DE SAINT SIMON ET SAINT JUD
( a8 octobre. )
ÉPITRE
Ép, ^ saint Jmdê, r. 17.
JMLbs bien-aimës, socivenez-vout de ce qui a été prëdît par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ , qui tous disaient qu'aux derniers temps il y aurait des imposteurs qui toivraient
(i) Actes , II et ii. de Rome , après avoir prêché TE-
(a) Actes, XIX. XXVIIL 3. vangile dans beaucoup d'tondroiu,
-<*) Saint Denis a ëtë l'un de ces ou- il s'arrêta i Paris , dont il fut pre-
vriers évangéliques; et cette grande mier évéque) qu'il y convertit un
capitale (Paris), ainsi que notre Fran- grand nombre d'idoUtres et y bâtit
ce , lui doivent l'avantage d'être chré- une église ; et qu'après une longue
tiennes. L'histoire ecclésiastique ne et dure prison , il eut la tête tran-
parle ni de son pays ni de sa nais- chée avec ses deux compagnons ,
sauce. On sait seulement qu'envoyé Rustique, prêtre • et Ekothère^
ET LES iVÂHCILES. 285
leurs paBsîont déréglées et pleines d'impîëtés. Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes par ie tehisme, des hommes sensuels qui n'ont point l'esprit de Dieu. Mais yous, mes bien* aimés , vous éleYant tous - mêmes comme un édifice spirituel sur le fondement de votre très-sainte foi , et priant par le Saint-Esprit , conserTez-TOus en l'amour de Dieu , attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Gh^ist pour obtenir la Tie éternelle* Reprenez ceux qui paraissent déjà endureis et condananés. Sauvez les uns , en les tirant comme du feu \ et ayez compassion des autres , en craignant pour Yous^niémes , et haïssez comme un vêtement souillé tout ce qui tient de la corruption de la chair* A celui qui est puissant pour tous conserver sans péché ^ et pour vous faire comparait^ devant le trône de sa gloire purs et sans tache, et dans un ravissement de {oie ; à Dieu notre Seigneur , qui est seul sage , soit gloire » magnificence, /orce et empire , maintenant et dans les siècles des siècles. Amen.
L'ETAT de rÉglise. de Jésus-Christ dans ce monde est un état de lutte continuelle ; et c'est pour cela qu'on rappelle miUtante, parce que, semblable à une armée qui a Tennemi en tête , elle a sans cesse à faire des eObrts pour les repousser. Dès son établissement 9 Jésus rencontre des difficultés à vaincre ; les scribes et les pharisiens cherchent à décréditer sa doctrine; ils attribuent ses miracles au méchant esprit; ils le représentent comme un séditieux qui trouble rétat, Tordre public. Lui-môme annonce à ses disciples qu'ils auront des obstacles à surmonter, qu'on les traduira devant les juges,
diacre. On croit qne ce fut à Mont- volulion. Quant au monastère de
martre qu'ils souffrirent ie mar- Saint-Denis, où reposaient les reli-
tyre. La reine Adélaïde , femme de ques de ces saints martyrs , il fut
L.ouis-le-Gro8 , en leur honneur, y fondé par le roi Dagobert , et depuis
fonda une abbaye de fenuncs qui son église est devenue le lieu de la se.
subsista j usqu'au moment de la ré- puUure de nos rois et de leur fiimille.
n%6 iKST&PGnoHS svr tes épItees
qo'oo les frappera de verges dans les synag^ogaes, qu'on les mènera devant les gouverneurs et les rois 9 et qu'on les haïra à cause de son nom (i). Il parle de faux frères qui s'étaient glissés parmi les fidèles; il les prévient que rameiurque Lecur témoignent ces faux docteurs n'est point siacère (a), et quMls ne songent qu'à les séparer de la véritable doctrine. Dans l'épitre aux Corinthiens (S), saint Paul dit qu'il faut qu'il y ait des hérésies. Dès les temps apostoliques ^ il s'est élevé des honounes qui ont attaqué les principaux points de la doctrine évangélique. Saint Jean a écrit son évangile principalement pour réfuter ceux qui niaient la divînité de Jésus-Christ. Dans son Apocalypse, il parle des nicolaïtes y secte qui sétait élevée de son temps. Enfin il n'y a point un seul siëde de l'Église qui n'ait vu nattre quelques erreurs; et saint Jude nous apprend qu'aux derniers temps, c'est-à-dire , dans les temps qui précéderont le jugement dernier, il y aura des imposteurs qui suivront leurs passions déréglées et pleines d'impiétés, et qui se sépareront par le schisme. La raison de tout cela, c'est que cette vie est un temps d'épreuve, et que c'est au mflien des combats que la vertu s'épure et sie perfectionne.
