge assez éclatant que les progrès de cette religion qui oommence Avec dO' si« faibles moyens .^iiqu'on per^éëule ; à'^aqueUè d'abord tout s'oppose, et qui. finit par triompher de tous les obstacles. Certes, telle n'est pas la marche des choses humaines.

Ainsi le premier point d'instruction que nous pouvons retirer de cette ép)tre, c'çst que Jia* religion chjrélienM est divine, et que dAni. saipfopa^i

2%% IKSTRVCTIOHS SITE LES iptTBSS

gation se montrent tous les catactères propres à constater sa divinité; eUe nous offre une autre leçon utile dans la conduite des autres. Après •*étre concertés 9 les princes des prêtres et les sénateurs leur défendent, avec de grandes menaces » de 4>arler à Tavepir de Jésus, en quoi et à qui qat ce soit. Que font Pierre et Jean ? promeUent-ils d^obéir ? Non. < Jugez vous-niêmes, dirent- ils, sUl est juste devant Dieu de vous obéir plulôt qu*à Djpu. » Il y a donc quelquefois exception au préc>ep)te qui ordonne d'être soumis à ^autorité de» magistrats : oui, sans doute , on ne doit point leur obéir qvcand ce qu'ils ordonnent est contraire à la loi de Dfieu , à la bonne morale et à la fusticeà Là finil» leur autorité'; là il est permis de leur demander,, coiime font les deux apôtres, s'il est pisle devant Dieu de leur obéir plutôt qu'à Dieu; là en* ùïk te serait un crime de faire ce qu'ils exigent^ Mais alors il faut pourtant user de circonspection , et ne pask toujours s'en rapporter à soi-même ; mais consulter .des > personnes éclairées et religieuses avant de résister à une autorité légitime, afin de ne pas s'exposer à de dangereuses méprises en agissant d'après des motifs qui pourraient bien B^avoir pas tout le poids que nous leur croirions.

ÉVANGILE

Saint Matthieu, tb.X^l^f. 13.

Xi N ce temps-là , Jésus » étant venir aux environs de Getarée de Philippe', Interrogea se^ disciples, et leor dit : Que 'discùf icft. boMtiMs du: fik de llioinme ? ÇfU ëismt'iU ^qm Je mist

ET £Bs ivAifetuia. 2%3

Ils lui rApoA^rent : Lh uns dîieiit que vous éle» Jaan-Baptiaie» les autres Elle» les autres J^réœie» ou quel^n'an des prophètes. Jésus leur dit ; Et vous autres , q.uc dites-vous que je suis? Simon-Pierre« prenant la parole, lui dit : Vous êtes le Christ fils clo Dieu vÎTant. Jésus lui répondit : Vous êtes bien* heureux» Simon, fils^ de Jean ,* parce que ee n'est point la ehair et le ftang qui vous oi|t révélé ceci» mais nao» père qui est dans le ciel. Et moi aussi je vous di^ que vous êtes pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église , et les portes d'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je vous donnerai les clefs au royaume du ciel, et tout ce que vous Kerez sur la terre âOrsi lié dans le ciel, et tout ce que vous détierea sur la terre sera délié dans le ciel.

iE remarque daps pet ivangîlie trofa vérités fyor damiBPtales d^ notre foi; sa^oir^ U dilvipiié de ^ésua^ la perpétuité de l'Égliae qu'il a foad^» et le pouvoir, d'aecordfir les clefs è^ Pierre»- qu'il eo a fait le dieC ; . i .

. Le: Sauveur iitlevroge ses diseipks, et leur.de* mitode ce* qu^oti Âï^dn lui* lU le salisfoal «U'ioi rai^rtant les bruifta qui'coureul* Selon les uns, il est Jean-Baptiste , et ceux-là creieol par conséi* quent I ou que Jean-JSaptiste n^est pasoftort, ou qu'il est ressuscité. Selon d'aulrea» Jésus est âie^.ou fir rémie > ou quelque i^tre prophète* Alors le Sauveur s'adresse aux disciples : £i vmw autres» dlt*il , que dites-vous que je suis? Pierre prend la perde pour tous : Tous êtes 9 lui dit^ii > Je Christ, fils du Dieu vi^ va»t. Cette déclaration de TApdjtre partait du cœur. Elle ét4Mit reflet d'une intime per3UA9ion , ou pluUVt une ftttg^sion divine ;. et > pour ta» servir de l'ex*^ presaion du Sauveur I une révélaitton; oar^ dit-il^ ce

9^6 niSTBITCTIUSrS flFE LES BPÎTBES

FOUR LE JOUR DE SAINT JACQUES, apôtu.

