POUR LE JOUR DE SAINT DENIS
ET SES C01iPA.6N0N8« ( 9 octobre. }
Saint Pauij T. e'p. ai*x ThBssai , cb. ]I » t. ».
JViBft frèrefty nous n'atont pas laissé, eo nous confiant en Dicâ , de TOUS prêcher hardiment révangile de Dieu parmi beaucoup de combats. Car noas ne tous avons point prêché une doctrine d'erteor o« d'impareté, et nous n'avons poÎDt eu dessein devons tromper : mais, comme Dieu nous a choisit pour nous confier son évangile, nous parlons aubsi^ non pas pour plaire aux hommes , mais à Dieu , qui voit le fond de nos cœurs; car nous n'avons naê d'aucune parole de flalterie, comme vous le savez, et notre ministère n'a point servi de pré ternie à notre avarice ; Dîen m'rn est témoin , et nous n'o^ vous point a^ssi recherché «lounegloûe de la part deshomiacH
(t) T«bie, XU. X9.
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hl dt tdliSt ni (ffeueun autre. Noui pouvioos^ comme étant apôtrep de Jésus-Cbrisk, vous charger de notre subgUtance; maU nous nous sommes conduit parmi vous avec toute sorte de douceur, comme une mère qui nourrit et qtxî aime tenvirement ses ptoprës enfin». Ainsi , dans i'aflîetioii que bom ressentons pour vous> nous aurions souhajié de'vimt dooner iK»ir*fe«tcment la coniaistaoce de l'évatigile de Dieu, mais a^ssi notre propre vie« taqt était grand l'amour que nous vous portions. Vous vous souvenez 3 mes frère» , de la peine et de la fatigue que nous avons souffertes , et comme nous avooi prêché l'ëvangile de Dreu en travarllaiit four et nuit pont Véftre k chargé è aucmi de vous.. Vous êtes témetiM voaanèmes » et Dîcii Test mmaî « combien la manière dbnt je me ^uis cenduit envers voua, qui avez embsassé la foi, a. été sainte » juste et irréprochable. Car vous savez que j'ai agi envers chacun de vous comme un père envers ses cnfans , vous exhortant , tous consolant et vous conjurant de vous conduire d'une *^ manière digne de Dieu, qui vouV a appelâr à son royaume et à sa gloire. C'est pourquoi nous rendons aussi à Dieu de cootionelles actions de grâces de ce qu'ayant entendu la parole de Dieu que hoiM vous prècfiont , vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, maïs comme étant, ainsi qu'elle l'est véritablement > la parole de Dien, qui agit en vous qui êtes fidèles.
Si l'on songe à tous les obstacles qui s'opposaient à la propagation de TËvangile^ et que d'un autre côté Ton considère- de ^uei saccè» sa prédication a été suWie , on ne p«ut s'empéclier de reooimattre en cela une œuvre toute divine. Ce n'était point une doctrine qui flattât les sens que les apôtres avaient à annoncer. Ils ne promettaient ni des richesses , ni des plaisirs ^ ni use vie douce et^isée. Au contraire^ ils combattaient les passions , ils voulaient qu'on renonçât à ses pqnchans et à ses goûts;
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ils ne dîêaient point adx riches : Joulâsez de$ ta.*veurs de la fortune ^ employez-les à vous satk^ie^ ne vous refusez rien de ce qui peut contenter vos fantaisies el vos goûts. Us leur disaient au contraire : Possédez vos richesses comme ne les possédant pas ; partagez-les avec les pauvres $ fatteé- -vous en des trésors pour une autre vie; et surtout ne voyez pas avec indifférence les souffranee^de V6s frères. Ils leur disaient enôore : Au lîett de chercher le plaisir, aàmet la retraite ;au lieu de vivre dans la mollesse, morti([iefe votre <eorps et faites pénitence ; au Heu d^écouter vos goût» et vos penchait ^ faitéen lenr la guerre. Sans doute on ne devait pas èti^ disposé à entendre des vérités si dures, ni à 4d soomettre à une discipUiie si sévère , dans un temps i^rfout où la comiption avait poussé de si profondes racines. Cependant , si ^e^pies-^uns de ceux à qui les apôtres s^adressent les repoussent » un plus gramd nombre les écoutent ; la semence de TËvangiie fructiAe , et bientôt prend un accroisse^ ment sensible. Peu d'années se Mnt passées , et déjà elle promet une abondante récolte.