LIËglise est sortie triomphante de tous ceux qu'elle a eus à livrer; et quelque effort que l'erreor ait fait, elle n'a jamais prévalu.
Si l'on y fait attention , l'on se convaincra
(i) «atUi., X. 17. ' (3) l. Corinth. , XI. 19.
C») Gatatet. ÏV. 17.
ET LES évABCILES. ftS^
que cet égaren^nt de quelques honunes ennemis du cbristianisnie , si souvent remMivdié, est reffet de rorgueil et àeê appétî^ls déréglés qu'on ne travaille point à contenir : pour ces hommes sensuels ia vie présente est tout, ils ne voient rien au-delà. Il est pourtant une autre vie où il faudra rendre compte de ceHe-ci; et quelque endurci qu'on soit. Il est impossible que le cri de la conscîenoe n'en avertisse point quelquefois le chrétien. Au contraire , celui qui , peur se servir de Texpression ^e TApôtre , s'élève lui-même comme uH édifice spirituel (i) sur les fondemens de la très -sainte toi, sûr , autant qu'on peut l'être avec la confiance en Dieu et la défiance de ^oi-méme , d'avoir rempli tous les devoirs qui lui sont Imposés et de marcher vers sa destination dans la voie qui lui est prescrite, est en paix avec lui-même, et attend avec une foi ferme les promesses que Dieu lui a faites dans son ÉvdingiJke* Persuadé qu'un meilleur munde i*attefid , Il né s'attache à rien dans oelui-eî ;* il est du nombre de ceux que le Saint-Esprit a déclarés bienheureux ; parce qu'après avoir bien vécu , ils n&eurent dans le Seigneur , c'est-àrdire au sein de Fespérance chrétienne.
Il n'est, au reste , que trop d'éeneiis ioî-4>as dont il est difficile à une foi mal affermie de se garanth*. Au fond du cœur, ce sont des passions qu'on a mal asservies , ettfui nous maîtrisent ; au-dehors, e^ost le manvats exemple qui d'abord révt)lte , mais auquel on s'habitue insensiblement, et qa^on iimt
(i) I. ép.de saint Pierre , II. 5.
a88 iNSTavGTiONs sv& ubs epItaks
par suivre ; ce sont d'autres occasions de chute. Ne négligeons pas le conseil de TApôtre ; haïssons comme un vêtement souillé toul ce qui tient à la corruption du coeur. Joignons à une vive charité une tendre compassion pour les autres > une crainte salutaire pour nous-mêmes. Recourons à Dieu^ qui non-seulement peut nous conserver sans péché , mais qui encore ^ de pécheurs que nous sommes , peut nous rendre saints et justes , changer notre cœur, quelque endurci qu'il soit , et renouveler à notre égard le miracle qui de Paul persécuteur fit un apôtre zélé et fidèle.
ÉVANGILE
Saint Jean, ch. XIV , r. 19.
JuN ce tempS'là, Jésus dit k ses disciples : Encore un peu de temps, et le monde ne me Terra plus. Mais, pour vous , TOUS me Terrez, parce que je vis, et que tous Tivrei aussi. En ce jour-U, tous connattrez que jesub en mon père, et tous en moi, et moi en tous. Celui qui a reçu mes commandemeos et qui les garde , c'est celui - là qui m'aime. Celui qui m'aime fiera aimé de mon père, et je Taimerai aussi, et je me décou- Trirai à lui. Judas, non pas Iscariote, lui dit : Seigneur, d'où Tient que tous tous découTrires à nous et non pas au monde? Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime , il gardera ma parole, et mon père l'aimera , et nous Tiendrons à lui,*et noua ferons en lui notre demeure.
