‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 19 sur 29 · POUR LA FÊTE DE SAUST LAURENT · texte numérisé non relu

POUR LA FÊTE DE SAUST LAURENT

■ * ('ïd août. ) '

f ÉPITRE.

Saint F'mil, //. ép. OMtxCêriHth., ch. ft, ▼. 6.

A1b8 frères, je vous avertis cjVie celui qui sème peu moûsoùnèra peu , et que celai qui sème avec abondance mois- Bdnaera aussi afee abondance. iéià>si que cbacun donne ce jqii'ti ai^a césolu en lui-mânie de donner, non avfc* tristesse, jai conune par fprce } car Dieu aime celui qui dqnn/e avec joie. Et Dieu est tout-puissant pour vous combler de toutes grâces, afin qu'ayant en tout temps et en toutes choses ce qui suffit pour votre subsistance temporelle, vous ayez abondamment de quoi exercer toutes sortes de bonnes œuvres selon oe qui «st ëcrit du juste : 11 distribue sop bîen aniK panirres , sa justice dsme^re étez;oellepa«ent. Dîeu^qui donné la s/emence à celui qui sème, par ses aumônes, vous dopnera le pain dont vous avez besoin pour vivre, et multipliera 1^ semence de vos charités, et fera tvàitte ilé'pllis en plus les fruits de votre justice. ^ '' • '' ' • ' >

ET US ÉTA3irçif.c9. a33

C'est de Vaumdne que TApÀtre paile dans cette ëpttre. Il avcjrtit les fidèles que celui .qui sème peu moissonne peu; c*est-à-dir^ que celui qui donne avec parcimonie tecçrvra aussi, ^irec parcimonie du Père céleste les secours et les grâces. q^e sa bonté, a promis à ceux qui sauraient les mériter parieurs bonnes œuvres, Ilsuit de là que le chrétien qui épargne sur l'aumône entend malses intérêts ; en effet y en donnant l'aumône « il change un vU or pour desbénédictiona célestes ; il sème des biens périssables pour recueillir un héritage étemel ; il amasse , pour !me .servir* de Texpressiôn de TÉcriture, des trésors «sur 'lesquels la rouiUo ni- les vees n'ont point dff prise , etque les voleturs ne peuvent point déroba ('r).< ....

. L'aumônQ5 dit rÉqritnre, .di^livre deJa mort (i) e^ ^éi^stfi w péché (5) ; c'est-jà-dire que les tenUtionS; ont bien n^ins de poi^pir Sjur ceux qui fpi^f raum.ône;:lo.bpp usagequ'ils foot d'unç psMrtie.49 leurs, biens leur vaut l'avantage de ne point abuser dujres^/B». . .

Il n'o^tipeirsonne qui ne soit en état de faire Taumôf|€^,,,m4vi%e,i^ plus pauvres; (Car Jésips-Christ dît lui~^n^e qu'il tiendra compte d'un.verrç d'eau'4onnLé ço son nom (4)* Il sut plus de gré à la veuve 'de, rËvangile de., l'obole qu'elle av^if donnée 9 il estima plus cette obole que les riçhf^ offrandes de l'opiile^iÇ^ (5) , parce que c'est a^i sen^ timent du cœur ei. 4^a bopne volonté que Dieif

(t) Mattk. , Vï. âô. • (4) Marc, IX. 4o- ' " ' "'^

(a) Tobie.lV. II. * (5) /tû/. X. 4a, 43,

(3) Ecdi, m. 33. ' *

254 IHSTftVCnORS SUE KB8 ipiTRBS

regarde bien plus qu*à la valenr des choses. Que peut-on d^aîlkurs lui offrir ^i ne vienne de lui ? maifs Taum^ne du pauvre 9 qu^que peu considérable qu>Ue soit^ lui est agréable, paroeqae le pauvre ne peut la prendre que sur son nécessaire. €*est un effort de charité en faveur du prochaîa, un sacriRce dont l^aumône du riche , communément prise sur ton superflu, ne peut approcher , à moins que la ferine volonté de plaire à Dieu et d'accomplir son conmiandement ti^ augmente U valeur. ). • - «