( a5 joilltt. )

JN-is trèt-chers frères, ce n'est point en suivant dei fables et des fictions iogënîeoses que nous tous avons fait connaître It puissance et l'afënemênt de notre Se%tiêttr Ïéfut-Ghrîst ; 'mais c'est après avoir éii nous - mâmés Iw Bpedttueiits de sa majore. Car il reçut. de D^eu le pèie u^k^iUiutée <rfm>iynayg d'honneur et de gloire» lorsque de cette nuée où la gloire de Dieu paraissait avec tant d'éclat , on entendit cptte voix : Vbîci mon fils bien-aimé 9 dans lequel {'ai mis tou^ê mon affection ;- 'ëeootet-le. Et notto entendtlnet Àoostiriémes <èett« ▼oix^ irtniàt dn ciel» lottque nous ètSqnsiyec Iki «or la sai^tp montagne»

AvAjTT .ravi^nement de notre Seigneur .Jésus- Chrifit, excepté cheç les Juî^^ tout était, fable et ûctiop r4«iQfi les.jdj^rens cuHef que les nations rendaient èi Mt Dijfinité. Partout régnait }!idolâtric et la superstition.. En se séparant ^ les enfans de hùè avaient: einp^lé avoo eux la tradition d'un Dieuuniquet /iistç», tout-puissant. Insensiblement cette idée s'était d[)8curcie: des Itommeftj des ani-^ maux, lesastre^ utietmatière inanimée 9 usurpaient des louanges qui n'étaient dues qu'à 0icu; cfn un mot , pour me servir d'une expression d'un ancien , tout était Dieu dans l'univers, excepté Dieu luimême.

: Comment se faisait- it qne l^iomitiè , doué de la raison 9 tombât dans décidées si absurde»? €*est que cette raison , c*est que les lumières naturelles dont il avait été originairement doué par le Gréatetir avaient été affaiblies par le péché ; c'est eh^ core que, livré à «es passions, il les écoutait plus! que sa conscienice ; c'est enfin que , dominé par ses sens , |1 n'avait pas la force de s'élever jusqu'à la connaissance d'un être spirituel, et ne voyait que matière dans l'univers. De là toutes ces religions, phis absurdes les unes que les autres : celles des Égyptiens, peuple d'ailleurs éclairé, qui , sous le nom du dieu A fié s Bayait faitd'un bceuf sa principale divinité; qui rendait au crocodile des honneurs divins ; qui adorait d'autres animaux , et même des légumes, eomime le leur reproche un poète (1) appartenant à une nation dont la religion n?était pas plus sage : celle des Grecs et des Romains , qui, tout civilisés qu'ils étaient, avaient pour objet de leur -culte des dieux adonnés à toute sorte de crimes ; im Jupiter adultère, une Vénus impudique; un Bacchus, dont les fêtes célébrées en son honneur n'étaient qu'une suite de débauches et de désordres , sans' parler des cruautés et de la barbarie qui accompagnaient quelquefois leurs actçs religieux , comme les sacrifices de vieti mes humaines i et d'autres atrocités par lesquelles ils croyaient se rendre propices leurs dieux; telle était enfin la religion des Perses, qui adoraient le soleil et les astres. Tout cela prouve

• (1) Juvénel, satire XV. v. 10.

Sa8 IHSTAtCTIOlfS SUA U» ipiTRCS

bieo la pauvreté de Tesprit humain , et ccnnbîen il est incapable de s*élever*à> des idées justes sur l'Être suprême.