Quand, en paviant aux hommes, on leur dit des choses qui les flattent . on est Inen sûr d'obtenir ( t) leur attention et leuis suffrages ; mais ce n'était pas ce que faisaient les apôtres. C'est à Dieu seul qu*ils voulaient plaire. S'ils n'avaient pas eu Dieu en vue, si Dieu n'avait pas dû être la récompense de livMrs travaux , ils n'en eussent reoueill» que des peines sans gloire , sans profit , ni pour cette vie,
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ni pour IWtre. Animés du zèle le plus dénoté*' ressé , dévoués entièrement au bien spirituel de ceux qu*i|s instruisaient, le plus auvent ils n*en tiraient pas même leur subsistance. Saint Paul nous apprend qu'après avoir prêché tout le j'our, il travaillait la nuit pour fournir à ses besoins ; et il en appelle en témoignante les fidèles de Thessalonique.
Je vois donc dans l'Evangile une doctrine d'une pureté parfaite , qui combat les pencbans de rJiom» me 9 qui ne promet rien pour ce monde » et qui n*y impose t|ue des privations. Je vois dans les premiers ouvriers évangéliques des hommes d'un dévouement sans bornes^ que rien ici-bas ne dédommage de leurs laborieuses occupations , qui s'attachent à ceux qu'ils enfantent à Jésus*Ghrist avec autant de tendresse que la nourrice la plus soigneuse à son nourrisson. Je les vois porter partout des paroles de consolation et de paix, ne voulant rien pour eux j se croyant assez riches pourvu qu'ils rendent les hommes meilleurs, n'ambitionnant d'autres biens que. ceux de l'autre viei regardant le retour des pécheurs à Dieu* comme la plus belle conquête, et n'épargnant ni peines ni fatigues pour lui gagner des âmes. J'admire enfin dans les premiers fidèles les efiets tout-puissans de la grâce ; j^'y vois des hommes qui renoncent à leurs erreurs et à leurs vices , qui apprennent à se maîtriser , qui mèuentune vie sainte et irrépréhensible; et^ con^tie FApôtre, je rends grâce à Dieu de ce que tes peuples ont entendu la parole et l'ont reçue non
ET LES ivANGIIES. 28 1
Comme la parole des hommes , mais comme la parole de Dieu. Hem'eux nous-mêmes 5 appelés dès notre naissance atix lumières de révang;ile , si cette parole, que nous avons si souvent entendue , agit dans nos cœurs et y produit une foi ferme 9 accompag;née d'un ardent amour de Dieu, seul moyen de salut que nous ayons.
ÉVANGILE
Saint Marc, cfa. XVI, v. i5.
lliN ce tem,p8-là, Jésus dît à ses disciples : Allez par tout le monde, prêchez l'ËvaDgile à toutes les créatures. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; et celui qui ne croira point sera condamné. Ces miracles accompagneront ceux qui auront cru ; ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront de nouvelles langues ; ils prendront les serpens avee Uk main; et s'ils hoivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains sur les malades » et les malades seront guéris.
YoiGi doue Toracle prononcé par la bouche même du Sauveur; « Celui qui croira et sera baptisté sera* sauvé; et celui qui ne croira pas «sera condamné. » Telles sont les conditions auxquelles Dieu a attaché notre salut. D^abord il faut croire^ Mais que devons nous croire ? sans doute ce que Jésus a enseigné. Et qui a-t-il chargé de nous transmettre cette doctrine ? ceux, sans contredit, auxquels il a confié le soin de nous instruire et à qui il a dit : • Ailes par tout le monde, prêchez riSvangile à toute créature » ( 1 ) . C*est donc à TJÉglisç et à ses ministres
(1} Matth. XXVIU. 19. — Marc , XVI. ^5.