- La manièfc défaire' l*amwftne*larend plnsou moins méritoire aux jeux de Dieu;

L'Ap<^tre nous appt^nd,cèmmeni il faut donner. Que chacun , dit-il, donne ce qu'il arura résolu en lui-même de donnei*, non iavec triâtetfse ni éomme par'firce , car Dieu afmétélui qui adonne avec foie. Il fkùff donc que Fauimdné soit Jfaite de faon ceeor et sans4efaireprier;'UneAUtnôneiarracbée ne peut plaire à Dieu ; ' d'ailleurs , si vous êtes riche, Taumène est une dette. Dieu ne vous a donM plus qu'aux autiHBS qu^afin que vous distribqies ee que vous avez de ttop à ceu!}t'qui 'ii'bnt^pointttssez; Ce n^e^t alors qu^unacte de Justice tigotii^euse:

L'obl%ation de faire l'auniôâe siipposè'robligation d'une sage économie. Voulez-vous être en état de^faîre l'aumône, retrânbhézles dépenses inutiles, resserrez pour Fâumône c<i tjtte vous prodigueriez pour deisipliiisirs qui n'etlsl^bt'pas; et quel^aiëir est comparable ài^elui qu'on éprouve quand on a soulagé un être souffrant ?

ET U» ivÀNGlLES. 955

Celui i|uiftëme peu^ditrApôtre, moissopne peu. Quoiqfu'U »*agis8e priqcipalemeut dans cette épUri» de Taumône et de» bonnes oauvres. c'esfeBéan-^ moins encore un avis au jeune âge de ne ménai^er ni se& peines ni sou af^ication pour la culture de. son esprit et de son cœva j c*estrà«4fee d«s ptincipès de vertu propres, à nous rendre meilleurs» Si Ton passe sa jeunesse. sans rien faire p^nr parve<* nir k ce but sidésîrable, on ^urapeu semè^ et Von Técoltera peu> ou plulét on. ne r^uexUiera rien que des regrets, du repentir et des humiUations. De9 vegrets, parqe que: Ton aura perdu son temps», et que Von sentira trop tard que la perte en est irrépa* rable ; du repentir 9 parce qW^n eonnattra le ptix des avantagea dont on ae sena privé soirméoie^eft enfiQ des: humiliations 9 parce <^!oil aura à rougic de .soji^'igiioranoe et de aa nullité» de laquelle 011 aéra averti par Je mépris .et la j^iëietf^îîmAd'autrui»

ÉYÂXÏGILE.

■Ejh ce fémp8«là^ Jësus dit à ses' disciples : En réniè] en fénié , }e vom le- dis : Si le graki de fiomeiit ne mcort aprèir qu'on l'a feié «a tevfe^ il demeure seul; mil» quand' il <%l norUD porte Iveaucoop de Ihâts* Celui qui vme sa TÎe.Ia perdra ; mais <u!lni qui liait sa vie ^a ce in^de la.canseryani pour la vie éternelle. Si quelqu'un mie sert, qu'il me suive; et où je serai 9, la aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me suit> radn pèfc'Phtïnoferti.

Selou saint Augustin , le graî»do«il parle Jésus** Christ dans l'Évangile, c'est Jésus-Christ Ini-mème.

336 rasTEUcnovs svr ics irtriEs

Si le grain de fromenfty dit le Sauveur, ne meurt pas après qu'on Ta jette en terre, il demeure seul et ne produit aucun fruit. Il est dit ailleurs qu'il fallait que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire (i); et dans un autre endroit encore qu*il était besoin qu'un bomiSe mourût pour que tous les antres fussent sauvés. Tous ces passages des saintes Ëcritures tendent au même but, c'est-à-dire d'abord, qji'ils nous font sentir la nécessité d'un rédempteur, et ensuite qu'ils nous montrent les fruits de la rédemption.