Dieu eut pitié du gisorei humain , et daigna parler aux ho^nmes et les éclairer par des voiss extraordinaires ; c'est , ce que nos livres . sacrés nous apprennent. D'abord il se montre à Abraham ( 1 ] ,, qu'il destine à être père d'un peupla choisi, ensuite à Moïse (a) ; qui doit être son interprète auprès de ce peuple 9 et lui donner des lois. Enfin ^ le temps étant accompli pour l'exécution de ses promesses, il envoya son fils luirmême ^5) achever le grand œuvre du salut des lio^mies , et promulguer la loi de grâce qui dev^utiaire^de toutes les nations une peuplade de frères égaieiment appelés à une béatitude sans fin dans une autre vie, meilleure que celle-ci. C'est l'en^^mble de cette doctrine dont parle l'Apôtre, quand il dît aux fidèles que ce n'est pas en suivant des. fables et des fictions qu'il leur a fait connaître la puissance et ravétiement de notre Sdgneur Jésus-Christ ; mats que c'est aprèsque lui-même a été spectateur de m majesté, c'est-àdire , qu'il a été le témoin des miracles par lesquels Jésus- Christ a confirmé la vérité de cette doctrine (*).

(i) Gea. « XII. I. Toccasion de la fête qui tombe Te

(a) Exod, m. s. premier de mai» Saint Jacques le

(3) Ép. aux Rom., VlII. 3. — Aux Majeur fut , avec saint Jean rëvao*

Gflat.. IV. 4. géliste, son frère, appelé à l'apo-

(*) Saint Jacques, que l'Église ho- ctolat après saint Pierre et saint An-

nore le «5 futtlet , est appelé saint ûré. Jésus leur donna à tous deux le

Jacques fe Majeur, pour le distinguer surnom de' ^ooiier^^^-c'est-à-diire

de saint Jacques U Mineur, evéque de enfans du tonnerre , à cause de i'ac-

Jénisaiem , dont nous avons parlé à tiviié d/ç lewr «èle« Tou« 4eu3( furent

ET IBS iVAlICn». S99

ÉVANGlitE. •

Saint Matthieu , ch. XX , ▼. «W

£iH ce temps-Iâ, la mère des enfwM ^e Zé|»«dêe s'^ppipcha de Jésus avec ses deux fils, et Tadora comme pour lui demander quelque chose. H lui dit : Que vouIez-TOOs? Ordonnez > loî dit-elle ^ que mes deaz fib que Tcnci soîenif assis dans Totre royaume, l'un i TOtre droite , et l'aôtie à fotre gaoche. Jésns répondit : Vous ne savez ca qoe voos dcma&dec. PcMvcirvoiw boire le calice que je dois boirç ? Nous le pouvons 9 lui direntils. Jésus leur repartit : II est vrai que vous boires le calice que fe dois boire ; mais pour ce qui est d'être assû 4 ma'droite ou à ma gauche', il ne dépend pas de mot de vous le donner ; mais ce n'est que pour oeuB ^ qoi mon père l'a pfé« paré.

Lbs deux fils de Zébédée étaient Jacques et Jeaki.

Ils avaient pour mère Salomé, qu'on appekiit atissi Marie 9 et qu'on cit>it avoir été sœur ou an'nicflfis proche parente de la sainte Yierge. Ainsi ils étaient parens de Jésus selon la chair. Il paraît qti*à Tépoque où cette mère, poussée par son excessive tendresse pour ses fils ^ forma la demande dont il est question dans PÉvangile 9 elle était encore imbue, comme la ^plupart des Juifs, de Topinion quele royaume du 'Bfessie était de ce monde , et qu'il devait y )ouer le rôle d'un g;rand prince 9 entouré de tout l'éclat du pouvoir suprême ; c'est pourquoi elle demandait à Jésus, et se croyait, en qualité de

lëmoias de la trafiisfigaration el de illpbonse le Chaste , roi de Léon ,

l'agonie dtt Sauveur dans le jardin fit transporter les reliques d« laiat

des oliviers. Saint Jacques eut la Jlacqnes i Gompottelle, lieu depuis

tête trancbëe par les ordres d'Agrip- devenu ftmeux par le concours des

pa, pelit-fîls d'Qérode, qui voulut pèlerins qui vont 7 visitée Jes,r«o^

par ce meurtre plaire anï Juifs. Au liqnes de cet apôtre.

commencemenl du dousiéme siiclc*

i3o iirsTRVfinoiis 80e cb ârtiBEs

parente, autorisée à Ipi demander que ses deux^ls, attachés au Sauveur par les liens du sang y fassent assis à ses côtés. Cette demande était donc Teffet â*uiie ambition Tépréhensîble , excusable pourtant de la part d^une mère qu*aveugle sa tendresse pour ses enfans , mais que Jésus devait réprimer.

