POUR LE JODR DE SAINT LOUIS
EOI DE FBAnCS. ( a5 août.)
jÈPITftE.
/. de^ Mme/Mb., <*b. III, r. 3.
JuDàs étendit la gloire de son peuple,. et «'étant revêtu de ta cuirasse comme un géant, il prit ses armes de guerre, et
■ («) Sainl Barthëletnt ëtait 1 un troisième »iècle , on lai montra
^m danse apâtres. On «loàt <jaril «ne copie de l'tfvMigUe d« rniat
e«t le même que Nathan^l , duquel Hatthieu en bébreu, qu.'an lui dit
il est parlé plusiears fois danf l*ë« y Svoir'ëté apportée pu* saint Bar-
Yingile de saint Jeaa ; JB»rtt»tfleini ibéH^iai. {1 cievint «osnita en àaie ,
n*est qu'un nom patronimique , et reçut eft Arménie la couronne
qini si^ifiB J!U iU (Iftoloinea , dp ipaKjfre. On prétend qu'il fut
comme Barjonas ^ nom donné & éqorcbé vif. Ses reliques , spportéejs
•oint Pierre , wut dire ^ de & Rome en 983 , ont été renfermées
Jean, ^ml Barthélémy oUa pnê' dans nu mapamsot de 'porphyre, «t
cher l'Évangile dans les provinces sont conservées sous le grand autel
d'Orient, et e'annfa iusqne dans dé k célélre églis« de cette ville,
les Indes. Ensèbe nnmrte que, saint qui porte le nom du saint martjr.
Pantène étant allé dans ce pays au
a5a iNsiRvctidUs sva us bpIt&i»
défendit Jo camp de ton ëpéc. jC'ëtait uo lion daos le combat, et uu lionceau qui rugit, se jetant sur sa proie. Il poursuivit les méchans, et en fit une grande recherche; et ceux qui fronbJaient son peuple, il 1^ fit përir par le feu. La terreur de ses armes repoussa ses ennemiâ , et les desseins de tous les scélérat» furent renversés « et il rétablit le salut des sieos. Il jetait le dépit dans l'âme de plusieurs princes , et conaolait Jacob par ses actions ; sa mémoire sera bénie érernelleroent. Il visita les villes de Juda , en eitermina les impies , et détourna les malheurs du peuple d'Israël» et son nom fut célèbre jusqu'aux extrémités de la terre.
Judas, dont il est parlé daos cette épttre, est Jadas. Machabée, fils du grand Malhathias, ce Juif célèbre et zélé qui osa résister à Aniiochus Épiphane , lorsque ce prince voulut abolir la loi de Moïse et exigea des Israélites quils sacrifiassent à ses idoles. Judas succéda à son père dans la place de prince du peuple^ et hérita de son zèle et de sa piété. Il fut grand capitaine, et se signala par de nombreuses victoires. Enfin il périt les armes à la main pour la défense de son pays et de sa religion.
On peut donc être agréable à Dieu dans toutes les professions ; et quoique celle des armes entraîne avec elle mille chos€;s qui paraissent opposées aux vertus chrétiennes^ comme le meurtre, le mal fait aux ennemis, le désordre et la licence des camps, la guerre peut , je ne dis pas seulement être justifiée , mais encore, suivant Texpression du prophète Joël, être saoctiGée (i) par ses motifs, par la manière de la faire , ef par la conduite particulière de ceux qui sont entrés dans cet état.