Jésus-Christ est donc le grain de froment Ce grain, ayant été mis en terre, est mort, dit le ttiéme saint Augustin ; il a produit une infinité d'autres grains qui se sont répandus par toute la terre. Ces grains sont les saints personnages, lesquels ne sont devenus saints que par la mort et les mérites de Jésus-Christ, qui est le premier grain d'où est sortie cette riche moisson; les autres grains ont pullulé, et ils en ont produit de nouveaux, qui à leur tour ont été féconds. C'est ainsi que l'Église de Jésus-Christ est devenue comme une vaste. plaine , remplie de bons grains, propres à devenir eux-mêmes une senoience qui ne s'épuisera pas. Cette doctrine rentre dans ce que disait TertuUîen , c que le sang des martyrs était une semence de chrétiens. » C'est en effet au milieu des persécutions que l'Église s'est agrandie., et jamais elle ne fut plus florissante que quand les chrétiens étaient tourmentés.

(i)Luf,.XXIV. a6, '

BT lES ÉVANGILES. 25y

Jésus dît encore que qui aime sa vie la perdra. Aimer sa vie y dans le sens de TÉvangiie , c'est être attaché aux biens temporels plus qu'on ne le doit. On est attaché aux biens temporels plus qu'on ne le doit, quand cet attachement détourne du service de Dieu , quand on se préfère ou qu'on préfère quelques créatures à Dieu ; et il est clair alors qu'où perd sa vie, c'est-à-dire cette vie qui , seule , est la véritable vie, savoir, ou la grâce, qui est la vie de l'âme comme le péché en est la mort ; ou la vie étemelle, qui est proposée et offerte à tous, mais que tous n'obtiennent point. Celui au contraire qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle , parce qu'il hait tout ce que Dieu défend , et qu'il aime tout ce que Dieu commande , parce qu'il suit Jésus-Christ, c'est-à-dire qu'il le prend pour modèle, comme l'ont fait tous les saints (*).

(*) On ignore en quel pays na- an préfet que saint Laurent était

quit saint Laurent et de quels pa- dépositaire de richesses immenses ,

rens il est issu; mais peu de mar- et qu'il les avait cachées. Le préfet

tyrs ont élé plus célèbres. On sait de Rome fit af^eler saint Laurent ,

seulement que par ses vertus il s'é- qui convint que de grosses sommes

tait concilié l'estime de saint Siitc, lui avaient été remises , et ottrit au

élu pape en 357, et qui le fit son préfet de lui montrer où il les avait

diacre. Ce pape ayant été arrêté sous placées; celle proposition ayant été

l'empereur Valérien , Laurent , son acceptée , saint Laurent fit venir

diacre , le suivait comme on le me- tous les pauvres qu'il avait soula*

nait au supplice , et s'estimait mal- gés ; et montrant au préfet cette

heureux de ce qu'il ne partageait foule de vieillards , d'infirmes , de pas ses souffrances. Sixte lui prédit ■ veuves et d'orphelins : C'est là , lut

que dans trois jours il le suivrait | dit-il , où j'ai placé les trésors qui

et cotte prédiction s'accomplit En m'ont été confiés. Le pi'éfct, irrité,

sa qualité de diacre , saint Laurent fi^ saisir sain( Laurent et le fit atta- .

était chargé de la distribution des cher à un gril sous lequel étaient

aumônes que . dans œs premiers- des charbons ardens. Le saint sup-

temps la ferveur des chrétiens ren' porta ce supplice avec une patieuce

Uait trèt-«bondaatc$. On fit croire admirable. Il mourut' le 10 août a 5P.

2l38 INSTRUCTIONS SUR LES ÉPÎTIVS

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