C'est dans le dernier entretien que Jésus eut avec ses disciples avant sa passion qu'il leur tint le discours dont il est question dans cetévangile. Ilétait sur le point de les quitter^ et faisait, pour ainsi dire.
ST.IAS &VAHGILI9. ^
son testament de mort. Il leur promet de ne point les laisser orphelins, et quoiqu'il les avertisse qu'il va se séparer d'eux ^ il les assure qu'il reviendra à eux; n^ais il met une grande différence entre eux et le monde. Le monde y dit-^îl, ne me verra plus; mâ,is vous, vous me verrez parce que je vivrai; c'est'à^'diKe, parce que }e serai ressitiscité, et: parée que vous vivrez aussi; de qui peut s'entendre des différentes apparitions du/^ Sauveur et des. entretiens qu'il devait avoir àved les disciples aiMrès. sa résurrection et avant de monter aa ciel, , Mais quel est le sens de ces paroles,^ mondé ne tne verra plus? Saint Augustin nous en donne l'explication. Dieu, dit-il, se manifeste à ceux qui lui sont fidèles, mais non à ceux qui aiment le inonde et ses vanités. Il se manifeste à ceux qui l'aiment et* qui nbservenC ses oommandemens.
Ceux-là, dit^il encore, mon père les aimera, moD père et mbî viendrons à eux et établirons: en eux notre demeure. > :
Aimer Dieu , je l'ai dit souvent et je né puis trop le répéter, âimevi Dieu est toute la loi et le pi*in*> cipede toute vertu. Quand on n'aime peint Dieq, c'est encore saint Axigostin qui le dit d'après saint Paul^ padàt -on le langage des anges^ on ressemble à l'airain qui résesnè; à une cymbale qui retentit. Mada quîeDteDdiPévapgéUste quand il dit que Dneu éta&lira sa demOure datis ceux qu'il aime? CeÊi veut dire qii'ilhabiteraien eux par sa grâce. Et quel temple en effet est plus digne de Dieu que l'âme pare de l'honmie juste, qd'un cœtfr véritablement fi. iZ
reinpU de'l'feuooiir de Dieu ? Ce pMtage peut core ft'etiteDdie' de la sainte «acharistie, que k SauTcuta destinée à é^re notre ncmrrititrB apve^ «yelle , et qui, eon tenant le corps et le sang de no* tre Seigneur, en un mot ^ le Verbe ditin ^ui s*e8t fait bommoi rend Dieu présent dons cens qui s*en Bouvriàsent^ et fait qu'il habite en eut réellement. Tirons de cet éiangile une leçon salutaire.
Fuioque Dieu ne se manifeste pas au mtade, si nous soBUoes obligés de tÎ¥» dans le monde , éyi* tons du moins les pièges qui sans cesse y sont ten« dus à rinnooence. Conservons-la au milieu de sa corruption; conservons surtout la foi par qui le juste (i) vit. Joignons^y les bonnes œsnrrcs; nous méritevons ainsi que Dieu se manifeste en nous papsa gfâoev .
.-- L'église fait:ltre4setéNrangîleie jour de lafttede saint Jude,p»de qu'il y est question dé cet apôtre. C'est lui qui. prit la Uberté de demander à Jésus l'explication des paroles mystérieuaes dans les* qnelleii le 6aut eut lâéelavei^'ii se découvrira â ses fidèles disciples, mais non aio: moBkte;.el Jésus a la bonté de eosMKéscendre à.*^. demande. L'évangtfiste a soin de nous awëirtÎEifiie le Judo dont il parle n'csl point feda Iseexîofcé qui traluit le Sau<veur. JLe^^iMfe' dont parle saint JesB est aMAenr 2\ino éptiiejfiii Cait partie des:se|pt qui iont Moamées e»* flAoAifif«s. 11 y combat lesfiubL dooleursy c^csM^-Are^ les hé^éti^des qui déjà infestaietiCl'i^Iise (*).
'ti) Gftlstv») Iff. n: ' ^ que ttïtê de saint Jttrfd, ait ^kir-
• (*) Saint Siinotf, aoBt iTglifc.e^* noi9m« to Caamnéttr^ p^pt-étre ^èhrê la jnéaiofra en mémo temps parce qu'il était de Caua en Oalî»
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