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qu'appartient l'enseignement sur notre salut.^ Les apôtres ont eux-mêmes rédigé les principaux articles de cette croyance dans le symbole (i). C'est là d'abord ee que nous devons croire ; et si nous croyons y BOUS serons sauvés. Dieu , dit saint Augustin , exige de nous la foi, et il nous offre leaalut en échange. Qui pourrait balancer entre le peu qui nous est demandé et l'offre magnifique qui nous est faite? Celui qui croira sera sauvé 9 c'est-àdire jouira d'un bonheur étemel; et celui qui ne croira pas sera condamné , c'est-à-dire sera puni pendant toute l'éternité. Hésiter entre un bonheur et un malheur éternel ^ est un acié de démence qui n'est pas concevable.
Cependant ce n'est pas tout de croire 9 Jésus- Christ a mis à notre salut une autre condition. H faut être baplisé ; c'est encore Jésus-Christ , c'est la vérité même qui a dit : Personne , s'il ne renaît par l'eau et le saint Esprit , ne peut entrer dans le royaume du ciel, (a) En effet , po0r entter daoB le eicly il fout appartenir à l!Église , et »n ne kxi appartient qu'en recevant le baptême. On ne peut entrer dans le ciel à mmns qu'on ne aoît exempt de toute souillure ; et ee n'esi que par le baptême q«f on peut être purifié de la souillure originelle.
c Allez par tout le monde pfécher l'Évangile à toute Créature, » dit Jésu^^Christ. Voilà donc les apétres et les discijfdes envoyés dans tout l'univers. C'est à eux à prêcher l'ÉvaaglIe, à anntmeer 1q doctrine
(1) Saint Jérôme , épîlre tXI. . («) Jean , UI. 5. cb. 9* l.
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du Christ, et personne n'est exclu du bi^fail de celle instruclioo. Dieu appelle et y admet toute créature {-car Jësus-Chrisl a versé son sang pour fous f et .l'infinie bonté de Dieu veut que tous puissent être sauvés.
Fidèles à l'ordre qu'ils ont reçu de leur maître , Inefttdt les disciples se dispersent ; ils partent sans moyens humains , ils partent sur la parole du Sauveur^îls annoncenl sa doctrine; mais seront-ils crus f
Ooif sans doute; car ils parleront avec autorité ; car ils donneront de la divinité de leur mission des preuves auxquelles on ne pourra se refuser; C9t Dieu lui-même daigdera être la caution de ce qu'ils auront avancé ; car enfin ils feront des choses si merveilleuses , qu'il sera impossible de ne pas croire qu'ils sont aidés d*un pouvoir surnaturel (i). Us chasseront les démons^ils parleront des langues nouvelles , les serpens les plu» venimeux ne pourront leur nuire, des breuvages mortels ne leur feront aucun mal, la seule imposition de leurs mains guérira les malades. £t que leur faudrat - il pour opérer toutes ces merveilles? il leur suffira d'invoquer le nom du Christ qu'ils £^nnonçent, '
Tout cela s'est exécuté popcluellement, et les faits Tattestent. Les disciples du Christ répandus par tout l'univers y ont annoncé sa doctrine ; partout elle a trouvé de sélés prosélytes ^ et elle a fini par triompher du paganisme. Le pouvoir que Jésus- Christ avait donné aux apôtres de faire des choses
(i)Mafe,XVl. 17.
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merveUleuseS; ils root exercé; les Actes des apôtre» nous apprennent que Dieu faisait par saint Paul des miracles extraordinaires (i) ; qu'en appliquant aux malades des linges qui avaient louché son corps , ils étaient guéris dQ leurs maladies, et que les esprits malins quittaient ceux dont ils s'étaient emparés. Ils nous apprennent encore qu'à Malte, une vipère s'étant jeté sur la main de saint Paul, les habitans de cette ville avaient vu avec admiration qu'il n^en avait point été blessé (a). La parole de Jésus-Christ a donc été accomplie ; aux apôtres et aux disciples ont succédé d'autres ouvriers évangéliques qui ont achevé la grande entreprise de la propagation de la doctrine du Christ (*).
POrR LE JOUH