POUK LE JOUR DE SAINT MICHEL
( ag septeaubre. )
ÉPITRE
Apocalypse, cb. XII, ▼. 7.
1 A «e doona ane grande baftaUle daos le ciel : Micbel et set anges combattaient contre le dragon» et le dragon avec ses anges combattaient contre lui. Mais ceux-ci furent les plus faibles; et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel. Et ce grand dragon , cet âneîen seirpcnt qui est appelé dénoR et Aatan , qui séduit tôol le inondé s fat précipité ds ciel en terre» et «es anges atec tni. Et yevCendÎB une grande toîk dans le ciel qui dit ; C'est maintenant qu'est établi le salut, et la force , et le règne de notre Dieu , et la puissance dé son Christ, parce que l'accusateur de nos frères , qui les accusait jour et nuit dcrant notre Dieu , a été précipité du ciei.
Le mot angt -sigtiifte messêtgtr, et ce nom, dît saint Atigustîù , fndiqae bien pYus les fonctions quHfs exercent que leur nature. Les anges sont des substances spirituelles , intelligentes , simples et dépourvues de corps. Ifs sont représentés dans les saints ItVres coïiime les ministres de Dieu, les mes-
▼inces voisines. Ce fut a.vaDl la dis- porter .l'Evangile , saint Matthieu pèrtîoa d«B apdim q|o'il éc^Wit son choisit rorient ponr le théâtre d« évangile, à la prière des iuifs oon> ses trav|ux, apostoliqaes. Il porta le vertis tle la Palestine. Jusque - là Ûambeau de la foi en Ethiopie et rien n'avait étë écrit sur la vie ou dans la Nubie. Suivant Fortunat, la doctrine de Jésus-Christ. Soist ce saint apôtre soufirit le nartyr ^ Mfttihieu est de tous les éwngélis- Naddaver en Ethiopie. Su reliques tes celui q«i eatre le plus dan» des furent rapportées en Oecideat , et détails civeoBstaneiés des actionsdu il en fat déposé au moins «ne par- Sauveur. Leraqoe les apétres se dis» lie à Satina, dans le fojattma de persèreat et se partagèrent pow Naples.
ainsi dire le monde entier pour y
sagers et les exécuteurs de ses volontés. On ne sait point quand ils furent créés; mats il est de foi que ces esprits célestes existent, qu'une partie de celte armée du ciel 9 séduite par Torgueil^^st tombée dans la désobéissance ^ et a été précipitée dans les enfers, tandis que la plus grande partie , demeurée fidèle 9 jouit dans le sein de Dieu du bonheur pour lequel ils avalant été créés.
Il est fait mention d^ aQg^$ da^s tous les livres de l'ancien et du nouveau Teslament. C'est un^ mauvais ange qui , sous la forme d;*uii serpent ^ séduit notre. mère Eve (1). C'est à un mauvais ange que Dieu permit de tourmenter le saint homme Job, pour exercer sa patience (a). Ce sonft de mauvais anges qui 9 avec le dragon ou l'ancien serpent , livrèrent bataille à l'archange Hîchel. La première fois que dans l'Écriture il est fait mention d'un bpo ange, c'est à propos d'Agar renvoyée par Abraham. L'ange du Seigneur, dit le texte sacrée la trouva dans le désert près d^une fontaine, et lui ordonna de retourner vers sa AiaHresse (5). Ce sont de bons anges qui visitaient ee patriarche (4)* C'est un bon ange qui retînt sa main , lorsqu'il était prêt à immoler sou. fils Isaâc (5). C*e&t un bon' ange qui apparut à l^lanûé père de Samson (6). C'est l'ai^ge Raphaël qui conduisit le jeune Tobie (7) dans ses voyages et qui rendit la vue à son vieux père. C'est enfin , pour ne point trop multiplier les exemples ,
(1) Oenes. , ni. i. (S) Genos. , XXn. il.
(a) Job, I. 7. II , I. (fi) Jagps , XIII. 3. 15.
(3) Genea. , XVI . 7. (7) Tobie , Ik 5 el 1 1 .
(4) ibid, xvm. î.
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range Gabriel qui annonça à Marie le haut hottrneur qui lui était destiné 9 de devenir la mère da Christ. Rien n^est donc plus fréquent dans TÉcriture que la mention faite des saints anges 9 et de leurs différentes missions aux hommes pour leur annoncer les volontés de Dieu.