Saint Jean-Baptiste ne pensait pas que l'état de
0) Jv<),HI.9*
ST IBS BVÀHQIUS. HSS
guerrier fût un obstacle au salut. , pni8q«*U appelait à la pénitence et au baptême les soldats coiDBae touf les autres hommes. LorsquMls venaient le trouver, fl ne leur disait pas : Quittez votre pro£ss8ion^ dépostg vos armes. Il leur reoommandait seulement de se contenter de leur solde^ et de ne faire violence à per* sonne (i). Le premier gentil qui fut appelé à la foi est Corneille 9 qui était capitaine d'une cohorte romaine. David, Tami de Dieu , fit la guerre toute sa vie. L^JÈglise a mis au rang des saints une légion tout entière conunandée par saibt Maurice. Enfin r£critureloue , eonmie nous venons de le voir^ Judas Machabée pour ses hauts faits d'armes, et dit que son nom fut célèbre jusqu'aux extrémités de la terre. Saint Louis aussi fit la guerre. Il réduisit à Tobéissance des vassaux inquiets et anJliitieux^ et porta ses armes en Orient pour, délivrer les lieux saints; mais autant une guerre juste est louable, autant Dieu désapprouve celle qui n'a pour objet que l'agrandissement et l'ambition. J'ai dit un mot de ces principes généraux , parce qu'ils sent reconnus par la reUgion, avoués par la raison , et amenés par le sujet.
La véritable grandeur conriste à être juste , et il n'y a de vraie gloire que celle^ qui est fondée sur la vertu. Je rappellerai à cet égard la sage réponse d'un prince (aj qui n'avait pas le bon« heur d'avoir été éclairé des lumières de rÉvangile, et à qui son fils demandait conunent il avait fait pour que son règne fût aussi sage et aussi heqreux.
(1) Luc, III. 14. (a) Pajrim NolliW.
9 54 IKSTRVCnORS SITR US ipÎTRES
J*ai , tfép6ii4H4l » toa}oara fait ce que la jostice et la nellgiea exigeaîeBt de vmà. Saint Augustin au reste iltâblit lesmièmeprincipesdansson ouvragede la CM ^Dieu (ft), suiTaot le lùende, dit ce père, ceux-là, )>arini leti seUTerains , sent réputés grands et heu- TevDT, dont le règne a été long, ou cpii ont transmis à lêut<s descend ans an royaume florissant et trani(Ui1le, outfnîont afoutédes pnwibces à leur empire. €e s<»nt sans doote des avantages ; mats ces ayaniages , Plen les acoorde quelquefois aux mauvais |yrineesiDlsDn§ doue, nmis attires ehétiens, e*est tou*jours sa4nf Augi>stin qcii parle 5 que parmi ceux que Dleir appelle au gouvernement des peuples , ceuxlà seulement -sont heureux et vérita^letnent grands, qui gouvernent avec îus^ee , qui ne se laissent point sédttirepar la flatterîe^<qui rendent à Dieu ce qfu^ilslui ddivênt , qui se servent de leur pouvoir pour étendre soti eultfe , qui sont poi'tés à la démence^, qui usent bien nioin« de la vtfidlcte publique pour venger leurs propres >înf cires que peur le bien de Tétat , le maintien du bon ordre et des mœurs ; ceux-là enfin dont la vie est' d'atilant mieux réglée que le haut poste qu'ilsoccupen t les met plus à Fabri de la censure. Les rois dont telle est la conduite, ajoute encore ieméme saint Augnsfi» , sont grands non-seulement devant les hommes^ mais encore devant 0ien, et obtiendront dans réterntté une couronne bien plus précieuse que ceHe qu^ils auront portée tor la terre. C'est un roi qui i^unH toutes ces qualités que TÉglise boÀore dans saiût Louis; et c'est sans doute
(i) Lib V, c. 94.
pd^ii^r'^ièelâ qu'elle a à(fopté les patoïes ûk*àephr€ daus Toiffice qu'elle célèbre. en l*fionneuV' de . ce
saint roi.
ÉVAmnLE.