Il est vraisemldable qu'elle n'avait fait cette demande qu^à rinstigation de s»es fils; aussi c^est à eux que Jésus adresse sa réponse : c Vous ne savez ^ leur dit-il , ce que vous demandez. » G*est-à-dire , vous venez me demander des grandeurs à moi qui en prêche le mépris et qui recommande rhurailité ; vous voulez que je fasse de vous des hommes pu^^as selon le monde , moi qui me suis dépouillé de toute puissance 9 qc^iSii voulu naître pauvre et qui vis pauvre ; vous voulez des récompenses et des cpuronnea (an» avoir livré aucun combat , sans avoir remporté au<ume viotoûre ; vous oubliez qu'en vous parlant de la mission àlaqueile vous êtes destin^ ie vous ai interdit Tor et les richoses ; que }e vous envoyais ( 1) comme des iM^ii au milieu des loups; que par conséquent vous étiez appol^s à des épreuves et à des travaux bien plus qu*à 4es places propres à remplir vos vues ambitieuses. Ce n'est pas avec ces dispositions que vous pourrez boire le calice d'amertume qui m'est préparé. Ces mots sans doute éclairèrent les deux apôtres; ils virent bien qu'il n'était pas question de grandeurs, mais de travaux pénibles et de souffrances. Rentrés en eux-mêmes , et voyant à quel

(i) Mattb. X. t6.

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prix lésas leur oflbût un pojaume bien sopénei» à tous lea royaumes dn monde 9 ils r^MMidirent à Jésus : Oui , n««is le boirons » et promirent de souC-» frîr pour lui et aTec lui; promesse qui fût; fidèlement teisue, puisque siûnt Jacques eml la tète traACbée> et que salut Jean fut. mis dans une chaudiète d'iMsile bouillante , et «ut à supporter Texil et 'd'autres souffrances. lie SAuteur agréa ce dévouement^ et les as^ra qu'il bénirait ee calice : néanmoins il les avertît 9 que. pour les rangs dans son royaume, ce n'était point à lui à les. donner» mais quMls appartenaient à ceux auxquels son père les a préparés ; voulant leur faire entendre que la récompense céleste nfétait point aeeordée à la faveur , mais qu'e}le devait être méritée par les bonnes œuvres, et que ceux-là seraient mieux récompensés qui auraient le plus mérité : c^est le sens que saint Cbrisostôme donne aux paroles du Sauveur.

Aprenons de. cet évangile, i» que les âmes les plus simples no sont point à Tabri do I4 tent^^tioo» puisqu'une proche pannte du Sauwieua et étxi% apôtres êe laissent aller à des mouvemens d'an^bltion ; et concluons de \k qu'on ne peut trop se défier de soi-même et se tenir en garde contre ce vice.

ao Qu'on peut laire aux ambiticlux, à ceux qui re»cberciient avec empsessemënt l^s haïAs* emplois et les grandeurs , la même réponse que 'Jésus fait aux enfans de Ziébédée , et leur dire. : Vous ne savez ce que vous demandez. En eftet , ils croient trouver

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dans œs igraadeft places le boniieur, et-n^y Irou' Tant quede^'peines^ des ccmitrariétés , et l*afiiiGlion de Tesprii, sans compter les cibstacletf qù'ôpposeut au salbt les grandeurs humaines.

3o Enfia > qu'il n'y a qu'une seule aœirition qui nous mène au vraibraheur, celle de plaire à Dieu en nous conformaut à sa sainte volonté, et en ' recevant de hii le bien avec reoonnaiftsance et les maux avec résignation , seul moyen de ne pas abuser de l'un et de tourner les autres à notre avantage spirituel. ' .

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