C'est aussi une tradition fort ancienne, et consacrée dans l'église catholique , que Texistence d^e»prîts célestes attachés à chaque honome sous le nom à*anges gardiens , pour veiller sur eux^ les protéger , leur inspirer de saintes pensées 9 et les aider dans les momens de tentations ou dans tous les autres dangers. « Le Seigneur , dit le prophète* roi (1), vous a confié aux soins de ses auges; il leur a ordonné de vous accompagner et de vous garder partout. S'il se trouvait quelque cfaemia difficile où vous fussiez en danger de vous faire du mal , ils vous poKereient entre leurs mains ; ( avec leur aide) 9 vous marcherez impunément sur l'aspic et le basilic > et vous foulerez aux pieds le lion et le dragon , sans rien craindre. » Cette doctrine est tellement celle de l'Église 9 qu'elle a institué une fête particulière en Thonmeur des saints anges gardiens (a). Jésus-Christ , en parlant des enfans, invite ses disciples à les respecter (5) ; car^ dit-il, leurs anges sont dans le ciel, et y voient la face de Dieu.
Cette tradition d'anges protecteurs ou gardiens de chaque homme , s'était même répandue parmi les
(0 Psaume XC. 9 «t snÎT. (3) Mattb . , XVUI. ao»
(9) Elle ae célél>re le 2 octobre.
ET UE8 ivAHeitsâ. a^S
palesji. Socrate disait avoir un démon; c*est-àdire, suivant racception du mot grec, un génie, un esprit qui Pinspirait. Hésiode , beaucoup plus ancien, dit qu'il y a sur la terre de bons anges, chargés de protéger les hommes et de considérer le bien et le ma! qu'ils font. Platon donnait à chacun un bon et un mauvais ange. .
Je conclurai de cette doctrine si bien établie par rÉoriture 9 r que nous devons honorer dans les anges des protecteurs que Dieu nous a donnés , et qui veillent sans cesse sur nous comme sur un dépôt qui leur a été confié ; a** que , persuadés que nous sommes toujours en leur présence, ^ ce doit être pour nous un motif de ne rien faire qui puisse les contrister. Quelque part que vous Aoyez, dit saint Bernard ^ même dans Tendroit le plus secret , le plus^ caché , votre ange est là qui vous considère. Ferez -vous en sa présence des choses dont vous ne voudriez pas que personne fût témoin ? Quelle sauvegarde qu^un ange ! et quel motif pour ne rien faire qui puisse déplaire à Dieu!
ÉVANGILE
Saint Matthieu , eh. XYIII, v. i.
£j ir ce tempB-I& » les disciples s'approchèrent de Jésus , el lui dirent : Qui est le plus grand dans le royaume du cielf Jésus, ayant appelé un petit enfant, il le mît au milieu d'eux , et leur dit : Je vous dis , en vérité , que , si vous ne vous con« vertîsitez, et si vous ne devenez semblable k des petits enfans; ▼oud n'entrerez point danf le royaume du ciel. C'est pourquoi ^iconque s'humiliera et te rendra fUU comme cet enfi^t
3^4 inSTRIHmiNfS 8t& LE» EPtlBES
•era Je plus grasd ddii» le rpjaumcdir ciel } et qolcoiiqatf rc* çoit CD mon nom un enfant tel que je viens de dire, c'est moi-même qu'il reçoit. Que si quelqu'un est un sujet de chute et de scandale à uri de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux p<mr lui qu'on loi p«ndit au coa une de cei meulea q«'im âne tourne , et qa'on le jetftt a« feod de k j»er. Malheur au monde à cause des scandales ; car il ebt nécessaire qu'il arrive des scandales.: mais malheur à l'honinie par qui le scandale arrive. Que si votre main ou votre pied Tous esc uii sujet de scandale et de chute , coupe2-les , et les ■jetés loin de vouSir 11 vaut mieuk pot* v6us que von» eofriez dans la vie n'ayant qu'un pied on (f^'^"*! ^^ H^*^ ^'^* avoir . deux et d'être précipité dans le feu éternel. Et si votre ceil vous est un sujet de scandale et de chute , arrachez-le et le jetez loin de vous. Il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un œil que d'en avoir deui et d*étre prëeipifè dans le feu de l'enfer. Prenez bieik garde de ne méprîaer mouû de ce» petits. Je vous déclare (|ue dani le eie* leurs a^cfi'ToicBt Kana çtM9 la-jCace de ttiao t>éffet|«t eat daos le ciel. .