, ' Saint Luc, ch. XIX t v. 12. ,
firpe^tf iwpfriè ; ,J(i»aft dil à •«• ^açi^p cette paTaiwIl ; /U ^ ^ya^ ui^^b^oune 4^ graqdç^ naissance «jui t'en âUail ^n.s un pays Cort éloigne 9 pour y prendre possession d'un royaume, et fl*en revenir ensuite; et appelant'dSx de ses serviieurs, m l^ùr éÂtona dtx marcs d'a/gent , et leur -dU : Faites pfofitè^ ëët aYgéiitjatqu*4 ce qee f«irMiBnn«.iflfU8lcnix 4e aèn fm^» qfii l€ l»Ms«4iei|t eoTo^^reii^ «qpuèi Iw^iHie ;iiaba99M« poifr faire cette prptestalioo : Jlouç.n^ vouionf point que celui - c^ soit notre roi. Étant donc revenu « après a«7oix pris possession de Kon royaume, il commanda qu'on lui fît venir ses serviléxiti âutquels il avait donne son argent , ponr szvoït combteft èiiAciiiiiiraVftit fait profiter. Le ^^micr étant ymiu, -Ivà ditit ^ï^fmmy vtfftffe- i^iarc.d «rg^ot ifftm .on a acquis. diX;autr«s^ U'hii rfypuondit : O bon servitewr, parce que vous avez, été fidèle en ce peu qi^ je vous avais commis , je veux que vous commandiez sur dis villes. Le second^ étant vertu ^ lui dit : Scign^r, Vbtre marc vous en a acquis cinq autre?. Son inaître loi dit t le i^uK âubi lY^tc loda oomli|and]e< à «2«i|'«i|4H. H en vkit)uii trt^&ièftte«fiii'tiii dit : Se^heur^ yfmàwoXn^ mfktm que j'ai tenu enveloppé dans un mouchoir, parce fiie je vouf ai tçujour9 eraînt, sachant que vous êtes .un homme sévère, qui redemandez ce qut? vous n'avez point donné , et qui recueillez ce que vous n'avez point semé. Son maître hit'répon* dit: Méèbant servfiteiir/'jè \V>in dtmdamnv far <voff«« proprt bi»Qdkc c vous MivieE que $e 01m in:hoinn« aé^re^ui ned^r mande e« que ju R'ai -poîfii -doQpé et qui recuçilie ce quç'je o'tti point semé., poprquoi donc n'avez -vous pa» mis mon argent à la banque, afin qu'à mon retour je le retirasse avec les intérêts? Alors it dit â ceux qui étaient préseûs : Otez-lui ie tnare ^ull a, et le déffin^ à celui qui ou a ^.'Mais,
ft9t ixnTRvcnooft Btk tB$ iftmM
wù^oftwt f fépoo^trent-ib ^ tl en a d^ià dix. Je toi» dédafe» leur dit-il » qu'on donnera à celai qui a dëjà^ et ilaera comblé de biens ; et que, pour celui qui n'a point , on lui éteia même ce qu'il a.
QvBL est le sens de cette parabole ? et qoe figare cet homme de grande naissance qui va dans un pays fort éloigné prendre possession d'un mykome» et qui distribue à ses serviteurs différentes sommes pour les faire valoir? Il donne à Tun plus, à Pautre moins, parce qu'il est le mattre de ses dons, et que, ne devant rim ni mix uns ni aux autres » ceux qui reçoivent moins sont encore dans le cas de ia reconnaissance, et n'ont aucun droit 4® lui demander raison de *cetle différence ; mais il veut que tous fassent fructifier ce qu'il donne jusqu'au moment de «on retour. Par cet homme puissant c'est Dieu qui est figuré; nous sommes les servitem, et le plus ou le moins de talens qui se trouvent distribués , o*est la grâce , qui n'est due à personne, qui se donne suivant différentes mesures, qui s'augmente à proportion qu'on y répond, et qui s'dte à ceux qui n'ai font aucun usage et qoi la négligent.
On peut encore entendre parla les talens naturels dont Dieu nous a doués, les avantages temporels dont il lui a plu de nous favoriser, tout ce dont il est possible que nous tirions parti, soit pour notre utilité particulière, bien entendu qu'elle soit conforme à la raison, et que la religion n'y soit point blessée, soit pour l'avantage des autres.