Lies cbosés do ciel ht ressemblent point à eelles de la terre. lei-bas , ceini là est grand , qtiî a de* richesses y du crédit, des honneurs^ qui tient une grande maison , qui domine au-dessus des autres. Tout cela n'est rien aux yeux de Dieu. Devant lui , celui-là seul est grand qui est juste et vertueux. La doctrine de Jésus esl une doctrine d'abnégation et d'humilité. Il l'a prèchée et il en a donné Tetemple. Né pauvre parce quMl Ta voulu , parce ^ qu**!! a cru cela nécessaire pour nous détacher des biens terrestres , ce sont les pauvres qu'il aime. J'entends les pauvres volontaires , etvÈx qui n'aitachent aux biens de ce m:oBd>e que le prix qu'ils valent; qui les possèdent comme ne les possédant
Wt LtS £VAKGILB8. ,97 5
p^9 qui sont p^nuadés de leur néant; car on peut être pauvre j selon TÉvaugile ^ au milieu de l'opyleuce » et on p^ut ne point avoir Tesprit de pauvreté au milieu de l'indigence. J'appdle pauyre ^ selon TÉvangile , celui qui ne s'at«tacbe point anx,I>ÛBi9s c^ la terre que la ProvidcBce lui a départis 9 aussi-bien que celai qui, en étant privé, ne les souhaite pas ; «ar c'est dans Tattaobement à ces biens ainsi que dans le désir immodéré de les obtenir que consiste Iç vice opposé à reqprit de pauvreté que veut le christianisme.
Les disciples demandent à Jésus qui sera le plus grand dans, le royaume des cieux? Celui, leurré- .pond le Sawveur, en leur montrant un petit en« ^ut, celui qui se £era semblable à cet enfant. C'est à-dire celui qui s'huniiliera, qui se rendra petit; car Dieu baît les superbes; mais il aime les humbles, et il leur fait miséricorde, il a fait descendre les puissans du baut de leur grandeur, et il a élevé les humbles (i). On n'arrive donc au ciel que par l'humilité, et l'orgueil écarte de Is^ route qui y conduit; prez^iére leçon que nous donne cet évan-
Il nous en offre une autre qui n'est ni moines utile ni moins importante, en nous montrant le danger du scandale ou donné ou reçu. On est un Aujet de scandale quand par sa conduite , par sou exemple, par ses conseils, on entraîne son pro^ chc^iudans le mal. Les moralistes comparent le scandale à l'assassinat, et le regardejH même comme
(1) Liic,I. 5a.
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plus criminel : en effet , Tàssassinat ne fait monifr que le corps, au lieu que' le scandale tue rame ; c'est-à-dire ^ qu*il la rend ennemie de Dieu et la dévoue à des peines éternelles. Mais si en général le scandale est un grand crime , ce crime est en* core bien plus grand qu£|pd ce sont des âmes neuves et innocentes qu'on porte au mal. C*est alors surtout que se vérifie ce que dît le Sauveur , qu*il vaudrait mieux arracher son œil et le jeter loin de soi, ou se couper la main et le pied (i), parce qu'il est moins préjudiciable d'entrer dans ta vie avec une main , un pied ou un œil de moins que * d'être précipité dans les enfers pourvu de tous ses membres. L'homme scandaleux fait l'office do démon ; comme ce méchant esprit « il tourne tous ses soins vers la ruine des autres.
Quoiqu'il ne soit parlé que de saint Hicliel dans l'office composé pour cette fête, ce n'est pas lui seul néanmoins que l'Église honore dans cette institution , mais tous les saints anges. Nous ignorons qud est te nombre de ces esprits célestes. Mais il est à présumer qu'il est extrêmement considérable. Les saintes Écritures partagent ces esprits en neuf or^ dres , savoir : les anges , les archanges , tes vertus , les puissances^ les principautés 9 les dominations , les trônes , les chérubins et les séraphins. Le cultb qu'on leur rend est appuyé sur ta tradition de rÉglîse. EUe les regarde comme des interntédiaires entre Dieu et nous pour porter nos prières et l'hommage de nos bonnes c&uvres autt pieds et
(1) SUtth. XVUI. 8.
rÉternel. Lonque vous priiez » dît range Raphaël à Tobie^ et que vous ensevelissiez les morts, pétais avec vous par IWdre de Dieu.G^était moi qui lui offrais vos prières ^ et cVst mot qu'il a envoyé pour vous guérir (i).
yoalons-nous jouir dans le ciel de la compagnie des anges, menons ici -bas une vie angéllqne. Soyons purs comme eux, fidèles comme eux. Faisons à Dieu le sacrifice de nos affections désor« données , entrons dans les dispositions de ces esprits bienheureux , en un mot , soyons des anges sur la terre 9 et nous serons un jour des anges dans le cieL