L'heure d'en rendre compte à Dieu viendra ;
s/ LES £vANeiLB8. dS«f
remploi que nous en , aurons fait sera examiné soigneusement. Ceux-là seront loués , qui auront fait valoir ce qui leur aura été confié. Courage, serviteurs fidèles ! leur dira le niaitre; parce que vous avez été fidèles à l^égard de peu de chose » il vous en sera confié davantage; entrez dans la joie du Seigneur. Les autres au contraire ne recevront que des reproches, du mépris, et les ch^timens que leur aura mérités leur négligence. Ainsi il sera demandé plus à celui qui aura plus reçu, et il sera accordé à chacun à proportion du bon usage qu'on aura fait de ce qu*on avait reçu;, mais Jésus-Christ déclare lui-même qu'à celui qui n'a pas, c'est-àdire qui aura mal usé de ce qui lui avait été accordé , on lui ôtera même ce qu'il a.
C'est donc le. bon usage des dons que- Dieu ré« pand, et des grâces qu'il accorde, qui tait les saints. Si personne ne reçut de Dieu plus de dons que saint Louis, personne aussi ne répondit mieux aux grâces qu'il avait reçues. Dieu le fit nattre dans le plus haut rang, d'un père qui fut l'un des plus braves princes (i) dont la France s'honore, d'un« mère (à) sage et si pieuse, qu'ell^eût mieux aimé, disait-elle, voir mourir son fils que de lui voir commettre un seul péché. Dieu lui donna ttn« épouse religieuse et pleine décourage (5). Il naquit brave ^ juste et vertueux. Tant de dons fructifièrent entre les mains du prince à qui Dieu les avait accordés. Louis fut un bon fils, un bon époux , un bon père^
(i) LouM viii»siiriioaiinë , à caiiM (3) Blancbe «le Castillc. de son courage , Caur^'Lion, <3) Marguerite cte FroYanc*,
a58 IHSTHCGflOUS SUE LBS tfÎTEËS
il fut surtout un prîooe religieux. Il savait allîer |uu sQJns de la royauté ses devoirs de chrétien , et trouvait ^u milieu de ses occupations du temyi pour se livrer aux exercices d'une vie toute sainte, Aussi Bossuet i*appelie-t-il le prince le plus saint et le plus juste qui ait jamais porté le sceptre* U établit Tordre dans ses états , il y Gt fleurir la rdigion , il y maintint les mœurs. Sans blesser le re^ed qu'il devait au chef de TÉglise, il sut défendre contre lui avep une courageuse fermeté les droits de sa couronne. Vaincu et dans les fers» il montra une constance , une grandeur d*4me qui étonnèr^t ses ennemis et excitèrent leur admiration ; il eut pour ses sujets la tendresse d'un père. Attaqué d'une maladiecontagieuse à Tunis y dans le cours de sa seconde ci^isadet il vit approcher ses derniers momens avec une pieuse i^sîgnation. Il donna à son fUs (i) les avis Ves plus sages ; « aimes Dieu , ditil à sa fille IsabeUequiTavait suivi en Afrique avec son mari , roi de Navarre > aimez Dieu de tout votre ccBur» alinei: et pratiquer la douceur» la résigna* tion s r^luimilité , le pardon dd» injures » la charité; /évites le péché , estimeE à néant les richesses. et la frinolité derf atours. Ne perde» jamais. de vue, ma fille « ce ^ que Jésus-ChHst a fait |^ur notre ré^ demption» : belles paroles, dignes de ce saint roi 9 dignes de la prin^esAe à qui elk3 étaient adresséesi et beau modèle à proposer à celles que , par une fa« veiir jneigne. Dieu a appdées au plus haut rang (*)l
(1) Philippe le Hardi , qui lui en France , et inhume' à Saint-De-
•uecëda. «ie. Booifece TIIX mit ce pieux Toi
(•) Saint Louie mourut le <5 août au rang dee satati. de Tan mo. Son corps fut rapporte'